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Arbi, arbico

France, 1907 : Arabe et, par extension, ancien soldat d’Afrique.

C’était des turcos, ses hommes, un bataillon de grands arbis dégingandés, troupiers finis, ivrognes et chapardeurs, tous vieux soldats, beaucoup avec des brisques rouges sur leurs vestes bleu de ciel.

(Paul Bonnetain, En Campagne)

Chasseurs, la tribu est rasée,
Les arbis sont pincés ;
Pinçons les dératés
Qui voudraient nous escoffier.

Élégant chasseur,
Monte avec ardeur
Au haut de la montagne ;
Le Bédouin est là,
Il t’ajustera,
Mais il te ratera.

(Chanson d’Afrique)

Galopée

France, 1907 : Travail hâtif.

Puis commençait la galopée des crocheteurs, bondissant par bandes de quatre de chaque côté des rouleaux, leurs lourdes pinces en arrêt pour saisir au passage la barre de fer, dès sa sortie des cylindres. Et la barre s’allongeait, finissait par ressembler à un énorme serpent écarlate, se tordant dans la fuite et la bousculade du train.

(Camille Lemonnier, Happe-Chair)

Gaupe

d’Hautel, 1808 : Terme d’injure et de mépris, qui se dit d’une femme malpropre et désagréable. ACAD.
Vulgairement on donne ce nom à une coureuse, à une femme de mauvaises mœurs.

Delvau, 1864 : Fille légère — comme chausson.

Delvau, 1866 : s. f. Fille d’une conduite lamentable.

La Rue, 1894 : Basse prostituée.

France, 1907 : Fille de mauvaise vie, ignoble et malpropre.

— Jour de Dieu ! je saurai vous frotter les oreilles :
Marchons, gaupe, marchons…

(Molière)

— Tais-toi, mou de veau mal lavé,
Pourquoi m’appelles-tu bâtarde,
Bassinoire de corps de garde,
Gaupe ! — Moi, gaupe ! gaupe, moi !
Ah ! chienne ! pan… Tiens, v’là pour toi.

(Vadé)

Il était 10 heures du matin, Nestine, éreintée, reposait entre les bras de son amant, quand un coup violent retentit à la porte.
— Nestine… ouvre-moi !
La gamine se réveilla en sursaut.
— M’man ! C’est m’man ! nous sommes pincés !
— De quoi ? de quoi ? fit Anatole en se frottant les yeux. Ta mère ? Eh bien ! je m’en fous. Je suis chez moi et je paye mon terme…
— Veux-tu ouvrir, petite gaupe ! continua la voix de la mère. Ouvre, ou je vas chercher les fliques !

(Oscar Méténier)

Halènes

Vidocq, 1837 : s. m. — Terme générique qui sert aux voleurs pour désigner tous les instrumens de leur profession.

Larchey, 1865 : Outil de voleur. — Allusion aux alênes de cordonnier ?

Crois-moi, balance tes halènes, fais-toi gouépeur.

(Vidocq)

Rigaud, 1881 : Outils de voleur, tout ce qui sert à l’exploitation du vol, depuis la pince à effraction jusqu’à la cire à prendre les empreintes.

La Rue, 1894 : Outils de voleurs.

France, 1907 : Attirail de pinces, de rossignols, de fausses clefs, de tout ce qui est nécessaire aux voleurs pour ouvrir ou forcer les tiroirs et les portes.

Jacobin

Delvau, 1866 : s. m. Révolutionnaire, — dans l’argot des bourgeois, qui singent les aristocrates.

Virmaître, 1894 : Pince à l’usage des cambrioleurs (Argot des voleurs). V. Monseigneur. N.

Rossignol, 1901 : Pinces en fer à l’usage des voleurs pour commettre les effractions.

Hayard, 1907 : Pince de cambrioleur.

France, 1907 : Pince-monseigneur.

France, 1907 : Sectaire à idées étroites : énergumène intransigeant, ce que les ouvriers appellent un pur. On les connaît ! Le docteur Grégoire a peint les Jacobins en deux mots dans ses Turlutaines : « Jamais hommes n’ont eu plus horreur de la tyrannie… des autres. »

Voilà une véritable physionomie de jacobin. C’est vous dire que jamais figure n’aura été plus dépourvue de noblesse. Le front n’a rien d’élevé, il fuit vers les tempes. Une pâleur livide s’étend sur les joues creuses.

(Charles de la Varenne)

Pince

d’Hautel, 1808 : Il est sujet à la pince. Se dit d’un homme dont la bonne foi est souvent en défaut.
Il craint la pince. Pour il redoute les poursuites de la justice.
Il a de bonnes pinces. Se dit de quelqu’un qui a le poignet fort ; qui sert vigoureusement ce qu’il tient.

Rigaud, 1881 : Main, — dans le jargon du peuple.

Ne vous essuyez pas la pince à votre mouchoir ou à votre paletot.

(L’art de se conduire dans la société des pauvres bougres)

France, 1907 : Dent incisive. « Il a perdu ses grosses dents, il est obligé de manger de la pince. » Patois du Centre.

France, 1907 : Main ; argot populaire.

Si pour ces bêtis’s vous m’cédez,
Mon cher, topez là, vous m’avez, —
Si j’vous dégoûte… adieu, mon prince !
Mais brûlez c’papier : si papa
L’trouvait, j’vois sa tête, oh là là !
— J’vous serre la pince !

(L. Xanroff)

Pinces

anon., 1907 : Mains.

Pinces (les)

Hayard, 1907 : Les mains.

Pincettes

Delvau, 1866 : s. f. pl. Les jambes, — surtout lorsqu’elles sont longues et maigres. Argot des faubouriens.

Delvau, 1866 : s. f. pl. Mouchettes, — dans l’argot des francs-maçons, qui disent aussi Pinces.

Virmaître, 1894 : Jambes, quand elles sont minces.
— Tu fais sécher les bas sur des pincettes (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Les jambes.

Plan

d’Hautel, 1808 : Mettre quelque chose en plan. Pour dire mettre un habit, un bijou, un effet quelconque en gage, lorsqu’on a fait de la dépense en un lieu et que l’on n’a pas de quoi payer.

Clémens, 1840 : Étui à l’usage des voleurs.

un détenu, 1846 : Prison. Être au plan : emprisonné ; cachette, Mont-de-Piété.

Halbert, 1849 : Prison, cachot.

Delvau, 1866 : s. m. Arrêts, — dans l’argot des soldats. Être au plan. Être consigné.

Delvau, 1866 : s. m. Le Mont-de-Piété, — dans l’argot des faubouriens. Être en plan. Rester comme otage chez un restaurateur, pendant qu’un ami est à la recherche de l’argent nécessaire à l’acquit de la note. Laisser en plan. Abandonner, quitter brusquement quelqu’un, l’oublier, après lui avoir promis de revenir. Laisser tout en plan. Interrompre toutes ses occupations pour s’occuper d’autre chose.

Delvau, 1866 : s. m. Moyen, imagination, ficelle, — dans l’argot des faubouriens. Tirer un plan. Imaginer quelque chose pour sortir d’embarras. Il n’y a pas plan. Il n’y a pas moyen de faire telle chose.

Delvau, 1866 : s. m. Prison, — dans l’argot des voleurs. Être au plan. Être en prison. Tomber au plan. Se faire arrêter.

Quoi tu voudrais que je grinchisse
Sans traquer de tomber au plan ?

dit une chanson publiée par le National de 1835.

Rigaud, 1881 : Mont-de-Piété. Mot à mot : la planche où sont les objets laissés en nantissement. — Mettre au plan, engager au Mont-de-Piété ou ailleurs.

M’man, j’ai mis ma veste au plan hier soir.

(Gavarni)

Rigaud, 1881 : Moyen. Il y a plan, il n’y a pas plan ; expression dont se servent beaucoup d’ouvriers lorsqu’ils vont demander de l’ouvrage. — Patron, est-ce qu’il y a plan ? Mot à mot : est-ce qu’il y a moyen de travailler chez vous ?

Oui, il n’y a pas plan, murmurait Céline.

(Huysmans, les Sœurs Vatard)

Rigaud, 1881 : Prison. — Hospice des Enfants-Trouvés.

La Rue, 1894 : Le Mont-de piété. Prison. Abandon. Moyen : il n’y a pas plan. Étui à l’usage des voleurs.

Virmaître, 1894 : Le Mont-de-Piété. Allusion à la planche sur laquelle on emmagasine les effets engagés (Argot du peuple).

Virmaître, 1894 : Prison.
— Je tire dix berges de plan.
Tomber en plan :
se faire arrêter.
Être en plan : rester en gage pour un écot.
Laisser sa femme en plan c’est synonyme de la lâcher (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Mont-de-piété.

Rossignol, 1901 : Prison.

France, 1907 : Étui ou les voleurs mettent leurs pinces, limes et autres outils d’effraction.

France, 1907 : Mont-de-piété ; maison de prêteur sur gage. Mettre sa montre en plan.

Antoinette n’avait que deux partis à prendre si elle ne voulait pas souper en dansant devant le buffet : courir chez le gros major ou mettre sa bague ou plan. Elle préféra courir chez le gros major.

(Les Propos du Commandeur)

France, 1907 : Possibilité. « Peut-on arriver au cœur de Jeannette ? — Oui, il y a plan… en casquant. » Tirer des plans, imaginer quelque chose, chercher un biais.

France, 1907 : Prison. Plan de couillé, temps de prison fait pour un autre ; mot à mot : prison de niais, de couillon ; argot des voleurs. Être mis au plan, être emprisonné.

Saint-Jean

Delvau, 1866 : s. m. Outils, vêtements, affaires, — dans l’argot des typographes. Emporter son Saint-Jean. S’en aller d’une imprimerie en emportant composteur, pinces, etc.

Delvau, 1866 : s. m. Signal, — dans l’argot des voleurs. Faire le Saint-Jean. Lever l’index et le médium pour avertir un complice.

Rigaud, 1881 : Effets. — Outils ; c’est un synonyme de Saint-Frusquin.

Boutmy, 1883 : s. m. Ensemble des outils d’un compositeur. Ces outils, d’ailleurs peu nombreux, sont : le composteur de fer et le composteur de bois, les pinces, la pointe, aujourd’hui presque abandonnée, le visorium et la boîte à corrections. Prendre son saint-jean, quitter l’atelier.

Virmaître, 1894 : Signal convenu entre les voleurs pour avertir un complice. Ce signal consiste à lever l’index et le médium. On dit aussi d’un individu qui n’est pas à la hauteur pour faire quelque chose :
— Il est de la Saint-Jean (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Voir Duce ou Envoyer le duce.

France, 1907 : Nom que les ouvriers typographes donnent à l’ensemble de leurs outils. Prendre son saint-jean, s’en aller, demander son compte, quitter l’atelier.

Truelle, pelle

Rigaud, 1881 : Cuillère, — dans le jargon des francs-maçons, qui appellent encore les fourchettes, des pioches ; les couteaux, des glaives ; les verres, des canons ; lès bouteilles, des barriques ; le vin blanc, poudre blanche ; le vin rouge, poudre rouge ; l’eau, poudre faible ; les liqueurs fortes, poudre fulminante ; les bougies allumées, des étoiles ; les mouchettes, des pinces ; le sel, du sable ; le poivre, sable jaune ; les chaises, stalles ; l’action de manger, mastiquer.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique