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Atigé

Rigaud, 1881 : Malade. — Planque aux atigés, hôpital.

La Rue, 1894 : Malade. Planque aux atigés : hôpital.

France, 1907 : Malade ou ruiné.

Bayafe

Vidocq, 1837 : s. m. — Pistolet. Terme des voleurs de grande route du midi de la France.

Larchey, 1865 : Pistolet.

On peut remoucher les bayafes. Alors le taffetas les fera dévider et tortiller la planque où est le carle.

(Vidocq)

France, 1907 : Pistolet ; vieux mot languedocien.

Blard de 4/4

Ansiaume, 1821 : Schall de femme.

Si elle planque son blard, je lui pésille de rif et te le recoque.

Boîte

d’Hautel, 1808 : C’est la boîte à la malice. Se dit d’un enfant spirituel, espiègle et malin.
Il semble toujours qu’il sorte d’une boîte. Se dit par ironie d’une personne qui est toujours tirée à quatre épingles ; dont le maintien est roide et affecté.
Dans les petites boîtes les bons onguents. Manière, honnête d’excuser la petitesse de quelqu’un, parce que les choses précieuses font ordinairement peu de volume.
Mettre quelqu’un dans la boîte aux cailloux. Pour le mettre en prison ; le coffrer.

Delvau, 1864 : Sous-entendu : à jouissance, ou bien encore, boîte à pines. Fille publique.

Delvau, 1866 : s. f. Théâtre de peu d’importance, — dans l’argot des comédiens ; bureaux de ministère, — dans l’argot des employés ; bureau de journal, — dans l’argot des gens de lettres ; le magasin ou la boutique, — dans l’argot des commis.

Rigaud, 1881 : Atelier, maison, magasin, établissement quelconque

Dans l’argot domestique, tout ce qui n’est pas une bonne maison est une boîte. Une bonne maison est celle où les maîtres ne sont pas regardants et où l’on peut s’arrondir sans être inquiété.

(Bernadille, Esquisses et Croquis parisiens)

Boutmy, 1883 : s. f. Imprimerie, et particulièrement mauvaise petite imprimerie. C’est une boîte, dit un vieux singe ; il y a toujours mèche, mais hasard ! au bout de la quinzaine banque blèche. Casse. Faire sa boîte, c’est distribuer dans sa casse. Pilleur de boîtes ou fricoteur, celui qui prend, à l’insu et au détriment de ses compagnons, et dans leurs casses, les sortes de caractères les plus courantes dans l’ouvrage qu’il compose, et qui manquent au pilleur ou qu’il a déjà employées. V. Planquer des sortes.

Fustier, 1889 : Argot militaire. Salle de police. Coucher à la boîte, boulotter de la boîte : être souvent puni ; avoir une tête à boîte : être affligé d’une maladresse qui attire sur vous les préférences de l’instructeur. — Grosse boîte, prison.

Rossignol, 1901 : Salle de police. Tous ceux qui ont été militaires ont certainement entendu dire par tous les grades.

Je vais vous flanquer à la boîte.

Rossignol, 1901 : Terme d’employés ou d’ouvriers. Un agent de police qui va à la préfecture va à la boîte. Pour un employé, son magasin est sa boîte ; l’atelier pour l’ouvrier est sa boîte.

France, 1907 : Mauvaise maison, logement où l’on est mal. Aussi ce terme est-il employé pour désigner tout endroit où l’on travaille, ou du moins où l’on est obligé de travailler : pour l’ouvrier, son atelier ou son usine est une boîte ; pour l’employé, c’est son magasin ou son bureau ; pour le domestique, c’est la maison de ses maîtres ; pour l’écolier, c’est la pension, le collège ou l’école.

Pourquoi, en dépit des souffrances endurées, n’éprouve-t-on aucune amertume rancunière contre la boîte, comme nous l’appelions en nos mauvais jours, lorsque les minutes paraissaient si longues ?

(René Maizeroy)

Care

Delvau, 1866 : s. f. Cachette, — dans l’argot des voleurs et des faubouriens. On dit aussi Planque.

Rigaud, 1881 : Échange. — Vol à la care, vol à l’échange : vol au change de monnaie.

La Rue, 1894 : Échange. Vol au change de monnaie fait par le carreur.

Carle

Ansiaume, 1821 : Argent.

Oui, c’est lui qui a déplanqué mon carle, je l’ébobis aujourd’hui.

Bras-de-Fer, 1829 : Argent.

Vidocq, 1837 : s. m. — Argent monnoyé.

Larchey, 1865 : Argent (Vidocq). — De Carolus, ancienne monnaie de Charles VIII. V. Bayafe.

Le cidre ne vaut plus qu’un carolus.

(Ol. Basselin)

Déplanquer

Ansiaume, 1821 : Voler des objets cachés.

Tu lansquine parce qu’on a déplanqué ta camelotte, viens, nous allons retrouver.

Vidocq, 1837 : v. a. — Découvrir, retirer des objets d’une cachette.

un détenu, 1846 : Ôter, découvrir, dégager du Mont-de-Piété.

Halbert, 1849 : Déterrer.

Larchey, 1865 : Exhiber (Vidocq). V. Vague.

Delvau, 1866 : v. a. Retirer des objets d’une cachette ou du plan, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Retirer un objet caché, — dans le jargon des voleurs.

Virmaître, 1894 : Quand un voleur est en prison, il est en planque. Il est également en planque quand il est filé par un agent ; quand il sort de prison ou quand il grille l’agent, il se déplanque (Argot des voleurs). V. Déplanqueur.

Hayard, 1907 : Sortir de prison.

France, 1907 : Retirer des objets de chez le recéleur ; de planque, cachette. Se dit aussi pour un voleur sorti de prison.

Déplanquer son faux centre

Rigaud, 1881 : Être condamné sous un nom d’emprunt.

Déplanqueur

Virmaître, 1894 : Complice qui déterre les objets volés pendant que son camarade subit sa peine. C’est un usage chez les voleurs d’enterrer pour les soustraire à la justice, les objets volés ; au moins s’ils subissent une peine ils ne font pas du plan de couillé (Argot des voleurs).

France, 1907 : « Complice qui déterre les objets volés pendant que son camarade subit sa peine. C’est un usage chez les voleurs d’enterrer, pour les soustraire à la justice, les objets volés. »

(Ch. Virmaître)

Emplanquer

Rigaud, 1881 : Arriver, — dans le jargon des voleurs.

France, 1907 : Arriver.

Enplanquer

Larchey, 1865 : Arriver.

La rousse enplanque.

(Bailly)

Entauler

Larchey, 1865 : Pénétrer dans une maison. V. Taule.

Delvau, 1866 : v. n. Entrer dans la taule, ou ailleurs. Même argot [des prisons]. Entauler à la planque. Entrer dans sa cachette.

Virmaître, 1894 : Entrer dans une taule (maison) (Argot des voleurs).

Hayard, 1907 : Emménager, genre de vol des filles publiques.

France, 1907 : Entrer : mot à mot, pénétrer dans la taule.

Entauler à la planque

Virmaître, 1894 : Entrer dans une cachette pour se soustraire aux recherches de la police. On entaule aussi à la planque des objets volés pour les reprendre au sortir de prison (Argot des voleurs).

Flaqu

Ansiaume, 1821 : Sac.

Je vais aller planquer le flaqu de carle dans le jardin.

Flauper

Fustier, 1889 / La Rue, 1894 : Battre.

Rossignol, 1901 : Donner des coups.

France, 1907 : Battre, frapper.

Merd’ ! v’là l’hiver ! L’emp’reur de Chine
S’fait flauper par les Japonais !
Merd’ ! v’là l’hiver ! Madam’ Sév’rine
Va rouvrir tous ses robinets !
C’qui ca s’en évader des larmes !
C’qui va en couler d’la pitié !
Plaind’ les pauvr’s, c’est comm’ vendr’ ses charmes,
C’est un vrai commerce, un méquier !

(Jehan Rictus)

Tu dois ben ça à ton p’tit homme
Qu’a p’tê’t’ été méchant pour toi,
Mais qui t’aimais ben, car, en somme,
Si j’te flaupais, tu sais pourquoi.
À présent qu’me v’là dans les planques
Et qu’je n’peux pas t’coller des tas,
Tu n’te figur’s pas c’que tu m’manques,
À Mazas.

(Aristide Bruant)

Frusque, frusquin

Rigaud, 1881 : Vêtement. — Frusques boulinées, vêtements usés, déchirés. — Planquer ses frusques, engager ses effets au Mont-de-Piété.

Gaffer

Delvau, 1866 : v. a. et n. Surveiller.

Fustier, 1889 : Commettre des fautes, des sottises.

La Rue, 1894 : Regarder, surveiller, guetter.

Rossignol, 1901 : Faire le guet.

France, 1907 : Attendre.

Il fallait faire gaffer un roulant pour y planquer les paccins.

(Vidocq)

Gerbement, gerbe

Rigaud, 1881 : Jugement. — Gerber, juger ; condamner. — Gerber à la passe, gerber à la faux, condamner à mort. La passe, pour le passage de la vie à la mort. — Gerbier, juge, juré. — Gerberie, tribunal. — Planque du gerbe, cour d’assises.

La rousse en planque

Halbert, 1849 : La police vient.

Laune

Hayard, 1907 : Agent.

France, 1907 : Gendarme.

— Comme il faut que je me planque et que ça pince trop pour filer la sorgue, je bâche ces temps-ci chez la daronne. Elle a une condition à Aubervilliers, sur le bord de la limonade, d’ous qu’on voit venir de loin les launes.

(Hugues Le Roux, Les Larrons)

Loubion

Ansiaume, 1821 : Bonnet.

Il a grimé mon loubion, qu’il m’avoit vu planquer plein de carle.

Vidocq, 1837 : s. m. — Bonnet.

Larchey, 1865 : Bonnet. — Loubionnier : Bonnetier.

Delvau, 1866 : s. m. Bonnet d’homme ou de femme, — dans le même argot [des voleurs].

Rigaud, 1881 : Bonnet. — Loubionnier, loubionnière, marchand, marchande de bonnets. — Mercier, mercière.

La Rue, 1894 : Bonnet.

France, 1907 : Bonnet ; argot des voleurs.

Planque

Vidocq, 1837 : s. f. — Cachette.

Clémens, 1840 : Cachette.

un détenu, 1846 : Guet. Hommes en planque : hommes qui font le guet.

Halbert, 1849 : Cachette.

Larchey, 1865 : Cachette. V. Bayafe. — Planquer : Cacher. V. Déplanquer, Enplanquer.

Larchey, 1865 : Observation. — On se cache pour bien observer.

J’allai en compagnie de H., et le laissant en planque (en observation), je montai chez Chardon.

(Canler)

Delvau, 1866 : s. f. Cachette, — dans l’argot des voleurs. Être en planque. Être prisonnier. Signifie aussi Être en observation.

Rigaud, 1881 : Lieu, endroit, cachette. — Poste d’observation d’où un agent de police surveille un malfaiteur.

La Rue, 1894 : Cachette. Lieu, endroit, maison. Poste d’observation d’un agent qui guette un malfaiteur. Planquer, abandonner, poster, placer. Se planquer, se mettre à couvert.

Rossignol, 1901 : Un agent de police est en planque lorsqu’il est à un endroit quelconque pour surveiller un individu.

Hayard, 1907 : Cachette.

France, 1907 : Vieux mot pour planche. Logis, endroit quelconque, généralement cachette, lieu de retraite.

Par une chouette sorgue, la rousse est aboulée à la taule. Un macaron avait mangé le morceau sur nouzailles et bonni le truc de la planque ; tous les fanandels avaient été servis.

(Mémoires de Vidocq)

anon., 1907 : Habitation, chambre.

Planque (battre une)

France, 1907 : Faire le guet. « Voilà deux roussins qui battent une planque, décanillons. »

Planque (en faire une)

Virmaître, 1894 : Agent qui se planque pour surveiller des individus. Être en planque, être filé. Mot à mot : planque, attendre. La chanson des mecs dit :

Jadis pour une fille, la plus chouette des catins
Tous les mecs se mettaient en planque
C’qui lui valait le flac dont casquaient les rupins
Sans les grinchir ni d’truc ni d’banque. (Argot des voleurs).

Planqué (être)

Halbert, 1849 : Faire le guet.

Planque à corbeaux

France, 1907 : Couvent, séminaire.

Planque à fafiots

France, 1907 : Archives.

Planque à gouapeurs

France, 1907 : Dépôt de la Préfecture de police.

Planque à larbin

Virmaître, 1894 : Bureau de placement spécial pour les domestiques (Argot des voleurs). V. Suce-larbin.

Planque à larbins

Rigaud, 1881 / France, 1907 : Bureau de placement.

Planque à plombes

Rigaud, 1881 : Pendule.

France, 1907 : Horloge.

Planque à sergots

Rigaud, 1881 / France, 1907 : Poste de police.

Planque à suif

Rigaud, 1881 / France, 1907 : Tripot.

Planque à tortorer

Rigaud, 1881 / France, 1907 : Restaurant.

Planque aux atigés

France, 1907 : Hôpital.

Planque des gouâpeurs

Rigaud, 1881 : Dépôt de la préfecture de police.

Planquer

Ansiaume, 1821 : Cacher.

Il faut planquer la camelotte jusqu’à sorgue.

Vidocq, 1837 : v. a. — Cacher.

un détenu, 1846 : Faire le guet.

Halbert, 1849 : Cacher.

Delvau, 1866 : v. a. et n. Engager quelque chose au Mont-de-Piété, mettre au plan. Argot des faubouriens.

Delvau, 1866 : v. a. et n. Mettre quelque chose de côté, — dans l’argot des typographes.

Delvau, 1866 : v. a. Cacher. Signifie aussi Emprisonner.

Rigaud, 1881 : Cacher. — Observer. — Mettre de l’argent de côté.

Virmaître, 1894 : Cacher.
— Pour dépister la rousse, je vais me planquer un marqué chez un garnaffier de mes aminches (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Faire une planque ; veut aussi dire cacher, dissimuler.

en me couchant, je suis obligé de planquer mon porte-monnaie pour que ma femme n’y fasse pas une descente.

France, 1907 : Abandonner, laisser en place.

— Et ta ménesse ? — Laquelle ? — La rouquine ? — Elle trouillottait des aisselles ; il y a beau temps que je l’ai planquée.

France, 1907 : Mettre, placer, cacher.

À c’te piaule je suis si bien planquée que je ne crains ni cognes, ni griviers, ni railles, ni quart-d’œil, ni gerbiers.

(Mémoires de Vidocq)

Planquer le marmot, cacher le produit du vol. Planquer les paccins dans un roulant, mettre les paquets dans une voiture.

Planquer (mettre en planque)

Hayard, 1907 : Accumuler.

Planquer (se)

Rigaud, 1881 : Se cacher. — Planquer le marmot, cacher un objet volé.

Planquer des sortes

Boutmy, 1883 : v. Cacher les lettres ou sortes qui entrent en grande quantité dans un travail en cours d’exécution. L’ouvrier qui planque des sortes cause un préjudice à tous ses compagnons, qui ne trouvent plus celles qui devraient être dans des casses ou bardeaux d’un usage commun.

France, 1907 : « Cacher les lettres ou sortes qui entrent en grande quantité dans un travail en cours d’exécution. L’ouvrier qui planque des sortes cause un préjudice à tous ses compagnons, qui ne trouvent plus celles qui devraient être dans des casses ou bardeaux d’un usage commun. »

(Eug. Boutmy, Argot des typographes)

Planquer, mettre à gauche

anon., 1907 : Cacher.

Planques

Rossignol, 1901 : Marques scrofuleuses sur le visage.

Pré

d’Hautel, 1808 : Il seroit mieux en terre qu’en pré. Se dit d’un homme qui est atteint d’une maladie de langueur, qui mène une vie indigente et pénible, et signifie qu’il seroit plus heureux mort que vivant.
Verd comme pré. Pour dire gaillard, frais, vigoureux.
Épargne de bouche vaut rente de pré. Pour dire que l’économie et la sobriété rendent l’homme aisé, et par allusion aux prés, dont les revenus sont certains.
Aller souvent sur le pré. Pour dire se battre fréquemment.

Ansiaume, 1821 : Galère.

Me voilà planqué pour 20 longes au pré.

Bras-de-Fer, 1829 : Bagne.

Vidocq, 1837 : s. m. — Bagne.

Clémens, 1840 : Bagne.

un détenu, 1846 : Galères. Être au pré : aller aux galères.

Delvau, 1866 : s. m. Bagne, — dans l’argot des voleurs. On dit aussi le Grand pré. Aller au pré. Être condamné aux travaux forcés. On dit aussi : Aller faucher au pré.

France, 1907 : Bagne ; argot des voleurs, qui disent aussi pré des fagots, grand pré.

— C’est égal, t’as beau coquer, tu rappliqueras au pré.

(Marc Mario)

Aller au bagne, c’est faucher le grand pré.

Quand on a fauché le grand pré, on fauche un homme sûrement.

(Edmond Ladoucette)

Cayenne est appelé le pré des fagots.

Quoquard

Halbert, 1849 : Arbre.

Delvau, 1866 : s. m. Arbre, — dans le même argot [des voleurs].

Rigaud, 1881 : Arbre, — dans le même jargon.

La Rue, 1894 : Arbre.

Virmaître, 1894 : Arbre.
— J’ai planqué la galtouze sous le premier quoquard à gauche de la garnaffe (Argot des voleurs). N.

France, 1907 : Arbre ; argot des voleurs.

Raille

Ansiaume, 1821 : Espion de police.

En voyant la raille, je me suis planqué dans un tapis.

anon., 1827 / Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 : Mouchard.

Vidocq, 1837 : s. m. — Agent de police.

Halbert, 1849 : Mouchard.

Delvau, 1864 : Agent de police, redouté des filles qui font le trottoir.

Cela nous avertit qu’il flâne en ce quartier
Un raille dont il faut d’abord se méfier.

(L. Protat)

Larchey, 1865 : Police, agent de police. — Du mot égrailler : racler. Le raille vous engraille, comme la raclette vous racle. — V. Cigogne.

La raille maron te servira pour un deuxième gerbement.

(Vidocq)

Delvau, 1866 : s. f. Les agents de police en général, — dans l’argot des voleurs.

Delvau, 1866 : s. m. Mouchard.

Rigaud, 1881 : Police, agent de police. — Espion ; de rascal, rascalion, coquin, en anglais.

La Rue, 1894 : Agent de police.

Virmaître, 1894 : Cette expression est ancienne, elle se trouve dans les Mystères de Paris (Argot des voleurs). V. Arnaque.

France, 1907 : Agent de police, mouchard. La raille, la police. Daron de la raille, préfet de police ; mot dérivé de raillon, sorte de javelot dont les anciens archers étaient armés. On lit dans le Grand Testament de François Villon (XVe siècle) :

Ci-gist et dort en ce sollier
Qu’Amour occist de son raillon,
Un pouvre perit escolier
Jadis nommé François Villon.

Vidocq emploie souvent le mot raille :

Ils parlaient aussi des railles. À propos de railles, vous n’êtes pas sans avoir entendu parler d’un fameux coquin qui s’est fait cuisinier.

Rincer

d’Hautel, 1808 : Il a été bien rincé. Pour dire, bien mouillé ; il a reçu toute la pluie.
On se sert aussi de cette locution pour dire que quelqu’un a été vivement réprimandé ; qu’il a reçu quelque mauvais traitement.

Ansiaume, 1821 : Faire des dupes.

Je suis rincé, on a déplanqué ma camelotte.

anon., 1827 : Voler.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Voler. Rincer la cambriole, voler tout ce qui se trouve dans une chambre.

Bras-de-Fer, 1829 : Dévaliser, voler.

Vidocq, 1837 : v. a. — Voler.

Halbert, 1849 : Voler.

Larchey, 1865 : Battre.

Un général, fût-il un prince, Fond sur l’ennemi et vous le rince.

(Favart, — 1750)

Tu m’as rincé, et personne ne peut se vanter de me mettre le pied sur la tête.

(E. Sue)

Larchey, 1865 : Dévaliser.

Des malfaiteurs crurent pouvoir rincer la caisse du juif.

(Balzac)

Delvau, 1866 : v. a. Battre, donner des coups. Signifie aussi Gagner quelqu’un au jeu.

Delvau, 1866 : v. a. Dévaliser, nettoyer, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Dépouiller ; voler.

La Rue, 1894 : Battre. Dépouiller, voler. Ruiner.

Rossignol, 1901 : Payer à boire. —

Nous avons soif, tu devrais bien nous rincer.

France, 1907 : Battre.

Nos officiers dans la bataille
Sont pêle-mêle avec nous tous :
Il n’en est point qui ne nous vaille,
Et les premiers ils sont aux coups.
Un général, fût-il un prince,
Des grenadiers se met au rang.
Et r’li, et r’lan,
Fond sur l’s enn’mis et vous les rince,
Relan tamplan, tambour battant.

(Favart)

France, 1907 : Dépouiller, piller. Rincer la cambriole, dévaliser une chambre, un appartement.

— Un immeuble à rincer sur le chemin de Chatou. Maison de maître dans le chic des chics, vaisselle plate dans les armoires, valeur de toute espèce dans les tiroirs des meubles. Sans compter les glaces, les pendules, les tableaux et les bibelots, qu’il n’y a qu’à se baisser pour en prendre.

(Paul Mahalin, Les Monstres de Paris)

Satou (un)

Ansiaume, 1821 : Un bois, une forêt.

J’ai planqué la blanquette du messière dans le satou.

Sortes

France, 1907 : Lettres ; argot des typographes. Voir Planquer des sortes.

Taffetas

France, 1907 : Peur. Voir Taf.

Le taffetas les fera dévider et tortiller la planque où est le carme.

(Vidocq)

Tas

d’Hautel, 1808 : Il feroit rire un tas de pierres. Se dit exagérément d’un homme dont l’humeur est joviale, bouffonne, agréable et plaisante.

Rigaud, 1881 / La Rue, 1894 : Personne sans énergie.

France, 1907 : Billet de cent francs.

France, 1907 : Coups. Coller des tas, donner des coups.

Tu dois ben ça à ton p’tit homme
Qu’a p’têt’ été méchant pour toi,
Mais qui t’aimait ben, car, en somme,
Si j’te flaupais, tu sais pourquoi.
À présent qu’me v’là dans les planques
Et qu’je n’peux pus t’coller des tas,
Tu n’te figur’s pas c’ que tu m’manques
À Mazas.

(Aristide Bruant, Dans la Rue)

France, 1907 : Personne molle, sans énergie, qui s’affaisse comme un tas.

Il s’était collé avec un gros tas qui passait sa vie à roupiller.

(Les Joyeusetés du régiment)

Vague (coup de)

Larchey, 1865 : Vol à la flan. Son auteur est dans le vague sur le butin qu’il en pourra tirer.

Un soir que j’étais dans la débine. Un coup de vague il me fallut donner. Pour travailler j’mis au plan ma rondine, Et mes outils nous fûmes les déplanquer.

(Bailly)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique