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Flanquer dedans

France, 1907 : Mettre en prison.

Soudain, ell’ s’écri’ : « C’est lui,
Le séducteur qui m’a fui ! »
En mêm’ temps, elle arrosa
Trois messieurs, très vexés d’ça.
Ils se mirent à hurler :
« On vient d’nous vitrioler ! »
Un agent les flanque d’dans
Pour caus’ de rassemblements.

(L. Xanrof)

France, 1907 : Tromper, duper. « Les panamistes ont flanqué dedans les gogos de France et de Navarre. »

Maquillages

France, 1907 : Assemblage de choses confuses, tripotage. « Les panamistes ont fait un tas de maquillages. »

Métingue

France, 1907 : Réunion, assemblée. Francisation du mot anglais meeting, participe présent du verbe to meet, se réunir, s’assembler. On doit prononcer mitingue.

Saluez Sa Majesté ! Vous croyez être des démocrates, des citoyens d’une république, des hommes indépendants, des serfs émancipés, des révolutionnaires ayant brisé tout joug injuste, renversé toute barrière désagréable, secoué toute tyrannie pénible. Allons donc ! vous pourrez, dans les métingues, déclamer contre le capital, conspuer les chéquards, vouer aux gémonies, les maîtres chanteurs, les panamistes et les victimes de M. Dopffer, le Jeffreys français, vous n’en serez pas moins les respectueux sujets de Sa Majesté Préjugé, un monarque qui ne porte pas de numéro, car il est unique et éternel.

(Edmond Lepelletier)

J’suis républicain socialisse,
Compagnon, radical ultra,
Révolutionnaire, anarchisse,
Eq’cœtera… eq’cœtera…
Aussi, j’vas dans tous les métingues,
Jamais je n’rate un’ réunion,
Et j’pass’ mon temps chez les mann’zingues
Oùsqu’on prêch’ la révolution.

(Aristide Bruant, Dans la rue)

Panamiste

Virmaître, 1894 : Cette expression date de 1892. Ce sont les dénonciations faites par M. Andrieux contre les 104 députés qui auraient touché des chèques à la caisse du Panama qui ont donné naissance à ce mot (Argot du peuple). N.

Hayard, 1907 : Qui a touché de l’argent dans l’affaire du Panama. (Ce mot est usuel).

France, 1907 : Individu qui a tripoté dans les affaires du Panama, et, par extension, tripoteur, monteur d’affaires véreuses. L’expression date de 1892, après les dénonciations faites à la Chambre par M. Andrieux contre 104 députés accusés d’avoir reçu des chèques pour payer leur vote eu faveur des opérations frauduleuses du Panama.

Ces gens-là ne savent se mettre d’accord que pour tromper le pays et lui jouer quelque mauvaise farce. L’année dernière, ils ont voté par acclamation l’affichage du fameux appel à la vertu de M. Cavaignac, et, quelques semaines après, ils validaient à tour de bras tous les panamistes et les rétablissaient dans leurs charges et dignités.

 

L’aventure des panamistes, montre du scandale parlementaire qu’elle procure à la très bourgeoisante troisième République, restera comme l’illustration la plus démonstrative, la plus saisissante de l’évolution de notre système économique et financier depuis la Révolution française, tout particulièrement depuis cette journée de Waterloo qui, mettant fin à la sanglante épopée impériale, donna à la classe qui avait envahi le pouvoir la possibilité de s’occuper avec plus de sécurité du soin de ses affaires.
Elle est là pour établir avec quelle audace, quelle ténacité, quelle subtilité dans les procédes, quelle absence de scrupules, se montent toutes ces grandes entreprises dont le but est l’accaparement au profit de quelques-uns de tous les fruits du travail de la grande majorité, soit par une exploitation réglée, systématique de ceux qui peinent à la tâche, soit par le drainage, sous toutes les formes, des capitaux et de l’épargne.

(John Labusquière, La Petite République)

Panamitard

France, 1907 : Panamiste.

Un de nos collaborateurs racontait de quelle façon, en Chine, on puni les concussionnaires. Le châtiment infligé aux panamitards de l’Empire du Milieu est bien fait pour dégoûter à jamais ces tripoteurs de toute compromission véreuse.
Cent bons coups de trique sous la plante des pieds, il n’y a encore rien de tel pour rendre délicats les plus éhontés coquins.
La pente du vice est rapide, disent les moralistes, et les chutes sont fréquentes ; d’accord ! Mais lorsqu’on songe qu’au bas de ladite pente se tient un grand Kalmouk armé d’un imposant bambou bien sec et bien solide, on regarde à deux fois avant de se lasser choir.

(Mot d’Ordre)

Et tous les panamitards de l’aquarium de battre les nageoires en signe d’approbation aux paroles du grand dispensateur des fonds secrets.

(La Révolte)

Pot-de-vinier

France, 1907 : Néologisme tiré de pot de vin, vieille expression indiquant qu’autrefois le pourboire consistait en un verre de vin. Le pot de vin exprimait donc un gros pourboire. On connait le mot du député socialiste Joffrin. On parlait d’un de ses collègues qu’on accusait d’avoir reçu un fort pot-de-vin dans une entreprise louche. — Un pot-de-vin ! s’exclama-t-il. Vous voulez dire un tonneau ?
On lit dans l’Esprit de Henri IV, paru en 1770, l’anecdote suivante : « Madame d’O… parut dans un ballet avec une coiffure plutôt surchargée qu’enrichie de pierreries.
— Voyez, dit le roy, comme madame la superintendante est droite et ferme sur ses pieds ; cependant elle a plus d’un pot de vin sur la tête.
On sait ce que signifie ce mot en matière de finances. »

Tout plutôt que vivre sons la domination de ce ramassis d’épiciers aigris, de ronds-de-cuir exaspérés, de démagogues chevelus et crasseux, souteneurs de grèves, voleurs de grévistes, pot- de-viniers sans vergogne. Dans cette bande d’écumeurs, qui tant mérite l’épithète de « parti », pas un homme, pas une figure, pas un sincére.

(Georges Brandal, L’Endehors)

Observation curieuse : on les a qualifiés de panamistes, de pot-de-viniers, de fesse-mathieu, de mameluks, de trafiquants de bulletins, de traîtres et même de faussaires. Ils ont accepté, sans protestation aucune, ces dénominations. On les appelle « mouchards » et ils se révoltent. Pourquoi ? C’est là ce que Darwin lui-même serait impuissant à expliquer.

(Henri Rochefort)

Quelques auteurs écrivent potdevineux.

Un ministre potdevineux et chéquard…

(Félicien Champsaur, Le Mandarin)

Retoqué

France, 1907 : Refusé à un examen.

Accusé de vouloir faire reculer la société française jusqu’au plus lointain moyen âge, le pseudo-gentilhomme fut assez embarrassé pour se défendre ; car, ignorant comme une carpe, et jadis retoqué trois fois de suite au bachot, il ne possédait, sur cette époque historique, que les données les plus confuses. Le médecin reçut par la figure, à plusieurs reprises, et sans preuve aucune, les gracieuses épithètes de chéquard et de panamiste ; et le bruit circula avec persistance que l’élégant socialiste trichait ordinairement aux cartes et qu’il était d’ailleurs, depuis l’âge de la puberté, entretenu par une vieille dame.

(François Coppée)

Tripatouillage

France, 1907 : Retouche maladroite d’une œuvre.

France, 1907 : Tripotage, voleries ; néologisme mis en cours par Émile Bergerat. Voir Soireux.

Il fut compromis dans une affaire véreuse, quelque tripatouillage panamiste en petit, où ne furent englobés qu’une demi-douzaine de sénateurs et députés.

(Hector France, L’Outrage)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique