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Chenu

d’Hautel, 1808 : Au propre, blanc de vieillesse ; on s’en sert au figuré pour exprimer le haut degré de bonté d’une chose quelconque.
Ce vin est chenu. Pour, est bon, exquis, excellent.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Bon, excellent, admirable.

Larchey, 1865 : Bon, exquis. — Le Dictionnaire de Leroux (1718) l’emploie dans ce sens : Voilà du vin chenu. Selon d’Hautel (1808), chenu, signifiant au propre blanc de vieillesse (Roquefort), est appliqué au vin que la vieillesse améliore, et par extension à toute chose de première qualité.

Goujeon, une prise de tabac. — Oui-da, t’nez en v’là qu’est ben chenu.

(Vadé, 1755)

As-tu fréquenté les marchandes de modes ? c’est là du chenu !

(P. Lacroix, 1832)

Delvau, 1866 : adj. Bon, exquis, parfait, — dans l’argot des ouvriers.

La Rue, 1894 : Bon, beau. Chenu reluit : bonjour. Chenue sorgue, bonsoir. Chenument, très bien.

France, 1907 : Excellent ; une chose vieille blanchie par l’âge. Chenu pivois, un vin excellent ; chenu reluit, bonjour ; chenu sorgue, bonsoir. Argot des voleurs. Antithèse de chenoc.

Je lui jaspine en bigorne :
« Qu’as-tu donc à morfiller ?
— J’ai du chenu pivois sans lance
Et du larton savonné. »

(Vidocq)

anon., 1907 : Bon.

Lance

d’Hautel, 1808 : Baisser sa lance. Rabattre de ses prétentions ; devenir humble et souple, de haut et fier que l’on étoit.
Être à beau pied sans lance. Être démonté, désarmé ; n’avoir plus d’équipages.

Ansiaume, 1821 : Eau.

J’ai bu son picton et rempli sa rouillarde de lance.

anon., 1827 / Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 : Eau.

Vidocq, 1837 : s. f. — Eau.

Clémens, 1840 : Eau, larme.

un détenu, 1846 : Eau pour boire.

Larchey, 1865 : Eau (Vidocq). — Pour désigner l’eau, on a fait allusion à son extrême fluidité ; on a dit la chose qui se lance. Dans Roquefort, on trouve lancière : endroit par où s’écoule l’eau surabondante d’un moulin. V. Mourir, Trembler.

Delvau, 1866 : s. f. Balai, — dans le même argot [des faubouriens].

Delvau, 1866 : s. f. Pluie, — dans l’argot des faubouriens, qui ont emprunté ce mot à l’argot des voleurs. À qui qu’il appartienne, il fait image.

Rigaud, 1881 : Eau. — Balai. Lancier du préfet, balayeur, cantonnier.

Merlin, 1888 : Pluie. — Il tombe des lances, il pleut. Expression empruntée à l’argot parisien.

La Rue, 1894 : Eau. Pluie. Balai. Lanciers du préfet, Balayeurs.

Virmaître, 1894 : Eau, pluie.
— Il tombe de la lance à ne pas mettre un chien dehors.
Le peuple a emprunté ce mot à l’argot des voleurs.

Rossignol, 1901 : Eau.

Hayard, 1907 : Eau, pluie.

France, 1907 : Balai, à cause de son long manche.

France, 1907 : Eau.

— Je l’ai porté placidement sous la fontaine de la Maubert et je lui ai fait couler un petit filet de lance sur la tête, histoire de lui rafraîchir la coloquinte, en lui disant : Tiens, bois un coup de ça, pour te remettre ; mais, au lieu de boire, il a demandé du vin. Regardez-le gesticuler en montrant le poing à la fontaine.

(G. Macé, Un Joli Monde)

Le richard, qui bourre d’avoine ses canassons quand ils ont quelques kilomètres de plus à faire, se fout comme d’une guigne que ses nègres tirent la langue et s’ingurgitent la lance bourbeuses des mares.

(Le Père Peinard)

Voici comment ils croûtent : le matin, ils bouffent un quignon et sirotent une infusion de chicorée ; à 1 heure, ils s’empiffrent de patates ; le soir, ils s’enfilent de la soupe et graissent leur pain d’un bout de lard gros comme une noisette. Si les pauvres gas ne sont pas trops à la côte, ils s’appuient une fricassée de pommes de terre dans une sauce au saindoux et à l’oignon.
Pour boisson, de la lance qui a passé sur l’infusion de chicorée dénommée café. Très rarement de la bière ou du cidre.

(Le Père Peinard)

Pivois sans lance, vin sans eau.

France, 1907 : Le pénis. Ce mot n’est plus guère employé dans ce sens.

France, 1907 : Pluie.

Profitant de l’expérience acquise par son aîné, le débutant aurait trouvé tout de suite, à la Villette ou à la Chapelle, une jeune personne qui lui aurait fait connaître les ivresses de l’amour, tout en lui permettant de passer des jours tissés de la plus douce fainéantise. Et le soir, au fond de l’assommoir, à l’abri des averses il aurait joué des « champoreaux » et des saladiers de vin chaud au zanzibar, pendant que l’innocente enfant aurait turbiné sous la lance.

(Laerte, Le Radical)

France, 1907 : Urine.

À été aussi ordonné que les argotiers toutime qui bieront demander la tune, soit aux lourdes ou dans les entiffes, ne se départiront qu’ils n’aient été refusés neuf mois, sous peine d’être bouillis en bran, et plongés en lance jusqu’au cou.

(Règlements des états généraux du Grande-Coëre)

Pavillon

Ansiaume, 1821 : Fou.

Il est pavillon ou je ne m’y connois pas.

un détenu, 1846 : Fou.

Larchey, 1865 : Fou, homme dont les idées flottent tous les vents comme un pavillon. — Pavillonner : Deviser joyeusement, plaisanter, déraisonner.

On renquillera dans la taule a mesigue pour refaiter gourdement, et chenument pavillonner, et picter du pivois sans lance.

(Vidocq)

Delvau, 1866 : s. et adj. Fou, — dans l’argot des faubouriens.

La Rue, 1894 : Fou. Mensonge fait sans nécessité.

France, 1907 : Évaporé, tête folle, cerveau versatile qui n’a pas d’idée fixe, qui tourne à tous les vents comme un pavillon.

Tremblant

Ansiaume, 1821 : Lit.

J’étois dans le tremblant, quand les cognes sont venus.

Vidocq, 1837 : s. m. — Lit de sangle.

Larchey, 1865 : Lit. — On comprend le mot en voyant cet exemple.

J’ai du bon pivois sans lance et du larton savonné, une lourde, une tournante, un tremblant pour rivancher (faire l’amour).

(Vidocq)

Delvau, 1866 : s. m. Lit de sangle, — dans l’argot des faubouriens.

Rigaud, 1881 : Lit de sangle, mauvais lit.

La Rue, 1894 : Lit de sangle.

France, 1907 : Lit ; il tremble sous les secousses amoureuses ; argot faubourien.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique