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Fignard, figne

France, 1907 : Le derrière.

Les trois prisonniers sortirent de la boîte.
L’ivrogne zigzagait le premier. Une bourrade l’envoya rouler vers la porte.
Le camelot suivait, il emboursa pour sa part une taloche, mais se baissant, avec l’agilité d’un gaillard accoutumé à passer par les mains de la police, il esquiva le coup de pied que lui décochait l’agent qui tenait la porte.
Quant à Lucien, il eut à essuyer une formidable bordée de horions.
— Tiens, sale poisson, voilà pour toi… Attends, marlou, porte ça à la cuisine… Attends, qu’on te dessale à coups de bottes dans le figne !
Telles furent les agréables paroles qui accompagnèrent le « passage à tabac » précédant la sortie.

(Edmond Lepelletier)

Moulin à café

Delvau, 1866 : s. m. Orgue de Barbarie, qui semble en effet moudre des airs. Argot du peuple.

Rigaud, 1881 : « De temps à autre, on fait une rafle des malheureuses créatures inscrites sur le livre de la police dite des mœurs, on en fait une cargaison qu’on expédie dans une colonie. Les femmes ainsi dépaysées sont ce qu’on appelle, en terme de police, passées au moulin à café. »

(Procès de la Lanterne, 27 janv. 1879, plaidoirie de Me Delattre)

Rigaud, 1881 : Mitrailleuse, — dans le jargon des soldats. (L. Larchey)

Merlin, 1888 : Mitrailleuse.

Virmaître, 1894 : Le tribunal correctionnel. Allusion à la vitesse avec laquelle les juges expédient les affaires. Les prévenus sont condamnés à la vapeur (Argot du palais). N.

France, 1907 : Mitrailleuse : passage à tabac.

Quiconque n’a pas assisté à la brutalité de certaines charges, à l’iniquité de certaines arrestations ; quiconque n’a point pénétré un peu les mystères du poste, et n’a pas, surtout, assisté à une séance du moulin à café, ne peut s’imaginer quels ferments de haine germent au cœur des contribuables contre ceux qu’ils paient pour assurer leur sécurité.

(Séverine)

Passage à tabac

France, 1907 : Formidable raclée que reçoivent certains infortunés trainés au poste de police et qui n’ont pas montré à Messieurs les agents tous les égards voulus. Ceux-ci se vengent alors dans le huis clos du poste.

Écoutez-le, ce personnage, écoutez-le parler des pauvres bougres, des mal vêtus, qui ont risqué leur peau, leur place, leur salaire, leur liberté, le supplice du passage à tabac, les tortures de la prévention, simplement parce que la jeunesse des Écoles avait crié autour d’un cadavre, sous le poing de la police : « À nous, ceux des faubourgs ! »

(Séverine)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique