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Déliquescent

France, 1907 : Poète qui se dit délicat, et qui n’est le plus souvent qu’incompréhensible et assommant.

Eugénie Forestier sort de la geôle pour reprendre son métier de fille entretenue. Le jury a fait preuve envers elle d’une indulgence extraordinaire. On avait parlé à l’audience de la possibilité de la ramener au bien. O le joli pied de nez qu’elle fait, la belle fille, à ces humanitaires déliquescents ! L’écrou levé elle reprend le collier de travail et de diamants.

(Edmond Deschaumes)

Galopin

d’Hautel, 1808 : Nom que l’on donne aux enfans qui courrent les rues, aux petits polissons ; sobriquet injurieux quand il s’attribue à un homme, et qui équivaut à manant ; individu qui n’a aucune recommandation personnelle.
Un galopin de cuisine. Un marmiton, un tourneur de broche ; celui qui exerce les plus bas emplois dans une cuisine.

Delvau, 1866 : s. m. Apprenti, — dans l’argot des ouvriers. Mauvais sujet, — dans l’argot des bourgeois. Impertinent, — dans l’argot des petites dames.

Rigaud, 1881 : Apprenti, terme d’amitié dont se servent les ouvriers pour stimuler le zèle de l’apprenti.

Fustier, 1889 : Petit verre de bière.

France, 1907 : Petit verre de bière que l’on sert aux gens qui viennent dans un café, on un café chantant, non pour consommer, mais four simplement s’asseoir, écouter ou causer avec un camarade. Le galopin se paie aussi cher que le bock ordinaire. Chez Bruant, on sert à l’usage du patron maints galopins. Galopin est aussi une petite mesure de vin, environ un demi-setier.

France, 1907 : Polisson, apprenti. Primitivement c’est le petit garçon qui fait des commissions, qui galope. On donnait autrefois le nom de galopin aux chirurgiens sous-aides-majors des régiments. S’emploie au féminin pour désigner une fillette vive, éveillée et pas bégueule.

Voilà de singuliers arguments à donner, et vous n’y pensez pas, méchante galopine ! Un pied de nez vous me faites ? Et vos lèvres de cerises me tendent une moue à baiser. Pour que je vous pardonne, n’est-ce pas ? Eh bien ! soit, mignonne, car la morale que je vous prêchais, elle m’est odieuse. Et vous seule avez raison, coureuse d’aventures, amoureuse des hasards, immortelle et délicieuse petite Brin-de-Mai !

(Jean Richepin)

Mie

d’Hautel, 1808 : Jeûner entre la mie et la croûte. Ne point observer de jeûne.

France, 1907 : Pas, point. Vieux mot qui n’est plus usité que dans certaines provinces : du latin mica, petit morceau, miette.

Maître Adam le Bossu, qui bossu n’étais mie,
Voici qu’on te réveille en ta gloire endormie !
S’il est des malveillants pour en être étonnés,
Réponds-leur, bon raillard, avec un pied de nez.

(Jean Richepin)

On dit ironiquement dans le Centre : manger de la mie, pour plaider, être en procès, — les procès vous réduisant aux miettes (mica).

Nez

d’Hautel, 1808 : Nez de betterave. Gros nez enluminé, comme l’est ordinairement celui d’un ivrogne.
Nez fleuri. Pour dire, bourgeonné, plein de boutons, causés par la débauche de vin.
Cela ne paroît pas plus que le nez du milieu du visage. Pour dire qu’une chose est très-ostensible.
Heureux comme un chien qui se casse le nez. Pour dire qu’un homme n’a pas de bonheur ; que rien ne lui réussit.
Ce n’est pas pour ton nez. Pour, ce n’est pas pour toi.
Il a un pied de nez. Pour, il est confus, il est honteux de n’avoir pas réussi.
Saigner du nez. Se dédire, reculer dans une affaire de cœur, lâcher le pied, faire le poltron ; se retirer honteusement.
Tirer les vers du nez. Interroger quelqu’un finement ; sonder sa pensée ; lui faire avouer, ou découvrir son dessein.

Delvau, 1864 : Le vit ; — que l’on juge d’après le nez : plus il est fort, mieux il se fait sentir.

Ah ! quel nez (bis)
Tout l’ monde en est étonné.

(Guinard)

Belles, jamais ne prenez
Ceux qui n’ont pas un grand nez.

(Collé)

Grand nez, grand vit, dit un vieux proverbe.

Œil étincelant,
Doigt vif et galant,
Nez de bon augure
Et bonne figure.

(Dauphin)

Delvau, 1866 : s. m. Finesse, habileté, adresse. Avoir du nez. Flairer les bonnes affaires, deviner les bonnes occasions. Manquer de nez. N’être pas habile en affaires.

Delvau, 1866 : s. m. Mauvaise humeur. Faire son nez. Avoir l’air raide, ennuyé, mécontent.

La Rue, 1894 : Mauvaise humeur. Faire son nez, bouder. Avoir du nez, flairer les bonnes occasions. Se piquer le nez, se griser.

Pied

d’Hautel, 1808 : Donnez un coup de pied jusqu’à cet endroit. Manière de parler métaphorique, pour engager quelqu’un à se transporter dans un lieu.
Il a un petit pied, mais les grands souliers lui vont bien. Se dit par raillerie d’une personne qui a le pied gros et mal fait, et qui a la prétention de se chausser en pied mignon.
Mettre les pieds dans le plat. Pour, ne plus garder de mesure ; casser les vitres.
J’en ai cent pieds par-dessus la tête. Pour, je suis dégoûté de cette affaire ; je donnerois volontiers tout au diable.
Il a trouvé chaussure à son pied. Pour dire, il a rencontré ce qu’il lui falloit ; et, dans un sens contraire, il a trouvé à qui parler ; quelqu’un qui lui a résisté.
Déferré des quatre pieds. Battu à plattes coutures.
Il se trouvera toujours sur ses pieds. Signifie qu’un homme industrieux et laborieux, quelque chose qui arrive, trouvera toujours de quoi subsister.
Il croit tenir Dieu par les pieds. Se dit pour exagérer le contentement de quelqu’un.
Il a eu un pied de nez. Se dit d’un homme qui a été trompé dans ses espérances ; qui a reçu quelque mortification.
La vache a bon pied. Pour dire qu’un plaideur est riche ; qu’il peut satisfaire aux frais d’un procès.
Elle n’a point de pieds. Se dit d’une chose que l’on attend, et qui n’arrive pas comme on le désire.
Tenir le pied sur la gorge à quelqu’un. Lui faire des propositions déraisonnables ; le tenir avec beaucoup de sévérité.
Il fait cela haut le pied. Pour, d’une manière supérieure, avec habileté, perfection.
Elle sèche sur pied. Se dit d’une personne consumée par le chagrin et la tristesse.
Il voudroit être à cent pieds sous terre. Se dit d’un homme qui est dégoûté de la vie ; qui mène une vie malheureuse.
C’est un pied d’Escaut, un pied plat, un pied poudreux. Se dit d’un misérable, d’un chevalier d’industrie, d’un homme obscur, sans moyens, sans fortune, et qui ne jouit d’aucune considération.
Chercher quelqu’un à pied et à cheval. Le chercher partout.
Faire rage de ses pieds tortus. Intriguer ; se donner beaucoup de mouvement pour la négociation d’une affaire.
Les petits pieds font mal aux grands. Se dit d’une femme qui se trouve souvent mal dans sa grossesse.
Quand on lui donne un pied, il en prend quatre. Se dit d’un homme entreprenant, qui abuse de la liberté qu’on lui a donnée.
Faire le pied de derrière. Saluer avec le pied ; faire des révérences à n’en plus finir.
Faire le pied de grue. C’est-à-dire, le soumis, l’hypocrite, le tartuffe ; s’humilier devant quelqu’un dont on veut tirer parti.
Faire le pied de veau. Flatter, caresser, cajoler quelqu’un qui est puissant ; lui marquer de l’obéissance, de la soumission.
Il ne faut pas lui marcher sur le pied. Se dit d’une personne susceptible qui se pique de la moindre des choses, et que l’on n’offense pas impunément.
Être en pied. Pour dire, être sur ses gardes ; être en mesure ; être en fonds ; être bien dans ses affaires.
Faire pieds neufs. Mettre un enfant au monde ; accoucher.
Mettre quelqu’un au pied du mur. Le réduire au silence ; le confondre ; le mettre hors d’état de répondre.
Au pied de la lettre. Pour dire, à proprement parler.
Des pieds de mouches. On appelle ainsi une écriture mal formée, difficile à lire.
Disputer sur des pieds de mouches. C’est-à dire, sur des bagatelles.
Mettre quelqu’un sur le bon pied. Le contraindre à faire son devoir.
Aller de son pied gaillard. Voyager lestement et sans frais.
Vous êtes encore sur vos pieds. Pour dire, vous êtes encore en état de faire ce qu’il vous plaira.

Vidocq, 1837 : Les Tireurs adroits avaient autrefois l’habitude, en partageant avec les Nonnes et les Coqueurs, de retenir, sur la totalité du chopin, 3 ou 4 francs par louis d’or. Plusieurs Tireurs qui existent encore à Paris, et qui sont devenus sages, avaient l’habitude de prélever cette dime.

Halbert, 1849 : Sol.

Fustier, 1889 : Part. Ce à quoi on a droit.

Mon pied ! ou je casse ! Ma part ou je te dénonce.

(Humbert, Mon bagne)

La Rue, 1894 : Part. En avoir son pied. En avoir suffisamment.

Hayard, 1907 : Partage.

France, 1907 : Part, affaire ; argot faubourien. En avoir son pied, en avoir assez ; ça fait le pied, ça fait l’affaire ; il y a pied, il y a moyen. Mon pied, ou je casse, ma part ou ça va se gâter.

Pied de nez

Clémens, 1840 : Fait, attrapé.

Delvau, 1866 : s. m. Pièce d’un sou, — dans l’argot des voyous.

Delvau, 1866 : s. m. Polissonnerie des gamins de Paris, que connaissaient déjà les gamins de Pompéi. Faire des pieds de nez à quelqu’un. Se moquer de lui. Avoir un pied de nez. Ne pas trouver ce qu’on cherche ; recevoir de la confusion d’une chose ou d’une personne.

Rigaud, 1881 : Pièce d’un sou.

France, 1907 : Sou ; argot des mendiants qui espèrent recevoir davantage.

Pied de nez (avoir un)

France, 1907 : Éprouver une déception, une mortification. On disait autrefois avoir autant de nez. Le Roux de Lincy cite au sujet de cette expression ce passage du Dictionnaire de Nicod :

On ne s’en sert quand on veut désigner quelqu’un qui ayant entrepris de faire quelque chose n’en est pas venu à bout, n’a de grâce que quand il est accompagné d’un geste qui luy est propre, ce que l’on fait en serrant les deux points clos de tous les doigts, réservés les deux pouces, l’un desquels se joint au bout du nez et l’autre au petit doigt d’iceluy, de sorte qu’ainsy rangés ils peuvent faire la longueur d’un quart d’aulne et avec cette gesticulation les Italiens disent : Tanto di naso.

Voir Faire la nique.

Rond, pied de nez

Clémens, 1840 : Sol.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique