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Adjudant (tremper un)

Merlin, 1888 : Plonger un morceau de pain dans le premier bouillon, celui qui contient le plus de graisse. Un vrai régal pour les cuisiniers en pied et le caporal de planton. Les adjudants sous-officiers sont ceux que les cantiniers ont, pour divers motifs, le plus d’intérêt à satisfaire. Aussi leur réservent-ils les meilleurs morceaux. N’est-ce pas dans ce rapprochement qu’il faut rechercher l’origine de cette expression ?

Fustier, 1889 : Plonger un morceau de pain dans le premier bouillon, celui qui contient le plus de graisse. Un vrai régal pour le cuisinier en pied et le caporal de planton. Les adjudants sous-officiers sont ceux que les cantiniers ont pour divers motifs le plus d’intérêt à satisfaire ; aussi leur réservent-ils les meilleurs morceaux. N’est-ce pas dans ce rapprochement qu’il faut chercher l’origine de cette expression ?

(Merlin, La langue verte du troupier)

France, 1907 : Tremper un morceau de pain dans le premier bouillon, ce que font généralement toutes les cuisinières ; argot militaire.

Cachalot

Virmaître, 1894 : Femme qui a des aptitudes spéciales. Elle rend par le nez ce qu’elle a avalé par la bouche (Argot des filles). N.

France, 1907 : « Femme qui a des aptitudes spéciales. Elle rend par le nez ce qu’elle a avalé par la bouche. Argot des filles. »

(Ch. Virmaître, Dictionnaire fin de siècle)

France, 1907 : Vieux marin.

Pour atteindre le bateau américain qui a bien voulu me prendre et me tirer de cet enfer, j’ai dû nager pendant près de deux heures, entre deux eaux, afin d’éviter d’être aperçu des sentinelles et des barques de l’administration ; il m’a fallu aussi plonger tout à coup pour échapper aux requins, qui venaient flairer en moi un déjeuner… Tu comprends que pour un vieux cachalot comme moi, me jeter dans ce canal, un simple ruisseau, c’était une plaisanterie.

(E. Lepelletier, Les Secrets de Paris)

Catir (se)

France, 1907 : Se vêtir ; s’envelopper.

En sa mignonne poitrine de vierge, son cœur dormait comme une rose de Noël sous la neige. Sa seule joie était de savourer au printemps le réveil de la forêt, de se plonger dans la fraicheur des cépées reverdies, de se griser de l’odeur des muguets et de s’épanouir au grand soleil. Durant l’hiver, ou les jours pluvieux, elle se catissait dans vue limousine, tête basse, et se recroquevillait frileusement près des fourneaux à charbon. La lumière la dégourdissait et elle allait joyeusement vers le soleil levant, comme on va à la fête.

(André Theuriet)

Fiquer

Vidocq, 1837 : v. a. — Plonger ; ne s’entend que de cette manière : plonger un couteau dans le cœur.

M.D., 1844 : Donner.

Delvau, 1866 : v. a. Enfoncer, ficher, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Frapper à coups de poignard, à coups de couteau, — dans le jargon des voleurs.

La Rue, 1894 : Enfoncer. Frapper à coups de couteau.

Hayard, 1907 : Prêter.

France, 1907 : Enfoncer, frapper.

Mettre la main au feu (en)

France, 1907 : Avancer une chose dont on est certain, ou dont on croit être certain.
Vieux souvenir de la barbarie de nos pères. Du VIe au XIIIe siècle, où un concile de Latran mit fin à cette superstition, les gens accusés ou simplement soupçonnés d’un crime étaient obligés, pour se justifier, soit de saisir un fer rouge, soit de placer leur main dans les flammes. Si la main sortait intacte de l’épreuve, l’accusé était déclaré innocent.
On essayait l’innocence par trois manières : le duel ou jugement de Dieu, l’eau ou l’huile bouillante, ou le feu ardent, dans la confiance que Dieu protégeait l’innocent et le préservait de tout mal. À quelques-uns on présentait un gantelet de fer rougi à blanc et l’accusé devait y plonger son bras jusqu’au coude. Un chroniqueur du XIIIe siècle raconte comment un pauvre diable, accusé de je ne sais quel délit, sut se dispenser de cette redoutable épreuve. Il répondit qu’il était prêt à ganter le terrible engin si l’archevêque revêtu de son étole voulait le lui remettre en main. Le prélat déclina de remplir cet office et convint, avec l’accusé, que l’usage venait des barbares et qu’il ne fallait pas tenter Dieu.
En dit que Cunégonde, femme de l’empereur Henri de Bavière, ayant été accusée l’adultère, offrit de se disculper en marchant pieds nus sur des socs de charrue ardents. L’empereur en fit disposer douze et la vertueuse princesse ayant marché sur onze s’arrêta sur le douzième et, là, fit un petit discours affirmant que jamais homme n’avait attenté à sa vertu !
On dit aussi : Je n’en voudrais pas pour tenir un fer chaud, pour : je n’en voudrais pas répondre.

Nunquam non paratus

France, 1907 : Toujours prêt. Locution latine ; littéralement : jamais non préparé.

Du résultat de cette visite dépendait l’avenir du mari, de tous les siens ; aussi, pour séduire le vieux sénateur, déploya-t-elle tous ses artifices. Coquettement vêtue d’un peignoir aux provocatrices transparences, elle le fit asseoir à ses côtés, et, à demi couchée sur l’ottomane, elle prenait les plus troublantes poses.
Il vit bien la manœuvre, mais se contenta de plonger un regard goulu dans l’échancrure du corsage et soupira.
— Eh bien, quoi ? lui demanda-t-elle à la fin, dépitée.
— Hélas ! Madame, si vous saviez le latin, je vous répondrais que le temps est passé où je disais fièrement aux dames : Nunquam non paratus.
— Je ne sais pas de latin, répliqua-t-elle, mais je comprends que vous voulez dire : « Petit bonhomme ne vit plus. »

(Les Propos du Commandeur)

Passade

d’Hautel, 1808 : Cela est bon pour une passade. Pour, cela passe une fois, mais il ne faut plus recommencer.
Demander la passade. C’est-à-dire, la charité, l’aumône.

Delvau, 1866 : s. f. Action de passer sur la tête d’un autre nageur en le faisant plonger ainsi malgré lui. Argot des écoles de natation. Donner une passade. Forcer quelqu’un à plonger en lui passant sur la tête.

Delvau, 1866 : s. f. Feu de paille amoureux, — dans l’argot des bourgeois.

Delvau, 1866 : s. f. Jeu de scène qui fait changer de place les acteurs, — dans l’argot des coulisses. Régler une passade. Indiquer le moment où les personnages doivent se ranger dans un nouvel ordre, — le numéro un se trouvant à la gauche du public.

Rigaud, 1881 : Changement de place des acteurs en scène. Régler une passade, régler le moment et la disposition du changement de place.

Rigaud, 1881 : Plongeon forcé.

On appelle passade, dans les écoles de natation, l’opération au moyen de laquelle un nageur fait passer entre ses jambes le nageur qui se trouve devant lui, et, appuyant sa main sur sa tête, le pousse brusquement au fond de l’eau.

(H. Berlioz)

Boutmy, 1883 : s. f. Secours pécuniaire que les passants ont coutume d’aller demander et de recevoir dans les ateliers où l’on ne peut les embaucher. On dit aussi caristade.

Fustier, 1889 : Femme galante. On l’appelait autrefois fille à parties. Quant à ce mot de passade, il n’est point difficile à expliquer pour celui qui sait sous quelle appellation triviale on désigne les maisons dites de rendez-vous.

Nous ne saurions trop féliciter l’Administration, puisqu’on veut une soirée tout à fait bécarre, d’exclure de cette représentation (une soirée de gala à l’Opéra) toutes les passades qui sont aux grandes courtisanes ce que sont les souteneurs de Montmartre aux petits rez-de-chaussée.

(Gil Blas, décembre 1886)

Elle est d’un maintien très décent et, sans être absolument jolie, peut être considérée comme une passade fort aimable.

(Gil Blas, février 1888)

France, 1907 : Plongeon forcé.

France, 1907 : Rencontre fortuite entre personnes de différent sexe, qui s’aiment pendant la durée d’un jour, d’une heure et même moins. Ne pas confondre avec passe.

Pour désigner cette courte flambée des sens, plus sérieuse que les vulgaires coucheries, moins intéressante que les folies de tête, les professionnels ont trouvé ce nom, jovial comme un nom libertin, sinistre comme un coup de lance : une passade.

(Willy, Gil Blas illustré)

France, 1907 : Secours que les typographes sans ouvrage, les passants vont demander dans les ateliers où ils ne peuvent être embauchés.

Piquer en victime

Delvau, 1866 : v. n. Plonger dans l’eau, les bras contre le corps, au lieu de plonger les mains en avant au-dessus de la tête.

Rigaud, 1881 : Plonger les pieds en avant, le corps raide, les mains collées aux cuisses.

Plonger

La Rue, 1894 : Voler à la tire.

Poule (découasser une)

France, 1907 : La plonger dans l’eau pour lui faire perdre l’envie de couver.

Russes (bas ou chaussettes)

France, 1907 : Bandes de toile dont on s’enveloppe les pieds ; argot militaire, On dit aussi polonaises.

De bas russes tu garniras
Tes bottes où tu plongeras
Les dix arpions de tes pieds plats.

(Les Commandements du cavalier)

Saloper

d’Hautel, 1808 : Hanter des femmes de mauvaise vie ; se plonger dans la dissolution, dans le vice le plus bas et le plus crapuleux.

Fustier, 1889 : Argot des élèves de l’école des Beaux-Arts.

La seule chose qui soit interdite, c’est de saloper. Ne vous effarouchez pas de ce mot, c’est le mot usuel, adopté. M. Dubois (le directeur de l’école) met son nom au bas d’un avis dans lequel on lit : Il est formellement interdit de saloper avant tel jour. Qu’est-ce donc que saloper ? C’est entrer dans la loge les uns des autres pour y formuler son appréciation sur l’œuvre du voisin.

(Liberté, août 1883)

France, 1907 : Travailler mal.

Scrutin de ballottage (assister au)

Rigaud, 1881 : Plonger un œil indiscret dans le corsage d’une femme qui, hélas ! n’a que trop de développement.

France, 1907 : Assister au déshabillé d’une femme.

Sondeur

Vidocq, 1837 : s. m. — Commis aux barrières.

Delvau, 1866 : adj. et s. Sournois, prudent, malin, — dans l’argot des faubouriens. Aller en sondeur. S’informer avant d’entreprendre une chose, écouter une conversation avant de s’y mêler. Père sondeur. Bonhomme rusé, dont personne ne se méfie, et qui se joue de tout le monde.

Rigaud, 1881 : Commis d’octroi. — Espion. — Libertin qui, soit au théâtre, soit au bal, profite de l’échancrure des corsages pour y plonger un œil indiscret, et qui prétexte, quelquefois, que le vide attire.

La Rue, 1894 : Espion. Observateur.

Virmaître, 1894 : Avocat. L. L. Sondeur, sonder quelqu’un pour savoir ce qu’il a dans le ventre. Allusion au sondage d’un terrain pour en reconnaître la nature (Argot du peuple).

Hayard, 1907 : Malin hypocrite.

France, 1907 : Amateur du beau sexe qui, dans les foules et les lieux de plaisir, flaire les femmes et cherche à sonder leurs charmes.

France, 1907 : Espion. Les sondeurs, la police. Avocat sondeur, procureur de la République. Père sondeur, juge d’instruction.

— Tu me renvoies ?… Tu restes en sondeur… quand les amis sont en riolle ?…

(P. Mahalin)

Aller en sondeur, agir avec circonspection, prudence.

Voyoucrate

Delvau, 1866 : s. m. Démocrate qui exagère la Démocratie, et dont l’Idéal, au lieu de plonger dans l’éther de l’abbé de Saint-Pierre, barbote dans la fange du sans-culottisme.

Rigaud, 1881 : Qui tient à la canaille, partisan de la canaille.

France, 1907 : Individu qui se conduit en voyou dans le sens crapuleux du mot.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique