Rigaud, 1881 : Ouvrier qui a horreur du bourgeois, qui cherche à le vexer. — Le maçon qui, en passant, racle son sac de plâtre sur la redingote du bourgeois, est un bousculeur de pékin : bousculeur de pékin, le cantonnier qui vous arrose avec intention ; bousculeur de pékin, le cocher qui fait piaffer ses chevaux dans le ruisseau quand vous passez ; bousculeur de pékin, le charbonnier qui vous heurte de son sac de charbon, etc., etc.
Bousculeur de pékin
Cocardier
Larchey, 1865 : Homme fanatique de son service, zélé jusqu’à l’exagération de ses devoirs. — Cette dénomination spéciale à l’armée se sent plus qu’elle ne s’explique. Le cocardier croit avoir toujours l’honneur de sa cocarde à soutenir.
Delvau, 1866 : s. m. Homme fanatique de son métier, — dans l’argot des troupiers.
Rigaud, 1881 : « Le commandant du bataillon était ce que les troupiers appellent un cocardier, c’est-à-dire qu’il mettait une importance extrême à ce que ses hommes brillassent par leur tenue soignée et sévère. » (Louis Noir, Souvenirs d’un zouave.) Le maréchal de Castellane, qui prenait son bain, ayant, sur une chaise à côté de lui, le grand cordon de la légion d’honneur, est resté comme le type le plus réussi du cocardier.
Rossignol, 1901 : Celui qui se tient propre et qui est coquet est un cocardier. Un propre soldat est un cocardier.
France, 1907 : Homme qui pousse à l’exagération l’amour de son métier et l’accomplissement de ses devoirs, ignorant où dédaignant le sage précepte de Talleyrand : « Pas trop de zèle ! pas trop de zèle ! » Ce n’est guère que dans l’armée que l’on rencontre les cocardiers.
Était-ce un de ces hommes brillants, avides de tintamarre et de piaffe, dédaigneux de tout ce qui n’est pas une joie ou une jouissance, qui se morfondent d’ennui dans leurs lointaines garnisons de province et rêvent de Paris comme d’une terre promise et féérique ? Était-ce seulement un obscur, peu à peu arrivé au cinquième galon, un brisquard de fortune qui ne connait que la consigne, que ses vieilles manies de cocardier, et que les sous-lieutenants redoutent comme la peste ?
(Mora, Gil Blas)
Emballer (s’)
Rigaud, 1881 : S’emporter, se fâcher. On dit d’un cheval qui s’emporte, qu’il « s’emballe » ; d’où s’emballer en parlant des personnes.
Hayard, 1907 : Se mettre vite en colère, s’enthousiasmer, emprisonner.
France, 1907 : S’emporter, perdre son sang-froid. Allusion au cheval qui prend le mors aux dents. Se prendre d’une affection irraisonnée pour quelqu’un.
Le peintre, très emballé, perdait à plaisir, ne s’occupait qu’à faire du genou sous la table à la femme de chambre et la dardait de regards prometteurs auxquels elle répondait de la façon la plus effrontée.
(René Maizeroy)
D’une tenue toujours irréprochable, bel homme plutôt que joli garçon, et d’une tournure conquérante, il a passé pour avoir fait des ravages dans le cœur de Parisiennes du meilleur monde, quelque peu névrosées et toujours prêtes à s’emballer pour un excentrique ou l’homme que la mode a mis en vedette.
(Maurice de Kérouan)
Nous nous rappelions le beau temps de fièvre et de mirage où dans le monde, toutes ou presque toutes, emballées à fond de train, nous avions pour ce soldat piaffeur des veux de Chimène, nous attendions le grand jour, nous faisions des vœux à plein cœur pour que cet aventureux gagnât la partie, nous nous accrochions à lui, nous le traitions comme quelque César providentiel.
(Colombine, Gil Blas)
Pauline
France, 1907 : Ancienne diligence.
Mais la grande source de l’ivresse, du vertige qui triomphait des joueurs hésitants, c’était, avec des piaffements de sabots, des cabrements de bêtes, des cris de conducteurs, les départs des grandes « Paulines » à cinq chevaux, menées à fond de train, dans un tourbillon de grelots et de coups de fouet.
(Hugues Le Roux, Les Larrons)
Piaf
Vidocq, 1837 : s. m. — Orgueil, amour-propre.
Larchey, 1865 : Vanité, orgueil (Vidocq). — Au moyen âge. l’homme fastueux était un piafart. V. Roquefort. — Mot expressif : — Le vaniteux piaffe comme un cheval de luxe.
Rigaud, 1881 : Orgueil, amour-propre. De piaffer ; emprunt au vocabulaire hippique. Le cheval qui piaffe témoigne de l’orgueil à sa manière, un orgueil mêlé d’impatience.
Piaffe
d’Hautel, 1808 : Hâblerie, fanfaronnade ; éclat emprunté.
Tout en lui n’est que piaffe. Pour, il n’a qu’un luxe imposteur ; tout en lui n’est que faux brillant.
Delvau, 1866 : s. f. Orgueil, vantardise, esbrouffe.
France, 1907 : Orgueil, ostentation. Vantardise, « Faire de la piaffe. » Argot populaire.
De l’éducation ébauchée par une mère qui était Florentine, qui avait dans l’être toutes les ardeurs dévotieuses, toutes les croyances étroites de cette race italienne si étrange, à la fois jouisseuse, affolée de plaisir, de piaffe, de chimères et hantée par l’effroi de l’au-delà, par le remords du péché.
(R. Maizeroy, Vieux garçon)
Piaffer
France, 1907 : Faire le beau.
Les ardents, les grands coureurs, les bons buveurs, ceux qui rient à se déboutonner d’un coup, ceux qui blaguent et baffrent et piaffent autour des filles, ce sont nos papas.
Leurs fils, mièvres, malsains, dégoûtés, font des mines de nonnettes scandalisées, rêvent, sourient à peine du bout du poil rare qui pousse à leurs lèvres, et se reposent avec des gestes las.
S’ils daignent parler, c’est de la tristesse de vivre.
(Le Journal)
Piaffeur
d’Hautel, 1808 : Pompeux, brillant, magnifique ; qui impose par des dehors trompeurs.
Piaffeuse
Fustier, 1889 : La dernière expression du chic est celle de piaffeuse pour désigner la femme élégante et bien prise dans le harnais de la mode. Le mot n’a rien de désobligeant ; piaffeuse : qui se tient droite et porte beau.
(Gaulois, sept. 1887)
Poseur, poseuse
Rigaud, 1881 : Homme, femme, qui affecte des allures ou un langage étudié. — Celui, celle qui cherche à produire de l’effet au moyen d’une attitude étudiée. Au théâtre, le poseur fait des effets de torse ; il projette sa poitrine sur le devant d’une loge, lorgne avec affectation ; au bal, il s’accoude sur le marbre de la cheminée ; au Bois de Boulogne, il fait piaffer sa monture devant les équipages de luxe ; dans la conversation, il récite avec emphase une tirade politique lue, le matin, dans un journal, ou il traite une question d’art étudiée, la veille, dans un livre. — La poseuse fait des effets de toilette.
Roulotte
Ansiaume, 1821 : Charrette.
Je préfère travailler à la roulotte sur le grand trimard.
Vidocq, 1837 : s. — Charrette, camion.
Clémens, 1840 / M.D., 1844 / Halbert, 1849 : Voiture.
Delvau, 1866 : s. f. Voiture. Grinchir une roulotte en salade. Voler sur une voiture.
Rigaud, 1881 : Voiture, charrette, camion, voiture de saltimbanque. — Grinchir une roulotte en salade, voler sur une voiture.
La Rue, 1894 : Charrette. Voiture de saltimbanque. Roulotte à treppe, omnibus.
Virmaître, 1894 : Voiture. Les voleurs qui pratiquent le vol à la roulotte disent :
— Grinchir une roulotte en salade (Argot des voleurs).
Hayard, 1907 : Voiture.
France, 1907 : Voiture, en général ; argot populaire.
Un coupé s’était en effet détaché de la file pendant que nous parlions — pauvre roulotte de remise prise cher un modeste loueur, dont la médiocrité contrastait singulièrement avec les autres équipages somptueusement attelés dont les chevaux piaffaient dans la longue rue.
(Paul Bourget, Trois âmes d’artistes)
Voiture de forain.
Cependant deux voitures, de celles que dans le monde des saltimbanques où appelle des roulottes, descendant la côte de Champs, trainées par des chevaux efflanqués et de couleur indécise : dans le calme du soir on entendait les mécaniques serrées grincer et les essieux crier avec la plainte lamentable des choses détraquées.
(Hector Malot, Zyte)
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