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Chaud de lance ?

Rossignol, 1901 : J’ai entendu chanter dans les caveaux, une chanson sur l’hôpital du Midi, aujourd’hui hôpital Ricord, dont voici un couplet :

On vous donne des tisanes et des graines, Du copahu ainsi que de l’Opiat, Et de l’iodure pendant la. quarantaine, Matin et soir après chaque repas. Le potassium sur tous les hommes Fait son effet, dit le docteur Simonet ; Essayez-en, mes bonnes gens, De tous ces remèdes, vous en serez contents.

Flanelle

Larchey, 1865 : Flâneur galant qui se borne, près des femmes dont l’amour se paie, à des frais de conversation.

Lèves-tu ce soir ? — Ah ouiche ! tous rapiats. — Et celui-là qui t’allume ! — Flanelle !

(Lem. de Neuville)

Delvau, 1866 : adj. et s. Flâneur amoureux, — dans l’argot des filles, qui préfèrent les gens sérieux. C’est de la flanelle ! disent-elles en voyant entrer un ou plusieurs de ces platoniciens et en quittant aussitôt le salon. Faire flanelle. Aller de prostibulum en prostibulum, comme un amateur d’atelier en atelier, pour lorgner les modèles.

Rigaud, 1881 : Flâneur, — dans le jargon des filles de maison. Faire flanelle, perdre son temps à flâner.

La Rue, 1894 : Flâneur amoureux.

France, 1907 : Flâneur en amour. Voir Faire flanelle.

Galapiat

Larchey, 1865 : Galopin. — Corruption du mot.

Il dit aux avocats : Vous êtes un tas de galapiats qui vous fichez du monde.

(Balzac)

Delvau, 1866 : s. m. Fainéant, voyou, — dans l’argot du peuple. On dit aussi : Galapiau, Galapian, Galopiau, qui sont autant de formes du mot Galopin.

Galapiat, galapiau

Rigaud, 1881 : Galopin, mauvais drôle, — dans le jargon du peuple.

Gripper

d’Hautel, 1808 : Voler, filouter.
Être grippé. Avoir la grippe.
On lui a grippé sa montre, son argent, son mouchoir. Pour, on lui a volé, etc.

Delvau, 1866 : v. a. Chiper, et même voler, — dans l’argot du peuple.

France, 1907 : Dérober, agripper ; arrêter pour mettre en prison.

Loupiat, Sans-Quartier, Belle-Humeur, La Rondache,
Brise-Mâchoire, Harpin, Berry, Brûle-Moustache,
Tant d’autres dont les noms me sont presque échapés,
Et mille autres encore que la Pousse a gripé.

(Nicolas R. de Grandval, Le Vice puni)

Loupiat

Delvau, 1866 : s. m. Fainéant, Loupeur, — dans l’argot des faubouriens.

France, 1907 : Fainéant, chevalier de la loupe.

Râleux

France, 1907 : Avare rapiat.

Rape

La Rue, 1894 : Dos.

Virmaître, 1894 : Le dos. Rape, avare.
— Il est dur comme la rape du menuisier.
C’est de rape qu’on a fait rapiat pour désigner les auvergnats, qui, comme on le sait n’attachent pas leur chien avec des saucisses (Argot des voleurs et du peuple). N.

Râpe

d’Hautel, 1808 : Donner de la râpe douce. Pour dire flatter, cajoler, caresser.

Delvau, 1866 : s. f. Le dos, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Dos et, principalement, dos de bossu, dos bombé en forme de râpe.

Rossignol, 1901 : Avare.

Il n’offre jamais rien, c’est une râpe.

Hayard, 1907 : Dos (le vrai mot est râble).

France, 1907 : Avare. Diminutif de rapiat. « Quelle sale râpe que ce vieillard ! »

France, 1907 : Dos. Il râpe les endroits où il s’appuie.

Rapia, rapiat

France, 1907 : Avare, grippe-sou ; argot populaire.

Au moyen âge, sais-tu quels étaient les banquiers, les tripoteurs d’argent, les rogneurs d’écus ?
Ce fut, pendant un sacré temps, des types venus de la Lombardie. Et, nom de dieu, on les exécrait ferme, car ils étaient bougrement rapias. Le populo avait du cœur à gueuler : « Mort aux Lombards ! »
Les Lombards ont cessé d’être banquiers, et nous n’avons pas cessé d’être exploités !

(Le Père Peinard)

Rapiat

Vidocq, 1837 : s. m. — Auvergnat, Savoyard.

Larchey, 1865 : Auvergnat, avide, avare. — D’Hautel (1808) fait venir ce mot de Rapiamus. — V. Flanelle.

Delvau, 1866 : s. et adj. Cupide, avare, un peu voleur même, — dans l’argot du peuple.

Delvau, 1866 : s. m. Auvergnat, Savoyard. Même argot [des voleurs].

Rigaud, 1881 : Rapace. Le rapiat n’est pas précisément un voleur. Il aime l’argent, il ne néglige aucune occasion d’en gagner. Pour lui, il n’y a pas de petits profits. À la rapacité, il joint ordinairement l’avarice ; c’est alors le plus beau spécimen du genre, le superlatif de rat.

La Rue, 1894 : Rapace. Avare.

France, 1907 : Auvergnat, Savoyard. Tous deux sont renommés pour leur âpreté au gain, leur rapacité. Un vieux proverbe dit : « Avare comme un Auvergnat. »

Robert Macaire

Larchey, 1865 : Variété du cancan. — Allusion à la danse de Robert Macaire au premier acte de l’Auberge des Adrets. — V. Macaire.

Magistrats et docteurs commencent leur carrière, En se faisant danseurs De la Robert Macaire.

(1841, Phys. de la Chaumière)

France, 1907 : Escroc, tripoteur d’affaires véreuses, monteur de coups ; allusion an célèbre type de l’Auberge des Adrets.

Qu’ont fait pour leur bienfaiteur les Robert Macaire qui doivent et partie à Rochefort d’avoir réalisé le plus invraisemblable roman qu’on ait vu dans la bohème ? Ils ont envoyé Rochefort à Nouméa d’abord, puis ils l’ont forcé de se réfugier à Londres ; maintenant, ils s’apprêtent à le faire juger en effigie par des magistrats auprès desquels Delesvaux et Devienne étaient de petits saints…
Voyez-vous, cependant, le coup de théâtre d’ici, si tout à coup on venait dire à ces coquins installés dans tous les palais nationaux, chamarrés des ordres nationaux, gavés des fonds nationaux :
« Vous avez rêvé, mes enfants, un soir que vous vous êtes endormis ayant trop pinté à la Brasserie Serpente… Rochefort a accepté les avances de Morny ; il a été nommé directeur des Beaux-Arts, il a vécu heureux et tranquille sans procès, sans duels et sans injures… L’Empire n’a pas été affolé ; il n’a pas déclaré stupidement la guerre… Vous n’avez jamais été ministres… Vous ne vous êtes pas enrichis par les pots-de-vin : vous avez rien touché dans le Panama… Vous êtes toujours les besogneux et les galapiats d’autrefois. »

France, 1907 : Sorte de cancan fort en vogue dans Les bals publics appelé ainsi à cause d’une danse excentrique à laquelle se livre au premier acte le héros de l’Auberge des Adrets.

Messieurs les étudiants
S’en vont à la barrière
Pour y danser l’cancan
Et la Robert Macaire,
Le jour,
Le jour,
La nuit comme le jour.

(Vieille chanson du Quartier Latin)

Salopiat, salopiaud

France, 1907 : Salaud ; individu malpropre au moral ou au physique ; de salop, venant lui-même de l’anglais sloppy, même sens.

Salopiat, salopiot, saligot

Rigaud, 1881 : Malpropre, vaurien.

Puis ne voilà-t-il pas qu’un sacré polisson de salopiat de singe, ne le voilà-t-il pas, à la fin des fins, il vous pisse par une fente sur les mignons.

(E. de Goncourt)

Stropiat

France, 1907 : Mendiant estropié : vieux français.

Mes braves bons messieurs et dames,
Par Sainte-Marie-Notre-Dame,
Voyez le pauvre vieux stropiat,
Pater noster ! Ave Maria !
Ayez pitié !

(J. Richepin, La Chanson des gueux)


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