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Barbe de la femme (la)

Delvau, 1864 : Les poils de sa motte, — qu’elle se garde bien de couper et encore moins d’épiler, à l’exemple des femmes d’Orient :

Sur ta laine annelée et fine
Que l’art toujours voulut raser ;
O douce barbe féminine !
Reçois mon vers comme un baiser.

(Th. Gautier)

Biribi

La Rue, 1894 : Médaillon. Le bataillon de discipline.

Rossignol, 1901 : Compagnies de discipline. À la suite d’un certain nombre de punitions, le militaire est envoyé après conseil de corps à biribi ; si là il se conduit mal, il est expédié dans une compagnie coloniale que l’on nomme les Cocos. À biribi il n’a rien de la tenue militaire, il porte veste, pantalon et képi en drap noir, il a les cheveux courts et la figure entièrement rasée ; c’est la différence qu’il y a entre le militaire envoyé aux travaux publics à la suite d’un conseil de guerre, car celui-ci porte toute sa barbe et a la tête entièrement rasée, de là le nom de « tête-de-veau ». Le travail du disciplinaire consiste à casser des cailloux et à faire du terrassement, mais tous trouvent la terre trop basse et qu’il serait plus facile de la travailler si elle était sur un billard. Ils feraient certainement autant de travail si on leur faisait botteler du sable ou piler du liège.

Rossignol, 1901 : Jeu qui se joue dans le genre du bonneteau, mais avec trois quilles creuses, trois coquilles de noix, ou encore trois dés à coudre et une petite boule de liège. À ce jeu bien connu des Arabes, il y a toujours escroquerie puisque la boule que l’on croit être sous une des coquilles, qu’il faut découvrir pour gagner, reste le plus souvent entre les doigts du teneur.

Hayard, 1907 : Les compagnies de discipline.

France, 1907 : Compagnie de discipline.

Un auteur, encouragé sans doute par les succès de Descaves, profita de son passage involontaire aux compagnies de discipline pour faire un livre à sensation. Il se plaint avec fracas du régime auquel on l’a soumis, et s’étonne que certains sous-officiers aient pu se départir vis-à-vis de lui de la plus exquise politesse. Biribi, à l’en croire, est un enfer effroyable où, sous le couvert de l’uniforme et avec la permission de l’État, des hommes peuvent impunément supplicier d’autres hommes et exercer leur pouvoir sans contrôle avec des raffinements de cruauté chinoise.

(Marzac, Gil Blas)

Y en a qui font la mauvais’ tête
Au régiment ;
I’s tir’ au cul, i’s font la bête
Inutil’ment ;
Quand i’s veul’nt pus fair’ l’exercice
Et tout l’fourbi,
On les envoi’ fair’ leur service
À biribi.

(Aristide Bruant)

Chier (faire)

Rigaud, 1881 : Horripiler quelqu’un à force de stupidités. Mot à mot : débiter des drogues parlées qui procure le dévidement.

Ciseaux (tenir les)

France, 1907 : Remplir l’office de secrétaire de rédaction dans un journal. C’est lui qui coupe les extraits des autres journaux à reproduire, d’où travailler à coups de ciseaux, c’est compiler.

Égrugeoir (l’)

Virmaître, 1894 : Une tribune quelconque. L’orateur égruge ses paroles. Égrugeoir : la chaire à prêcher. Égrugeoir : les petites boîtes qui ressemblent à un comptoir dans lequel se tiennent les sœurs qui font la lecture aux prisonnières de Saint-Lazare. Allusion à l’antique égrugeoir qui sert à piler le sel (Argot du peuple). N.

Empiler

Rossignol, 1901 : Tromper. Celui qui dans un partage n’a pas eu ce qui lui revenait, s’est fait empiler.

Hayard, 1907 : Duper, voler.

France, 1907 : Tricher au jeu.

Épiler la pèche (s’)

France, 1907 : Se raser.

Épiler la pêche (se faire)

Rigaud, 1881 : Se faire raser, — dans le jargon des ouvriers.

Faire piler du poivre

Larchey, 1865 : Terrasser quelqu’un plusieurs fois en le laissant retomber aussi lourdement qu’un pilon. — Poivre indique la cuisson qu’en ressent la partie contuse.

Flaquer, flasquer

Rigaud, 1881 : Faire ses nécessités. — Accoucher, dans l’ancien argot. — Flaquer des châsses, pleurer. — Faire flasquer, Synonyme de faire ch…r ; c’est-à-dire ennuyer, horripiler.

France, 1907 : Faire ses besoins.

V’là vot’ fille que j’vous ramène,
Elle est dans un chouett’ état ;
Depuis la barrière du Maine
Elle n’a fait qu’flaquer dans ses bas.

(Vieille chanson)

Juguler

Delvau, 1866 : v. a. Importuner, ennuyer, égorger d’obsessions.

Rigaud, 1881 : Agacer, ennuyer, horripiler.

Toi, monsieur le difficile, si ça te jugule, tu peux t’en aller.

(E. Scribe, L’Honneur de ma fille)

Vos invectives commencent à me juguler.

(Dumersan et Varin, les Saltimbanques)

Jugulant, agaçant.

La Rue, 1894 : Importuner. Ennuyer.

France, 1907 : Obséder, importuner, ennuyer.

Pêche

Fustier, 1889 : Tête, physionomie.

France, 1907 : Excrément. Déposer une pêche, faire ses besoins.

Comm’ j’étais pressé, j’me dépêche,
Et me faufil’ comme un cabot,
Et j’pos’ delicat’ment ma pêche
Dans eune espèce d’lavabo.

(Aristide Bruant)

France, 1907 : Tête. Se faire épiler la pêche, se faire raser.

Piler

Delvau, 1866 : v. a. Pousser plus ou moins brutalement, — plutôt plus que moins, — dans l’argot des gamins. Signifie aussi Battre.

France, 1907 : Pousser brutalement ; argot des voyous.

Piler du poivre

Larchey, 1865 : Marcher avec la plante des pieds écorchées, en souffrant à chaque pas comme si du poivre pilé brûlait la chair.

Delvau, 1866 : Avoir des ampoules et marcher sur la pointe des pieds, par suite d’une très longue marche, — dans l’argot du peuple. Se dit également des cavaliers ou amazones novices, par suite d’exercices équestres trop prolongés. S’emploie aussi pour signifier Médire de quelqu’un en son absence, et S’ennuyer à attendre. Faire piler du poivre à quelqu’un. Le jeter plusieurs fois par terre, en le maniant avec aussi peu de précaution qu’un pilon.

Rigaud, 1881 : Ne pas se tenir d’aplomb à cheval, suivre, à contre-temps, le mouvement du trot, de façon à ce que le postérieur s’enlève de la selle et y retombe avec force, mouvement qui rappelle l’action de piler du poivre dans les mortiers des droguistes.

Merlin, 1888 : Marquer le pas, ou monter une faction. En cavalerie, enfourcher sans étriers un cheval à réactions dures.

Virmaître, 1894 : Individu qui a des chaussures neuves qui lui font mal ; il marche sur la pointe des pieds. Il pile du poivre. On dit également :
— Il est dans la prison de Saint-Crépin.
Quand une personne est absente et que l’on médit d’elle, on pile du poivre sur son compte.
On connaît cette anecdote de Tortoni :
Il y avait une vingtaine de journalistes réunis. Chaque fois que l’un s’en allait, aussitôt il était arrangé de belle façon, et ainsi de suite jusqu’au dernier.
Celui-là, en partant, se dit : au moins on ne pilera pas de poivre sur mon compte ; je reste seul.
Le garçon l’accompagna et dit en fermant la porte : — Quel crétin que ce coco-là, il se croit l’égal de Victor Hugo et il est plus bête que trente-six cochons.
Le garçon pilait du poivre.
Faire piler du poivre à quelqu’un :
lui casser la tête sur le pavé (Argot du peuple). N.

France, 1907 : Être monté sur un cheval qui trotte sec ; argot militaire.

On use une culotte en trois séances, mais on y gagne un appétit qui ne peut être assouvi par la cantine de l’École que si le bienheureux propriétaire a des revenus princiers. Ajoutez que cet exercice vous fait marcher large, parce qu’il détériore d’une façon très sensible ce qui, dans votre individu, se montre rarement à visage découvert. On appelle cet piler du poivre.

(Théo-Critt, Nos farces à Saumur)

France, 1907 : Marcher difficilement, soit par suite de fatigue ou de blessure aux pieds.

France, 1907 : Médire derrière quelqu’un, synonyme de casser du sucre, c’est l’habitude des journalistes et des gens de lettres de piler du poivre en l’absence d’un camarade.
On connait cette anecdote de Tortoni :

Il y avait une vingtaine de journalistes réunis. Chaque fois que l’un s’en allait, aussitôt il était arrangé de belle façon, et ainsi de suite jusqu’au dernier.
Celui-là, en partant, se dit : Au moins on ne pilera pas de poivre sur mon compte ; je reste seul.
Le garçon l’accompagna et dit en fermant la porte :
— Quel crétin que ce coco-là ; il se croit l’égal de Victor Hugo et il est plus bête que trente-six cochons !
Le garçon pilait du poivre.

(Ch. Virmaître)

Piler le bitume

France, 1907 : Se dit d’une fille publique qui arpente le trottoir à la recherche d’un client.

Piler le poivre

Delvau, 1866 : Monter une faction, — dans l’argot des troupiers.

Rigaud, 1881 : Être en faction, — dans le jargon des troupiers.

France, 1907 : Monter une faction.

Piler ou polir le bitume

Halbert, 1849 : Se promener pour chercher pratique.

Ratissé

Rigaud, 1881 : Joueur qui a perdu son argent au jeu. Celui dont la poche a été ratissée par le râteau du croupier. Être ratissé jusqu’au dernier sou. La variante est : Ratiboisé.

Fustier, 1889 : Gandin, fashionable. Ç’a été le nom à la mode en 1885 pour désigner le continuateur du poisseux, du genreux.

Les jeunes ratissés (le terme est nouveau pour dire gommeux ou petit crevé), les ratissés ont couru et courent encore, comme un seul homme, lorgner, applaudir, rappeler La Goulue et Grille d’Égout… Pourquoi les ratissés ? Est-ce parce que le jeu, le baccarat, les petits-chevaux des bords de la mer ou les steeple-chases leur vident à la fois la bourse et la cervelle et les ratissent comme le râteau du croupier ? Est-ce au contraire parce que le coiffeur sue sang et eau à les épiler, les coiffer, les brosser et leur ratisse les favoris, la moustache et la chevelure (quand ils en ont), comme le jardinier ratisse les allées d’un jardin bien entretenu ?
Je n’en sais rien ; le fait est que les petits crevés sont devenus les ratissés.
Le ratissé a son féminin : la ratissée. Et je m’imagine qu’aussi bien que le croupier, la ratissée ratisse le ratissé. Le nouveau nom doit venir de là.

(Illustration, octobre 1885.)

Schpiler

Rigaud, 1881 : Réussir un ouvrage.

France, 1907 : Faire du bon travail, réussir.

Sortir par le cul

Rigaud, 1881 : Ennuyer superlativement, horripiler à l’excès.

Taper au pognon

France, 1907 : Demander de l’argent.

Et pis là, tu tap’ au pognon,
Ceux qui s’laiss’ empiler sans s’cousse,
On les appell’ mon p’tit mignon,
On les dégringole à la douce.

(Aristide Bruant)

Tepêt (poser)

France, 1907 : Poser culotte.

Et dans Paris gorgé d’troupiers
Où faut ben que j’mèn’ ma vadrouille,
Gn’aura ben vingt meillons d’petsouilles
Qui viendront m’piler les doigts d’pieds !
Et on r’fra rendr’ par des soldats
Les grands z’honneurs aux p’tits cacas
D’ la p’tit’ Grand’ Duchesse Olga.
Et quand le tzar pos’ra tepêt
Félix Faure instruit d’ la chosette,
S’enfil’ra aux wouater-clozettes
Où pour pas troubler l’harmonie
Y rest’ra à s’fair’ la causette
Jusqu’à c’que l’Emp’reur ait fini.

(Jehan Rictus, Les Soliloques du pauvre)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique