Delvau, 1866 : s. m. Monnaie, — dans le même argot [du peuple].
France, 1907 : Monnaie. Plus de cuivre en la piaule, plus d’argent dans la maison.
Cuivre
Delvau, 1866 : s. m. Monnaie, — dans le même argot [du peuple].
France, 1907 : Monnaie. Plus de cuivre en la piaule, plus d’argent dans la maison.
Déchirer sa toile
Virmaître, 1894 : Pester. Allusion au bruit qui souvent ressemble à un déchirement (Argot du peuple). V. Peau courte.
France, 1907 : Péter.
— Et tu crois que c’est pas emmiellant de coucher avec un type comme ça ! Le bougre de salaud ne fait toute la mit que déchirer sa toile. Tu penses si ça danse dans la piaule.
(Les Propos du Commandeur)
Dépiauler
La Rue, 1894 : Découvrir le domicile.
France, 1907 : Découvrir le domicile de quelqu’un qui se cache ; de piaule, maison.
Empiauler
Hayard, 1907 : Emménager.
Lesbombe
Rossignol, 1901 : Prostituée.
Hayard, 1907 : Femme.
France, 1907 : Prostituée.
L’autre soir, à la bruine, je radinais à la piaule, et je passais rue Saint-Charles, tout en roulant une sébiche. V’là une lesbombe qui me raccroche :
— Tu n’offres pas une cigarette ?
— Si, Bébé, que je lui fais.
Et j’y en donne une. Ça y faisait plaisir, est-ce pas, et moi, ça me coûtait pas grand’chose. Je pouvais faire ça.
(Oscar Méténier)
Nib de braise
Virmaître, 1894 : Pas d’argent.
— Par un bourguignon pareil tu restes à la piaule, allons décanille.
— Nib de braise, les valades sont dégraissées (Argot des voleurs).
France, 1907 : Pas d’argent.
Ça f’sait son blot, malheureus’ment,
On la r’lèv’ pas au régiment :
Nib de braise !
Mais, à Paris, i’fréquentait
Eun’ vieill’ marchand’ de vins qu’était
À son aise.
(Aristide Bruant)
J’suis en plein dans la limonade,
Plus un sou, malade et vanné,
Nib de braise et d’amour,
Voilà ma sérénade !
(Jules Varney)
Nib, nibergue
Rigaud, 1881 : Rien ; pas. — Nib de piaule, sans domicile. — Nib de braise, nib de carme, pas d’argent.
Œil (faire de l’)
Delvau, 1866 : Donner à penser des choses fort agréables aux hommes, — dans l’argot des petites dames ; regarder langoureusement ou libertinement les femmes, dans l’argot des gandins.
Rigaud, 1881 : Jouer de la prunelle comme les Espagnoles jouent de l’éventail.
La Rue, 1894 : Chercher à séduire par des œillades. Taper de l’œil, dormir. Mon œil ! formule négative. Se battre l’œil, se moquer.
Virmaître, 1894 : Les filles font de l’œil aux passants qu’elles veulent raccrocher :
Ses deux beaux chasses vous rembroquaient
Puis à la piaule tous les gonces rappliquaient.
dit la chanson du marlou (Argot des filles).
Piaule
M.D., 1844 : Maison.
Halbert, 1849 : Chambre, taverne.
Virmaître, 1894 : La maison.
— Y a pas, faut rappliquer à la piaule de la dabe, sans ça pas de boulottage à la clé.
Pourquoi piaule ? Delvau dit que c’est une allusion aux nombreux enfants qui piaillent dans la maison. Ne serait-ce pas plutôt à cause du pieu (lit) dont par déformation on a fait piaule ? C’est plus que probable (Argot du peuple).
Hayard, 1907 : Maison.
France, 1907 : Maison, chambre, logis ; argot populacier. On écrit aussi piole.
Où aller ? Se rentrer à la piaule ? Non, il a peur d’être seul… Il a vagabondé… attiré par la boustifaille, comme les mouches par la lumière, il est venu s’affaler à la porte d’un restaurant.
Du sous-sol l’odeur du frichti monte, il entend les bruits de la vaisselle, les rigolades des boustifailleurs…
Il n’en peut plus, le pauvre bougre ; les jambes coupées par la famine, il s’avachit sur le trottoir.
(Le Père Peinard)
anon., 1907 : Chambre.
Piaule ou piolle
Delvau, 1866 : s. f. La maison, le logis, — dans l’argot des voleurs, qui peut-être ont voulu faire allusion aux nombreux enfants qui y piaillent comme autant de moineaux affamés. La piaule a l’air rupin. L’appartement est bon à dévaliser.
Piaule, piolle
Larchey, 1865 : Taverne. — Du vieux mot piot : vin. V. Roquefort. Ce dernier donne pioller, s’enivrer. V. Artie.
Piauler
d’Hautel, 1808 : Se dit des enfans qui crient, qui pleurent sans motifs.
France, 1907 : Crier, même sens que piailler.
Grand brouhaha. On court dans toutes les directions, les femmes crient, les enfants piaulent, les chiens aboient ; des hommes grimpent sur les chariots, d’autres s’embusquent dessous, tandis que deux en avant du corral me couchent en joue, — Bonjour, étrangers ! dis-je, ôtant mon chapeau et faisant un grand salut. Vous semblez un peu excités. Que diable avez-vous ?
(Hector France, Chez les Indiens)
Piauler (se)
France, 1907 : Rentrer chez soi.
Piaulle, piolle
Rigaud, 1881 : Maison, logement, chambre. — Piauler, dormir.
Piausser
Ansiaume, 1821 : Être couché au lit.
Nous allons aller piausser pendant le reluis.
Bras-de-Fer, 1829 : Se coucher.
Delvau, 1866 : v. n. Mentir, blaguer, — dans l’argot des typographes.
Rigaud, 1881 : Blaguer, mentir, plaisanter, faire des charges, — dans le jargon des typographes. — Piausseur, mauvais plaisant, conteur de bourdes.
Rigaud, 1881 : Se coucher. C’est la variante de pioncer et de piauler, dormir.
Boutmy, 1883 : v. intr. Dire des piaux, mentir.
France, 1907 : Dormir, se coucher ; argot des voleurs ; du vieux français piautre, paillasse. De piausser on a fait pioncer.
France, 1907 : Mentir, dire des piaux ; argot des typographes.
Piole
Clémens, 1840 : Boutique.
France, 1907 : Taverne, maison. On écrit aussi piaule et piolle. Il est de nombreux synonymes de ce mot : case, cassine, cambuse, creux, boîte, baraque, bahut, casbah, taule, taudion.
— Veux-tu venir prendre de la morfe et piausser avec mezière en une des pioles que tu m’as rouscaillées ?
(Le Jargon de l’argot)
Piolle
anon., 1827 : Cabaret, taverne.
Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Cabaret.
Bras-de-Fer, 1829 : Cabaret, taverne.
Vidocq, 1837 : s. f. — Taverne, auberge du dernier rang.
(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)
Vidocq, 1837 : s. f. — Chambre. Terme des Camelots et voleurs de campagne.
un détenu, 1846 : Maison.
Rigaud, 1881 : Cabaret. — Hôtel garni à la nuit, — dans le jargon des voyous. — Piollier, piollière, cabaretier, cabaretière, logeur à la nuit.
France, 1907 : Même sens que piaule et piole.
Fanandels, en cette piolle
On vit chenument ;
Arton, pivois et criolle,
On a gourdement,
Pitanchons, faisons riolle
Jusqu’au jugement.
(Nicolas R. de Grandval)
Pioupiou
Rigaud, 1881 : Soldat d’infanterie.
L’uniforme blanc des gardes-françaises rappelait un peu leur costume, (le costume des Pierrots) aussi le populaire appelait-il ces soldats « des Pierrots… ». De plus, lorsqu’ils (les Parisiens) voyaient passer un garde-française : — Pioupiou, criaient-ils. Cette moquerie eut pour résultat de faire donner le sobriquet de pioupiou aux soldats de l’infanterie française.
(Aug. Challamel)
La Rue, 1894 : Soldat d’infanterie de ligne.
France, 1907 : Fantassin. Francisque Michel donne de ce sobriquet une singulière origine en prétendant qu’il vient de l’habitude qu’avaient autrefois les soldats de faire main basse sur les poules ; habitude que, du reste, ils n’ont pas perdue.
Voici qui est plus sérieux, les gardes françaises portaient primitivement un uniforme presque entièrement blanc, d’où le peuple les avait baptisés du nom de « blancs partout » puis pierrots. Les gamins de Paris, associant ce nom du type connu des parades foraines à celui du moineau franc, imitaient sur le passage des gardes françaises le piaulement de l’oiseau : piou-piou, piou-piou. Après le licenciement par Louis XVI, le 31 juillet 1789, des gardes françaises qui, composées presque entièrement de Parisiens, avaient fait cause commune avec le peuple à la facile prise de la Bastille, on continua de donner le sobriquet de piou-piou aux fantassins. Ajoutons que le mépris dont les autres régiments entouraient les gardes françaises ne fut probablement pas étranger à la part qu’elles prirent au mouvement du 14 juillet.
Troupiers français et joyeux camarades,
Le cœur en flamme et la tête en gaité,
Nous sommes les tourlourous, les troubades,
Vieux nom qui dit notre joyeuseté !
Que, dans le bal, la musique résonne,
Jusqu’au matin dansons comme des fous !
Pour Terpsichore on oubliera Bellone,
Amis, valsons la valse des Pioupious !
(La Valse des pioupious)
Quand il revient à son village,
Le gentil pioupiou libéré
Rêve du plantureux corsage
Par la cantinière montré ;
Et, ma foi, toutes les chopines
Qu’il s’offre à présent n’valent pas
Le petit verr’ qu’à la cantine
Elle versait aux p’tits soldats.
(Griolet)
Piper
d’Hautel, 1808 : Pour tromper, filouter, escroquer.
Larchey, 1865 : Fumer la pipe.
Il me semble qu’on a pipé ici.
(Gavarni)
Delvau, 1866 : v. n. Fumer la pipe ou le cigare.
Rigaud, 1881 : Fumer la pipe, le cigare ou la cigarette. — Piper, comme un Turc, fumer beaucoup.
Rossignol, 1901 : Fumer.
France, 1907 : Boire à l’aide d’un tuyau de paille.
On pipait là des cock-tails, on sablait du dry, on se coulait des whisky, des gin et des gingember bier. Des femmes nanties d’une rencontre sirotaient des limonades en faisant les accords, subtilisaient des grogs ou s’empiffraient de sandwichs arrosés d’ale et de stout.
(Camille Lemonnier)
France, 1907 : Fumer ; argot populaire.
— Il me semble qu’on a pipé ici.
(Gavarni)
Aussitôt que la ténèbre
Vient dédorer nos coteaux,
Ce gouvernement funèbre
S’occupe de nos complots.
Certes, personne ne pipe
Non plus que s’il était mort
Ou que s’il funait sa pipe.
(Raoul Ponchon)
France, 1907 : Prendre, emprisonner, attraper. Piper un pègre, attraper un voleur. Les synonymes sont nombreux et montrent quelle importance l’action de piper joue dans le monde des coquins : accrocher, agrafer, boucler, coquer, colliger, coltiner, enflaquer, enfourailler, empoigner, emballer, empiauler, encoffrer, encager, enchtiber, enfourner, fourrer dedans, faire tomber malade, fabriquer, grincer, grappiner, gripper ; mettre dedans, à l’ombre, au violon ; mettre le grappin, poisser, poser un gluau, ramasser, souffler, etc.
France, 1907 : Souffler. Ne s’emploie que dans cette expression : ne pas piper mot.
Seulement, tandis que les Orientaux ont réglementé et endigué la polygamie, — cette excellente polygamie qui a l’avantage de substituer l’émulation à la jalousie, — nous, plus hypocrites et en même temps plus roublards, nous n’en avons pipé mot et lui avons laissé carte blanche.
(Albert Cim, Demoiselles à marier)
Ces individualités, prisonnières elles-mêmes du groupe qu’elles dirigent, s’habituent, en un rien de temps, à ne voir dans la vie nationale que le conflit organisé de groupes arbitrairement constitués, sur des programmes où il n’est souvent pas pipé mot de ce qui touche le plus aux intérêts de la nation.
(Nestor, Gil Blas)
France, 1907 : Tromper, attirer dans un piège, allusion au pipeau à l’aide duquel l’oiseleur attire ses victimes dans ses gluaux.
Plan de couillé
Virmaître, 1894 : Faire de la prison pour un autre. Faire de la prison sans avoir joui du produit de son vol. Couillé est le diminutif de couillon. Dialogue au Dépôt :
— Pourquoi que t’es ici ?
— J’ai pas de piaule pour pagnoter.
— Je file la comète ; j’ai été fabriqué par un sale sergot.
— Et ton nière ?
— Mon orgue ? J’étais méquard de la bande à Bibi.
— Alors tu vas aller au carré des petites gerbes.
— Veux-tu me désenflaquer et m’aider à casser la ficelle ?.
— Pour aller à la boîte aux cailloux, où y a pas mèche de faire chibis ; où on ne boulotte que des bourres-coquins et où on ne lampe que du sirop de macchabée ? y a pas de pet.
— Je te donne la paire de sigues, mais tu ne bonniras que peau.
— Tes sigues, c’est du carme à l’estorgue.
— Non, c’est du bath.
— C’est pas assez, car si les palpeurs me foutent deux berges de Centrousse, ça serait du plan de couillé.
Mot à mot : de la prison pour rien (Argot des voleurs).
Planquer
Ansiaume, 1821 : Cacher.
Il faut planquer la camelotte jusqu’à sorgue.
Vidocq, 1837 : v. a. — Cacher.
un détenu, 1846 : Faire le guet.
Halbert, 1849 : Cacher.
Delvau, 1866 : v. a. et n. Engager quelque chose au Mont-de-Piété, mettre au plan. Argot des faubouriens.
Delvau, 1866 : v. a. et n. Mettre quelque chose de côté, — dans l’argot des typographes.
Delvau, 1866 : v. a. Cacher. Signifie aussi Emprisonner.
Rigaud, 1881 : Cacher. — Observer. — Mettre de l’argent de côté.
Virmaître, 1894 : Cacher.
— Pour dépister la rousse, je vais me planquer un marqué chez un garnaffier de mes aminches (Argot des voleurs).
Rossignol, 1901 : Faire une planque ; veut aussi dire cacher, dissimuler.
en me couchant, je suis obligé de planquer mon porte-monnaie pour que ma femme n’y fasse pas une descente.
France, 1907 : Abandonner, laisser en place.
— Et ta ménesse ? — Laquelle ? — La rouquine ? — Elle trouillottait des aisselles ; il y a beau temps que je l’ai planquée.
France, 1907 : Mettre, placer, cacher.
À c’te piaule je suis si bien planquée que je ne crains ni cognes, ni griviers, ni railles, ni quart-d’œil, ni gerbiers.
(Mémoires de Vidocq)
Planquer le marmot, cacher le produit du vol. Planquer les paccins dans un roulant, mettre les paquets dans une voiture.
Radiner
Rigaud, 1881 : Rentrer, revenir, retourner.
Le cousin Gustave qui radine de la Nouvelle-Calédo, me dit que là-bas, la veille du jour de l’an, on se marie.
(Le père Duchêne, 1879)
Les badingredins annoncent toujours que leur gosse va radiner.
(Le Sans-Culotte, 1879)
Radiner à la condition, rentrer à la maison. Radiner est sans doute une déformation du verbe rabziner qui, dans le patois picard, a la même signification.
Virmaître, 1894 : Revenir.
— Je radine à la piaule.
Radiner : faire le radin, voler le tiroir-caisse d’un comptoir.
Ce tiroir est nommé radin parce qu’il renferme des radis (sous) (Argot des voleurs).
Rossignol, 1901 : Venir, revenir.
Hayard, 1907 : Revenir.
France, 1907 : Revenir, arriver. Radiner à la piole, rentrer chez soi.
V’là les fanand’s qui radinent.
Ohé ! tas d’poch’tés,
Les gonciers qui nous jardinent
I’s’ront vraiment j’tés,
Nous la r’levons rien qu’dans l’riche,
Malgré nos rideaux.
Gare au bataillon d’la guiche !
C’est nous qu’est les dos.
(J. Richepin, La Chanson des gueux)
Rappliquer
Clémens, 1840 : Revenir.
Larchey, 1865 : Revenir (V. Flacul), Répliquer (V. Suage).
Rigaud, 1881 : Retourner, revenir, rentrer. Rappliquer à la taule, rentrer à la maison.
Merlin, 1888 : Arriver, revenir. — On rapplique à la caserne, à l’exercice, à la soupe, etc.
La Rue, 1894 : Retourner, revenir.
Virmaître, 1894 : Revenir.
— Depuis huit jornes que je suis en bordée, je rapplique à la piaule, mince de suif à la clé (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Venir, aller, se rendre.
Hayard, 1907 : Revenir.
France, 1907 : Revenir, rentrer.
Ratinel marie sa fille au petit de la Rochepurée ; on convient qu’on achètera le mobilier à frais communs. Ils vont chez le tapissier, le beau-père et le gendre : ils discutent, choisissent ce qu’il y a de mieux, se font faire un prix approximatif ; ils s’en vont et, dix minutes après leur départ, le tapissier voit arriver le beau- père qui lui dit : « Ce n’est pas tout ça, je vous ai amené mon gendre » et il demande une commission de vingt mille francs. L’autre est épaté, lorsque, dix minutes après le beau-père, il voit rappliquer le gendre, qui lui dit : « Ce n’est pas tout ça, je vous ai amené mon beau-père et il réclame une commission de trente mille francs. »
(Maurice Donnay)
Ratapiaule
Rigaud, 1881 : Raclée.
Evidemment la perspective d’une ratapiaule vous fera ch…anceler dans vos calintes.
(L’art de se conduire dans la société des pauvres bougres)
Râteau
Fustier, 1889 : Gendarme, agent, dans l’argot des malfaiteurs.
Le terme est nouveau ; veuillez ne pas l’oublier et remarquer toute la justesse de l’expression. L’agent de police en effet nous ratisse et nous englaise dans la piaule.
(A. Belot, Le Roi des Grecs)
Faut suriner les pantres
À coups d’couteaux dans le ventre
Et crever d’coups d’marteaux
La cervelle aux râteaux.
(Chanson, 1884)
La Rue, 1894 : Gendarme. Agent. Prêtre.
Rossignol, 1901 : Agent de police.
Sauvons-nous, v’là les râteaux.
Râteaux parce qu’ils râtissent, (prennent). Un peigne est aussi un râteau.
Rembroquer
Ansiaume, 1821 : Regarder.
As-tu vu comme le camelotier nous rembroquoit ?
Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Observer.
Vidocq, 1837 : v. a. — Reconnaitre.
Clémens, 1840 : Envisager, regarder.
M.D., 1844 : Regarder.
Delvau, 1866 : v. a. Reconnaître. Signifie aussi Regarder.
Rigaud, 1881 : Reconnaître. — Rembroquer le portrait d’une gonzesse, reconnaître la figure d’une femme.
La Rue, 1894 : Reconnaître. Regarder.
Virmaître, 1894 : Regarder.
Ses deux beaux chasses vous rembroquaient,
Puis à la piaule tous les gonces la refilaient.
Elle fit mince casquer les marlous,
dit la chanson du mac de Grenelle (Argot des souteneurs).
France, 1907 : Reconnaitre, examiner ; argot des voleurs.
— Nous avons aboulé chez le pante, et j’ai effarouché la blanquette et des fringues que nous avons mis en pacsin, nous avions un aminche qui gaffait, mais il n’a pas remouché le pante qui rentrait quand je l’ai rembroqué.
(Delesalle, Autobiographie d’un malfaiteur)
Renquiller
Larchey, 1865 : Rentrer. De quille. V. Pavillonner.
Delvau, 1866 : v. n. Rentrer.
La Rue, 1894 : Rentrer. S’enrichir. Se rétablir.
Virmaître, 1894 : Faire fortune, devenir gros et gras (Argot d’imprimerie).
Virmaître, 1894 : Rentrer.
— Je renquille à la piaule.
Renquiller veut dire aussi retourner.
— Je renquille au patelin (Argot du peuple).
Hayard, 1907 : Rentrer.
France, 1907 : Rentrer.
— Tu as donc oublié que le dabe qui est allé ballader sur le trime avec les fanandels renquillera pas cette sorgue ?
(Mémoires de Vidocq)
Par la venterne on te déporte ?
Au claq renquille par la porte.
(Hogier-Grison, Maximes des tricheurs)
Ripioulement
Rigaud, 1881 : Chambre, — dans le jargon des voleurs.
France, 1907 : Chambre à coucher ; argot des voleurs, de piaule, chambre.
Sabouler
d’Hautel, 1808 : Malmener, gronder, brusquer, tourmenter, houspiller quelqu’un ; le maltraiter soit en paroles, soit en actions.
Sabouler de l’ouvrage. Le faire aller grand train ; ne donner aucun soin à son exécution.
anon., 1827 : Incommoder, ou cirer.
Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Frapper.
Bras-de-Fer, 1829 : Incommoder, décroter.
Vidocq, 1837 : v. a. — Décrotter.
Halbert, 1849 : Incommoder ou crier.
Larchey, 1865 : Battre, cogner. — Vieux mot. V. Roquefort.
Vous me saboulez la tête avec vos mains pesantes.
(Molière, Comtesse d’Escarbagnas)
Je te tanne le casaquin, je te saboule.
(Paillet)
Sabouler : Décrotter. — Sabouleur : Décrotteur (Vidocq).
Delvau, 1866 : v. a. Décrotter, — dans l’argot des voyous.
Delvau, 1866 : v. a. Gronder, faire des reproches, battre. Argot du peuple. Signifie aussi : Travailler sans soin, faire de la mauvaise besogne. L’expression a des chevrons :
De ton épé’ tranchante
Perce mon tendre cœur,
Saboule ton amante,
Ou rends-lui son honneur,
dit Vadé dans sa chanson des Gardes françaises.
Rigaud, 1881 : Maltraiter. — Décrotter. — Sabouleur, décrotteur.
La Rue, 1894 : Maltraiter. Décrotter. Laver. Crier.
Virmaître, 1894 : Décrotter. A. D. Sabouler veut dire chasser.
— Je l’ai saboulé de la piaule avec perte et fracas.
On saboule un ouvrier qui ne fait pas l’affaire (ne sait pas travailler) (Argot du peuple). N.
Rossignol, 1901 : Laver son linge est le sabouler. Ce mot veut aussi dire vendre ; vendre un objet qui vous appartient est le sabouler, synonyme de laver.
France, 1907 : Décrotter ; argot populaire.
France, 1907 : Gronder, fouailler, donner des verges au naturel et au figuré ; vieux français.
De ton épée tranchante
Perce mon tendre cœur ;
Saboule ton amante
Ou rends-lui son honneur.
(Vadé)
Tapeuse de tal
France, 1907 : Prostituée qui se livre à des pratiques hors nature. Voir Tal.
— Y avait dans la piaule deux roussins qui m’ont mise au violon comme tapeuse de tal.
(Hector France, La Taverne de l’Éventreur)
Taule ou tôle
Delvau, 1866 : s. f. Maison, — dans l’argot des voleurs et des voyous. C’est la piaule, moins les enfants.
Argot classique, le livre • Telegram