France, 1907 : Sorte de pain que les parrains et marraines avaient l’habitude de donner à leurs filleuls ou filleules au temps de Noël, dans les Amognes.
Apogne cornue
Camelotte
d’Hautel, 1808 : C’est de la camelotte ; ce n’est que de la camelotte. Se dit par mépris et pour rabaisser la valeur d’une marchandise quelconque, et pour faire entendre que la qualité en est au-dessous du médiocre.
Ansiaume, 1821 : Marchandise.
J’ai de la camelotte en rompant, mais pour du carle, niberg.
Vidocq, 1837 : s. m. — Sperme.
Vidocq, 1837 : s. f. — Toute espèce de marchandises.
M.D., 1844 : Marchandise.
un détenu, 1846 : Mauvaise marchandise.
Delvau, 1866 : s. f. « Femme galante de dix-septième ordre, » — dans l’argot du peuple.
Delvau, 1866 : s. f. Mauvaise marchandise ; besogne mal faite, — dans l’argot des ouvriers ; Livre mal écrit, dans l’argot des gens de lettres. Les frères Cogniard, en collaboration avec M. Boudois, ont adjectivé ce substantif ; ils ont dit : Un mariage camelotte.
Rigaud, 1881 : Le contenu en bloc de la hotte, — dans le jargon des chiffonniers. Au moment du triquage, du triage, chaque objet est classé sous sa dénomination. Ainsi, les os gras sont des chocottes ; les os destinés à la fabrication, des os de travail ; le cuivre, du rouget, le plomb, du mastar ; le gros papier jaune, du papier goudron ; le papier imprimé, du bouquin ; la laine, du mérinos ; les rognures de drap, les rognures de velours, des économies ; les croûtes de pain, des roumies ; les têtes de volaille, des têtes de titi ; les cheveux, des douilles ou des plumes ; les tissus laine et coton, des gros ; les toiles à bâche et les toiles à torchon, des gros-durs ; les rebuts de chiffons de laine, des gros de laine ou engrais.
Rigaud, 1881 : Mauvaise marchandise, objet sans valeur. Le camelot est une étoffe très mince et d’un mauvais usage, faite de poils de chèvre, de laine, de soie et de coton de rebut, d’où camelotte. — Tout l’article-Paris qui se fabrique vite, mal, à très bas prix, est de la camelotte.
Ah ! ce n’est pas de la camelotte, du colifichet, du papillotage, de la soie qui se déchire quand on la regarde.
(Balzac, L’Illustre Gaudissart)
Rigaud, 1881 : Prostituée de bas étage.
Rigaud, 1881 : Toute espèce de marchandise, — dans le jargon des voleurs. — Camelotte savonnée, marchandise volée. — Balancer la camelotte en se débinant, jeter un objet volé quand on est poursuivi. — Les revendeurs, les truqueurs, les petits étalagistes, désignent également leur marchandise sous le nom de camelotte. — J’ai de la bonne camelotte, j’ai de la bonne marchandise.
Virmaître, 1894 : Marchandise. Pour qualifier quelque chose d’inférieur on dit : c’est de la camelotte (Argot du peuple).
Hayard, 1907 : Marchandise.
France, 1907 : Objet de nulle valeur ou marchandise volée.
— Si elle ne veut pas de la camelotte, une autre en voudra.
— Si j’en étais sûr !…
— Viens avec moi chez ma fourgate.
(Marc Mario et Louis Launay, Vidocq)
Camelotte en pogne, être pris en flagrant délit de vol. On dit aussi camelotte dans le pied. Prostituée de bas étage.
Camelotte en pogne
Halbert, 1849 : Le vol dans la main.
Delvau, 1866 : s. f. Vol dans la main. Argot des prisons.
Rigaud, 1881 : Flagrant délit de vol. Mot à mot : marchandise dans la main, la pogne.
Virmaître, 1894 : Voler un objet quelconque dans la main de quelqu’un (Argot des voleurs).
Cintrer
Rigaud, 1881 : Tenir. Être cintré, être maintenu, être dans l’impossibilité de bouger.
La Rue, 1894 : Donner.
France, 1907 : Tenir. Cintrer en pogne, appréhender quelqu’un : le saisir.
Empogne
France, 1907 : Main.
Pogne
Vidocq, 1837 : s. f. — Main.
Clémens, 1840 : Main.
un détenu, 1846 : Main. Truquer de la pogne : mendier.
Delvau, 1866 : s. f. Apocope de Poignet, — dans l’argot du peuple. Avoir de la poigne. Être très fort — et même un peu brutal.
Rigaud, 1881 : Voleur, — dans l’ancien argot.
France, 1907 : Voleur.
Pogne-main (à)
Delvau, 1866 : adv. Lourdement, brutalement, à la main pleine.
France, 1907 : À pleine main, brutalement ; expression populaire.
Pogne, poigne
Rigaud, 1881 : Main. — Vigueur. Préfet à poigne, préfet qui montre de la vigueur. — Avoir une bonne poigne, avoir la main solide.
Pognes
Rossignol, 1901 : Les mains.
Hayard, 1907 : Mains.
Pognes (les)
M.D., 1844 : Les mains.
Poigne, pogne
Larchey, 1865 : Main (Vidocq, 1837). — Mot à mot : Main qui empoigne.
J’ai la poigne solide, ça me suffit, et je vous étrangle.
(E. Lemoine)
Pognon : Argent.
Probité
France, 1907 : Amabilité, bonté ; argot des voleurs.
— Si je ne suis pas gironde, j’ai un bon cœur : tu l’as vu lorsque je lui portais le pogne à la Lorcefé ; c’est là qu’il a pu juger si j’avais de la probité.
(Mémoires de Vidocq)
Rincer la dalle (se)
Rigaud, 1881 : Se rafraîchir en buvant.
France, 1907 : Boire.
C’est pourquoi dès l’aube, à la halle,
J’allais fair’ ma p’tit’ provision,
Afin qu’ell’ pût s’rincer la dalle
Et pas mourir d’inanition.
(E. Héros-Keraval)
On dit aussi se rincer l’avaloir, le bec, le bocal, la corne, le cornet, la dent, de fusil, la gargarousse, la gargoine, le sifflet, le plomb, etc.
La journaille, j’vas chez l’bistrot
Dans un coin affaler mon gnasse
Et m’rincer l’plomb d’un coup d’sirop ;
Mais faut pas coir’ que j’soy’ feignasse,
J’ai d’la pogne autant qu’du jaspin :
On peut gâfer ça quand j’attige
Les gas qui cultivent el’ lapin
Quand, tout seuls, dans un coin, j’les pige.
(É. Blédort)
Serre-pogne
France, 1907 : Menottes.
Soliceur, soliceuse
France, 1907 : Marchand, marchande. Soliceur à la goure, marchand voleur. Soliceur de lacets, gendarme. Soliceur de lofitudes, journaliste. Soliceur à la pogne, camelot qui vend des objets qu’il tient à la main sur la voie publique. Soliceur au pognon, banquier. Soliceur de tif, escroc qui se fait donner un compte sur une marchandise fictive.
Solliceur
Delvau, 1866 : s. m. Marchand, — dans l’argot des voleurs. Solliceur à la pogne. Marchand, ambulant. Solliceur de lacets. Gendarme. Solliceur de loffitudes. Homme de lettres.
Solliceur à la pogne
Vidocq, 1837 : s. m. — Marchand ambulant.
Solliceur de zif
Virmaître, 1894 : Commis-voyageur marron qui vend sur faux échantillons. C’est une variété du goureur. Zif veut dire marchandise imaginaire. Le solliceur à la pogne est le frère du solliceur de zif (Argot des voleurs).
Solliceur, solliceuse
Rigaud, 1881 : Marchand, marchande. — Solliceur, solliceuse à la pogne, solliceur, solliceuse à la trime, au trimard, marchand ambulant, marchande ambulante.
Tanner le casaquin, le cuir
France, 1907 : Battre.
On lui avait infligé huit jours de mazarot pour s’être fait tanner le cuir par un gars qu’il ne voulait pas nommer.
(Dubois de Gennes)
Devant les portiers tenons ferme,
Dussions-nous leur tanner le cuir !
Un Français qui doit plus d’un terme,
Nuitamment, doit savoir s’enfuir !
(Jules Jouy)
Se tanner les pognes, applaudir.
Truquer de la pogne
Rigaud, 1881 : Mendier. Mot à mot : ruser de la main.
France, 1907 : Mendier ; argot des vagabonds.
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