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Abraser

France, 1907 : Écraser, détruire ; au passif, s’écrouler : « Not’ mur s’abrase. » Mot bourbonnais et berrichon, dérivé de braser, parallèle de bréser et briser.

(P. Malvezin)

Actif

Virmaître, 1894 : Ne se prend pas, dans le monde où ce mot est employé, dans le sens d’activité. Il veut dire que l’actif est l’amant du passif (Argot des pédérastes). V. Passif.

Aimer

d’Hautel, 1808 : Je t’aime comme la colique. Manière triviale et figurée d’exprimer que l’on a de l’aversion pour quelqu’un, qu’on le déteste.
Qui aime Bertrand aime son chien. Proverbe populaire qui signifie que quand on aime quelqu’un, on fait amitié à tout ce qui lui appartient.
Il l’aime comme ses petits boyaux, comme la prunelle de ses yeux. Pour dire que rien n’est plus précieux ; que l’on n’aime rien au monde davantage.
Aimer mieux deux œufs qu’une prune. Préférer un grand avantage à un petit ; calculer parfaitement ses intérêts.
Qui m’aime me suit. Proverbe qui a beaucoup de ressemblance avec ce vers de Virgile :

Qui te, Pollio, amat, veniat quo te quoque gaudet.

Voyez Suivre.

Delvau, 1864 : Synonyme élégant et pudique de foutre. Quand un homme dit à une femme : « Je vous aime. » il veut lui dire et elle comprend parfaitement qu’il lui dit : « Je bande comme un carme, j’ai un litre de sperme dans les couilles, et je brûle de l’envie de te le décharger dans le con. » Il n’y a que les poètes, les impuissants et les mélancoliques qui aient osé jusqu’ici donne à ce verbe éminemment actif un sens passif — et ridicule.

… la fille entretenue
Dit : Aimons !!!…

(Protat)

Alciabidiser

Delvau, 1864 : Agir en pédéraste passif, se laisser enculer — comme Alcibiade par Socrate.

Bardache

Delvau, 1864 : Pédéraste actif ou passif, au choix — des autres.

C’est là un cul de châtré ou de bardache, si jamais il y en a eu.

(La Popelinière)

Le capitan était bardache :
Godefroy, seigneur de Bouillon,
L’encula dans une patache.

(B. de Maurice)

France, 1907 : Jeune garçon dont les gens de mœurs levantines abusent. On disait enfant d’honneur.

Le prince de Bidache
Criait aux Allemands :
Rendez-moi mon bardache.

(Tallemant des Réaux)

Béquet

Delvau, 1866 : s. m. Petite pièce de cuir mise à un soulier, — dans l’argot des cordonniers ; petit morceau de bois à graver, — dans l’argot des graveurs ; petit ajouté de copie, — dans l’argot des typographes.

Rigaud, 1881 : Petite planche à graver, ouvrage de peu d’importance, — dans le jargon des graveurs sur bois.

Rigaud, 1881 : Retouche faite à une pièce ou à un acte, raccord, — dans le jargon des acteurs.

Boutmy, 1883 : s. m. Hausse en papier que l’imprimeur ajoute à la mise en train ou place sous un cliché. Composition de quelques lignes. Ce mot est emprunté au langage des cordonniers pour lesquels il signifie Petit morceau de cuir joint à la semelle.

Virmaître, 1894 : Le passifleur met des béquets, des pièces, aux vieux souliers ; il en existe qui arrivent à une perfection si grande qu’il est impossible de découvrir la pièce (Argot du peuple).

Virmaître, 1894 : Terme d’imprimerie. Petits paquets de composition pour ajouter ou compléter un grand paquet. En corrigeant un article, on ajoute des petits béquets à droite et à gauche pour le corser (Argot d’imprimerie).

Chargé par la culasse

Virmaître, 1894 : Prendre un lavement. Les passifs se chargent également par le même côté. Allusion aux canons (Argot du peuple). V. Passifs.

Chevalier de la rosette

Delvau, 1864 : Pédéraste actif ou passif.

Virmaître, 1894 : Homme qui aime son sexe (Argot du peuple). N.

France, 1907 : Pédéraste.

Cousine

Delvau, 1864 : Pédéraste passif ; variété de Tante, — les enculés portant presque tous des noms de femme, tels que ceux de : la Rein d’Angleterre, la Grille, la Marseillaise, la Fille à la perruque, la Léontine, la Nantaise, la Folle’, la Fille à la mode, la Pipée, la Bouchère, etc.

Delvau, 1866 : s. f. L’Héphestion des Alexandres de bas étage, — dans l’argot du peuple.

France, 1907 : Sodomite.

Deleatur

Boutmy, 1883 : s. m. Signe ayant à peu près la forme d’un delta grec, et par lequel on indique, dans la correction des épreuves, ce qui est à retrancher. Ce mot qui est la troisième personne sing. du présent du subjonctif passif du verbe latin delere, effacer, signifie : qu’il soit effacé.

Emballer

Larchey, 1865 : Arrêter, écrouer.

Tu vas nous suivre à la Préfecture. Je t’emballe.

(Chenu)

On dit d’un cheval emporté qu’il emballe son cavalier, sans doute parce que celui-ci est réduit au rôle passif d’un simple ballot.

Delvau, 1866 : v. a. Arrêter, — dans l’argot des voleurs et des filles.

Delvau, 1866 : v. n. Se dit, — dans l’argot des maquignons, — d’un cheval qui prend le mors aux dents, sans se soucier des voyageurs qu’il traîne après lui. S’emballer, se dit dans le même sens d’un homme qui s’emporte.

Rigaud, 1881 : Mettre en prison. — Emballez-moi ce particulier.

Rigaud, 1881 : Terminer promptement. — L’ouvrage est emballé.

La Rue, 1894 : Conduire en prison. Donner un coup de poing. S’éprendre passionnément. Emballement, entraînement subit, emportement.

France, 1907 : Arrêter, emmener en prison.

— Dis donc, toi, si c’est comme ça que tu fais ta tournée !… Sais-tu où je l’ai trouvé, ton Delphin ?
— Où ça ?
— Sur ma fille… Je vas écrire au préfet, pour qu’il te casse, père de cochon, cochon toi-même.
Du coup, Bécu se fâcha.
— Ta fille, je ne vois que ses jambes en l’air… Ah ! elle a débauché Delphin ? Du tonnerre de Dieu si je ne la fais pas emballer par les gendarmes.
— Essaye donc, brigand !

(Émile Zola, La Terre)

C’est que le coup d’État les atteignit, eux ! À l’abri des représailles dont se décime toute effervescence populaire, se moquant comme d’une guigne qu’on ait mitraillé les faubourgs en Juin ; ayant approuvé, sinon commandé la canonnade ; ne se rendant même pas compte — les imbéciles ! — que la dictature en était la résultante (les ouvriers les regardant narquoisement emballer pour Mazas) ils sentirent, pour la première fois, la poigne du gendarme s’abattre à leur collet.

(Séverine, Le Journal)

France, 1907 : Donner un coup de poing.

Encaldossé

Virmaître, 1894 : Superlatif d’endossé (Argot des voleurs). V. Passif.

Encloué

Rigaud, 1881 : Mou, sans énergie. — Individu qui a des passions contre nature.

Virmaître, 1894 : Allusion au canon dont on encloue la lumière (Argot des voleurs). V. Passif.

France, 1907 : Pédéraste. Gauche, maladroit.

Enculé

Delvau, 1864 : Pédéraste passif, homme qui sert de maîtresse à un autre homme.

Un enculé lira les noms de tes victimes.

(Dumoulin)

As-tu donc fréquenté Sodome
Ou Rome, bougre d’enculé !
Que tu parles de prendre un homme
Et, comme nous, d’être enfilé ?

(Parnasse satyrique)

Enfigneur

Rigaud, 1881 : Émigré de Gomorrhe, — dans le jargon des voleurs.

Virmaître, 1894 : Vient de fignoton. Ce dernier mot en dit assez. C’est l’actif du passif (Argot du peuple).

France, 1907 : Même sens que enfifré.

Enmiché

France, 1907 : Pédéraste passif ; l’actif est l’enmicheur.

Grenadille

France, 1907 : Passiflore ou fleur de la passion.

Mécaniser

Larchey, 1865 : Ennuyer. — Mot à mot : réduire à un rôle passif, mécanique.

Malgré qu’ça vous mécanise, Ça vous demande encore crédit.

(Chansons, Clermont, 1837)

Et… Canalis regarda fixement Dumay qui se trouva, selon l’expression soldatesque, entièrement mécanisé.

(Balzac)

Delvau, 1866 : v. a. Vexer quelqu’un, le tourmenter, se moquer de lui, et même en médire un peu, — dans l’argot des faubouriens. Francisque Michel « trouve le germe de cette locution dans un passage des Vies des dames illustres de Brantôme », et ce germe, c’est mœquaniqueté… Le malheur est que jamais « locution ne fut plus moderne ». Quant a son « germe », le premier mécanicien venu le trouverait en conduisant sa machine.

France, 1907 : Ennuyer quelqu’un, le vexer, le tourmenter.

Alors la donzelle, fatiguée de cet incessant pelotage qui ne menait à rien, se tourna soudain, furieuse, vers le bélitre :
— Avez-vous bientôt fini de me mécaniser ? dit-elle.

(Les Propos du Commandeur)

France, 1907 : Guillotiner.

Mignon

d’Hautel, 1808 : Un mignon. Homme d’une lâche complaisance, asservi à d’infâmes caprices.
Un péché mignon. Inclination fautive dans laquelle on tombe à tout moment.
Argent mignon. Épargnes, économie, abondance d’argent comptant, que l’on dépense en frivolités, que l’on emploie à satisfaire ses moindres désirs.

Delvau, 1864 : Jeune pédéraste… passif. — Apollon à belles fesses. — L’histoire faisant mention des pages de Henri III, qui étaient non-seulement ses favoris, mais encore ses mignons, ne laisse pas de doute sur l’emploi qu’ils avaient auprès de leur maître.

Ce qu’il est le plus naturel de faire à la femme est précisément ce dont elle se soucie le moins ;… tantôt elle veut qu’où la traite comme un mignon… tantôt, etc…

(A. de Nerciat)

Petit fils, petit mignon, Mâle ou femelle, Je sais ton nom.

(Béranger)

Et j’abandonne au vicaire de Dieu
Ses trois clés d’or, ses fulminantes bulles,
Son Vatican, son cardinal neveu,
Ses beaux mignons, ses nièces et ses mules.

(Parny)

France, 1907 : Jeune garçon servant aux plaisirs hors nature ; du celtique mion, amour, ou de l’ancien allemand minnia, même sens. Les mignons d’Henri III sont restés célèbres ; lorsqu’ils se battirent avez ceux du duc de Guise, on chanta dans les rues ce De profundis :

Que Dieu reçoive en son giron
Quélus, Schomberg et Maugiron !

D’ignobles débauches, entremêlées de capucinades et de coups d’épée, furent toute la vie de ces mignons, qui, du reste, moururent tous jeunes pour la plupart.

(Laroussse)

Et j’abandonne au vicaire de Dieu
Ses trois clefs d’or, ses fulminantes bulles,
Son Vatican, son cardinal neveu,
Ses beaux mignons, ses nièces et ses mules.

(Piron)

Paffe

un détenu, 1846 : Souliers.

Halbert, 1849 : Soulier.

Larchey, 1865 : Soulier. V. Gouêpeur, Empaffe. — Dans le dictionnaire du Cartouche de 1827, nous trouvons : Passans, passifs : Souliers. — Le second mot est un diminutif. Le premier semble faire allusion à la mission voyageuse du soulier. Paffe ne serait-il pas une abréviations de passif ?

France, 1907 : Soufflet, gifle. Onomatopée.

Passans ou passifs

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Souliers.

Passant

Rigaud, 1881 : Soulier. Les variantes sont : Passe, passade, passide, passif passifle, paffier, paffe, — dans le jargon des voleurs, qui ont un si grand choix de mots pour désigner les souliers et qui, souvent, n’en ont pas aux pieds.

France, 1907 : Soulier. On dit aussi passe.

Passant, passif, passifle

Larchey, 1865 : Soulier. — Passifleur : Cordonnier. — Le soulier sert à faire des pas.

Passants, passifs

anon., 1827 : Souliers.

Passif

M.D., 1844 : Soulier.

Virmaître, 1894 : Homme pour homme, celui qui subit. Habitué des latrines de la berge du Pont-Neuf, des bains de la rue de Penthièvre ou des pissotières des Champs-Élysées. Dans le peuple on dit :
— Il va ramasser des marrons dans l’allée des Veuves.
L’allusion est claire (Argot du peuple).

Passiffe

Halbert, 1849 : Chaussure.

Passifle

Vidocq, 1837 : s. m. — Soulier.

Passifleur

Delvau, 1866 : s. m. Cordonnier, — dans le même argot [des voleurs].

Rigaud, 1881 / France, 1907 : Cordonnier.

Passifleur, -euse

Vidocq, 1837 : s. — Cordonnier, cordonnière.

Passifs

Clémens, 1840 : Souliers.

Delvau, 1866 : s. m. pl. Souliers d’occasion, — dans l’argot des voleurs et des faubouriens. Le mot est expressif : des souliers qui ont longtemps servi ont naturellement pâti, souffert, — passus, passivus, passif. On dit aussi Passifles.

Boutmy, 1883 : s. m. Chaussures, souliers.

Et mes passifs, déjà veufs de semelles,
M’ont aujourd’hui planté là tout à fait.

dit l’humoristique auteur de la chanson du Rouleur.

La Rue, 1894 : Souliers. Passifleur, cordonnier.

Virmaître, 1894 : Souliers. Il en est peu, en effet, qui résistent au mauvais temps, surtout depuis l’invention des semelles en cuir factice (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Souliers.

France, 1907 : Souliers, chaussure. La chaussure supporte tout, Argot des typographes.

Et mes passifs, déjà veufs de semelle,
M’ont aujourd’hui planté là tout à fait.

(Chanon du rouleur)

Passifs (les)

Hayard, 1907 : Les souliers.

Plaque d’égout défoncée (avoir sa)

France, 1907 : Être sodomiste passif.

Prendre un homme au saute-dessus

Delvau, 1864 : Arrêter un pédéraste, quand on est pédéraste soi-même, et de plus chanteur (V. ce mot), au moment où il se déboutonne et s’apprête à socratiser, ou à alcibiadiser, selon qu’il est actif ou passif.

Après avoir provoqué à la débauche celui qui a eu le malheur de les aborder, ils changent tout à coup de ton, le prennent, comme ils disent, au saute-dessus, et se donnant pour des agents de l’autorité, le menacent d’une arrestation…

(A. Tardieu)

Redouiller

d’Hautel, 1808 : Se redouiller. Riposter à des propos injurieux ou répondre vigoureusement à des voies de fait ; en venir aux mains.

Rigaud, 1881 : Rembarrer, frapper, maltraiter.

Y veut se r’lever, mais j’ le r’douille à coups de passif dans les merlins.

(Le Parfait catéchisme poissard)

France, 1907 : Riposter, pousser, maltraiter ; argot populaire

Ribouis

Delvau, 1866 : s. m. Savetier, — dans l’argot des faubouriens. Francisque Michel a raison : on devrait dire Rebouis, ce mot venant de l’opération par laquelle le cordonnier communique du lustre à une semelle en donnant le bouis. Le rebouis donne un second bouis, ou second lustre, aux chaussures avariées par l’usage.

Virmaître, 1894 : Souliers. Au carreau du Temple, c’est une spécialité. Les ribouiseurs achètent toutes les vieilles chaussures ; ils ont des ouvriers qu’on nomme des passifleurs, ils les ribouisent si bien que souvent on les prend pour du neuf, pas les jours de pluie par exemple, car les malheureux qui les chaussent rentrent chez eux sans semelles (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Chaussures.

Hayard, 1907 : Souliers.

France, 1907 : Soulier réparé et, par extension, savetier.

Ripatonner

Larchey, 1865 : Raccommoder. — Mot à mot : réparationner.

On ripatonne un livre en publiant une édition revue et corrigée ; on ripatonne un édifice en le recrépissant.

(La Bédollière)

Delvau, 1866 : v. a. Raccommoder quelque chose ou quelqu’un, — dans l’argot des Polytechniciens, qui ont ainsi consacré la mémoire d’un concierge de l’École, M. Ripaton, tailleur.

Rigaud, 1881 : Remettre à neuf.

On distingue, on reconnaît, on évalue tout objet de toilette supprimé, ajouté ou ripatonné.

(Les Filles d’Hérodiade, 1815)

Corriger une œuvre d’art, une œuvre littéraire.

Virmaître, 1894 : Le passifleur qui raccommode les vieux souliers, ripatonne (Argot du peuple).

France, 1907 : Réparer, raccommoder ; argot faubourien.

Rivette

Vidocq, 1837 : s. m. — Jeune sodomite. Les voleurs de province donnent ce nom aux filles publiques.

Delvau, 1866 : s. f. Fille publique, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Fille de joie à l’aurore de la dépravation.

La Rue, 1894 : Jeune prostituée.

Virmaître, 1894 : Prostituée, du verbe rivancher, se livrer à l’amour. L. L. Cette expression ne s’applique pas aux femmes (Argot des pédérastes). V. Passif.

France, 1907 : Jeune prostituée.

Rosette

Delvau, 1864 : Petite rose de chair qui se trouve à l’entrée de l’anus et qui en est pour ainsi dire le pucelage, car les pédérastes passifs ne l’ont plus (d’où les pédérastes actifs sont appelés chevaliers de la rosette).

Travaille bien, prend ta lichette,
La lichette donne du cœur ;
Et s’il le faut, tends ta rosette,
Cela te portera bonheur.

(A. Dumoulin)

France, 1907 : Rien de commun avec celle de la Légion d’honneur, mais fort prisée jadis dans la légion thébaine. Aimer La rosette, être porté pour la rosette, avoir des passions hors nature. Le sage Socrate, le sage Sénèque, les poètes Horace et Virgile et autres grands hommes de l’antiquité classique étaient portés pour la rosette. On dit aussi chevalier de la rosette, pour désigner les partisans de l’amour socratique. Rosette a dans ce sens une signification trop claire pour qu’il soit nécessaire d’insister.

Serinette

d’Hautel, 1808 : La serinette. Nom que les imprimeurs donnent à leur presse, dont la manivelle ressemble en grand à celle d’une serinette.

Delvau, 1866 : s. f. Homme qui fait chanter d’autres hommes, — dans l’argot des voleurs.

Virmaître, 1894 : Jouer un air de serinette à quelqu’un (Argot des voleurs). V. Maîtres chanteurs.

France, 1907 : Chanteur on chanteuse qui répète des airs, sans y mettre d’expression. Enfant qui récite par cœur ses leçons sans les comprendre.

France, 1907 : Sodomiste passif.

Tapette

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Fer rouge avec lequel le bourreau marque les condamnés.

Vidocq, 1837 : s. m. — Faux poinçon servant à marquer les objets d’or ou d’argent.

Delvau, 1866 : s. f. Individu faisant partie du troisième sexe.

Delvau, 1866 : s. f. Verve, entrain, platine. Avoir une fière tapette. Être grand parleur, — ou plutôt grand bavard.

Rigaud, 1881 : Bavard. — Jeune tante. De quatorze à vingt ans c’est une tapette, de vingt à… c’est une tante.

Rigaud, 1881 : Faux poinçon servant à marquer les objets d’or et d’argent. (Fr. Michel)

Merlin, 1888 : Voyez Platine.

La Rue, 1894 : Bavard. Signifie aussi tante. V. ce mot.

Virmaître, 1894 : Homme qui parle sans cesse.
— Il en a une rude tapette.
On dit aussi : forte platine (Argot du peuple).

Virmaître, 1894 : Pédéraste passif, il se fait taper dans le tas (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Celui qui parle sans cesse a une bonne tapette.

Rossignol, 1901 : Celui qui prend n’importe quelle cuiller pour mettre dans son pot à moutarde, est une tapette. Voir Chatte.

Hayard, 1907 : Langue, homme de mœurs douteuses.

Hayard, 1907 : Pédéraste.

France, 1907 : Langue intarissable ; bavard ou bavarde. Avoir une fameuse tapette, parler sans discontinuer.

Je me serais assez plu dans la compagnie de la petite Jeanne, si elle ne m’avait assourdi les oreilles de son intarissable tapette.

(Les Propos du Commandeur)

France, 1907 : Pédéraste passif.

Les antiphysiques, que l’on nomme ordinairement tantes, se divisent en quatre catégories… Semblable au caméléon qui change, non de forme, mais de couleur, la tante est tantôt appelée tapette, tantôt serinette. Elle est désignée par les marins sous le nom de corvette, mais elle reste toujours un objet d’opprobre.

(Mémoires de Canler)

J’en ai eu deux : deux saligauds,
Deux tant’s, deux filous, deux fagots,
Deux vach’s, deux cochons, deux tapettes,
Qui gueulaient… qui m’foutaient des coups,
Quand j’m’ach’tais un’ robe d’cen’ sous,
Le lend’main d’la paye aux lipettes.

(Aristide Bruant)

Voir Tante, Travailleuse.

Tata

Delvau, 1866 : s. f. Femme plus bavarde que ne le permet son sexe ; belle diseuse de riens ; précieuse ; mijaurée. Faire sa tata. Se donner de l’importance ; être une commère écoutée.

Delvau, 1866 : s. f. Tante, — dans l’argot des enfants. C’est également le mot qu’ils répètent le plus souvent pour appeler leur père. On le retrouve jusque dans les épigrammes de Martial.

Virmaître, 1894 : Les enfants, les petites filles disent de l’une d’elles qui fait des manières :
— Elle fait sa tata.
Dans le monde des équivoques une tata, c’est le passif.
Il existe une chanson sur ce sujet :
C’est nous qui sommes les tatas (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Voir chatte.

France, 1907 : Mijaurée. Faire sa tata, se donner des airs importants.

France, 1907 : Pédéraste passif. Voir Tante.

Pour les tenanciers du Lapin Couronné… les meilleures aubaines arrivaient des « chambres de passe ». Horizontales de grande ou petite marque, pierreuses, lesbiennes et tatas y faisaient mourir voluptueusement des hommes et des femmes, des vieillards et même la jeunesse des lycées et des ateliers.

(Dubut de Laforest, Les Derniers Scandales de Paris)

Dans l’argot des salles d’armes, le mot tata désignait autrefois un ferrailleur. Voir le Dictionnaire philosophique de Voltaire article T.

Troisième sexe

Delvau, 1866 : s. m. Celui qui déshonore les deux autres. « Il suffira de rapporter ce mot magnifique du directeur d’une maison centrale à feu lord Durham, qui visita toutes les prisons pendant son séjour à Paris. Le directeur, après avoir montré toute la prison, désigne du doigt un local en faisant un geste de dégoût : Je ne mène pas là Votre Seigneurie, dit-il, car c’est le quartier des tantes. — Hao ! fit lord Durham, et qu’est-ce ? — C’est le troisième sexe, milord. » (H. de Balzac)

France, 1907 : Le monde des pédérastes passifs.

Vestiges

Delvau, 1866 : s. m. pl. Légumes, — dans l’argot des voleurs.

Virmaître, 1894 : Légumes que mangent les prisonniers. Dans le peuple, on dit d’un passif qui pratique depuis longtemps :
— Tu perds tes légumes.
Dans les prisons :
— Tu perds tes vestiges.
Cette explication suffit (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Légumes secs.

France, 1907 : Haricots, de vesse. On dit aussi vestos. Argot des voleurs.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique