Clémens, 1840 : Pistolet.
Baillaffe
Bayafe
Vidocq, 1837 : s. m. — Pistolet. Terme des voleurs de grande route du midi de la France.
Larchey, 1865 : Pistolet.
On peut remoucher les bayafes. Alors le taffetas les fera dévider et tortiller la planque où est le carle.
(Vidocq)
France, 1907 : Pistolet ; vieux mot languedocien.
Bayafer
Vidocq, 1837 : v. a. — Fusiller, passer par les armes.
Delvau, 1866 : v. a. Fusiller, — dans l’argot des voleurs parisiens, qui ont emprunté cette expression aux voleurs du Midi, lesquels appellent un pistolet un bayafe ou baillaf, comme l’écrit M. Francisque Michel.
France, 1907 : Fusiller ; argot des voleurs.
Bayaffe
Ansiaume, 1821 : Pistolet.
Le messière a des bayaffes, il faut l’ébobir de rif.
Bayaffe à deux jetées
Ansiaume, 1821 : Pistolet à deux coups.
J’ay une paire de bayaffes à deux jettées, que j’ai grimé à un messière.
Blave à ressort
France, 1907 : Pistolet.
Blavin
anon., 1827 : Mouchoir.
Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Mouchoir. Faire le blavin, voler le mouchoir.
Bras-de-Fer, 1829 : Mouchoir.
Vidocq, 1837 : s. m. — Mouchoir de poche.
M.D., 1844 / Halbert, 1849 : Mouchoir.
Larchey, 1865 : Mouchoir (Vidocq). — Dimin. du vieux mot blave : bleu. V. Roquefort. — Un grand nombre de mouchoirs sont de cette couleur. — Blaviniste : Voleur de mouchoirs. — V. Butter.
Delvau, 1866 : s. m. Mouchoir, — dans le même argot [des voleurs].
Rigaud, 1881 : Mouchoir, — dans l’ancien argot.
Rigaud, 1881 : Pistolet de poche, — dans le jargon des voleurs.
Merlin, 1888 : Mouchoir, — de l’argot parisien. On dit aussi un parc aux huîtres.
Virmaître, 1894 : Mouchoir. Une vieille chanson dit :
Le parrain care sa frime dans son blavin.
(Argot des voleurs). V. Aniterge.
Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Mouchoir.
France, 1907 : Mouchoir de poche ; du vieux mot blave, bleu. On peut remarquer que, dans les campagnes, les mouchoirs à carreaux bleux sont encore en usage.
Pistolet de poche, dans l’argot des voleurs.
anon., 1907 : Mouchoir de poche.
Boîte à cornes
Delvau, 1866 : s. f. Chapeau, coiffure quelconque, — dans l’argot des faubouriens.
Rigaud, 1881 : Chapeau d’homme.
Virmaître, 1894 : Chapeau. Allusion aux cocus qui y cachent leurs cornes (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Chapeau haut de forme ou autres.
Hayard, 1907 : Chapeau.
France, 1907 : Chapeau ou bonnet. Boîte à dominos, bouche, allusion aux dents ; cercueil, allusion aux os ; — à gaz, estomac ; — à surprise, la tête ; — à violon, cercueil ; — à biscuit, pistolet ; — à jaunets, écrin ; — à femmes, brasserie ; — à pastilles, ciboire ; — à pandore, boîte contenant de la cire molle pour prendre l’empreinte des serrures ; — au sel, tête ; — aux cailloux ou aux réflexions, prison ; — aux refroidis, la Morgue ; — d’échantillons, tonneau de vidange ; — au lait, la gorge. Tête à boîte, tête à punitions, figure d’imbécile ou de raisonneur, dans l’argot militaire.
Bouillon d’onze heures
Delvau, 1866 : s. m. Breuvage empoisonné. Prendre un bouillon d’onze heures. Se suicider par le poison.
Rigaud, 1881 : Empoisonnement ; par allusion aux fameux bouillons administrés par la Brinvilliers et qu’elle appelait « un pistolet dans du bouillon. » — Faire boire un bouillon d’onze heures à quelqu’un, empoisonner quelqu’un.
Burette
La Rue, 1894 : Visage. Paire de pistolets.
Virmaître, 1894 : Visage (Argot des voleurs). N.
Rossignol, 1901 / France, 1907 : Visage.
Burettes
Delvau, 1866 : s. f. pl. Paire de pistolets, — dans l’argot des faubouriens.
Rigaud, 1881 : Paire de pistolets d’arçon. Des burettes qui, à elles seules, chantent la messe… des morts.
France, 1907 : Paire de pistolets ; argot des voleurs. La burette du curé de Vaugirard se disait autrefois pour une grande bouteille
Chantage
un détenu, 1846 : Vol par pédérastie.
Larchey, 1865 : Extorsion d’argent sous menace de révélations scandaleuses.
Le chantage, c’est la bourse ou l’honneur…
(Balzac)
Delvau, 1866 : s. m. Industrie qui consiste à soutirer de l’argent à des personnes riches et vicieuses, en les menaçant de divulguer leurs turpitudes ; ou seulement à des artistes dramatiques qui jouent plus ou moins bien, en les menaçant de les éreinter dans le journal dont on dispose.
Rigaud, 1881 : Mise en demeure d’avoir à donner de l’argent sous peine de révélation.
Le chantage est un vol pratiqué non plus à l’aide du poignard ou du pistolet, mais d’une terreur morale, que l’on met sur la gorge de la victime qui se laisse ainsi dépouiller sans résistance.
(A. Karr, les Guêpes, 1845)
L’inventeur du chantage est Farétin, un très grand homme d’Italie, qui imposait les rois, comme de nos jours tel journal impose tels acteurs.
(Balzac, Un grand homme de province à Paris)
France, 1907 : Extorsion d’argent sous menaces de révélations qui peuvent perdre la réputation où l’honneur. Au lieu d’être la bourse ou la vie, c’est, comme disait Balzac, la bourse où l’honneur. Le chantage a existé de tout temps et partout, mais c’est surtout en Angleterre, en raison de l’hypocrisie des mœurs, qu’il a été et est encore le plus florissant. Reculant devant un scandale qui, même l’innocence prouvée, les eût perdus dans l’estime publique, où leur eût occasionné au moins de nombreux désagréments, des gens des plus honorables se sont laissé exploiter par d’affreux gredins.
De sorte qu’avec le système de chantage, qui est ici des plus prospères, outre qu’il n’est pas de Police Court (tribunal correctionnel) où l’on ne puisse se procurer autant de faux témoins qu’on en désire à raison de deux à cinq shillings par tête, la réputation, la fortune, la liberté, l’avenir du citoyen le plus honorable se trouvent à la merci des deux premières petites drôlesses venues.
(Hector France, Préface de Au Pays des brouillards)
Cette lâche industrie du chantage s’adresse surtout aux faibles, aux timides. aux innocents. Elle a ceci de terrible qu’elle bénéficie neuf fois sur dix de l’impunité, les victimes ayant un intérêt plus grand à payer en silence qu’à porter plainte, le châtiment des coupables ayant pour répercussion l’écrasement, la honte, la disqualification, la déchéance et la ruine des victimes.
(Ed. Lepelletier, Les Secrets de Paris)
Coup de pistolet
Larchey, 1865 : « Alléché par l’exemple et la perspective de quelques bénéfices énormes, un novice vient de tirer un coup de pistolet à la Bourse (c’est l’expression pour désigner une opération isolée et sans suite, un coup de main). »
(Mornand)
Delvau, 1866 : s. m. Opération isolée et sans suite, mais destinée cependant à faire un peu de bruit. Coup de pistolet dans l’eau. Affaire ratée.
Rigaud, 1881 : Engagement à coups irréguliers d’une forte somme d’argent, — en terme de joueur.
Rigaud, 1881 : Pièce, acte ou scène d’un caractère très hardi, — en terme de théâtre. — Œuvre d’art dont l’originalité voisine de l’extravagance n’a d’autre but que de forcer l’attention publique.
Crachant (un)
M.D., 1844 : Un pistolet.
Crucifix
d’Hautel, 1808 : Un mangeur de crucifix. Hypocrite, tartufe, faux dévot qui emprunte le voile de la religion pour mieux jouer l’imposture.
anon., 1827 : Pistolet.
Crucifix à ressort
Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 : Pistolet.
Halbert, 1849 : Pistolets.
Delvau, 1866 : s. m. Poignard ou pistolet, — dans l’argot des voleurs.
France, 1907 : Poignard ou pistolet.
Crucifix à ressorts
Vidocq, 1837 : Pistolet.
(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)
Larchey, 1865 : Pistolets (Vidocq). — Ils se présentent comme le crucifix aux heures suprêmes.
Crucifix, crucifix à ressort
Rigaud, 1881 : Pistolet. — Crucifix à l’esbroufe, revolver, — dans le jargon des voleurs.
Dur-à-la-détente
Delvau, 1866 : adj. et s. Homme avare, qui ne lâche pas volontiers les ressorts de la bienfaisance ou du crédit, — dans l’argot du peuple, pour qui ces sortes de gens sont de « singuliers pistolets ». On dit aussi Dur à la desserre.
Filer
d’Hautel, 1808 : Filer le parfait amour. Rechercher une personne dans le dessein de l’épouser ; l’aimer de bonne foi.
Filer sa corde. Commettre des actions contraires à l’honneur et à la probité.
Filer doux. Devenir souple, se soumettre sans murmurer à des ordres rigoureux.
Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Suivre, préparer. Filer une affaire, faire les dispositions d’un vol.
Vidocq, 1837 : v. a. — Aller à la salle.
Clémens, 1840 : Suivre, espionner.
Halbert, 1849 : Suivre un individu.
Larchey, 1865 : Suivre.
Un voleur se charge de filer la personne.
(Vidocq)
Être filé signifie, dans le langage des débiteurs, que le recors vous suit à la piste.
(Montépin)
Dans le même vocabulaire, Être fumé signifie être arrêté.
Delvau, 1866 : v. a. Suivre un malfaiteur, — dans l’argot des agents de police. Suivre un débiteur, — dans l’argot des gardes du commerce.
Delvau, 1866 : v. a. Voler, — dans l’argot des voyous. Filer une pelure. Voler un paletot.
Delvau, 1866 : v. n. Levare ventris onus, — dans le même argot [des faubouriens].
Delvau, 1866 : v. n. S’en aller, s’enfuir, — dans l’argot des faubouriens.
Rigaud, 1881 : Faire l’école buissonnière, — dans le jargon des collégiens.
Les élèves de Louis-le-Grand filent, soit aux Ours, (le jardin des Plantes) soit au Luxembourg.
(Albanès, Mystères du collège)
Rigaud, 1881 : Ne pas engager le jeu, — dans le jargon des joueurs de bouillotte. Faire filer, intimider son adversaire qui, alors, n’engage pas le jeu, ou qui paye son premier engagement.
Rigaud, 1881 : Sacrifier à la compagnie Lesage.
Rigaud, 1881 : Suivre à la piste. La police file à pied, en voiture et en chemin de fer.
Virmaître, 1894 : Suivre. Pour organiser une filature, les agents se mettent deux, l’un devant le filé, l’autre derrière, de façon à ce qu’il ne puisse échapper. Il y a des filatures qui sont extrêmement mouvementées, c’est une véritable chasse où toutes les ruses sont mises en œuvre. Le gibier cherche toutes les occasions de se dérober pour éviter le sapement (Argot des voleurs).
Rossignol, 1901 : Suivre. Pour suivre un malfaiteur, il y a toujours deux agents de la sûreté, l’un suit le filé et l’autre son collègue. Lorsque le premier agent croit avoir été remarqué par le filé, il change de rôle avec son collègue. Un bon agent, qui fait le service dit de la voie publique, avait dans le temps toujours une blouse enroulée autour du corps, en guise de ceinture et une casquette dessous son gilet. Lorsque le premier agent croyait avoir été remarqué, et qu’il prenait la place de son collègue, il mettait tout en marchant sa blouse par-dessus son vêtement et sa casquette ; dans cette tenue, il pouvait reprendre sa place primitive, sans être reconnu. À une époque, j’avais un binocle sur lequel se trouvait collée une toute petite glace sur chaque verre, ce qui me permettait de voir quelqu’un eh lui tournant le dos.
Hayard, 1907 : Suivre.
France, 1907 : Partir, se sauver, échapper aux gendarmes.
Le jeune Crétinard passe ses examens.
— Pourriez-vous me citer, monsieur, lui demande l’examinateur, le nom d’une des femmes les plus fidèles de l’antiquité ?
— ???…
— Voyons, monsieur… Et Pénélope ?
Le jeune Crétinard, ouvrant de grands yeux :
— Pénélope !… Mais on m’a assure qu’elle filait tout le temps !…
(Gil Blas)
À la Bourse.
— Savez-vous la nouvelle ? Rapinard qu’on disait si solide !
— Filé en Belgique.
— Je n’en reviens pas.
— Lui von plus.
On dit aussi filer à l’anglaise pour s’esquiver, s’en aller sans rien dire. Les Anglais nous rendent le compliment en disant dans le même sens : to take a French leave, prendre congé à la française.
Facile à l’emballage, mais féroce, redoutable quand il tient une série. Précipitant les coups de pistolet, — non ! de revolver — puis, le résultat obtenu, et c’est toujours un résultat très sérieux, ramassant à pleines mains les jetons, l’or et les billets pêle-mêle dans la grande sébile, il réalise à la caisse et file à l’anglaise.
(Paul Alexis)
Au restaurant.
— Garçon, je vois sur la carte : Macaroni à l’anglaise ; pourquoi à l’anglaise ?
— Parce qu’il file, monsieur.
Impressionniste
Rigaud, 1881 : Peintre ultra-réaliste. Les impressionnistes ou impressionnalistes ne peignent que l’impression. Ils jettent quelques tons sur la toile sans s’occuper ni de l’harmonie des couleurs, ni du dessin, ni du reste. Leurs œuvres ressemblent à des esquisses informes. C’est l’indication, ce n’est pas le tableau.
Chose singulière ! Duranty qui tient à ce qu’on a appelé, depuis Champfleury, l’école du réalisme, ne comprend pas toujours la peinture de Manet. Faut-il en conclure que, malgré ce qu’on pourrait penser, réalistes et impressionnistes ne regardent pas avec les mêmes yeux ?
(Maxime Rude)
France, 1907 : Peintre qui se contente de jeter sur la toile l’impression qu’il ressent, sans se soucier de celle qu’il donne. Nombre d’impressionnistes sont des fumistes qui cachent sous des paquets de couleurs leur ignorance du dessin. Ingres eût dit, s’il avait connu ce genre nouveau de jeter non de la poudre, mais des couleurs aux yeux : « C’est la déshonnêteté de la peinture. »
Quelques-uns, les plus roublards, se servent d’un procédé presque enfantin.
Comme le pitre sur ses tréteaux, ils annoncent leur présence au publie en tirant des coups de pistolet pour l’amener devant leur baraque. Dans la nécessité, pour percer, de faire original, ils font étrange, voire même grotesque. Pour ne citer qu’un seul exemple typique : Manet, le père de l’impressionnisme, se faisait refuser exprès au Salon de 1863. Tels tous ses imitateurs.
(Max Brœmer, La Petite République)
Lionne
Larchey, 1865 : « C’étaient de petits êtres féminins, richement mariés, coquets, jolis, qui maniaient parfaitement le pistolet et la cravache, montaient à cheval comme des lanciers, prisaient fort la cigarette, et ne dédaignaient pas le champagne frappé. »
(F. Deriège)
Delvau, 1866 : s. f. Femme à la mode — il y a trente ans. C’était « un petit être coquet, joli, qui maniait parfaitement le pistolet et la cravache, montait à cheval comme un lancier, prisait fort la cigarette et ne dédaignait point le Champagne frappé. » Aujourd’hui, mariée ou non, grande dame ou petite dame, la lionne se confond souvent avec celle qu’on appelle drôlesse.
France, 1907 : Femme, fille, sœur où maîtresse du lion. « C’étaient, dit Deriège, cité par Lorédan Larchey, de petits êtres féminins, richement mariés, coquets, jolis, qui maniaient parfaitement le pistolet et la cravache, montaient à cheval, prisaient la cigarette. » Si le type n’est pas complètement disparu, le mot est dors d’usage.
Lancée par l’hymen dans une carrière brillante, elle fut bientôt citée parmi les divinités de la mode parisienne, et aujourd’hui elle figure avec avantage dans cette élite de merveilleuses que l’on rencontre à toutes les solennités élégantes ; infatigables amazones, dédaignant les paisibles récréations de leur sexe et abdiquant le doux empire des grâces discrètes pour suivre nos dandys à la course et se mêler aux grandes et aux petites manœuvres du Jockey-Club ; reines du monde cavalier, que l’on a surnommées les Lionnes, pour rendre hommage à la force, à l’intrépidité et à l’inépuisable ardeur dont elles donnent chaque jour tant de preuves.
(Eugène Guinot)
Mandolet
Halbert, 1849 : Pistolet.
Delvau, 1866 : s. m. Pistolet, — dans l’argot des voleurs.
Rigaud, 1881 : Pistolet, — dans le jargon des voleurs.
La Rue, 1894 : Pistolet.
France, 1907 : Pistolet ; vieil argot.
Mégottier
Fustier, 1889 : Industriel oui ramasse les bouts de cigares, les mégots.
Là, sont réunis pêle-mêle des biffins… le mégottier avec son pistolet à la saind-homme.
(Réveil, 1882)
France, 1907 : Ramasseur de bouts de cigares et de bouts de cigarettes.
Monté (être)
France, 1907 : Être exalté.
Je ne défends pas ces exagérations de forme, — je les ai en grippe. Littérairement et socialement je les juge mauvaises, pensant que quand on se mêle de parler au peuple, il faut lui faire l’honneur de lui parler comme à un souverain et pas comme à un voyou.
Mais ce garçon est jeune, encore une fois, exalté, avec les belles fougues des débuts. Puis il s’est bourré le cerveau, comme un pistolet trop chargé, avec les sentences de celui-ci, les oracles de celui-là. Bref, il est monté.
(Jacqueline, Gil Blas)
Mouchoir
Delvau, 1866 : s. m. Aniterge, — dans l’argot des bourgeois.
Delvau, 1866 : s. m. La main, — dans l’argot des faubouriens, qui ont l’habitude de s’en servir pour moucher les autres et se moucher eux-mêmes. Ils s’en servent aussi comme Aniterge.
Rigaud, 1881 : Pistolet de poche.
Mouchoir de poche
Delvau, 1866 : s. m. Pistolet de poche, avec lequel on peut moucher les importuns de nuit à quinze pas. Argot des faubouriens.
France, 1907 : Revolver.
Passer à la couverte
France, 1907 : Brimade militaire qui consiste à faire sauter un homme dans une couverture, à le berner.
À peine le Suisse venait-il de fermer l’œil que ses camarades de chambrée l’empoignèrent, lui jetèrent dans une couverture en compagnie d’une paire de bottes éperonnées, de deux pistolets et de deux étrilles, et bientôt, au commandement trois, le malheureux fut lancé dans l’espace à l’aide d’une savante et méthodique secousse imprimée à la couverture par huit vigoureuses poignes. C’est ce que s’appelle sauter en couverte. Le brigadier faisait mine de ronfler.
(Les Joyeusetés du régiment)
Pétouze, pitroux
Rigaud, 1881 : Pistolet, fusil, — dans l’ancien argot.
Pied de cochon
Vidocq, 1837 : s. m. — Pistolet. Terme employé par Cartouche et Mandrin.
Larchey, 1865 : Pistolet. — Allusion de forme.
Delvau, 1866 : s. m. Pistolet.
Rigaud, 1881 : Pistolet.
Fustier, 1889 : Farce, tromperie. Jouer un pied de cochon à quelqu’un, lui faire une plaisanterie d’un goût douteux.
France, 1907 : Pistolet d’arçon.
Pied-de-cochon
La Rue, 1894 : Pistolet. Mauvais tour que l’on joue à quelqu’un avant de se sauver.
Pistolet
d’Hautel, 1808 : Si ses yeux étoient pistolets, ils me tueroient. Se dit d’un homme qui manifeste sa colère, en lançant des regards irrités, foudroyans sur quelqu’un.
Il s’en est allé après avoir tiré son coup de pistolet. Se dit lorsque quelqu’un s’est retiré d’une conversation, d’une dispute, après avoir lâché une apostrophe vive et piquante.
Delvau, 1864 : Le vit.
Une fille de village
M’a prins en affection ;
Je luy donnay mon pistolet
Qu’elle a mis comme relique
Dans le tronc de sa boutique.
(Chansons folastres)
Larchey, 1865 : Demi-bouteille de champagne. Double allusion au petit calibre de la fiole et à l’explosion de son contenu. — C’est aussi un homme singulier.
On rit avec toi et tu te fâches… En voilà un drôle de pistolet !
(Gavarni)
Delvau, 1866 : s. m. Demi-bouteille de Champagne.
Delvau, 1866 : s. m. Homme qui ne fait rien comme personne. On dit aussi Drôle de pistolet.
Rigaud, 1881 : Demi-bouteille de vin de Champagne.
La Rue, 1894 : Demi-bouteille de Champagne. Homme singulier.
France, 1907 : Demi-bouteille de vin de Champagne.
France, 1907 : Individu quelconque. Le mot est employé en mauvaise part. « Un drôle de pistolet ! » — « Qui m’a fichu un pistolet pareil ? »
Pistolet (drôle de)
Rigaud, 1881 : Original.
Pistolet (ous qu’est mon) ?
France, 1907 : Expression faubourienne d’indignation moqueuse.
— Faites donc attention, jeune homme ! Vous allez chiffonner ma robe… c’est du soixante francs le mètre, ça, mon petit ! — Soixante francs le mètre ! que j’lui dis, ous qu’est mon pistolet ? Je ne donnerais pas cent sous de l’enveloppe avec la poupée qu’est dedans.
(Baumaine et Blondelet, Locutions vicieuses)
Pistolet à 4 nœuds
Merlin, 1888 : Le fouet du tringlot.
Pistolet à la saindhomme
Fustier, 1889 : Petit crochet avec lequel le mégottier exerce son industrie.
La Rue, 1894 : Crochet du ramasseur de mégots.
Pistolet à la saint-homme
France, 1907 : « Petit crochet à l’aide duquel le mégottier exerce son industrie. »
(Gustave Forestier)
Pistolette
France, 1907 : Pièce de dix sous.
Pitrou
Delvau, 1866 : s. m. Pistolet, fusil, — dans le même argot [des voleurs].
Pitroux
Vidocq, 1837 : s. m. — Pistolet. Terme des voleurs parisiens.
Larchey, 1865 : Pistolet (Vidocq). — Allusion à la détonation. Au moyen âge, on appelait petereau de petites bouches à feu.
France, 1907 : Pistolet.
Poser un factionnaire
France, 1907 : Laisser un souvenir…
En un lieu écarté
Où, pour se mettre à l’aise, ou à la liberté.
À propos de ce genre de factionnaires, le commandant A. Longuet raconte dans ses Méditations de caserne une crânerie entre des milliers que nos soldats firent pendant la guerre d’Espagne. Il s’agit d’un sous-officier du 6e léger. « Ce régiment passait en vue des avant-postes anglais ; un sergent quitte la colonne, et s’avance à portée de pistolet d’une vedette. Il met sac à terre, tourne le dos à l’ennemi, et prend cette position où les genoux sont plus élevés que la partie sur laquelle on s’assoit. L’Anglais, irrité d’un pareil outrage, arrive au galop, croyant avoir bon marché du provocateur. Celui-ci se redresse, toutes voiles déployées, et, sans bouger un pied, fait face en arrière par le haut du corps, ajuste et couche le cavalier ; puis il continue… son factionnaire. »
Repoussant
Ansiaume, 1821 : Pistolet.
Il faut que je me monte d’une paire de repoussants.
Halbert, 1849 : Fusil.
Larchey, 1865 : Fusil. — Il repousse l’épaule.
Delvau, 1866 : s. m. Fusil, — dans l’argot des voleurs.
Rigaud, 1881 : Fusil ; allusion au recul.
Repoussant à deux jettées
Ansiaume, 1821 : Pistolet à deux coups.
Avec mes repoussans à deux jettées, je ne crains pas les cognes.
Revue de pistolet de poche
Rigaud, 1881 : Revue mensuelle de santé dans les régiments. C’est l’heure où le major doit s’assurer si Mars n’aurait point, par hasard, besoin du ministère de Mercure.
Revue de pistolets de poche
France, 1907 : Revue sanitaire dans les corps de troupe. Le pistolet de poche est le membre viril.
Sancerre (pistolets de)
France, 1907 : Sobriquet donné aux habitants de cette ville et dont l’origine fort honorable remonte au siège qu’en fit Le maréchal de La Chastre en 1573, siège qui dura neuf mois et livra la ville à une horrible famine.
Les assiégés, dit Fleury de Bellingen, se défendirent avec beaucoup de valeur. Cent cinquante vignerons, entre autres, causèrent avec leurs frondes un tel désordre dans le camp des catholiques, que ceux-ci les nommèrent les pistolets de Sancerre, comme si les pierres que jetoient ces paysans eussent produit le même effet que les balles de pistolet. Ce nom est demeuré jusqu’à présent, et est encore aujourd’hui commun dans tout le voisinage de Sancerre.
Sauter à la capahut
Vidocq, 1837 : Assassiner son complice pour lui enlever sa part de butin. L’origine de ce terme est assez curieuse. Un voleur, nommé Capahut, qui a désolé fort long-temps Paris et les environs, et qui a terminé sa carrière sur la place de l’Hôtel-de-Ville, avait l’habitude de ne jamais voyager qu’à cheval.
Lorsqu’il revenait du travail (de voler), et qu’il était accompagné d’un de ses complices, malheur à celui-ci si les partages étaient faits ; lorsque Capahut et son complice étaient arrivés dans un lieu écarté, le premier laissait tomber quelque chose sur la route, puis il piquait son cheval de manière à le faire caracoler, ce qui le mettait dans l’impossibilité de ramasser l’objet qu’il avait fait tomber ; son camarade se baissait pour lui éviter la peine de descendre de cheval, Capahut saisissait un pistolet, et son complice avait cessé de vivre ; l’assassin s’emparaît de tout ce qu’il avait sur lui ; puis, s’il en avait la possibilité, il jetait le corps dans la rivière.
Virmaître, 1894 : Tuer un complice pour ne pas lui donner sa part de vol. C’est un fait assez rare, car chez les voleurs il existe une sorte de probité que l’on ne trouve pas chez certains qui se disent honnêtes gens (Argot des voleurs).
Singulier pistolet
Delvau, 1866 : s. m. Homme bizarre, original, qui ne fait rien comme tout le monde, part quand il faudrait rester, et reste quand il faudrait partir.
Soudrillard
Vidocq, 1837 : s. m. — Libertin, mauvais sujet.
Larchey, 1865 : Libertin (Vidocq, 1837). — Soufflant : Pistolet.
Delvau, 1866 : s. et adj. Libertin, — dans l’argot des voleurs. Le vieux français avait Soudrille (soldat, ou plutôt soudard).
Rigaud, 1881 : Libertin.
Soufflant
Vidocq, 1837 : s. m. — Pistolet.
Delvau, 1866 : s. m. Pistolet, — dans le même argot [des voleurs].
Rigaud, 1881 : Pistolet, — dans l’ancien argot. Il souffle la mort.
Rigaud, 1881 : Trompette ; également surnommé au régiment : Trompion.
La Rue, 1894 : Pistolet. Soufflante, trompette.
France, 1907 : Pistolet.
France, 1907 : Soldat qui joue de la trompette ; argot militaire.
L’appel aux trompettes vint éveiller les échos qui sommeillaient dans les longs corridors de la caserne. Et un quart d’heure n’était pas écoulé que tous les soufflants appelés dans la cour par la sonnerie de leur camarade de garde, firent résonner en chœur la retentissante fanfare du réveil.
(Ch. Dubois de Gennes, Le troupier tel qu’il est… à cheval)
Starter
Fustier, 1889 : Argot de courses. Celui qui donne aux jockeys le signal du départ.
France, 1907 : Employé des courses qui donne le signal du départ. Anglicisme, du verbe to start, partir.
— Une place ? Quelle place ? Je n’ose pas le dire. Faut-il vous l’avouer, Monsieur ? Je suis starter dans les courses de bicyclettes. C’est moi qui donne le signal du départ. Quelquefois c’est en tirant un coup de pistolet — pan ! — d’autres fois c’est en criant : « Allez ! » de cette belle voix que jalousait M. Beauvallet et qui est demeurée superbe. « Allez ! »… Starter, moi ! starter de vélodromes. Voilà où j’en suis. Quelquefois, je ferme les yeux, quand je dis : Allez ! et il me semble que je donne le signal non pas d’une course, mais d’un duel.
(Jules Clarétie, Brichanteau, comédien)
Tête de Turc
Delvau, 1866 : s. f. Homme connu par ses mœurs timides et par son courage de lièvre, sur lequel on s’exerce à l’épigramme, à l’ironie, à l’impertinence, — et même à l’injure, — assuré qu’on est qu’il ne protestera pas, ne réclamera pas, ne regimbera pas, et ne vous cassera pas les reins d’un coup de canne ou la tête d’un coup de pistolet. C’est une expression de l’argot des gens de lettres, qui l’ont empruntée aux saltimbanques.
Rigaud, 1881 : Dynamomètre vivant, souffre-douleur, mystifié, bouc émissaire.
France, 1907 : Personne timide, faible et débonnaire que l’on croit pouvoir vexer et bafouer avec impunité. Allusion aux têtes de Turc des fêtes foraines généralement remplacées depuis la guerre de 1870 par des têtes de Prussien, et sur lesquelles on tape pour essayer sa force. Servir de tête de Turc.
Je savais que dans les réunions publiques, mes collègues et moi étions la tête de Turc sur laquelle s’exerçaient à plaisir et essayaient leurs forces les orateurs plébéiens de l’époque.
(Gustave Macé)
Tire qui a peur (jouer à)
France, 1907 : Duel au pistolet dans lequel les adversaires tirent à volonté ; expression militaire.
— Il faut que l’un de nous descende la garde… mais comme nous avons tous les deux la vie dure, et qu’avec nos sabres nous aurions de la peine à en finir, nous nous trouverons demain matin hors du camp, avec nos deux pieds de cochon, et alors, ma vieille, nous jouerons à tire qui a peur.
(Dubois de Gennes, Le Troupier tel qu’il est)
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