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Canichon

Delvau, 1864 : Con poilu et frisé comme un caniche.

Est-il bien méchant, ma tante,
Vot’ p’tiot canichon ?
Non, que m’répond ma parente,
C’est un vrai bichon.
N’sens-tu pas sa bouche qu’est close ?
Entre ton doigt d’dans…
— Tiens, que j’dis, la drôle de chose,
Vot’ quien n’a point d’dents.

(Léon Charly)

Fil dans la trousse

Rossignol, 1901 : Être poilu.

Loubacs

Rossignol, 1901 : Poux de corps qui se trouvent dans les parties poilues.

Pelouet

Halbert, 1849 : Loup.

France, 1907 : Loup ; argot des voleurs ; formé de velu, poilu.

Poil (avoir du)

Hayard, 1907 : Être solide, d’attaque.

France, 1907 : Être fort, passionné, courageux. On sait tout ce qu’un poil touffu signifie et les anciens qui avaient déjà fait cette remarque disaient : Vir pilosus, aut fortis aut libidinus ; homme poilu, ou courageux ou libidineux. Un homme à poils, un brave à trois poils.
— Combien y a-t-il de sortes de Français ? demande le Catéchisme militaire.
— Il n’y en a que d’une sorte : les braves à trois poils.
Dans sa curieuse Histoire des expressions populaires relatives à la médecine, Édouard Brissaud écrit à ce sujet :

Les poils sont avant tout le signe de force virile. On n’est homme qu’à partir de la puberté. De là à admettre que les poils font la force, il n’y a qu’un pas, et depuis la légende de Samson, avoir du poil, c’est être fort. Aussi les anciennes lois allemandes interdisaient-elles de tondre un homme libre. L’idée de force suggère celle d’audace à laquelle s’applique surtout la susdite expression que l’usage a consacrée. Hébert, en 1793, demandait « des bougres à poil » déterminés à vivre libres ou mourir.

Poilus (les)

France, 1907 : Sobriquet que se donnaient eux-mêmes les membres d’une société d’arbalétriers fondée, il y a quelques années, dans la ville de Cambrai. Disons en passant que les sociétés d’arbalétriers sont très communes dans le nord de la France, où l’arbalète, ce souvenir des anciens âges, tient une place honorable dans les sports qui exigent la sûreté de l’œil et développent le sens de la précision. Il y a tout au plus une centaine d’arbalétriers dans la Seine, à Paris et à Saint-Denis. Mais plus au nord ils se chiffrent par milliers. Il y a des sociétés d’arbalétriers dans l’Oise, l’Aisne et dans presque toutes les villes du département du Nord. Le jeu de l’arbalète est une bonne préparation au tir de guerre.

Poubelle

France, 1907 : Boite à ordures d’une forme et d’une dimension prescrites que tout propriétaire parisien est obligé de déposer chaque matin en face de sa maison, appelée ainsi du nom du préfet de la Seine qui en prescrivit l’usage.

Est-ce que la Ville, assez riche pour ses quinquets, ses gueuletons, ses fêtes, et son champagne, ne devrait pas, au moins, donner du pain trempé d’eau chaude et avivé de sel à ses miséreux ? Il en est qui disputent aux chiens —je l’ai vu ! — les os des poubelles !

(Séverine)

Dans la boite qu’il inventa,
Que de son nom propre il dota,
Que de choses, Muse immortelle,
Fouillant d’un crochet assidu,
Il trouva, ce géant poilu,
Le bon Poubelle !
Préfet, chevalier, commandeur,
Chargé d’affaire, ambassadeur
Au pays de la mortadelle,
Brevets, diplômes et rubans.
Grades, titre, il trouva tout dans
Sa bonn’ poubelle !
Vers le faite toujours montant,
C’est le Sénat que, maintenant,
Il va guignant, vieillard ficelle ;
Et sitôt qu’il y siègera,
Les ministres il enverra,
À la poubelle !

(Le Journal)

Tierce

Rigaud, 1881 : Agents de police en nombre, — dans le jargon des voleurs. — Caletons, il y a de la tierce, sauvons-nous, il y a beaucoup d’agents de police.

Fustier, 1889 : Argot de bagne. Bande d’individus.

La Rue, 1894 : Bande d’individus. Clique. Se dit aussi en bonne part : la tierce élégante. Il y a de la tierce, la police est en nombre.

Hayard, 1907 : Bande, association.

France, 1907 : Bande, coterie ; allusion à la tierce du jeu de piquet ; argot faubourien.

Ah ! bon Dieu ! non, j’suis pas d’leur tierce :
J’suis un trimardeur, un voyou,
J’fais pas parti du haut commerce :
Ej’ vends mon crayon pour un sou.

(A. Bruant)

France, 1907 : Le monde choisi, les négociants.

J’suis dans l’Bottin !
Oui, dans l’Bottin avec la tierce,
Avec les poilus du quarter ;
Tous les gros bonnets du commerce
Du boul. des It. et du Sentier.

(Aristide Bruant)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique