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Argent

d’Hautel, 1808 : On donne vulgairement à ce précieux métal, des noms plus bizarres les uns que les autres. Voici les principaux : de l’Aubert ; du Baume ; de la Mazille ; du Sonica ; des Sonnettes. Tous ces mots servent alternativement à désigner l’or, l’argent, le cuivre, en tant que ces métaux sont monnoyés, et qu’ils ont une valeur nominale.
L’argent est rond c’est pour rouler. Se dit pour excuser les folles dépenses et les prodigalités d’un bélître, d’un dissipateur.
Vous ne faites argent de rien. Reproche obligeant et bourgeois que l’on adresse à un convive qui ne fait pas honneur à la table, ou qui semble ne pas manger de bon appétit.
Manger de l’argent. Expression métaphorique, qui équivaut à dissiper, dépenser avec profusion, se ruiner.
Il a mangé plus gros que lui d’argent. Se dit par exagération d’un homme dépensier et prodigue, dont la jeunesse a été fort déréglée.
Faire argent de tout. C’est-à-dire, faire toutes sortes de commerce ; se procurer de l’argent de tout ce qui tombe sous la main. Se prend aussi en bonne part, et signifie être d’une humeur égale et facile, s’accommoder aux circonstances les plus désagréables.
Il y va bon jeu bon argent. Pour il agit avec franchise et loyauté ; ses intentions sont remplies de droiture.
C’est de l’argent en barre. Et plus communément, C’est de l’or en barre. Se dit pour vanter la Solvabilité de quelqu’un ; et signifie que ses promesses valent de l’argent comptant.
Il est chargé d’argent comme un crapaud de plumes. Façon de parler burlesque, qui signifie qu’un homme est absolument dépourvu d’argent.
Mettre du bon argent contre du mauvais. Faire des dépenses pour une chose qui n’en vaut pas la peine ; plaider contre un insolvable.
Point d’argent point de suisse. C’est-à-dire, rien pour rien.
Bourreau d’argent. Prodigue, dissipateur ; panier percé.
Qui a assez d’argent a assez de parens. Proverbe qui n’a pas besoin d’explication.
Jeter l’argent à poignée, ou par les fenêtres. Le dépenser mal à propos, et sans aucune mesure ; en faire un mauvais usage.
Qui a de l’argent a des pirouettes. C. à d. qu’avec ce maudit métal on obtient tout ce qu’on veut.
Il veut avoir l’argent et le drap. Se dit d’un usurier, d’un homme rapace qui veut tout envahir.
Il a pris cela pour argent comptant. Se dit par raillerie d’un homme simple et crédule que l’on est parvenu à tromper par quelque subterfuge.
Argent comptant porte médecine. Pour dire que l’argent comptant est d’un grand secours dans les affaires.
C’est de l’argent changé. Dicton des marchands, pour persuader aux chalands que la marchandise qu’ils achettent est à très-bon compte, et qu’ils n’y gagnent rien.
Tout cela est bel et bon, mais l’argent vaut mieux. Signifie que de belles paroles, de beaux discours, ne suffisent pas pour remplir les engagemens, que l’on a contractés envers quelqu’un.
N’être point en argent. Gallicisme qui signifie, être gêné, n’avoir point de fonds disponibles.

Panier

d’Hautel, 1808 : Il est resté sot comme un panier percé. Se dit d’un homme que l’on prend en faute, et qui, stupéfait, embarrassé, ne peut rien alléguer pour sa défense.
C’est un panier percé. Pour dire, un dépensier, un prodigue, un dissipateur ; un sot, un ignorant, un homme dont la mémoire est courte et infidèle.
Il ne faut pas mettre tous ses œufs dans un panier. Pour, il ne faut pas engager tout son avoir dans une seule entreprise ; ou fonder toutes ses espérances sur un seul objet.
L’anse du panier ; le ferrement de mule. Vol, exaction des domestiques sur les achats qu’ils font pour leurs maîtres.

Larchey, 1865 : Voiture basse en osier, à la mode vers 1860.

Ange ! tu m’as transporté. Si une calvitie invétérée ne te fait pas peur, je suis homme à mettre à tes pieds un panier en pur osier.

(Les Pieds qui r’muent, 1864)

Virmaître, 1894 : Lit.
— Mon petit homme, veux-tu venir avec moi faire une séance de panier, tu verras comme je suis… aimable (Argot des filles).

Hayard, 1907 : Lit.

Panier percé

Delvau, 1866 : s. m. Prodigue, dépensier, — dans l’argot des bourgeois.

Virmaître, 1894 : Homme qui n’a rien à lui. Allusion au panier sans fond que jamais on ne peut emplir (Argot du peuple).

Hayard, 1907 : Homme qui dépense tout.

Tonneau

d’Hautel, 1808 : Un gros tonneau. Pour dire, un homme d’une corpulence extraordinaire ; un ventre à la maître-d’hôtel.
On appeloit vulgairement le frère du trop fameux Mirabeau : Mirabeau tonneau, à cause de son volumineux embonpoint, et pour le distinguer de l’orateur.
Un tonneau percé. Pour dire, un dépensier, un dissipateur, un prodigue.
On dit plus communément, un panier percé.

Larchey, 1865 : Degré. V. Bouchon.

Tu lui aurais rendu sa politesse. — Plus souvent ! à un daim de ce tonneau !

(Monselet)

Delvau, 1866 : s. m. Degré ; qualité d’une chose ou d’une personne, ironiquement. Être d’un bon tonneau. Être ridicule.

Rigaud, 1881 : Acabit. — Être d’un bon tonneau, être grotesque, ridicule. — Être d’un fort tonneau, être fort bête.

France, 1907 : Qualité d’une chose. Être d’un bon ou d’un mauvais tonneau, être bon ou mauvais. Même tonneau, même chose, même composition. Être d’un fort tonneau, être d’une grosse bêtise.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique