France, 1907 : Joyeux luron.
Pleurez, pierrots, bobèches, pitres !
Bruscambilles et margotons.
Et vous, Trombones et Pistons
Qui symphonisez sans pupitres.
(Jules Jouy)
Bruscambille
France, 1907 : Joyeux luron.
Pleurez, pierrots, bobèches, pitres !
Bruscambilles et margotons.
Et vous, Trombones et Pistons
Qui symphonisez sans pupitres.
(Jules Jouy)
Capiston
Rigaud, 1881 : Capitaine, — dans le jargon des troupiers, — Capiston bêcheur, capitaine adjudant-major.
Merlin, 1888 : Capitaine. — On dit encore piston.
Virmaître, 1894 : Capitaine (Argot des troupiers).
Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Capitaine.
France, 1907 : Capitaine. Capiston bêcheur, capitaine rapporteur ; argot militaire. Capiston de la soupe, officier qui n’a jamais essuyé que le feu des marmites.
Coquine
Delvau, 1864 : Femme ou fille qui aime l’homme — ou qui fait semblant de l’aimer pour avoir son argent.
Avec ton piston qui fascine.
La fille honnête et la coquine,
On assur’ qu’il possède encor
Le talent de donner du cor.
(Jules Poincloud)
Nous sommes liés, le baron et moi, par nos coquines.
(H. de Balzac)
Rigaud, 1881 : Éphestion de trottoir, — dans le jargon des voleurs. Mot très usité pour le moment.
Rossignol, 1901 : Voir chatte.
Coup de piston
France, 1907 : Démarche, recommandation de personnes influentes en faveur d’un protégé. C’est à force de donner des coups de piston que l’on pousse certains idiots dans des postes qu’ils n’auraient jamais dû occuper, d’où : pistonner quelqu’un, le favoriser, le pousser, le faire valoir. C’est surtout dans les régiments qu’il est bon de réveiller le protecteur somnolent par des coups de piston.
Cependant, malgré qu’il fût bien noté, Toupinel craignait qu’un passe-droit, un coup de piston en faveur d’un autre ne lui fit longtemps encore « marquer le pas ».
(Auguste Audy, Gil Blas)
Croupière (allonger la)
Rigaud, 1881 : Augmenter une punition, — dans le jargon des soldats de cavalerie. Le capiston allongera la croupière de quatre jours et ça fera le compte.
Dabuge
France, 1907 : Bourgeoise, dame.
Une majestueuse dabuge ornée d’une paire de fesses sur l’estomac qui faisait loucher notre enrager capiston.
(Les Joyeusetés du régiment)
Dormir en chien de fusil
Delvau, 1866 : v. n. C’est, — dans l’argot du peuple, — prendre en dormant une posture qui donne au corps la forme d’une S ou du morceau de fer qu’on abat sur le bassinet de certaines armes à feu lorsqu’on veut tirer.
Virmaître, 1894 : Dormir en cerceau. Allusion à la forme de l’ancien chien de fusil à piston (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Les jambes raccourcies.
France, 1907 : Dormir recroquevillé, les genoux dans la direction du menton.
Éteignoir
Delvau, 1864 : La nature de la femme, où vient en effet s’éteindre, en fondant, la chandelle de l’homme.
La chandelle était trop petite,
Ou l’éteignoir était trop grand.
(Émile Debraux)
Nous allâmes rire chez moi de cette tragi-comédie et éteindre dans nos voluptueux ébats, les feux dont ce spectacle lascif venait de nous embraser.
(Félicia)
Il avait éteint sa chandelle par deux fois.
(Noël du Fail)
Larchey, 1865 : Nez aussi gros qu’un éteignoir.
Ah ! Quel nez ! Rien que de l’apercevoir, On s’dit : Dieu ! quel éteignoir !
(Guinod 1839)
V. Piston.
Larchey, 1865 : Personne assez maussade pour éteindre la gaîté de ses voisins.
Rigaud, 1881 : Préfecture de police ; Palais de Justice ; double allusion aux tours de la Conciergerie terminées en forme d’éteignoir, et à la situation de l’accusé qui est éteint, qui est enlevé à la clarté du jour.
Virmaître, 1894 : Cafard qui éteint l’intelligence des enfants qu’il est chargé d’instruire. Éteignoir : individu morose qui éteint toute gaieté dans une réunion. Éteignoir : nez monumental.
— Dérange donc ton nez que je voie la tour Eiffel (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Nez.
France, 1907 : Large et grand nez.
France, 1907 : Préfecture de police.
Faire des petits pains
Rigaud, 1881 : Courtiser avec attouchements, genre Tartuffe. — Qu’est-ce que tu faisais avec la bonne du capiston, tu faisais des petits pains ? — Probable.
Virmaître, 1894 : Faire des manières. Prendre des airs mystérieux pour causer avec quelqu’un, lui dire des riens et avoir l’air de lui parler de choses intéressantes. Faire la cour à une femme c’est faire des petits pains (Argot du peuple). N.
Rossignol, 1901 : Faire la cour à quelqu’un, c’est lui faire des petits pains.
France, 1907 : Paire des mamours, flatter. On dit aussi dans le même sens : faire du plat ou du boniment.
Flanche
Clémens, 1840 : Pas.
un détenu, 1846 : Chose mauvaise, de mauvais goût.
Larchey, 1865 : Jeu de roulette. — Flancher : Jouer franchement (Vidocq). — Flancher, Flacher : Plaisanter (Bailly). — Flanche : Plaisanterie.
Delvau, 1866 : s. f. La roulette et le trente-et-un, — dans l’argot des voleurs. Grande flanche. Grand jeu.
Delvau, 1866 : s. m. Affaire, — dans le même argot [des voleurs]. S’emploie ordinairement avec l’adjectif comparatif mauvais. « C’est un mauvais flanche », pour : C’est une mauvaise affaire.
Delvau, 1866 : s. m. Truc, secret, ruse, — dans l’argot des faubouriens.
Rigaud, 1881 : Jeu ; ruse ; plaisanterie. — Affaire. — Reculade. — Grande flanche, jeu de la roulette, jeu du trente et quarante.
La Rue, 1894 : Jeu, ruse, plaisanterie. Affaire. Peur, reculade. Pas. Flancher, jouer, se moquer, reculer, s’effrayer, tricher.
Virmaître, 1894 : Affaire.
— Si tu veux, mon vieil aminche, nous avons un rude flanche en vue ?
— Je le connais ton flanche à la manque (Argot des voleurs).
France, 1907 : Affaire, truc, ruse, secret. Un sale flanche, une mauvaise affaire. Connaître le flanche, connaître son affaire. C’est flanche, tout va bien. Accoucher d’un flanche, écrire un article.
Il va pistonner un journaleux qui accoucha d’un flanche dégueulasse.
(La Sociale)
France, 1907 : Jeu de cartes. La grande flanche, la roulette et le trente et un. « J’ai joué la grande flanche. »
Piston
Larchey, 1865 : Importun. — On connaît l’agaçante régularité du coup de piston. — On use du verbe pistonner. — Piston : Préparateur du cours de physique.
Delvau, 1866 : adj. et s. Remuant, tracassier, ennuyeux, — dans l’argot des aspirants de marine.
Delvau, 1866 : s. m. Interne ou externe qu’affectionne, que protège le médecin en chef d’un hôpital. Argot des étudiants en médecine.
Delvau, 1866 : s. m. Préparateur du cours de physique, — dans l’argot des lycéens.
Rigaud, 1881 : Importun. — Pistonner, ennuyer.
Rigaud, 1881 : Interne protégé par le médecin en chef d’un hôpital.
Rigaud, 1881 : Préparateur d’un cours de physique.
Merlin, 1888 : Voyez Capiston.
La Rue, 1894 : Puissante protection. Homme protégé. Pistonner, protéger.
France, 1907 : Candidat à l’École centrale.
France, 1907 : Préparateur à un cours de physique ou de chimie ; argot des étudiants.
Piston (coup de)
France, 1907 : Démarche, sollicitation en faveur d’un protégé qui agit sur le dispensateur de l’avancement comme un piston de pompe pour lui en extraire le jet du favoritisme. Combien ne doivent leur fortune rapide qu’à des coups de piston !
Par égard pour des coups de piston, on donne de l’avancement avec autant de justice qu’il y en aurait à payer au négligent qui redoit à sa masse le décompte qui revient au soldat économe et soigneux. C’est encore pis. Le décompte n’est qu’une affaire du moment ; tandis qu’en frustrant un homme des galons qu’il a gagnés, on lui rend odieuse une carrière qu’il a commencée peut-être avec répugnance, et dont il a su vaincre les ennuis et les dégoûts.
(A. Longuet, Méditations de caserne)
De piston, on a fait pistonner.
Pistonner
Delvau, 1866 : v. a. et n. Diriger, protéger, aider.
Delvau, 1866 : v. a. Ennuyer, tracasser, tourmenter.
France, 1907 : Aider, favoriser quelqu’un, le faire valoir. « Pistonner, dit Léon Daudet, dans l’argot morticole signifie pousser ses élèves aux examens, en dépit de toute justice. » Ce n’est pas seulement aux examens de médecine, c’est partout, dans toutes les carrières, les administrations, l’armée et la magistrature que l’on pistonne et que des incapables passent sur le dos de méritants. Il en fut toujours ainsi, et rien n’indique, la chose étant très humaine, que cet abus aura une fin.
Le marchand de vin sera toujours ménagé tant qu’il restera le grand électeur, tant qu’à son comptoir, au moment des élections, des crédits lui seront ouverts à l’aile des fonds secrets pour faire boire à pleins verres les citoyens sans argent, disposés à voter pour les candidats patronnés et pistonnés par ce courtier en révolution, qui se charge d’apporter l’unique solution du problème social : la réforme de la société… en la supprimant en détail par l’abus et la fraude.
(G. Macé, Un Joli Monde)
Pour remplacer Mme Wasly, le service du personnel fit choix d’une fraîche et sémillante veuve, une Juive, nommée Mme Forbach, qui passait pour une des commises les plus hautement protégées, les plus fortement pistonnées de toute l’administration.
(Albert Cim, Demoiselles à marier)
Police (bonnet de)
France, 1907 : Conscrit ; vieil argot militaire.
— Ah ! mille milliards de trompettes à piston ! être laissé tarauder ainsi par un bleu… par un blanc-bec… un carapata… un bonnet de police ; un conscrit, enfin !
(Dubois de Gennes, Le Cavalier tel qu’il est)
Repousser les urines
Virmaître, 1894 : Il est, je pense, inutile d’expliquer cette expression ; sa brutalité la rend très compréhensible. Allusion au piston qui repousse la vapeur dans le cylindre (Argot des voyous). N.
France, 1907 : Avoir commerce avec une femme ou une fille ; argot populaire.
Seringue
d’Hautel, 1808 : Chanter comme une seringue. Avoit la voix fausse et discordante.
Delvau, 1864 : La pine, avec laquelle l’homme donne a la femme un lavement de sperme — qui est le plus émollient de tous les lavements.
Il tire de sa pochette
Sa seringue et deux pruneaux.
(Gautier-Garguille)
Delvau, 1866 : s. f. Voix fausse, aigre, criarde, — dans l’argot du peuple. Chanter comme une seringue. Chanter très mal.
Rigaud, 1881 : Personne ennuyeuse, rabâcheur.
Merlin, 1888 : Trombone.
Virmaître, 1894 : Machine à vapeur qui fonctionne mal ; allusion au bruit du piston (Argot des ouvriers).
France, 1907 : Machine à vapeur.
France, 1907 : Personne ennuyeuse.
France, 1907 : Voix fausse. Chanter comme une seringue.
Tarauder
Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Frapper, donner des coups.
Delvau, 1866 : v. a. Battre, donner des coups, — dans l’argot des faubouriens.
Delvau, 1866 : v. n. Faire un bruit agaçant en remuant mal à propos des meubles, en secouant des tiroirs, etc. Argot du peuple.
La Rue, 1894 : Battre, se disputer.
France, 1907 : Battre, tarabuster. Se tarauder, se quereller ; argot populaire.
— Ah ! mille milliards de trompettes à piston ! s’être laissé tarauder ainsi par un bleu, par un blanc-bec, un carapata, un bonnet de police, un conscrit enfin ! Lui battu, lui esquinté, lui, Riboulot, la terreur des crânes du régiment ! Ah ! nom de nom de nom de nom ! mais patience ! Barochon allait sans doute tailler des croupières à ce buveur d’eau sucrée, et dès que Riboulot serait remis d’aplomb sur ses quilles, il trouverait lien l’occasion de l’envoyer essayer une chemise de sapin.
(Ch. Dubois de Gennes, Le Troupier tel qu’il est… à cheval)
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