Rossignol, 1901 : Les poches.
Les baguenaudes de mon sérouel sont déglinguées, j’ai paumé un linvé.
Baguenaudes
Rossignol, 1901 : Les poches.
Les baguenaudes de mon sérouel sont déglinguées, j’ai paumé un linvé.
Cigogne
d’Hautel, 1808 : Un cou de cigogne. Cou allongé et sans grâce.
Des contes à la cigogne. Contes de vieilles, discours saugrenus.
Ansiaume, 1821 : Palais de justice.
Le temps qu’on reste à la cigogne ne compte point.
Vidocq, 1837 : s. f. — Préfecture de police.
Larchey, 1865 : Préfecture de police. — V. Dab.
Railles, griviers et cognes nous ont pour la cigogne en partie tous paumés.
(Vidocq)
Rigaud, 1881 : Palais de justice. Ainsi nommé par les voleurs par allusion à la flèche de la Sainte-Chapelle.
Virmaître, 1894 : Le Dépôt de la Préfecture de police (Argot des voleurs).
Rossignol, 1901 : Prison de Mazas, prévention.
France, 1907 : Palais de Justice. Dab de la Cigogne, le procureur général.
Je monte à la Cigogne,
On me gerbe à la grotte,
Au tap et pour dix ans.
Coup de gueule
France, 1907 : Injures. Discours furibonds comme en font, dans les réunions publiques, les orateurs de mastroquets qui gueulent plus qu’ils ne parlent.
— Vois-tu, Jean, le progrès social… les grandes phrases à panache, les théories allemandes, brumeuses, les coups de gueule ronflants des empaumeurs du populo, ça ne vaut pas ma petite recette : se soutenir, s’entr’aider, aimer les faibles, les petits… sans pose, sans embarras, à la bonne franquette !
(A. Roguenant, Le Grand soir)
Où est Thérése, l’étrange artiste avec ses strideurs de clairon qui dominaient le bruit de l’orchestre, ses inflexions gouailleuses, inouïes qui soulevaient des traînées de rires d’un bout à l’autre du beuglant, avec ses tyroliennes inrendables, ses coups de gueule et ses coups de croupe impudiques et endiablés, ses grimaces de pîtresse laide qui saturaient chaque refrain comme d’une pincée de Cayenne ?
(Riquet, Gil Blas)
As-tu fini d’être bégueule !
Assez d’azur, de sacrés monts ;
Pour qu’on t’entende, à pleins poumons,
Lance, Muse, un bon coup de gueule !
(André Gill, La Muse à Bibi)
Cribler à la grive
Halbert, 1849 : Crier, avertir de prendre garde.
Virmaître, 1894 : Crier à la garde. Appeler au secours (Argot des voleurs).
France, 1907 : Crier à la garde.
Par contretemps, ma largue,
Voulant s’piquer d’honneur,
Craignant que je la nargue,
Moi qui n’suis pas taffeur
Pour gonfler ses balades
En caque dans un’ rade,
Sert sigues à foison.
On la crible à la grive,
Je m’la donne et m’esquive :
Elle est paumé’ marron.
(Vidocq)
Donner cinq et quatre
Delvau, 1866 : v. a. Donner deux soufflets, l’un de la paume de la main, où les cinq doigts assemblés frappent ensemble ; l’autre du revers de la main, le pouce demeurant alors sans action. Argot du peuple. On dit aussi Donner dix-huit.
Donner cinq et quatre, la moitié de dix-huit
France, 1907 : Donner deux soufflets, l’un de la paume de la main où les cinq doigts frappent, l’autre du revers où quatre doigts seulement touchent, le pouce restant en arrière.
Embabouiner
d’Hautel, 1808 : Gâter, salir. Il a la figure toute embabouinée. Pour dire toute barbouillée.
S’embabouiner de quelque chose. S’en coiffer, s’en éprendre ; se laisser empaumer.
Empaumer
d’Hautel, 1808 : Enjôler, emboiser, amadouer quelqu’un ; se rendre maître absolu de son esprit ; abuser subtilement de sa bonne foi.
Empaumer une affaire. En saisir tous les détails avec adresse et habileté.
Empaumer la parole. S’en emparer d’autorité.
Delvau, 1866 : v. a. Circonvenir ; tromper, — dans l’argot du peuple, qui a eu l’honneur de prêter ce verbe à Corneille.
France, 1907 : Tromper.
— Tu vas te mettre un chapeau… Ta robe est très bien, t’as l’air d’une petite ouvrière endimanchée, c’est tout ce qu’il faut et tu feras le boulevard Beaumarchais, depuis la place jusqu’au Cirque d’Hiver, côté droit. Y a que celui-là de bon… Tu ne diras rien à personne. Mais t’es sûre de te faire raccrocher par un bourgeois du Marais… Plus il sera vieux, mieux ça vaudra. Aves ces gens-là, faut avoir l’air timide… Tu raconteras que tu t’es sauvée de chez toi parce que ton père te battait… que c’est la première fois que tu sors… pour une fois, tu ne mentiras pas et tu verras l’effet… Ces gens-là, ça paye toujours bien, parce que ça a peur de se faire remarquer et c’est trop bête pour être exigeant… Tu seras tout de suite à l’aise avec ces clients-là… Ne te laisse pas empaumer par un jeune, ça serait un lapin, il n’y a que des calicots par là…
(Oscar Méténier, Madame La Boule)
Empaumeur
d’Hautel, 1808 : Homme artificieux et trompeur dont les paroles sont mielleuses et sucrées, ou brusques et choquantes, selon qu’il convient aux circonstances.
Gratter dans la main
Delvau, 1864 : Déclaration muette. Sorte de pantomime, qui se joue discrètement dans le monde des filles. — Qu’un homme désire une femme ou… vice-versa, il lui suffit, profitant de la poignée de main d’adieu, de gratter légèrement du médium la paume de la main qu’il presse. Si la réponse a lieu de la même manière, l’affaire est dans le sac, — demande et réponse affranchie.
Jobarder
Delvau, 1866 : v. a. Tromper, se moquer ; duper. Se faire jobarder. Faire rire à ses dépens.
Rigaud, 1881 : Duper, mystifier, rire aux dépens de.
France, 1907 : Tromper, mystifier. Se faire jobarder, faire rire à ses dépens.
Le nombre de vocables et d’expressions désignant le fait de duper son prochain est très considérable, ce qui prouve combien cet art est devenu commun. Citons-en quelques-uns : affûter, amarrer, allumer, bouler, battre l’antif, conter des mistoufles, donner un pont à faucher, emblèmer, empaumer, enfoncer, entortiller, faire la barbe, faire la queue, faire voir le tour, faire à l’oseille (la), flancher, gourrer, hisser un gandin, juiffer, mener en bateau, monter un bateau, mettre dedans, promener quelqu’un, pigeonner, refaire, refaire au même, rouster, etc.
Lawn-tennis
France, 1907 : Appellation anglaise de notre vieux jeu de balle et de raquette. « Si on avait parlé de ressusciter, dit Lorédan Larchey, nos vieux jeux de mail et de paume, la motion serait tombée à plat, mais le mail est revenu sous le nom de crocket, la paume sous le nom de lawn-tennis. Il n’en fallait pas davantage. Nos anglomanes ont accepté avec enthousiasme. »
C’est qu’on commet un véritable anachronisme en revêtant d’appellations anglo-saxonnes les jeux qui étaient populaires en France au moyen âge et que nos voisins nous ont empruntés en les baptisant d’un nom anglais. Comme le faisait remarquer notre confrère Philippe Daryl dans son livre sur la Renaissance physique, le crocket et le tennissont tout simplement des transformations de l’antique jeu de paume. Et le nom de lawn-tennis, ou paume de pelouse, est d’autant plus absurde qu’en France ce jeu a lieu en général sur du bitume ou du sable fin.
(Léon Millot)
Lever
d’Hautel, 1808 : Lever les épaules. Manière d’exprimer un mécontentement, un mépris intérieur.
Lever le menton à quelqu’un. Pour, le protéger, l’aider de sa fortune et de son crédit dans ses entreprises.
Lever la crète. Pour, devenir fier, hautain, orgueilleux, quand on est en bonne fortune.
Larchey, 1865 : Capter, empaumer.
Il lève un petit jeune homme. Vous verrez qu’il en fera quelque chose.
(De Goncourt)
Larchey, 1865 : Faire un levage. — V. Flanelle.
Tiens, Xavier qui vient d’être levé par Henriette.
(Monselet)
J’irai ce soir à Bullier, et si je ne lève rien…
(Lynol)
Larchey, 1865 : Voler.
Robert dit : Je suis levé et il nous appelle filous.
(Monselet)
Tiens, dit le voleur, voici un pantre bon à lever.
(Canler)
Delvau, 1866 : v. a. Capter la confiance, — dans l’argot des faubouriens. Signifie aussi voler. Se faire lever de tant. Se laisser gagner ou « emprunter une somme de… »
Rigaud, 1881 : Prendre possession d’un titre, d’une valeur cotée à la Bourse, en terme de Bourse. — Lever cent Lyon-Méditerranée. — « Levez-vous, madame ? — Non, monsieur, je préfère que vous me reportiez », dit une dame assise à un coulissier. (La Bourse, dessin par Lefils)
Rigaud, 1881 : Séduire facilement. — Lever une femme. Ce mot, pris dans cette acception galante, remonte au siècle dernier. Nous en trouvons un premier exemple dans les Anecdotes sur la comtesse Dubarry, publiées en 1776, Londres.
Le comte philosophe, (Lauraguais) ne pouvant se passer d’une maîtresse, fut tout simplement lever une fille chez la Gourdan, comme on va lever une pièce d’étoffe chez un marchand.
Rigaud, 1881 : Tromper, mentir pour obtenir un service. — Emprunter. — Lever quelqu’un de dix francs. — Être levé, se faire lever, être trompé, être volé, se faire voler. — Pour une fille, être levée, se faire lever, c’est avoir séduit un homme, se faire suivre par un homme qui paraît animé des meilleures intentions, très animé.
Fustier, 1889 : Trouver.
Il avait appris par un de ces industriels de son monde qui ont la spécialité de lever les chopins (de dénicher des affaires)…
(Humbert, Mon bagne)
Virmaître, 1894 : Lever une affaire, la prendre à un autre. Lever un homme au café ou sur une promenade publique.
— À quelle heure vous levez-vous ?
— Quand on me couche. (Argot des filles).
Rossignol, 1901 : Corrompre. On lève un fonctionnaire en lui faisant un don d’argent ou cadeau. Les députés qui se sont laissé corrompre pour l’affaire du Panama ont été levés.
Rossignol, 1901 : Emmener chez soi ou ailleurs une femme que l’on rencontre est faire un levage ; on a lève.
Hayard, 1907 : Capturer.
France, 1907 : Arrêter.
France, 1907 : Trouver, retenir, engager pour l’œuvre d’amour.
Ces misérables enfants, détournés quelquefois du travail honnête de l’atelier, plus souvent ramassés dans la boue des carrefours et dans l’oisiveté des mauvais lieux, sont lancés chaque soir dans des endroits déserts et bien connus où ils savent lever facilement leur triste proie.
(Ambroise Tardieu, Étude sur les attentats aux mœurs)
Un homme qui lève dans un bal une demoiselle affamée, ayant sa langue bien pendue, c’est une chose qui se voit communément, et qui ne mérite pas d’être racontée.
(Théodore de Banville)
—Y a un poète qui m’a dit que comme ça j’avais l’air d’un fil de la Vierge… Hein, sont-ils chouettes, les poètes ! Y a qu’eux pour trouver de ces machins-là.
Et comme le régisseur revenait :
— Madame, on lève.
— On peut, mon neveu, en y mettant le prix.
(Jean Ajalbert)
Manger, manger le morceau
Larchey, 1865 : Dénoncer, avouer.
Le morceau tu ne mangeras de crainte de tomber au plan… — Paumé tu ne mangeras dans le taffe du gerbement.
(Vidocq)
Margoulin
Larchey, 1865 : Débitant, dans la langue des commis voyageurs.
Parfois le margoulin est fin matois.
(Bourget)
Delvau, 1866 : s. m. Débitant, — dans l’argot des commis voyageurs.
Rigaud, 1881 : Petit boutiquier, marchand d’objets de peu de valeur. — Mauvais ouvrier, celui qui n’est pas au courant de son métier, — dans le jargon du peuple.
Tonnerre de Dieu ! me voilà devenu voyageur de commerce : je m’en vais donc voir ces margoulins.
(Monsieur Mayeux, voyageur de commerce, dessin)
La Rue, 1894 : Débitant. Mauvais ouvrier.
Virmaître, 1894 : Débiteur de mauvaises boissons. Marchand de vin qui a une fontaine dans sa cave pour fabriquer le fameux cru de Château la Pompe. Margoulin : méchant ; ouvrier, fainéant, grossier, brutal, qui lève plus souvent le coude qu’un marteau. C’est, dans le peuple, un gros terme de mépris que de dire à un individu :
— Tu n’es qu’un margoulin ! (Argot du peuple). N.
Hayard, 1907 : Petit patron, petit industriel.
France, 1907 : Mauvais ouvrier, ivrogne et fainéant.
France, 1907 : Voyageur de commerce campagnard, petit détaillant.
Tout le public des tourlourous, des garde-convois, quelques margoulins venus là après dîner, entonnait en chœur l’immonde gaudriole, claquant la mesure avec les paumes, tambourinant sur les tables à coups de poing, bourrant le sol de retombées de talons.
(Camille Lemonnier, Happe-Chair)
Marron
d’Hautel, 1808 : Au propre, espèce de grosse châtaigne ; au figuré, terme d’imprimerie, libelle, ouvrage fait clandestinement, sans permission.
On a fait de ce mot, le substantif marronneur, ouvrier qui fait des marrons ; et le verbe marronner, imprimer, vendre ou colporter des marrons.
Se servir de la pate du chat pour tirer les marrons du feu. Se servir de quelqu’un pour faire une chose que l’on n’ose hasarder soi-même.
Clémens, 1840 : Pris, arrêté, reconnu.
un détenu, 1846 : Individu pris sur le fait.
Halbert, 1849 : Surpris.
Larchey, 1865 : En flagrant délit de vol ou de crime. — Du vieux mot marronner : faire le métier de pirate, de corsaire. V. Roquefort. — Marron serait en ce cas une abréviation du participe marronnant. — Paumer marron, Servir marron : Prendre sur le fait. — V. Servir, Estourbir.
J’ai été paumé marron.
(La Correctionnelle)
Delvau, 1866 : s. m. Livre imprimé clandestinement, — dans l’argot des typographes.
Delvau, 1866 : s. m. Rapport, procès-verbal des chefs de ronde, — dans l’argot des soldats.
Rigaud, 1881 : Brochure imprimée clandestinement. — Procès-verbal des chefs de ronde. (A. Delvau)
Rigaud, 1881 : Celui qui exerce illicitement un métier. — Paumer, servir marron, prendre en flagrant délit de vol. — Marron sur le tas, pris en flagrant délit de vol. Marron est une déformation de marry, ancien mot qui veut dire contrit.
Rigaud, 1881 : Contusion, coup et principalement coup qui marque le visage ; par allusion à la couleur qu’arbore la partie contusionnée. — Coller des marrons, attraper des marrons. La variante est : châtaigne qu’on prononce châtaigne.
Boutmy, 1883 : s. m. Ouvrier compositeur travaillant pour son propre compte chez un maître imprimeur, qui lui fournit le matériel et auquel il paye tant pour cent sur les étoffes.
La Rue, 1894 : Livre imprimé clandestinement. Rapport des chefs de ronde. Coup au visage. Homme qui exerce illicitement un métier. Paumé marron, pris en flagrant délit de vol.
Virmaître, 1894 : Livre imprimé clandestinement (Argot d’imprimerie).
Rossignol, 1901 : Recevoir un coup de poing, c’est recevoir un marron.
Hayard, 1907 : Livre imprimé clandestinement.
France, 1907 : Coup de poing.
— Vous voyez de quoi il retourne, les enfants, dit Nib, en reprenant son ton ironique. Monsieur se mêle de nos petites affaires… Il veut s’occuper de nos gonzesses… Il s’informe de ce que nous avons fait de la môme qu’il a vue avec nous… Il est pas mal curieux, le Monsieur !…
— Fiches-y un marron par la g… ! dit Mille-Pattes.
(Edmond Lepelletier)
France, 1907 : Ouvrier compositeur qui travaille pour son propre compte chez un maître imprimeur, qui lui fournit, moyennant au tant pour cent, le matériel.
France, 1907 : Pris. On écrit aussi maron.
Pendant qu’t’étais à la campagne
En train d’te fair’ cautériser,
Au lieur ed’rester dans mon pagne,
Moi, j’mai mis à dévaliser ;
Mais un jour, dans la ru’ d’Provence,
J’me suis fait fair’ marron su’ l’tas,
Et maint’nant j’tire d’la prévence
À Mazas.
(Aristide Bruant)
Être paumé ou pommé marron, être pris.
On la crible à la grive
Je m’la donne et m’esquive,
Elle est pommée marron.
Être servi marron, même sens.
— Que je sois servie marron au premier messière que je grincherai, si je lui en ouvre seulement la bouche.
(Mémoires de Vidocq)
Marron (être)
Delvau, 1866 : Être la victime de quelque chose, être la dupe de quelqu’un, — dans l’argot des faubouriens. Être servi ou paumé marron. Être pris sur le fait encore nanti des objets soustraits, — dans l’argot des voleurs.
Je ne crois pas qu’il faille, à propos de cette expression, remonter à Régnier, à La Fontaine et à Molière, et citer la fable de Bertrand et Raton, comme l’a fait Francisque Michel avec une vraisemblance plus apparente que réelle. Au premier abord, on songe à ces marrons que le singe fait tirer du feu par le chat, mais en y réfléchissant, on ne tarde pas à comprendre qu’il faut chercher ailleurs l’origine de cette expression. Le verbe marronner, que Francisque Michel ne cite pas, quoiqu’il soit fréquemment et depuis longtemps employé par le peuple, ce verte est-il antérieur ou postérieur à celui qui nous occupe en ce moment ? Voilà ce qu’il aurait fallu rechercher et dire, car s’il est antérieur, comme tout le fait supposer, nul doute qu’il ait donné naissance à Être marron. En outre, voilà longtemps, me semble-t-il, qu’on appelle nègre marron un nègre fugitif, — qu’on reprend toujours. Que le lecteur daigne conclure.
Mensale
France, 1907 : Ligne qui traverse le milieu de la paume de la main, en chiromancie.
Mettre sur les fonds de baptême (se)
Virmaître, 1894 : Quand le nourrisseur de poupard a mal renseigné ses complices et qu’ils sont dans une position difficile, pour se sauver et n’être pas paumés marrons :
— Ils sont sur les fonds de baptême (Argot des voleurs).
Morace
Delvau, 1866 : s. f. Inquiétude, danger, remords, — dans l’argot des voleurs, qui ont cependant très rarement des « puces à la muette ». Battre morace. Crier à l’assassin.
Virmaître, 1894 : Cri.
— Si le pante morace et que les becs de gaz accourent, lingre le pour ne pas être paumé (Argot des voleurs). N.
Naquet
d’Hautel, 1808 : Valet de pied, laquais.
France, 1907 : Petit laquais. C’était autrefois le valet du jeu de paume. Ce nom de naquet s’employait toujours en mauvaise part ; il signifiait : homme méprisable et vil.
Pagne
Vidocq, 1837 : s. m. — Assistance que les voleurs reçoivent de leurs camarades lorsqu’ils sont prisonniers.
un détenu, 1846 : Assistance, secours que se portent les voleurs entre eux.
Larchey, 1865 : Secours envoyé à un détenu par un ami. (Vidocq).
Delvau, 1866 : s. m. Provisions que le malade ou le prisonnier reçoit du dehors et qu’on lui porte ordinairement dans un panier. Argot des voleurs.
Rigaud, 1881 : Don en argent ou en nature fait à un détenu.
Rigaud, 1881 : Lit, — dans le jargon des voyous.
La Rue, 1894 : Lit. Don fait à un détenu, argent ou provisions.
Virmaître, 1894 : Lit. Allusion au pagne qui entoure la taille des sauvages ; les draps cachent également la nudité de l’homme et de la femme (Argot du peuple). N.
Virmaître, 1894 : Provision.
On n’les but’plus, car c’est un mauvais flanche,
Y en a toujours qui sont paumés marrons,
Mais sans r’niffler, pour eux on fait la manche,
On leur envoie le pagne au violon.
(Argot des voleurs).
Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Lit.
France, 1907 : Lit. Abréviation de panier ; le pagne à puces. Voir Paillot.
Pendant qu’t’étais à la campagne
En train d’te fair’ cautériser,
Au lieur ed’ rester dans mon pagne,
Moi, j’m’ai mis à dévaliser ;
Mais un jour, dans la rue d’Provence,
J’me suis fait fair’ marron su l’tas,
Et maint’nant j’tir’ de la prévence ME
À Mazas.
(Aristide Bruant, Dans la Rue)
France, 1907 : Provisions ; de l’italien pagnotta, pain.
— J’ai un bon cœur ; tu l’as vu lorsque je lui portais le pagne à la Force.
(Mémoires de Vidocq)
C’est aussi, par extension, un prêt d’argent à un voleur arrêté.
Paume
Delvau, 1866 : s. f. Perte, échec quelconque, — dans l’argot des faubouriens. Faire une paume. Faire un pas de clerc.
Rigaud, 1881 : Perte, insuccès. Faire une paume, ne pas réussir. — Paumer, perdre.
La Rue, 1894 : Perte. Insuccès.
France, 1907 : Balle élastique ; vieux mot.
Paumé
Clémens, 1840 : Arrêté, pris.
Virmaître, 1894 : Être pris, empoigné. Les agents arrêtent un voleur en lui mettant généralement la paume de la main sur l’épaule. L’allusion est claire. Être empaumé : être fourré en prison (Argot des voleurs).
Paumé (être)
Hayard, 1907 : Être pris, empoigné.
Paumé marron
Virmaître, 1894 : Paumé, pris, marron, l’être. Je suis marron signifie être refait. Un gogo est marron dans une affaire qui rate.
— On m’a pris ma place, je suis marron.
Synonyme de rester en panne (Argot des voleurs). N.
Paumelle
France, 1907 : Morceau de cuir dont les cordiers se garnissent la main pour filer le chanvre ; outil de bois dont le corroyeur s’enveloppe la paume de la main.
Paumer
Vidocq, 1837 : v. a. — Perdre.
un détenu, 1846 : Prendre, saisir, empoigner.
Larchey, 1865 : Empoigner. V. Du Cange. — Du vieux mot paumoier. — V. Cigogne.
Rends-moi la bourse, ou sinon je te paume.
(le Rapatriage, parade, dix-huitième siècle)
Larchey, 1865 : Perdre.
Je ne roupille que poitou ; je paumerai la sorbonne si ton palpitant ne fade pas les sentiments du mien.
(Vidocq)
Delvau, 1866 : v. a. Empoigner, prendre — avec la paume de la main. S’emploie au propre et au figuré. Être paumé. Être arrêté. Être paumé marron. Être pris en flagrant délit de tricherie, de vol ou de meurtre.
Delvau, 1866 : v. a. Perdre, — dans l’argot des voleurs. Paumer la sorbonne. Devenir fou, perdre la tête.
Rigaud, 1881 : Arrêter, appréhender au corps. Se faire paumer ; mot à mot : se faire mettre la paume de la main au collet.
Rigaud, 1881 : Dépenser, — dans le jargon des ouvriers. Paumer son fade, dépenser l’argent de sa paye.
Rigaud, 1881 : Perdre, — dans le jargon des voleurs. — Paumer l’atout, perdre courage.
La Rue, 1894 : Perdre. Dépenser. Empoigner. Arrêter. Se paumer, s’égarer.
Virmaître, 1894 : Perdre.
— Tu fais une drôle de gueule.
— J’avais deux sigues d’affure et j’en paume quatre, y a de quoi.
— Fallait pas jouer (Argot des voleurs). N.
Rossignol, 1901 : Perdu. — « J’ai paumé ma bourse. » — « J’ai paumé au jeu. » — Celui qui a de la perte a de la paume.
Rossignol, 1901 : Prendre, surprendre, arrêter. — « J’ai été paumé par ma mère au moment où je fouillais dans sa bourse. » — « Le môme Bidoche a été paumé en volant à l’étalage. »
Hayard, 1907 : Perdre.
France, 1907 : Dérober, détourner adroitement quelque chose, mettre la paume de la main sur un objet.
France, 1907 : Donner, lancer. « Paumer la gueule à un roussin », donner un coup de poing sur la figure d’un agent. Argot des voyous.
France, 1907 : Manger avec avidité.
France, 1907 : Prendre, arrêter, saisir ; littéralement, tenir dans la paume de la main, Argot populaire.
Il y a trois ans, les enjuponnés cherchaient les assassins d’un paysan et de sa femme ; ils en avaient déjà deux dans les griffes, il leur manquait un troisième.
Au hasard, ils paumèrent un pauvre bougre qui n’était pour rien dans l’affaire.
(Le Père Peinard)
Paumer sur le tas, arrêter en flagrant délit. Paumé dans le dos, flambé, perdu.
— Faut gicler, les gonzesses, on va vous paumer su’l’tas.
(A. Bruant, Les Bas-fonds de Paris)
Paumer l’atout
Vidocq, 1837 : v. — Perdre courage.
Paumer ses plumes
La Rue, 1894 : S’ennuyer.
France, 1907 : Perdre ses cheveux, se faire vieux, s’ennuyer.
Pendu glacé
Halbert, 1849 : Réverbère.
Delvau, 1866 : s. m. Réverbère. Argot des voleurs.
Rigaud, 1881 / La Rue, 1894 : Réverbère.
Virmaître, 1894 : Le candélabre en forme de potence qui supporte le bec de gaz. Les voleurs n’aiment pas beaucoup ces pendus-là.
— J’ai été paumé pour avoir barbotté un pante, sans ce chameau de pendu glacé, je me cavalais à la frime du sergot (Argot des voleurs). N.
France, 1907 : Réverbère d’autrefois suspendu au milieu des rues au moyen d’une corde fixée à deux maisons se faisant face, ou à un candélabre en forme de potence.
Poitou
Ansiaume, 1821 : Nier.
Le cardeuil a voulu me faire manger sur l’affaire, mais poitou.
Larchey, 1865 : Nulle chose. — Mot à mot : point du tout. — Jeu de mots analogue à celui de Niort.
Tout est à notre usage, N’épargnons le poitou.
V. Paumer.
Delvau, 1866 : adj. Point, non, nullement, — dans l’argot des voleurs.
Delvau, 1866 : s. m. Le public, — dans le même argot [des voleurs].
Rigaud, 1881 : Non ; rien ; formule négative. Vieux-mot argotique remis, depuis peu, en circulation par les rôdeurs de barrière qui en ont fait poiton et poite. — As-tu vingt ronds ? — Du poitou.
Rigaud, 1881 : Précautions. — Peine. — Épargner le Poitou, prendre ses précautions.
Rigaud, 1881 : Public, — dans le jargon des voleurs.
La Rue, 1894 : Public. Non, point, nullement. Signifie aussi précaution, attention.
Virmaître, 1894 : Non. A. D. Poitou : Public. A. D. Poitou : Nulle chose. L. L. C’est assez difficile à accorder. Qui a raison des deux auteurs ? Moi, je crois que poitou veut dire silence, prenez garde, car ce mot est employé dans les prisons à l’arrivée d’un surveillant (Argot des voleurs). N.
Hayard, 1907 : Public.
France, 1907 : Le public ; argot des voleurs. Cette expression ne viendrait-elle pas de ce qu’on disait autrefois les asnes de Poitiers ? Épargner le poitou, prendre des précautions.
Partage, ou non partage,
Tout est à notre usage ;
N’épargnons le poitou ;
Poissons avec adresse
Messières et gonzesses,
Sans faire de regoût.
France, 1907 : Rien. Jeu de mot sur point du tout. Argot des voleurs.
Porte-coton
France, 1907 : Fonctionnaire imaginaire attaché aux soins de propreté du derrière d’un haut fonctionnaire ; autrement dit, lèche-cul. Le porte-coton était autrefois, dans les maisons royales, le préposé aux latrines.
— Monsieur veut rire, dit-il d’un ton gouailleur, quand il parle de me faire paumer… D’abord je n’ai rien fait !… Monsieur dira qu’ça n’est pas une raison… mais Monsieur est sans doute quart d’œil ou porte-coton du ministre…
(Edmond Lepelletier)
Radicaille, radicanaille, radigaleux
France, 1907 : Le parti radical.
Le cheval noir de Boulanger caracola à la revue de 14 juillet, Paulus débita quelques couplets sur « le brav’ général » et le bon populo — toujours gobeur — se laissa empaumer à nouveau.
Et toute la griserie des premiers quatorze juillet lui troubla la caboche encore un coup : « Ce que les politiciens, opportunards et radigaleux n’avaient pas fait — n’avaient même pas essayé — Boulanger le mènerait à bonne fin ! C’est lui qui ferait la grande lessive… »
(Le Père Peinard)
Raffurer
Vidocq, 1837 : v. a. — Regagner.
Delvau, 1866 : v. a. Regagner, — dans l’argot des voleurs.
Rigaud, 1881 : Regagner, — dans le jargon des voleurs.
La Rue, 1894 : Regagner.
Virmaître, 1894 : Regagner. C’est le redoublement d’affure (gagner).
— J’ai raffuré du terrain sur les pescailles qui voulaient me paumer (Argot des voleurs).
France, 1907 : Regagner ; argot des voleurs.
Renaud
Delvau, 1866 : s. m. Reproche, esclandre, — dans l’argot des voleurs. Signifie aussi : Danger, péril.
Rigaud, 1881 : Reproche. — Esclandre. — Remords. — Faire du renaud, se plaindre, ameuter le monde par des cris. Renauder. Grogner, refuser. — Reprocher. — Avoir des remords.
Virmaître, 1894 : Faire des reproches à quelqu’un, c’est lui pousser un renaud.
— Y m’en a foutu un de renaud à l’instruction, y m’a dit que je crapserai d’une fièvre cérébrale soignée par Charlot (Argot des voleurs).
France, 1907 : Mauvaise humeur, réprimande. Chercher du renaud, chercher querelle. Être à renaud, grogner. Faire du renaud, faire du tapage.
Ce que le vieux serait à renaud quand il apprendrait que la momignarde avait déguerpi sans sa permission !… Ce qu’il déballerait de ne pas pouvoir la repaumer !
(Ed. Lepelletier)
Repaumer
Vidocq, 1837 : v. a. — Reprendre.
Delvau, 1866 : v. a. Reprendre, arrêter de nouveau.
Rigaud, 1881 : Reprendre ; rattraper.
France, 1907 : Rattraper, reprendre.
— Attends, petite salope, si je te repaume encore avec ton grand flandrin, je te montrerai de quel bois je me chauffe.
(René de Nancy)
Repaumer, repésigner
La Rue, 1894 : Reprendre. Rattraper.
Repésigner
Vidocq, 1837 : v. a. — Arrêter de nouveau.
Delvau, 1866 : v. a. Arrêter de nouveau, — dans l’argot des voleurs.
Rigaud, 1881 : Arrêter de nouveau.
France, 1907 : Arrêter de nouveau, repaumer ; argot des voleurs.
Roupiller
d’Hautel, 1808 : Se laisser surprendre par le sommeil, dormir.
Ansiaume, 1821 : Dormir.
Il roupille pendant le reluis et travaille à la sorgue.
Vidocq, 1837 : v. a. — Dormir.
Halbert, 1849 : Dormir.
Larchey, 1865 : Dormir. — V. Paumer, Pieu, Rifle.
Il est bien temps de roupiller.
(1750, Monbron, Henriade travestie)
Delvau, 1866 : v. n. Dormir, — dans l’argot des faubouriens, qui emploient ce verbe depuis plus d’un siècle. Signifie aussi Avoir continuellement une roupi au nez.
Rigaud, 1881 : Dormir.
Il roupille comme ça toute la journée : le v’là parti.
(H. Monnier, Scènes populaires)
La Rue, 1894 : Dormir.
Virmaître, 1894 : Dormir. Quand on ne dort que quelques instants, on fait un petit roupillon.
— Il est tellement gouapeur qu’il roupille sur son ouvrage (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Dormir.
France, 1907 : Dormir ; de roupille, qui vient de l’espagnol ropilla, manteau dont nos voisins de l’autre côté des Pyrénées s’enveloppent pour dormir.
— Prenez note de mes paroles. Je ne veux plus toucher un verre d’absinthe si je mens. Croyez, mes enfants, que j’ai mieux à faire que trainer ici mon bancal. J’ai, au pays, une bonne petite place qui m’attend, où je n’aurai plus qu’à battre ma flème, boire, briffer et roupiller. Ça vaut bien notre chien de métier !… Ah ! c’est égal. J’y ai passé de bons quarts d’heure !
(Hector France, L’Homme qui tue)
La nuit, on a des rêves doux
Quand on roupille,
On effeuille des fleurs, le jour,
On cause d’oiseaux et d’amour.
(Jane d’Ys)
anon., 1907 : Dormir.
Séquencer
France, 1907 : Disposer un jeu de cartes de façon à gagner.
Le banquier place les cartes à plat, comme pour couper un jeu ordinaire ; le coupeur, un complice, étend la main ouverte sur les cartes et coupe lourdement et maladroitement en couvrant le paquet. Il se retire ensuite pour aller séquencer une douzaine de cartes qu’il a pu enlever à l’aide de la paume de la main.
(Hogier-Grison, Le Monde où l’on triche)
Servir quelqu’un sur les deux toits
France, 1907 : Faciliter une chose, terme tiré de l’ancien jeu de paume.
La salle était bordée de deux plans inclinés superposés, appelés toits. La balle, lancée sur ces plans, devait retomber dans l’arène, ce qui permettait au joueur adverse de l’atteindre et de la renvoyer presque à coup sûr.
Sorbonne
d’Hautel, 1808 : Pour dire, le chef, la tête.
Quand il a mis quelque chose dans sa sorbonne, le diable ne lui en feroit pas sortir. Se dit d’un homme opiniâtre, entêté.
Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Tête. Porter la sorbonne à Charlot, aller à l’échafaud.
Bras-de-Fer, 1829 / Halbert, 1849 : Tête.
Larchey, 1865 : Cerveau. V. d’Hautel, 1808.
La sorbonne est la tête de l’homme vivant, son conseil, sa pensée.
(Balzac)
Date du temps où les décisions de la Sorbonne faisaient plus de bruit dans le monde intellectuel. — V. Paumer.
Delvau, 1866 : s. f. La tête, — parce qu’elle « médite, raisonne et conseille le crime ». Argot des voleurs.
Rigaud, 1881 : Tête. Autrefois, c’était la tête sur les épaules, la tête qui pense. L’autre, la tête coupée, était la tronche. Messieurs les assassins, qui ne sont jamais sûrs de conserver cette partie si essentielle de leur individu, avaient créé deux mots pour exprimer les deux manières d’être, de la tête. Aujourd’hui sorbonne n’est guère plus usité.
Virmaître, 1894 : Tête. Vieille expression ; on lit en effet, dans la chanson du Canstel :
Des réflexions m’trottaient dans la Sorbonne. (Argot des voleurs).
Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Tête.
France, 1907 : Tête, considérée comme réceptacle de la pensée. Voir Tronche.
Dehors, c’est drôle ! on fait bien du potin…
À l’écouter, ma sorbonne se plisse ;
Serait-ce pour aujourd’hui, cré matin ?
C’est sûr ! j’entends les pas de la police,
Et du bourreau la sinistre milice.
(Tibou, Ballade du Raccourci)
Tailler une basane
Rigaud, 1881 : Exécuter le geste familier aux voyous, geste qui consiste à s’administrer une claque sur la cuisse et à relever vivement jusqu’au bas ventre la main, paume ouverte, les quatre derniers doigts battant l’air. L’expression appartient aux soldats de cavalerie qui ne craignent pas d’exécuter ce geste sur la basane de leur culotte.
France, 1907 : Geste d’insulte consistant à se frapper sur la cuisse et à décrire avec le pouce pour pivot un demi-cercle qui ramène la main ouverte au-dessus des parties génitales.
Et tandis que du revers de sa main il se caressait le menton, de l’autre il se gifla la cuisse, taillant une basane gigantesque au nez du colonel absent.
(Georges Courteline)
Tambour
Vidocq, 1837 : s. m. — Chien.
Larchey, 1865 : Chien (Vidocq). — Allusion à son grondement.
Delvau, 1866 : s. m. Chien, — dans l’argot des voleurs. Roulement de tambour. Aboiement.
Rigaud, 1881 : Brigadier-fourrier, dans l’argot des dragons.
Rigaud, 1881 : Chien. — Battre du tambour, aboyer.
Merlin, 1888 : Brigadier fourrier.
La Rue, 1894 : Chien.
Virmaître, 1894 : Chien. Quand un étranger pénètre dans une maison, les aboiements réitérés du chien imitent le roulement du tambour. L’expression alarmiste, citée plus haut, est plus juste (Argot des voleurs).
France, 1907 : Brigadier-fourrier, Ainsi surnommé à cause des baguettes qu’il porte sur ses bras. Le maréchal des logis-fourrier possède les mêmes insignes, mais ce serait commettre une grave infraction au décorum que de l’appeler aussi tambour.
— Le tambour, vois-tu, est un mortel heureux. Et pourtant interroge-le, il te soutiendra effrontément le contraire ; il te fera des tableaux épouvantables de l’emploi de son temps, te dira qu’il n’a pas une minute à lui ; il se comparera aux serfs de la glèbe ou aux esclaves de l’antiquité, et, si peu que tu sois sensible, à l’entendre, tu ne pourras l’empêcher de gémir sur son triste sort. Cependant, la plus grande partie de ses journées se passe en courses et en promenades à cheval et le plus dur de sa besogne consiste à lancer, pendant les susdites courses et promenades, des œillades assassines à droite, à gauche, en nombre illimité, en frisant sa moustache (quand il en a) et en se rebiffant sur sa selle, fier comme Artaban. La nuit venue, il travaille, oui certes… à recueillir les bénéfices des œillades, le jour, décochées.
(Les guerriers d’à présent)
France, 1907 : Chien, à cause du bruit qu’il fait en aboyant. « Nous n’avons pas été jetés sur la terre pour vivre comme des tambours », dit Vidocq.
Roulement de tambour, aboiement.
Le tambour s’est mis à jaspiner comme je caletais, je suis tombé en frime avec la rousse, j’ai été paumé marron et pigé. Les cognes m’ont conduit chez le quart d’œil qui m’a envoyé à la Cigogne dans le panier à salade.
(Delesalle, Autobiographie d’un malfaiteur)
Traiter quelqu’un comme un tambour, le traiter brutalement, sans ménagement, comme on traite un chien. Foutre au clou comme un tambour, punir sans pitié ; expression de caserne.
Tambour est, en Béarn, le nom ordinaire donné aux chiens courants.
Vérole
Delvau, 1864 : Maladie vénérienne, plus commune aujourd’hui que jamais, pour laquelle il y a à Paris un hôpital spécial, l’hôpital du Midi.
Cent escoliers ont pris la vérole avant que d’être arrivés à leur leçon d’Aristote la Tempérance.
(Montaigne)
Si j’ suis paumé, j’enquille aux Capucins,
Ricord guérira ma vérole.
(Dumoulin)
Vingt couches, autant de véroles,
Ont couturé son ventre affreux,
Hideux amas de tripes molles
Où d’ennui baille un trou glaireux.
(Anonyme)
Delvau, 1866 : s. f. Syphilis, — dans l’argot du peuple, qui parle comme écrivait Marot :
Il mourut l’an cinq cens et vingt
De la verolle qui lui vint.
On dit aussi Grosse vérole, pour la distinguer de l’autre — la Petite vérole.
Zarf
France, 1907 : Tasse ; mot turc.
Par flots, des familles arrivent, les mères, les jeunes filles, et tranquillement assis devant mon zarf de café à la turque, ma canne entre les jambes, les deux paumes et le menton dessus, à plein yeux je regarde s’approcher cette rareté de la rue et de la vie extérieure ici, — des femmes.
Ah ! la volupté de se rafraîchir le regard, d’être comme rapatrié dans la douceur du sexe ! On a beau penser, écrire et dire contre les femmes, ce sont elles qui créent l’atmosphère et font le sourire des choses.
(Alexandre Hepp)
Argot classique, le livre • Telegram