Fustier, 1889 : Concubine. Argot des chiffonniers.
France, 1907 : Concubine d’un chiffonnier.
Femme au petit pot
Fustier, 1889 : Concubine. Argot des chiffonniers.
France, 1907 : Concubine d’un chiffonnier.
Gueux
d’Hautel, 1808 : Gueux comme un rat d’église. Réduit à la dernière indigence.
C’est un gueux revêtu. Se dit d’un homme pauvre qui, devenu riche, oublie son premier état.
C’est un gueux fieffé. Pour dire un fripon dans toute la force du terme.
Larchey, 1865 : « Les dames des halles se servent toutes de chaufferettes et de ces horribles petits pots en grès qu’on nomme des gueux. Elles les posent sur leurs genoux pour se réchauffer les doigts. » — Privat d’Anglemont.
Larchey, 1865 : « Que j’en ai gagné de c’te gueuse d’argent ! » — H. Monnier. — Pris en bonne part.
Delvau, 1866 : s. m. Coquin, — dans l’argot du peuple, qui, d’un seul mot, prouve ainsi éloquemment que le Vice est le fils naturel de la Misère.
Delvau, 1866 : s. m. Petit pot de terre qu’on emplit de cendres rouges et que les marchandes en plein vent et les bonnes femmes pauvres placent sous leurs pieds pour se chauffer.
Rigaud, 1881 : Chaufferette en grès ; la chaufferette des pauvres femmes.
La Rue, 1894 : Coquin. Malheureux. Le froid.
Virmaître, 1894 : Coquin, canaille, gredin.
— Vous êtes un gueux d’avoir commis une aussi mauvaise action (Argot du peuple).
Virmaître, 1894 : Misérable (Argot du peuple). Tout le monde connaît la chanson de Béranger :
Les gueux, les gueux
Sont des gens heureux,
Ils s’aident entre eux,
Vivent les gueux !
Virmaître, 1894 : Petit vase en argile qui sert de chaufferette aux portières ou aux marchandes des halles. C’est la chaufferette primitive. Le gueux a donné naissance à une plaisanterie assez drôle. À la foire de Saint-Romain, qui a lieu à Rouen tous les ans le ler novembre, une marchande, pour utiliser son feu, fait cuire des harengs ; elle a son gueux sous ses jupons, un gamin lui crie :
— Hé ? la mère, tes harengs vont brûler.
— A pas peur, petit, j’ai l’œil dessus (Argot du peuple).
France, 1907 : Chaufferette en terre dont se servent les marchandes en plein vent.
… Accroupie près d’un gueux sur les cendres duquel une cafetière ronronne.
(Paul Mahalin)
Médeciner
d’Hautel, 1808 : Se médeciner. Terme ironique qui signifie prendre continuellement, sans nécessité, des médicamens.
La Rue, 1894 : Empoisonner.
France, 1907 : Traitement des maladies, surtout par les empiriques de campagne.
Les façons de médeciner sont aussi grotesques qu’amusantes… pour ceux qu’on ne médecine pas. En voici quelques échantillons : tel empirique charge la poitrine d’un malade atteint de pleurésie d’un gros matou tout chaud qu’on vient d’exécuter ; tel autre place sur l’épigastre une planchette et la serre de toutes ses forces à l’aide d’une corde jusqu’à ce que le patient sente craquer ses côtes : c’est pour relever le crochet de l’estomac ! lisez : guérir la gastrite. Avez-vous des coliques ? Buvez un verre d’urine. Si ce sont des rhumatismes, il faut de la graisse de chrétien. Cette drogue ne se trouve pas dans les pharmacies, mais le guérisseux en conserve un petit pot, qu’il fait payer fort cher. Mais les plus habiles et les plus appréciés des bonnes femmes, ce sont ceux qui les médecinent à l’aide de paroles cabalistiques. Il en est pour toute espèce de maux. Ajoutons qu’un pâté de rats est souverain contre les fièvres tenaces. Peut-être pensez-vous que nous parlons de la façon de médeciner au moyen âge ? Erreur, nous parlons de la fin du XIXe siècle.
Misérable
d’Hautel, 1808 : C’est un misérable. Terme de mépris. Pour, c’est un pauvre sire, un mauvais sujet, un vaurien.
Larchey, 1865 : Petit verre. V. Monsieur.
Delvau, 1866 : s. m. Verre d’eau-de-vie d’un sou, — dans l’argot des ouvriers.
Rigaud, 1881 : Verre de vin du broc à 15 centimes.
La Rue, 1894 : Verre de vin au broc.
France, 1907 : Verre de vin au broc ; petit verre d’eau-de-vie, dans les campagnes vendéennes. Deux misérables font une demoiselle ; deux demoiselles font un petit pot.
Part
d’Hautel, 1808 : Il a fait son pot à part. Se dit d’un homme qui, sous l’apparence de la réserve et de la discrétion, ne s’est point oublié dans une affaire.
On vous en garde dans un petit pot à part. Se dit ironiquement pour faire entendre à quelqu’un qu’il n’y a rien à espérer pour lui dans une distribution.
Part à nous deux. On se sert de cette locution quand quelqu’un avec lequel on va de compagnie, fait une trouvaille quelconque, pour dire qu’on en retient sa part ; qu’on espère en avoir sa part.
Avoir part au gâteau. Être intéressé dans les bénéfices d’une entreprise, ou dans une succession.
Petit pot
France, 1907 : Nom que l’on donnait autrefois à une maîtresse qui se chargeait du ménage.
Poisson
d’Hautel, 1808 : Il avaleroit la mer et les poissons. Se dit d’un homme affamé qui mange avec beaucoup d’appétit, d’avidité ; d’un goulu.
La sauce vaut mieux que le poisson. Pour dire que l’accessoire vaut mieux que le principal.
Il ne sait à quelle sauce manger le poisson. Se dit par raillerie d’une personne qui a reçu un affront, une injure, et qui hésite sur ce qu’il doit faire.
Un poisson d’avril. Attrape que l’on fait à quel qu’un le premier de ce mois.
anon., 1827 / Bras-de-Fer, 1829 : Souteneur.
Clémens, 1840 : Qui vit aux dépens d’une femme.
Halbert, 1849 : Souteneur, Amant d’une fille publique.
Delvau, 1864 : Maquereau, souteneur de filles.
Camille Fontallard, des poissons le monarque.
(Dumoulin)
Le perruquier jeune et actif est lui-même un poisson. Depuis un siècle, on l’appelle merlan ; mais quelquefois, souvent même, il cumule, — et ces dames ont des merlans — maquereaux.
Larchey, 1865 : « Jeune, beau, fort, le poisson ou barbillon est à la fois le défenseur et le valet des filles d’amour qui font le trottoir, » — Canler. — V. Mac, Paillasson.
Larchey, 1865 : Verre. — Du vieux mot poçon : tasse, coupe. V. Roquefort. — V. Camphre.
J’n’ suis pas trop pompette, Viens, je régale d’un poisson.
(Les Amours de Jeannette, ch., 1813)
Delvau, 1866 : s. m. Entremetteur, souteneur, maquereau.
Delvau, 1866 : s. m. Grand verre d’eau-de-vie, la moitié d’un demi-setier, — dans l’argot du peuple. Vieux mot certainement dérivé de pochon, petit pot, dont on a fait peu à peu poichon, posson, puis poisson.
Rigaud, 1881 : Mesure de vin, cinquième du litre. Il y a le grand et le petit poisson.
Rigaud, 1881 : Souteneur. Il nage dans les eaux de la prostitution.
La Rue, 1894 : Grand verre d’eau-de-vie. Souteneur.
France, 1907 : Mesure d’un demi-setier ; du vieux français poçon, tasse, dit Lorédan Larchey, mais plutôt parce que le contenu glisse dans le gosier comme un poisson dans l’eau.
Tous les matins, quand je m’lève,
J’ai l’cœur sans sus d’sous ;
J’l’envoie chercher cont’ la Grève
Un poisson d’quat sous.
Il rest’ trois quarts d’heure en route,
Et puis en r’montant,
I’m’lich’ la moitié d’ma goutte !
Qué cochon d’enfant !
(Les Plaintes de la portière)
France, 1907 : Souteneur ; argot populaire. Cette expression est déjà vieille, car d’après le Dictionnaire de Trévoux, on appelait déjà ainsi dans la seconde moitié du XVIIIe siècle les individus se livrant à cette dégradante industrie ; mais on y ajoutait le mot avril. On lit, en effet, à l’article avril à la date de 1771 : « On appelle poisson d’avril un poisson qu’on nomme autrement maquereau, et, parce qu’on appelle du même nom les entremetteurs des amours illicites, cela est cause qu’on nomme aussi ces gens-là poissons d’avril. »
Les synonymes sont fort nombreux, ce qui prouve quelle place ce monde interlope occupe dans la société moderne. Bornons-nous à citer : Alphonse, Baigne-dans-le-beurre, barbise, barbe, barbillon, barbeau, bibi, benoit, brochet, bouffeur de blanc, casquette à trois ponts, chevalier du bidet, chevalier de la guiche, chiqueur de blanc, costel, cravate verte, dauphin, dos, dos d’azur, écaillé, fish (anglicisme), foulard rouge, guiche, goujon, gentilhomme sous-marin, gonce à écailles, lacromuche, marlou, mac, macque, macquet, macrottin, maquereau, maquignon à bidoche, marloupatte, marloupin, marlousier, marquant, mec, mec de la guiche, meg en viande chaude, monsieur à nageoires, à rouflaquettes, patenté, porte-nageoires, roi de la mer, rouflaquette, roule-en-cul, soixante-six, un qui va aux épinards, valet de cœur, visqueux, etc.
Léon Gambetta, peu flatté,
Nous apparait, décapité,
Dans sa sonnette,
Observant d’un œil polisson
Un autre groupe où le poisson
Porte casquette.
(Chanson du Père Lunette)
Pot
d’Hautel, 1808 : Être sur le pot. Terme d’atelier, pour dire être sans place, sans ouvrage ; avoir perdu son emploi.
Bête comme un pot. Epithète injurieuse pour dire qu’une personne est très-bornée.
Un pot à beurre, un pot à l’eau. Un usage vicieux fait dire presque généralement au pluriel, des po tà beurre, des po tà l’eau ; au lieu de pot sà beurre, pot sà l’eau.
On n’en mettra pas plus grand pot au feu. Se dit quand on invite quelqu’un à dîner, pour lui faire entendre qu’on ne fera pas plus grande dépense que celle qu’on a coutume de faire ; que sa présence n’occasionnera aucun frais.
Être ensemble à pot et à rot. Vivre en très-grande familiarité ; être compère et compagnon.
Se dit aussi d’une femme qui, sans être mariée, vit librement avec un homme.
Payer les pots cassés. Supporter les charges, les dommages d’une affaire dont les autres ont fait leur profit.
C’est un pot de terre contre un pot de fer. Pour c’est un homme foible contre un homme puissant.
Faire bouillir le pot. Fournir aux dépenses d’un ménage.
Vidocq, 1837 : s. m. — Cabriolet.
Delvau, 1866 : s. m. Cabriolet, — dans l’argot des voleurs. Ils disent aussi Cuiller à pot et Potiron roulant.
Delvau, 1866 : s. m. Trou fait au pied d’un mur ou au pied d’un arbre pour bloquer les billes. Argot des gamins.
France, 1907 : Dans un opuscule de Louis Randol, pseudonyme d’Eusèbe Salveste, Un pot sans couvercle, ou Les Mystères de la rue de la Lune, paru en l’an VII, l’auteur s’amuse à citer toutes les expressions auxquelles le pot a donné lieu :
Passons en revue, dit-il, tous les pots imaginables, afin de découvrir celui sous lequel le diable est caché, et de ne pas tenir trop longtemps l’assemblée sur le pot. Je ne parlerai point de la fortune du pot. De cette expression proverbiale encore, parce qu’elle est consacrée par une expérience bien plus universelle ; l’infortune du pot. Sans citer non plus le pot aux roses, je distingue le pot à fleurs, le pot à feu, le pot en tête, le pot cassé, qui rappelle un proverbe que rien d’ailleurs ne rappellerait ici ; les pots cassés, qu’il faut tâcher de ne jamais payer ; le pot au noir, où nous avons tous donné ; le petit pot, d’où les belles tirent des appas éphémères, dont la séduction nous procure quelquefois plus d’un an de regrets ; le pot à part, que dans un malheur général chaque individu voudrait pouvoir faire pour son compte ; le pot de fer, qui se casse contre le pot de terre ainsi qu’on le voit dans les tragédies de La Fontaine ; le pot au lait dont l’histoire peut nous être rappelée par l’issue de mainte grande fortune, le pot à ville qui, lorsqu’il est sans couvercle et qu’il n’y a rien dedans, présente un emblème terrible de la famille ; le pot de vin, bien connu de nous, de nos maîtresses et de nos protectrices ; le pot pourri, auquel ressemblent tant de conversations, tant de livres, tant d’ouvrages dramatiques ; le pot à deux anses, que nous figurons si gracieusement au bal : enfin le pot de chambre… Faut-il tant tourner autour du pot ?…
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