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Blindé

Rigaud, 1881 : C’est un des noms que le peuple a donnés aux nouveaux urinoirs successeurs des rambuteaux. Les variantes sont : Les cuirassés, les tourne-autour, les introuvables.

Rigaud, 1881 : Ivre au superlatif, — dans le jargon des ouvriers. — Blindé ! pour avoir étouffé cinq ou six perruches ! t’es donc pas un homme ?

Chipoter

d’Hautel, 1808 : Lanterner, barguigner, faire quelque chose contre son gré, manger de mauvais cœur et sans appétit.

Delvau, 1866 : v. n. Faire des façons ; s’arrêter à des riens. Ce mot appartient à la langue romane. Signifie aussi : Manger du bout des dents.

Fustier, 1889 : Être regardant, liarder.

Il doit également ne jamais chipoter sur le prix des consommations.

(Frondeur, 1880)

Virmaître, 1894 : Marchander. Chipoter dans son assiette avant de manger (Argot du peuple). N.

France, 1907 : Bavarder, cancaner.

France, 1907 : Manger du bout des dents.

Cette fille, aux goûts de perruche, croquant des radis et des pralines, chipotant la viande et vidant des pots de confiture, avait des comptes de cinq mille francs par mois rien que pour la table. C’était, à l’office, un gaspillage effréné, un coulage féroce qui éventrait les barriques de vin, qui roulait des notes enflées pur trois ou quatre vols successifs.

(Émile Zola, Nana)

France, 1907 : Rogner, rapiner.

La baronne ne parlait que de cinquante louis, de champagne frappé, de faisans truffés, elle n’allait qu’aux premières, dans sa loge ou dans celle de l’Empereur, tandis que Mlle Balandard chipotait un sou à sa bonne sur une botte de navets ; elle ne buvait que du cidre, n’aimait que l’oie aux marrons, parce qu’avec la graisse on pouvait faire la soupe toute une semaine : elle n’allait jamais au spectacle qu’avec les billets de faveur que lui donnait uns ouvreuse de ses amies.

(Ch. Virmaître, Paris oublié)

Crincrin

France, 1907 : Violon.

Quand une femme voulait une perruche, elle n’avait qu’à s’adresser au capitaine Courtebaisse, et si elle ne se dérobait pas, si elle consentait à lui donner quelques heures de rêve, quelques secondes de jouissance, si elle lui frôlait le cou de ses bras nus qui sentaient bon, le vieux arrivait, le lendemain, avec son aumône accoutumée. Il donnait lui-même la première représentation, dialoguait avec son oiseau, l’excitait, chantait en même temps que lui, si drôlement que la femme battait des mains, se roulait sur son lit, était plus heureuse d’être payée en cette monnaie, que s’il avait éparpillé des bank-notes sur la cheminée. Et toujours, à la fin, l’on refermait les volets et l’on recommençait la fête interrompue, l’on s’embrassait avec des rires fous, tandis que la perruche, effarée par ces brusques ténèbres, sacrait, glapissait tout son répertoire, vite, vite, comme on débite les psaumes, à vêpres, un dimanche de printemps, où le violonaire rôde sur la place avec son crincrin sous le bras.

(Mora, L’Éleveur de perroquets)

Éberluer

France, 1907 : Surprendre, étonner à tel point qu’on en a la berlue.

…Droit aux yeux ça se jette…
Vois-tu comme ça tarluit !
Chien ! ça m’éberluette !

(Vadé)

Et ceux qui de la route apercevaient cette tête de vieux négrier aux tons de bistre comme le cuir d’une bourse qui a traîné dans toutes les mains, les balafres qui entaillaient le front et les joues, ces sourcils broussailleux, ces cheveux qui débordaient en rades écheveaux de laine d’un chapeau de paille, ces doigts larges, épais, ces yeux allumés de brusques éclairs de chaleurs, ce corps trapu et solide, taillé pour les cognades et les belles saouleries, étaient éberlués de le voir tranquillement arroser ses salades et ses balzamines, fumer sa pipe avec des gestes de bourgeois paisible, bavarder en compagnie d’une douzaine de perruches vertes qui piaillaient sur leurs perchoirs.

(Mora, Gil Blas)

Inséparable

Virmaître, 1894 : Cigare à sept centimes et demi. Petites perruches. Femmes qui s’aiment (Argot du peuple). V. Accouplée.

Perroquet

d’Hautel, 1808 : Un perroquet. On appelle ainsi un homme qui répète, sans comprendre, ce qu’il a entendu.
De la soupe à perroquet. Pour dire, du pain trempé dans du vin.

Delvau, 1864 : Le membre viril, qui répète toujours la même chose — sans parvenir à ennuyer les femmes.

Elle m’a prêté sa cage
Pour loger mon perroquet.

(Gautier-Garguille)

Delvau, 1866 : s. m. Homme qui ne sait que ce qu’il a appris par cœur. Argot du peuple.

Delvau, 1866 : s. m. Verre d’absinthe, — dans l’argot des troupiers et des rapins, qui font ainsi allusion à la couleur de cette boisson, que l’on devrait prononcer à l’allemande : poison. Étouffer un perroquet. Boire un verre d’absinthe. L’expression a été employée pour la première fois en littérature par Charles Monselet.

La Rue, 1894 : Verre d’absinthe. L’étrangler, le boire.

Virmaître, 1894 : Absinthe. Allusion à la couleur verte de la liqueur, qui ressemble à celle du perroquet (Argot du peuple). V. Poileuse.

Rossignol, 1901 : Verre d’absinthe pure.

Hayard, 1907 : Absinthe.

France, 1907 : Bavard, parlementaire, rabâcheur de vieilles théories ressassées, comme les orateurs de mastroquets en rabâchent dans les réunions publiques.

Le comble de l’ironie,
Quand tu crèv’s de faim,
C’est d’entendr’ la Bourgeoisie
T’app’ler Souverain.
Celui qui veut ton suffrage
T’prend pour un jobard,
Fous-lui ton poing su’l’visage,
Te dit l’pèr’ Peinard.
Ah ! nom de Dieu ! faut qu’ça change,
Assez d’perroquets !
Y faut sortir de c’tte fange,
Ouvrons les quinquets !
Gouvernant, patron, jésuite,
Tout ça sent l’mouchard ;
Faut leur foutr’ d’la dynamite !
Te dit l’pèr’ Peinard.

(François Brumel)

France, 1907 : Douanier, à cause de l’uniforme vert.

France, 1907 : Verre d’absinthe. Étouffer, étrangler ou plumer un perroquet, boire un verre d’absinthe ; allusion à la couleur verte qui est celle de beaucoup de perroquets. On dit aussi perruche.

— Tu réclames tes deux béquilles, sale boiteux, dit-il en débouchant à nouveau la bouteille, et, coup sur coup, les perroquets se suivent.
Il appelle le quatrième « l’adjudant de semaine ». Les derniers sont les « trainards », le « gibier d’arrière-garde », les « vieux carottiers. »

(René Maizeroy, Portraits parisiens)

Perruche

Rossignol, 1901 : Verre d’absinthe mêlée de sirop ou de sucre.

Perruche (une)

Rigaud, 1881 : Un verre d’absinthe, — dans le jargon des ivrognes qui veulent varier un peu les dénominations et préfèrent la femelle, la perruche, au mâle, le perroquet.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique