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Coup du père François

Virmaître, 1894 : Ce coup est très ancien. Autrefois les détenus l’employaient pour se débarrasser d’un personnage qui moutonnait. Il consiste simplement à l’étrangler en passant à l’aide d’un foulard de soie. Louis le Bull-Dogue, élève du père François explique ainsi la manière d’opérer :

Pour faire le coup du Père François,
Vous prenez un foulard de soie ;
Près du client en tapinois
Vous vous glissez sans qu’il vous voie
Et crac ! vous lui coupez la voix.
Sitôt qu’il est devenu de bois
Vous lui prenez son os, ses noix.
Et c’est ainsi qu’un Pantinois
Peut faire fortune avec ses doigts.

France, 1907 : Strangulation à l’aide d’un foulard, appelé ainsi du nom d’un célèbre coquin qui le pratiquait avec succès. Charles Virmaître cite la manière d’opérer tirée de Louis le Bull-dogue :

  Pour faire le coup du Père François,
  Vous prenez un foulard de soie ;
  Près du client en tapinois
  Vous vous glissez sans qu’il vous voie
  Et crac ! vous lui coupez la voix.
  Sitôt qu’il est devenu de bois
  Vous lui prenez son os, ses noix.
  Et c’est ainsi qu’un Pantinois
  Peut faire fortune avec ses doigts.

Le coup du père François serait l’idéal du gredin professionnel si quelques petits incidents désagréables me l’accompagnaient parfois. Il arrive, quand l’opération se prolonge un peu trop, ou que l’opéré a la respiration un peu courte, que ce dernier ne se réveille pas de son évanouissement. C’est ce qui s’est produit pour Ollivier, l’usurier qui resta entre les mains de la bande de Neuilly. En ce cas, les jurés ne plaisantent point. Mais, tout compte fait, ces hasards sont rares et, jusqu’à ce qu’on ait trouvé mieux, le coup du père François sera enseigné avec respect de la Glacière à Ménilmontant.

(Guy Tomel)

On l’appelle aussi le coup du père Martin.

Rien de plus désagréable, par exemple, que le coup du père Martin, sur les deux ou trois heures du matin. Quand il est bien fait, vous en êtes quitte pour un fort torticolis et la perte de votre porte-monnaie ; mais on cite des gens qui en sont morts.

(Berty, La Nation)

Flanquer une peignée

France, 1907 : Battre d’importance, rosser.

— Mais, lui dis-je, tu vas te rattraper, car avant peu il est certain que l’armée va se flanquer une peignée avec les Pantinois.
— Oui, fit-il, c’est possible. En tous cas, on fait tout pour ça, et les officiers montent la tête aux hommes. Mais nous ne sommes pas disposés du tout à marcher. Nous aimerions mieux qu’on nous menât contre les Prussiens !

(Sutter-laumann, Histoire d’un Trente sous)

Pante, pantre, pantinois

Larchey, 1865 : Bourgeois bon à exploiter ou à voler. — Pante et Pantre sont des formes abrégées de Pantinois et Pantruchois, c’est-à-dire : bourgeois de Pantin ou Pantruche (Paris). On sait que la grande ville est pour les voleurs un séjour de prédilection. — V. Lever.

J’ai reniflé des pantes rupins.

(Paillet)

Pantin

Vidocq, 1837 : s. — Paris.

M.D., 1844 / un détenu, 1846 : Paris.

Larchey, 1865 : « Pantin, c’est le Paris obscur, quelques-uns disaient le Paris canaille, mais ce dernier s’appelle en argot, Pantruche. » — G. de Nerval. — Cette définition manque de justesse. Pantin est Paris tout entier, laid ou beau, riche ou obscur. — étymologie incertaine. Peut-être le peuple a-t-il donné à Paris, par un caprice ironique, le nom d’un village de sa banlieue (Pantin). — V. Pré.

Delvau, 1866 : n. de l. Paris, — dans l’argot des faubouriens. On dit aussi Pampeluche et Pantruche. « Pantin, dit Gérard de Nerval, c’est le Paris obscur. Pantruche, c’est le Paris canaille. » Dans le goût de Pantin. Très bien, à la dernière mode.

Delvau, 1866 : s. m. Homme sans caractère, — dans l’argot du peuple oui sait que nous sommes cousus de fils à l’aide desquels on nous fait mouvoir contre notre gré.

Rigaud, 1881 : Paris, la ville des pantes. Et les variantes moins usitées : Pantruche, pampeluche.

Virmaître, 1894 : Paris.

Quand on a bien billanché pour son compte,
On defourage et renquille à Pantin.
L’long du trimard, bequillant son décompte,
De gueule en gueule on pique un gai refrain.

Pantin : Argot du peuple.
Pantruche : Argot des voleurs.

Rossignol, 1901 : Paris. Que vous soyez d’Aubervilliers ou de Vincennes, vous êtes toujours Pantinois de Pantin.

France, 1907 : Homme sans caractère, sans énergie, que l’on fait mouvoir et agir à sa volonté.

L’ignorance, au gré des scrutins,
Fait mentir les temps où nous sommes ;
Hélas ! on nomme des pantins,
Quand il faudrait nommer des hommes.

(Clovis Hugues)

France, 1907 : Paris ; argot des faubouriens ; la ville des pantes.

Pantin, la capitale des stupéfactions parce que celle des étrangetés.

(Alfred Delvau)

On dit aussi Pampeluche et Pantruche.

Pantin, pantinois

Hayard, 1907 : Paris, parisien.

Pantin, Pantruche, Pampeluche

La Rue, 1894 : Paris. Pantinois, pantruchois : Parisien.

Pantinois

Halbert, 1849 : Parisiens.

Delvau, 1866 : s. m. Parisien.

Rigaud, 1881 / Rossignol, 1901 : Parisien.

France, 1907 : Habitant de Paris, Parisien.

Pantoiser, pantinoiser

Rigaud, 1881 : Payer pour un autre, être dupe. C’est-à-dire faire acte de pante, — dans l’argot des barrières.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique