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M’as-tu-vu, matuvu

France, 1907 : Sobriquet donné aux acteurs qui n’abordent jamais un camarade sans lui poser cette question : « M’as-tu vu dans tel ou tel rôle ? »

Et comme me le disait dernièrement l’ambassadeur marquis de K…, prince de Q… :
— Febvre, c’est très bien vos Mémoires. J’espère qu’on n’appellera plus maintenant les comédiens des mastuvus, mais des mastulus.
Mot profond, que je me garderai bien d’atténuer par un commentaire…

(Jean Maure, Le Journal)

Le café Matuvu est l’estaminet du théâtre où se donnent rendez-vous les artistes.

Homm’s aux faces de curé,
Femm’s au masqu’ peinturluré,
Ont des toilettes clinquantes,
Très voyantes.
Les femm’s ont comme parure
Bijoux d’un prix inconnu,
Les homm’s un col de fourrure,
Café Matuvu.

(Chambot et Girier, Les Chansons des cabots)

Montre-cul

France, 1907 : Non donné par les bonnes gens de province et les vieilles dévotes aux objets d’art, statues, tableaux, gravures, etc., qui exposent des nudités, et qui les scandalisent.

— Je suis entrée dans l’atelier de ce peinturlureur, ça doit pas être grand’chose de propre, allez, ma bonne dame, et j’en suis sortie toute honteuse ; on n’y voit que des montre-cul.

(Les Propos du Commandeur)

Peinturlure

Delvau, 1866 : s. f. Mauvaise peinture, — dans l’argot du peuple.

France, 1907 : Mauvais tableau.

Peinturlurer

Delvau, 1866 : v. a. et n. Barbouiller une toile sous prétexte de peindre.

France, 1907 : Barbouiller, peindre médiocrement ou mal.

Et que Bouguereau, ce grand homme,
Peinturlure, comme en se jouant,
Des chromos pour sucres de pomme
Qu’on trouve au buffet de Rouen ?

(Jacques Rédelsperger, Nos ingénues au Salon)

Peinturlurer (se)

Delvau, 1866 : Se maquiller.

Peinturlureur

Larchey, 1865 : Mauvais peintre. — On emploie le verbe Peinturlurer.

Delvau, 1866 : s. m. Barbouilleur, mauvais peintre.

France, 1907 : Mauvais peintre. « La plupart des peintres soi-disant indépendants ne sont que des peinturlureurs. »

Saint Antoine (compagnon de)

France, 1907 : Cochon.

Sous les superbes harnais
Au bois ballade la diva
Peinturlurée ;
Elle rit à ce frais décor ;
Hier pourtant elle était encor
Dans la purée.
Mais il s’est enfui le guignon,
Et, grâce à certain compagnon
De saint Antoine
Qui l’idolâtre sans lapin,
Elle gagne aisément son pain
Et ton avoine.

(Semiane)

Faire comme de pourceau de saint Antoine, se fourrer partout. Dicton appliqué aux parasites et pique-assiettes et qui fait allusion aux cochons d’une grande abbaye du Dauphiné, l’abbaye de Saint-Antoine de Viennois, qui, une clochette au cou pour les faire reconnaitre, allaient vagabonder dans les villages voisins, entraient dans chaque maison pour y manger sans qu’on osât les chasser par respect du saint auquel ils étaient voués. On dit, dans le Midi, d’un individu qui va de tous côtés, par monts et par vaux : coureur comme le porc de saint Antoine. Voir Mal Saint-Antoine.

Tableautin

Delvau, 1866 : s. m. Tableau sans valeur.

France, 1907 : Petit tableau sans valeur.

Au lieu de s’occuper de son ménage, de son mari et de ses enfants, elle passait son temps à peinturlurer de petits tableautins que les marchands s’empressaient de lui refuser.

(René de Nancy)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique