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Coupe (tirer sa)

Larchey, 1865 : Nager.

Rodolphe, qui nageait comme une truite… se prit à tirer sa coupe avec toute la pureté imaginable.

(Th. Gautier)

Rigaud, 1881 : Nager. — Signifie encore dans le langage du peuple, partir, se sauver.

Pignouf, tu ferais mieux de me donner ma paperasse, pour que je tire ma coupe au galop.

(Le Petit Badinguet.)

France, 1907 : Nager.

Effeuiller la couronne virginale

Delvau, 1864 : Prendre le pucelage de sa femme, la nuit des noces.

Et Pignouflard, demain, effeuille sa couronne virginale.

(Albert Glatigny)

Gniaf

Delvau, 1866 : s. m. Ouvrier, — dans l’argot des cordonniers. Savetier, — dans l’argot des ouvriers.

La Rue, 1894 : Ouvrier cordonnier. Savetier.

Virmaître, 1894 : Plusieurs degrés au-dessous du savetier. On appelle gniaf tout individu qui gâte un ouvrage. Se conduire comme un gniaf : commettre des bassesses (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Cordonnier.

Hayard, 1907 : Cordonnier, savetier.

France, 1907 : Savetier, mauvais cordonnier ou, plus généralement, mauvais ouvrier ; de l’anglais to gnaw, ronger, rogner, qui vient lui-même du grec gnafô, racler, râtisser. L’apprenti cordonnier se nommé pignouf, corruption de petit gniaf.

À ce moment, je marchais rue Maubuée ; les gniafs, on les remue à la pelle dans le quartier, — on se réunissait chez l’un, chez l’autre, et on gueulait, nom de Dieu ! La maison en tremblait.

(Père Peinard)

Ces dessins, ces abominables — rt superbes ! — dessins du Père Peinard, ébauchés au gros trait, à la manière d’affiches et d’une tonalité si puissante, en dépit du manque de couleur, savez-vous de qui ils sont ? De galvaudeux, sans doute, de bohèmes, de ratés, de vieux gredins ayant noyé dans l’absinthe leur talent de jadis — ou de gniafs en mal d’esthétique ?
Ouitche ! mes maîtres, vous croyez ça ?
Ils sont l’œuvre d’lbels, de Félix Pizano, de Luce, de toute cette jeune et vaillante phalange d’artistes classés, acclamés déjà, qui s’en viennent derrière l’illustrateur de Paris, le maître Chéret.

(Séverine, Le Journal)

— Je t’avais connu acteur et tu étais un savetier, je te subis directeur et tu n’es plus qu’un gniaf.

(Henry Bauër, Les Grands Guignols)

Pignouf

Larchey, 1865 : Chez les cordonniers, le maître s’appelle pontif, l’ouvrier gniaf, et l’apprenti pignouf.

Larchey, 1865 : Homme grossier, mal élevé.

Cet animal d’Amédée n’a pas le sou. — Prends-en un autre. — Où ça ! tous des pignoufs ici.

(1860, À bas le quartier latin)

Rigaud, 1881 : Apprenti cordonnier. — Grossier personnage, malappris.

En voilà un petit pignouf de calicot, qui m’a fait boire de la groseille quand j’avais demandé du madère !

(G. Lafosse, Petit journal amusant)

Le Pignouflard, c’est le pignouf dans toute sa beauté, la dernière expression du goujat.

Fustier, 1889 : Élève reçu à l’École normale, mais qui n’a pas encore subi l’épreuve du canularium. (V. ce mot.)

La Rue, 1894 : Grossier. Avare. Goujat. Apprenti cordonnier.

Virmaître, 1894 : Un miché qui pose un lapin à une fille est un pignouf (Argot des filles).

France, 1907 : Individu grossier, avare, égoïste, glouton. Terme de mépris que l’on adressait autrefois dans les régiments à ceux qui buvaient seuls, qui faisaient suisse. L’Intermédiaire des chercheurs et curieux donne, sous la signature Ego E-G, l’explication de ce mot :

D’après nos professeurs de langue verte, ce mot s’applique à tout individu considéré comme un goujat, un grossier personnage, comme un homme malpropre et malappris ; c’est le dernier échelon, en outre, de l’échelle sociale des savetiers, au sommet de laquelle trône le chef de l’atelier du pontife, tandis que l’ouvrier ou gniaf siège plus bas ; telle est, au figuré comme au sens propre, la signification générale de cette grotesque locution. Quant à son étymologie, faut-il la voir dans le vieux mot français pigne (peigne), dont se servaient jadis Rabelais, Regnier, Villon et leurs émules, afin de mieux adapter une portée dédaigneuse à leur pensée et qui s’est implanté plus tard, chez nous, dans une conception identique, accompagné d’une interjection (ouf) capable de lui donner à la fois un son moins vague et radical ? Doit-on, au contraire, le puiser avec un peu plus de succès dans les pinons (pommes de pin), dont la corruption a fait pignons et même peignons, afin de désigner directement ce qui reste de la laine, après qu’elle a été peignée (postquam carminata fuit tana) comparaison qui nous conduit à regarder toujours le mot dans son acception présente ? ou bien, en remontant jusqu’au celtique pen (tête, sommet), faut-il y voir le motif d’une allusion portée jusqu’au comble du mépris pour l’individu qu’elle frappe ? Quelle que soit l’origine que l’on préfère, on y trouvera toujours une portée presque identique et qui se résume dans la désignation frappante de l’homme sale comme un peigne et malappris.

 

Quelques coryphées très jeunes causent au foyer de la danse :
Qu’est-ce que c’est que les sénateurs ?
— Un tas de vieux, répondent les mieux renseignées.
— Et les députés… sont-ils plus jeunes ?
— Ils sont moins vieux.
D’où cette réflexion surnaturaliste d’une petite marcheuse, ayant déjà beaucoup marché :
— C’est donc ça qu’ils sont plus pignoufs !

Pignouf ou pignoufle

Delvau, 1866 : s. m. Paysan, — dans l’argot des voyous. Voyou, — dans l’argot des paysans de la banlieue de Paris. Apprenti, — dans l’argot des ouvriers cordonniers. Homme mal élevé, — dans l’argot de Bréda-Street.

Pignouflard

France, 1907 : Augmentatif de pignouf.

Pontife

d’Hautel, 1808 : Sobriquet que l’on donne à un mauvais cordonnier, à un savetier.

Larchey, 1865 : Maître cordonnier. V. Pignouf.

Delvau, 1866 : s. m. Patron, maître, — dans l’argot des cordonniers.

Rigaud, 1881 : Cordonnier. Ce sobriquet date du commencement du XVIIe siècle et il s’est conservé jusqu’à nos jours. Allusion aux souliers à pont, fort à la mode à cette époque. — Souverain pontife, maître cordonnier.

La Rue, 1894 : Maître cordonnier.

France, 1907 : Maitre cordonnier, appelé ainsi à cause du tablier de cuir ressemblant au devant de la chasuble d’un prêtre qui pontifie à l’autel.

Urge

Delvau, 1866 : s. m. Mot de l’argot des petites dames, qui s’en servent entre elles pour coter un homme devant lui-même sans qu’il s’en doute.
Ainsi un gandin passe d’un air dégagé sur le boulevard, lorgnant les femmes qui font espalier à la porte des cafés. Trois urges ! diront celles-ci en l’apercevant. Trois urges, c’est-à-dire ; « Ce monsieur n’est pas généreux, il gante dans les numéros bas. » Si, au contraire, elles disent : Six urges ! ou huit urges ! ou dix urges ! oh ! alors, c’est un banquier mexicain qui passe là, elles le savent, il leur en a donné des preuves la veille ou l’avant-veille. L’échelle n’a que dix échelons : le premier urge s’emploie à propos des pignoufs ; le dixième urge seulement à propos des grands seigneurs.

Virmaître, 1894 : Expression de convention entre les filles qui fréquentent les restaurants de nuit et certains bals publics pour coter un homme. Un homme qui ne donne que trois urges est un miché de carton, celui qui donne six urges est pour le moins un prince russe (Argot des filles).

France, 1907 : Expression par laquelle les filles cotent la valeur monétaire d’un homme.

Ainsi un gandin passe d’un air dégagé sur le boulevard, lorgnant les femmes qui font espalier à la porte des cafés. Trois urges ! diront celles-ci en l’apercevant. Trois urges, c’est-à-dire : « Ce Monsieur n’est pas généreux, il gante dans les numéros bas. » Si, au contraire, elles disent six urges ! ou huit urges ! ou dix urges, Oh !, alors c’est un banquier mexicain… elles le savent, il leur en a donné des preuves la veille ou l’avant-veille. L’échelle n’a que dix échelons : le premier urge s’emploie à propos des pignoufs ; le dixième urge à propos des grands seigneurs.

(Alfred Delvau)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique