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Felouse

anon., 1827 / Bras-de-Fer, 1829 : Poche.

Vidocq, 1837 : s. f. — Prairie.

Halbert, 1849 : Poche.

Delvau, 1866 : s. f. Prairie, — dans l’argot des voleurs, qui ont seulement démarqué la première lettre du mot généralement employé.

France, 1907 : Poche. On dit aussi fouillouse. Felouse à jeun, poche vide.

France, 1907 : Prairie ; démarquage de pelouse.

Gazon

Larchey, 1865 : Perruque mal peignée, ébouriffée comme une touffe d’herbes.

Delvau, 1866 : s. m. Perruque plus ou moins habilement préparée, destinée à orner les crânes affligés de calvitie.

Rigaud, 1881 : Chevelure apocryphe, perruque « jouant la nature », comme s’expriment les prospectus et les traités de littérature de pissotière.

Je mets mon gazon, mes favoris, mon tuyau de poêle en toile cirée et me voilà cocher.

(X. de Montépin, Le Fiacre no 13)

Rigaud, 1881 : Chevelure authentique, — dans le jargon du peuple. — Ne plus avoir de gazon sur la pelouse, être chauve.

La Rue, 1894 : Chevelure. Perruque.

Rossignol, 1901 : Cheveux, perruque. Celui qui n’a plus de cheveux, n’a plus de gazon sur la fontaine.

France, 1907 : Cheveux, perruque. Se râtisser le gazon, se peigner. Se gazonner la plate-bande, porter perruque.

Lawn-tennis

France, 1907 : Appellation anglaise de notre vieux jeu de balle et de raquette. « Si on avait parlé de ressusciter, dit Lorédan Larchey, nos vieux jeux de mail et de paume, la motion serait tombée à plat, mais le mail est revenu sous le nom de crocket, la paume sous le nom de lawn-tennis. Il n’en fallait pas davantage. Nos anglomanes ont accepté avec enthousiasme. »

C’est qu’on commet un véritable anachronisme en revêtant d’appellations anglo-saxonnes les jeux qui étaient populaires en France au moyen âge et que nos voisins nous ont empruntés en les baptisant d’un nom anglais. Comme le faisait remarquer notre confrère Philippe Daryl dans son livre sur la Renaissance physique, le crocket et le tennissont tout simplement des transformations de l’antique jeu de paume. Et le nom de lawn-tennis, ou paume de pelouse, est d’autant plus absurde qu’en France ce jeu a lieu en général sur du bitume ou du sable fin.

(Léon Millot)

Pelard

M.D., 1844 : Du foin.

Delvau, 1866 : s. m. Foin, — dans le même argot [des voleurs].

La Rue, 1894 : Foin.

France, 1907 : Foin ; argot des voleurs. Diminutif du vieux français pel, poil, d’où l’on a fait pelouse, pelletier.

France, 1907 : Métier qui consiste à arracher l’écorce des chênes pour les mégissiers.

— Qu’est-ce que c’est que ça, le pelard ?
— Comment ! tu ne sais pas ? En voilà un métier facile et pas éreintant ! Il s’agit simplement d’arracher l’écorce des chênes pour les mégsissiers. On gagne trente sous du mètre cube, et l’on peut facilement compter sur son mètre par journée. Veux-tu que je te fasse engager par l’entrepreneur ?
— J’te crois que je l’veux ! s’écria Gilbert enchanté.
Et, deux jours après, dans les grands bois pleins de bruyères roses et de mûres sanglantes, Gilbert exerçait son nouvel état et travaillait au pelard.

(William Busnach, Le Petit Gosse)

Pellard

anon., 1827 : Du foin.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 : Foin.

Vidocq, 1837 : s. m. — Foin.

(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)

Halbert, 1849 : Du foin.

Larchey, 1865 : Foin (Vidocq). — Diminutif du vieux mot pel : poil. L’herbe est le poil de la terre. On dit pelouse.

Rigaud, 1881 : Foin, — dans le jargon des voleurs.

Pot-au-feu

Delvau, 1864 : Les fesses d’une femme, quand elles sont d’un embonpoint agréable, — comme celles de la Vénus Callipyge.

Mais tournez-vous donc un peu…
Quel superbe pot-au-feu !
C’est d’la fière marchandise,
Mam’zelle Lise !

(F. de Calonne)

Larchey, 1865 : Casanier, arriéré.

Ce n’est pas cet imbécile qui m’aurait éclairée… il est d’ailleurs bien trop pot-au-feu.

(Balzac)

Larchey, 1865 : Entreteneur fournissant de quoi faire aller le pot-au-feu.

L’Anglais : Lorsque nous aimons, Nous finançons, Afin de plaire. D’où vient qu’en tout lieu on dit : un milord pot-au-feu.

(Désaugiers)

Delvau, 1866 : s. et adj. Commun, vulgaire, bourgeois, — dans l’argot des petites dames. Être pot-au-feu. Être mesquin. Devenir pot-au-feu. Se ranger, épouser un imbécile ou un myope incapable de voir les taches de libertinage que certaines femmes ont sur leur vie.

Delvau, 1866 : s. m. L’endroit le plus charnu du corps humain, — dans l’argot des faubouriens, qui l’ont pris depuis longtemps pour cible de leurs plaisanteries et de leurs coups de pied.

Rigaud, 1881 : Casanier, casanière.

Rigaud, 1881 : Creuset de faux monnayeur, — dans l’argot de la police.

France, 1907 : Le derrière ; argot populaire.

France, 1907 : Personne casanière, paisible, terre-à-terre, ne s’occupant que de son ménage.

Louise peut passer justement pour le modèle des épouses… Que saurais-je lui reprocher ? Tout au plus d’être un petit peu trop pot-au-feu. En effet, parfois je l’eusse désirée plus extérieure et plus mondaine.

(Paul Arène)

Rose Pompon est vivante, très vivante, toujours rose avec un peu moins de pompon qu’autrefois, voilà tout. Elle est ma voisine à Bougival. C’est une honorable rentière, s’il vous plaît ! Elle arrose ses pelouses, porte des bandeaux toujours noirs, à la vierge, une fanchon de dentelles et se promène, parmi ses rosiers, un sécateur à la main. Elle est embourgeoisée, pot-au-feu, mariée enfin, et, par-dessus tout, heureuse et jouissant des plaisirs calmes de l’arrière-saison.

(Edmond Lepelletier)

Cette expression s’emploie aussi adjectivement : une existence pot au feu.

— Oh ! il ne se passe jamais rien, ici. C’est la vie la plus pot-au-feu du monde. Dieu merci ! le plus train-train du petit ordinaire !

(Paul Hervieu)

Truotte

France, 1907 : Jeu fort ancien des campagnes bourguignonnes.

La truotte se joue dans les prés ou sur une vaste pelouse… Les joueurs, armés chacun d’un long bâton dont l’extrémité inférieure est une crosse, chassent devant eux un morceau de bois de la grosseur et de la forme d’une bonde de tonneau, et s’efforcent de l’éloigner du trou où l’un d’eux a pour corvée de le faire entrer.

(Charles Nisard)

Ce jeu dont parle Rabelais sous le nom de truye, à cause de l’analogie entre les allures de la truie et le mouvement de va-et-vient de la bande, est fort populaire en Angleterre, sous le nom de crocket.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique