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Cymbale

Delvau, 1866 : s. f. Lune, dans le même argot [des voleurs]. Sans doute par une ressemblance de forme de couleur entre cet astre et les gongs de notre musique militaire. On l’appelle aussi Moucharde.

Rigaud, 1881 : Pleine lune.

France, 1907 : Pleine lune, à cause de sa forme ronde.

Faire un trou dans la lune ou à la lune

France, 1907 : Se sauver avec la caisse.
On disait autrefois : faire un trou à la nuit, métaphore prise des lieux clos, fermés de murailles, d’où l’on ne pouvait s’esquiver qu’en pratiquant un trou dans la porte ou dans le mur. On ouvrait ainsi une trouée à la nuit.
Didier Loubens donne de ce dicton une explication plus probante : « Autrefois le terme des contrats et des paiements était ordinairement fixé à la lune qui précède et détermine la fête de Pâques avec laquelle commençait l’année, sous la troisième race de nos rois jusqu’au reigne de Charles IX. C’est pour ce motif que les débiteurs qui ne payaient pas plus à l’échéance de la pleine lune que s’il n’eût pas été pleine lune, furent supposés faire une brèche ou un trou à la lune. »

Figure de campagne

Delvau, 1866 : s. f. Celle qu’on ne montre, ou plutôt qu’on ne découvre, qu’à la campagne, au coin d’une haie bien fournie, ou à l’ombre d’un hêtre touffu, lorsqu’on se croit bien seul dans la nature. Argot du peuple. (V. Pleine lune et Visage.)

Virmaître, 1894 : Faire ses nécessités en plein air. On comprend quelle figure est au vent (Argot du peuple).

France, 1907 : Le derrière en plein air. On ne l’exhibe que lorsqu’on se croit seul à la campagne, dans les bois ou dans les champs, en opposition à figure de ville, le visage.

Lune

d’Hautel, 1808 : Être dans sa bonne ou sa mauvaise lune. Se dit des gens capricieux, qui ont tantôt l’humeur agréable, et tantôt insupportable.
C’est une pleine lune. Se dit d’une figure rebondie, d’un visage large et réjoui.
Il a un quart de lune dans la tête. Pour dire, il est un peu fou.
Faire un trou à la lune. Pour, faillir, faire banqueroute ; s’en aller furtivement ; mettre la clef sous la porte.

Delvau, 1866 : s. f. Caprice ; mauvaise humeur, — dans l’argot du peuple. Être dans ses lunes. Avoir un accès de mauvaise humeur, de misanthropie.

Delvau, 1866 : s. f. Le second visage que l’homme a à sa disposition, et qu’il ne découvre jamais en public, — à moins d’avoir toute honte bue. On dit aussi Pleine lune.

Delvau, 1866 : s. f. Visage large, épanoui, rayonnant de satisfaction et de santé. On dit aussi Pleine lune.

Fustier, 1889 : Pièce de vingt sous. Argot du bagne.

On arrivait à supprimer tout risque en achetant à la fois le servant et l’argousin. L’un ne coûtait pas plus cher que l’autre. C’était affaire de quelques lunes.

(Humbert, Mon bagne)

France, 1907 : Caprice. « Madame a ses lunes aujourd’hui. »

France, 1907 : Le derrière.

Des personnes très convenables, dit Dubut de Laforest, élevées aux Oiseaux ou ailleurs, baptisent « lune » ce que la Mouquette (de Germinal) montrait aux soldats, pendant la bataille des mineurs et des troupiers.

On connait la vieille chanson :

Veux-tu voir la lune, mon gas ?
Veux-tu voir la lune ?
Si tu ne l’as pas vue, la voilà.

Et la commère de se trousser.

Tentante divorcée à chevelure brune
Dont les seins sont cabrés comme deux pics altiers,
Le soleil aurait beau passer devant ta lune,
Il n’en éclipserait jamais les deux quartiers.

(Gil Blas)

Un soir, revenant avec ma cousine
Au milieu d’un bois, je marchais devant ;
Tout à coup, butant sur une racine,
La belle tomba, les jupes au vent.
Or, à cet instant, dans les cieux, la lune
Brilla dans son plein ; ce fut très heureux,
Car, déjà sur la terre, en voyant une,
Épaté, je dis : « Tiens, mais ça fait deux ! »

(Famechon)

La lune que j’aime
Me boude ce soir,
Et sa face blème
Ne se fait pas voir,
Prends pitié, ma brune,
De mon désespoir !
Où donc est la lune, la lune, la lune,
Où donc est la lune, ce soir ?
— Laisse ton humeur chagrine,
Réplique Colombine,
Si t’es gentil, Pierrot,
Tu la verras bientôt.

(Gilberte)

La p’tit’ môm’, pour un’ thune,
Montre à chaqu’ citoyen
Des effets de plein’ lune
Que lui peut voir pour rien.

(Léo Lelièvre)

France, 1907 : Pièce de vingt sous.

Lune, pleine lune

Larchey, 1865 : Derrière. — Allusion de forme. — V. Cadran.

J’ai pincé n’importe quoi, j’ai cru que c’était dans la figure. — En voilà une bonne ! il a pris la lune de Pétronille pour sa figure.

(P. de Kock)

Rigaud, 1881 : Derrière.

La Rue, 1894 : Le postérieur. Pièce d’un franc. Faire un trou à la lune, faire faillite. On dit aussi passer en lunette.

Pain à cacheter (le)

Rigaud, 1881 : La pleine lune.

Plein

d’Hautel, 1808 : J’en ai tout plein et puis encore. Locution vicieuse et triviale ; pour j’en ai beaucoup, j’en ai abondamment, excessivement.
Tout plein de gens, tout plein de monde. Pour, un grand nombre de gens, beaucoup de personnes.
Cette bouteille est pleine de vide. Se dit par plaisanterie d’une bouteille où il n’y a plus rien, et où l’on croyoit trouver quelque chose.
Le sac est plein. Se dit quand un homme a mis le comble à ses iniquités, et qu’il provoque sur lui le châtiment et la vengeance. On se sert aussi de cette locution pour exprimer que quelqu’un a beaucoup mangé ; ou qu’une femme est enceinte.
Donner à pleines mains. C’est-à-dire libéralement, avec profusion.
Ce vin sent la framboise à pleines bouche. Pour dire, a le goût de la framboise, laisse à la bouche l’odeur de la framboise.
Être plein de soi. Avoir une grande présomption, être trop favorablement prévenu de son mérite.
Elle a toujours le ventre plein. Se dit par raillerie d’une femme qui a des grossesses très-rapprochées, très-fréquentes.
Un visage de pleine lune. Un visage large, plein et ouvert.
Ce drap est à pleine main. Pour dire qu’il est bien fabriqué, qu’il est bien fourni.

Fustier, 1889 : Argot des joueurs de roulette. L’un des casiers sur lesquels se trouvent inscrits les numéros correspondant à ceux de la roulette. Faire un plein, c’est placer sa mise en plein sur un numéro, au lieu de la disposer soit à cheval, soit d’une façon transversale.

Pleine lune

Delvau, 1866 : s. f. Un des nombreux pseudonymes de messire Luc. On dit aussi Demi-lune.

France, 1907 : Le derrière.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique