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Broque, ou broquette

Delvau, 1864 : Le membre viril — avant qu’il soit viril. — Monstrelet parle d’une statue d’enfant (le modèle de Mannekenpis) qui « par sa broquette donnait eau rose. »

Allons, mon petit ami, sors ta broquette pour que je la baise.

(J. Le Vallois)

Lorsque d’Adam en paradis
Ève soulevait la breloque
Qu’importait à son clitoris
Un nœud, une pine… une broque !

(Paul Saunière)

Ici-bas, voilà notre état :
À coup de cul il faut qu’on broque.
Le plus pauvre sur son grabat
Se démène à, grands coups de broque ;
Rois, juges, soldats valeureux,
Musulmans, païens, chacun broque ;
Et le Saint-Esprit amoureux
Nous a faits chrétiens par la broque.

(Paul Saunière)

… L’avenir m’inquiète…
De Pincecul, hélas ! l’exécrable broquette
Peut n’être pas…

(Louis Protat)

N’y pas couper

France, 1907 : Expression militaire signifiant être certain d’une punition, aller sûrement en prison ou à la salle de police.

— Ah ! tu es de garde de nuit ? fit-il. Eh bien, attends, mon vieux, tu ne vas pas y couper !
— Quoi, y couper ? hurla le malheureux.
Mais l’autre écumait de colère. Il beuglait :
— Ah tu veux faire le paillasse, mon salaud : ah !tu veux empêcher les autres de dormir ! Laisse faire, va, je vais le dire au major, et tu n’y couperas pas de tes quinze jours de boîte.

(Georges Courteline)

Cette expression a encore le sens de menace, d’avertissement :

— Ah ! vous faites de l’esprit ! Eh bien, mon petit ami… je vous fiche mon billet que vous n’y couperez pas.
Je ne saisis pas, sur le moment, toute l’importance de cette parole, et le sens de l’expression « n’y pas couper » ne laissa pas que de m’échapper un peu. Je compris quelques mois plus tard, en apprenant que le brave jeune homme m’avait récommandé à l’avance, par une petite lettre bien sentie, à l’adjudant le mon escadron.

(Georges Courteline)

Quenottes

Delvau, 1866 : s. f. pl. Dents, — dans l’argot des enfants. Ils les appellent aussi Louloutes.

Virmaître, 1894 : Les dents.
— Fais voir, mon petit ami, tes jolies quenottes (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Dents.

Rasoir

d’Hautel, 1808 : Il coupe comme un rasoir. Se dit d’un instrument tranchant qui est habile à la coupe.

Delvau, 1866 : s. m. Homme ennuyeux. Rasoir anglais. Le plus ennuyeux, — les rasoirs qui viennent de Londres ayant la réputation d’être les plus coupants du monde. On dit aussi Raseur.

France, 1907 : Chose ennuyeuse ; par amplification, se dit des personnes.

Bébé s’approche d’un Monsieur qu’on vient d’introduire dans le salon.
— Tu viens voir mon papa ?
— Oui, mon petit ami.
— Tu es le perruquier, dis ?
— Pourquoi me demandes-tu cela ?
— Parce que papa vient de dire à maman, quand la bonne t’a annoncé : Allons, bon ! Voilà le rasoir.

Sortir sur les jambes de quelqu’un

France, 1907 : Ne pas sortir ; être consigné ou mis à la salle de police ; argot militaire.

Mais comme nous sortions du quartier, nous nous croisâmes avec le marchef, le grand Antonin, qui me cria ;
— Où vous cavalez-vous donc, jeune homme ? Vous sortirez sur mes jambes ! à l’Hosto, mon petit ami. Le capitaine vous a collé huit jours de prison. Ah ! Ah ! Il parait que vous en avez fait de belles avec les petites mouquères !
Mes camarades me regardèrent en riant et je m’en retournai, entendant les éclats joyeux de leur voix, au milieu du cliquetis des sabres et des éperons, sur les cailloux raboteux de la rue Sidi-Nemdil.

(Hector France, L’Homme qui tue)

On dit aussi : sortir avec les bottes du juteux.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique