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Air (se donner ou se pousser de l’)

France, 1907 : Figures pour partir, se sauver.
Jouer la fille de l’air a la même signification : c’est une réminiscence d’une ancienne pièce du boulevard du Temple, La Fille de l’air. A. Barrère, dans son Argot et Slang, a réuni les différentes expressions du même acte. Elles sont aussi nombreuses que pittoresques :

Faire le patatrot, le lézard, le jat-jat, la paire, crie, gilles ; jouer la fille de l’air, se déguiser en cerf, s’évanouir, se cramper, tirer sa crampe, se lâcher du ballon, se la couler, se donner de l’air, se pousser du zeph, se sylphider, se la trotter, se la courir, se faire la débinette, jouer des fourchettes, se la donner, se la briser, ramasser un bidon, se la casser, se la tirer, tirer ses grinches, valser, se tirer les pincettes, se tirer des pieds, se tirer les baladoires, les pattes, les trimoires ou les flûtes ; jouer des guibes ou des quilles, se carapater, se barrer, baudrouiller, se cavaler, faire une cavale, jouer des paturons, happer le taillis, flasquer du poivre, décaniller, décarrer, gagner les gigoteaux, se faire une paire de mains courantes à la mode, fendre l’ergot, filer son nœud, se défiler, s’écarbouiller, esbalonner, filer son câble par le bout, faire chibis, déraper, fouiner, se la fracturer, jouer des gambettes, s’esbigner, ramoner ses tuyaux, foutre le camp, tirer le chausson, se vanner, ambier, chier du poivre, se débiner, caleter, attacher une gamelle, décamper.

Aller à Niort

un détenu, 1846 : Ne rien dire, se taire, garder le silence.

Delvau, 1866 : v. a. Nier, — dans l’argot des voleurs, qui semblent avoir lu les Contes d’Eutrapel.

Virmaître, 1894 : Nier. Recommandation qu’ont soin de faire les voleurs à leurs complices quand ils vont à l’instruction. Ils se souviennent du mot du boucher Avinain qui, la tête sous le couteau, cria : N’avouez jamais (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Faire l’ignorant.

Un voleur qui ne veut rien avouer, s’il fait l’ignorant ou semblant de ne pas comprendre ce qu’on lui dit, va à Niort.

Hayard, 1907 : Nier, ignorer.

France, 1907 : Nier. Suivre le dernier avis d’Avinain : « N’avouez jamais. » Cette expression vient des contes d’Eutrapel et n’est guère plus employée que par les voleurs. On trouve dans Vidocq : « S’il va à Niort, il faut lui riffauder les paturons » (S’il nie il faut lui brûler les pieds).

Arpions

Ansiaume, 1821 : Les mains.

Ils lui ont ligotté les arpions et rifaudé les paturons.

Vidocq, 1837 : s. m. — Pieds.

Delvau, 1866 : s. m. pl. Les pieds de l’homme, considérés — dans l’argot des faubouriens — comme griffes d’oiseau, à cause de leurs ongles que les gens malpropres ne coupent pas souvent.

Virmaître, 1894 : Vieille expression qui veut dire : pieds. Jean Hiroux disait au président des assises :
— Je demande qu’on fasse sortir le gendarme, il plombe des arpions.
— Gendarme, répondit le président, remuez vos pieds dans vos bottes d’ordonnance. Prévenu, la punition commence (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Les pieds.

France, 1907 : Les pieds, argot populaire ; du vieux français Harpions, griffes, appelés ainsi, dit Alfred Delvau, à cause de leurs ongles que les gens malpropres ne coupent pas et ne nettoient jamais.

Près des théâtres, dans les gares,
Entre les arpions des sergots,
C’est moi que j’ceuill’ les bouts d’cigares,
Les culots d’pipe et les mégots.

(Jean Richepin)

Daronne du mec des mecs

France, 1907 : La mère de Dieu.

Si tu consens à vous laisser rebâtir le ratichon et sa larbine, nous irons pioncer dans le sabri du rupin de ton villois, à cinquante paturons de la chique de la daronne du mec des mecs.

(Mémoires de Vidocq)

On dit aussi : daronne du grand Aure.

Dur

Ansiaume, 1821 : Fer.

Ils m’ont mis des durs aux paturons de 18 plombes.

Vidocq, 1837 : s. m. — Fer.

Larchey, 1865 : Eau-de-vie. V. Chenique.

Pour faire place aux petits verres de dur.

(Th. Gautier)

Larchey, 1865 : Fer (Vidocq).

Delvau, 1866 : s. m. Eau-de-vie, — dans l’argot des faubouriens. On dit aussi Raide.

Delvau, 1866 : s. m. Fer, — dans l’argot des voleurs. Ils disent aussi Durin.

Rigaud, 1881 : Eau-de-vie.

Rigaud, 1881 : Fer, — dans le jargon des voleurs.

Rigaud, 1881 : Vente difficile d’un livre, — en terme de libraire. Ce n’est pas un mauvais ouvrage, mais c’est dur.

La Rue, 1894 : Fer. Eau-de-vie. Travaux forcés. Travailler sur le dur. Voler en chemin de fer.

Virmaître, 1894 : Il est au dur : en prison. C’est dur : pénible, difficile. C’est dur à digérer : grosse sottise ou blague impossible à avaler. Dur à cuire : vieux troupier qui ne ressent rien. Dur (être dans son) : être ce jour-là plus courageux qu’à l’ordinaire (Argot des voleurs).

France, 1907 : Eau-de-vie. On dit aussi raide.

France, 1907 : Fer.

France, 1907 : Foie de veau ou de bœuf, par opposition au poumon appelé mou.

France, 1907 : Travaux forcés.

— Un gars, le daron !… Il tire huit longes de dur pour avoir refroidi un ligordeau avec qui il avait eu de la renaude.

(Hugues Le Roux, Les Larrons)

Flacul

Vidocq, 1837 : s. m. — Sac.

Larchey, 1865 : Lit.

Je raplique au flacul qui m’attend.

(Vidocq)

Jeu de mots ; c’est sur le lit qu’on faque son c-l.

Larchey, 1865 : Sac d’argent. — Diminutif du vieux mot Flac : flacon. V. Roquefort. — Il y a ressemblance de forme.

Le vioque a des flaculs pleins de bille ; s’il va à Niort, il faut lui riffauder les paturons.

(Vidocq)

France, 1907 : Sac.

Le vioque a des flaculs pleins de bille.

(Mémoires de Vidocq)

Great event

France, 1907 : Grand événement. Même observation que ci-dessus.

— L’été venu, nous le faisons d’abord paraître sur un suburbain quelconque, où il n’achève même pas le parcours. L’avant-veille du great event, nous le retirons au dernier moment dans une course où nous l’avons engagé ; nous faisons imprimer dans les feuilles spéciales les échos les plus alarmants pour la santé du cheval… cassé les paturons à l’exercice, toux persistante et, enfin, quand arrive le grand pour, nous le ramassons à cent contre un, tant que nous voulons.

(Maurice Donnay, Les Affaires)

Ligotter

Ansiaume, 1821 : Garotter.

Ils ont ligotté le messière pour lui rifauder les paturons.

Vidocq, 1837 : v. a. — Lier avec des cordes.

Clémens, 1840 : Attacher.

Delvau, 1866 : v. a. Lier, — dans le même argot [des voleurs].

Virmaître, 1894 : Attacher les mains. Quand le prisonnier est trop récalcitrant, on le ficèle comme un saucisson (Argot du peuple).

France, 1907 : Attacher au moyen d’une corde, d’une courroie ou d’une ficelle.

Nul mieux que lui ne savait prendre un malfaiteur sans l’abîmer, ni lui mettre les poucettes sans douleur, ou le ligotter sans effort.

(Mémoires de M. Claude)

Palette

d’Hautel, 1808 : Cela sent la palette. Se dit d’un tableau fait par un peintre médiocre dont le défaut consiste à mal éteindre ses couleurs, ce qui rend les touches trop crues.

Vidocq, 1837 : s. f. — Main. Terme usité parmi les voleurs italiens et provençaux.

Delvau, 1866 : s. f. Guitare, — dans l’argot des musiciens ambulants.

Rigaud, 1881 : Grande et large dent. — Guitare de musicien ambulant.

France, 1907 : Dent.

« Des palettes, pas de gigot ; quand vient le gigot, plus de palettes. » Jeune, on n’a pas le sou, et quand on devient riche, on est trop vieux pour jouir de sa fortune.

France, 1907 : Guitare.

France, 1907 : Main.

— Le diable m’enlève si je me sauve ! Les palettes et les paturons ligotés !

(Mémoires de Vidocq)

France, 1907 : Pièce de cinq francs.

Patatrot (faire le)

France, 1907 : Décamper, se sauver ; corruption de pattes au trot. « Faire un patatrot », poursuivre à grande vitesse.
Les synonymes sont nombreux ; en voici les principaux :

Jouer la fille de l’air, faire le lézard, le jat jat, la paire, cric, gilles ; se déguiser en cerf, s’évanouir, se cramper, tirer sa crampe, se lâcher du ballon, se la couler, se donner de l’air, se pousser du zeph, se sylphider, se la trotter, se la couvrir, se faire la débinette, jouer des fourchettes, se la donner, se la briser, ramasser un bidon, se la casser, se la tirer, tirer ses grinches, valser, se tirer les pincettes, se tirer des pieds, se tirer les baladoires, les pattes, les trimoires ou les flûtes ; jouer des guibes ou des quilles, se carapater, se barrer, bandrouiller, se cavaler, faire une cavale, jouer des paturons, happer le taillis, flasquer du poivre, décaniller, décarer, exhiber son prussien, démurger, désarrer, gagner les gigoteaux, se faire une paire de mains courante à la mode, fendre l’ergot, filer son nœud, se défiler, s’écarbouiller, esballonner, filer son câble par le bout, faire chibis, déraper, fouiner, se la fracturer, jouer des gambettes, s’esbigner, ramoner ses tuyaux, foutre le camp, tirer le chausson, se vanner, ambier, chier du poivre, se débiner, caleter, attacher une gamelle, camper.

Pattes (se tirer les)

Rigaud, 1881 : S’en aller. La variante est : Se tirer les paturons.

Paturon

Vidocq, 1837 : s. m. — Pied.

(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)

Halbert, 1849 : Pied.

Larchey, 1865 : Pied, pas. — Terme hippique. — V. Flacul, Rebâtir.

Paturon de cornaut

Halbert, 1849 : Pied de bœuf.

Paturon de morne

Halbert, 1849 : Pied de mouton.

Paturons

Ansiaume, 1821 : Les pieds.

En lui rifaudant les paturons, il indiquera son carle.

anon., 1827 : Les pieds.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Pieds.

Bras-de-Fer, 1829 : Les pieds.

Delvau, 1866 : s. m. pl. Les pieds, — dans l’argot des Faubouriens, qui disent cela au moins depuis Vadé :

À cet ensemble on peut connoître
L’élégant et le petit-maître
Du Pont-aux-Choux, des Porcherons,
Où l’on roule ses paturons.

Jouer des paturons. Se sauver.

France, 1907 : Pieds. « Jouer des paturons », se sauver ; « rouler ses paturons », se promener.

Du Pont aux choux des Porcherons,
Où l’on roule ses paturons.

(Vadé)

Paturons (les)

M.D., 1844 : Les pieds.

Paturons de cornant

anon., 1827 : Pieds de bœuf.

Paturons de morne

anon., 1827 / Bras-de-Fer, 1829 : Pieds de mouton.

Potiron

d’Hautel, 1808 : Ce mot est en butte à plus d’un barbarisme : les uns disent paturon, et les autres poturon ; c’est potiron qu’il faut dire pour bien parler.

Rigaud, 1881 : Derrière et poturon par altération. Allusion de rotondité.

L’ pied m’ glisse, et sur l’ poturon j’ tombe.

(Le Parfait catéchisme poissard)

Fustier, 1889 : Argot des élèves de l’École de Saint-Cyr. Ils appellent ainsi les jeunes gens qui, bien que de nationalité étrangère, sont admis à suivre les cours de l’École.

Shérif-Bey vient de recevoir sa nomination d’élève de Saint-Cyr, à titre d’étranger. Les élèves de cette catégorie sont appelés à l’École des Potirons.

(Paris, octobre 1885)

France, 1907 : Grosse femme, fessière et mamelue ; argot populaire.

Elles y viennent, les chéries,
En beaux atours, en falbalas,
Les jeunes et les défraîchies,
Les poitrons, les échalas.

(Jacques Rédelsperger, Nos Ingénues au salon)

France, 1907 : Le derrière ; argot populaire.

— Eh ! la grosse mère, quand on porte avec soi un pareil potiron, on doit payer deux places dans les omnibus !

(Les Gaietés du régiment)

Prendre Jacques Déloge pour son procureur

France, 1907 : S’enfuir ; jeu de mot sur déloger. La fuite pour une personne menacée par la justice est encore le défenseur le plus sûr. « Cette expression, dit Francisque Michel, qui est encore usitée avec ces autres : prendre de la poudre d’escampette, lever le paturon, dire adieu tout bas, avait déjà cours au XIIe siècle. »

Rebâtir

anon., 1827 / Bras-de-Fer, 1829 : Tuer.

Vidocq, 1837 : v. a. — Tuer.

Halbert, 1849 : Tuer.

Larchey, 1865 : Tuer. — Équivoque. — Pour rebâtir il faut démolir. V. ce mot.

Si tu consens à nous laisser rebâtir le ratichon et sa larbine nous irons pioncer dans le sabri du rupin de ton villois, à cinquante paturons de la chique de la daronne du mec des mecs.

(Vidocq)

Delvau, 1866 : v. a. Tuer, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Tuer, — dans l’ancien argot des voleurs. Par altération de rabatir, pour rabattre, verbe que les matois ont disloqué comme la plupart des mots de leur langue.

La Rue, 1894 : Tuer.

Riffauder

Ansiaume, 1821 : Brûler.

Il est gerbé à vioc pour avoir riffaudé les paturons à un messière.

Vidocq, 1837 : v. a. — Brûler, chauffer.

Clémens, 1840 : Incendier.

Larchey, 1865 : Brûler. V. Flacul. — Rifle : Feu flamme. — V. Coquer.

Je remouche au coin du rifle un sinve qui roupillait. J’ai sondé dans ses profondes.

(Vidocq)

Delvau, 1866 : v. a. Incendier, brûler.

Virmaître, 1894 : Brûler. Riffaudante : flamme. Une vieille chanson qui date au moins de cinquante ans, bien connue des voleurs, dit :

L’autre jour, fumant ma bayadaise,
Je rifflaudais, la fumant dans un coin.

Rifflauder voudrait donc dire sommeiller (Argot des voleurs).

France, 1907 : Allumer, incendier, chauffer, cuire. Riffauder la criolle, cuire la viande. Se riffauder, se chauffer. Riffauder un cheval, un chien, le fouetter.

Riffauder les paturons

Ansiaume, 1821 : Brûler les pieds.

À rifauder les paturons on va droit à la butte.

Tirans de trimelet

Ansiaume, 1821 : Bas de fil.

Ceux de trimelet, c’est pour mes paturons.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique