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Gorge noire

France, 1907 : Rubiette à queue rouge.

France, 1907 : Sobriquet que les protestants du Midi donnent aux catholiques qui leur ripostent par celui de parpaillot.

Du poing, il menaçait Renée qu’il aurait broyée avec volupté ; mais, en son orgueil de petit bout d’homme déjà dédaigneux du sexe faible, il se contint dignement, et se borna à laisser tomber de ses lèvres ironiques cette insulte cinglante :
— Espèce de gorge noire !
Elle eut un bond de chatte furieuse. Et les poings sur la hanche, très crâne avec son petit air de mère Angot, elle lui cria, la voix étranglée par la colère :
— Parpaillot !… Affreux parpaillot !

(Jean Dalvy, Protestante)

Gouge

Delvau, 1866 : s. f. Fille ou femme qui vend l’amour au lieu de le donner, — dans l’argot du peuple, qui a déshonoré là un des plus vieux et des plus charmants mots de notre langue. Gouge, comme garce, n’avait pas à l’origine la signification honteuse qu’il a aujourd’hui ; cela voulait dire jeune fille ou jeune femme. « En son eage viril espousa Gargamelle, fille du roy des Parpaillos, belle gouge, » dit Rabelais.

Rigaud, 1881 : Femme de mauvaise vie, mal élevée. C’est la femelle du goujat.

Rossignol, 1901 : Femme.

France, 1907 : Fille de mauvaise vie. Vieux mot qui signifiait autrefois jeune fille, servante ; de l’hébreu goje, servante chrétienne, et qui, comme garce, a perdu sa signification première : « En son âge viril espousa Gargamelle, fille du roy des Parpaillots, belle gouge », dit Rabelais.

La belle dame devint rouge
De honte qu’on l’estimat gouge.

(Scarron)

J’ai rêvé que la Nuit n’était que la putain
D’un vieux soudard paillard qui la paie en butin,
Ce sergent aviné d’une bande en guenilles
A tué des vieillards, des enfants et des filles,
A brûlé des maisons, a mutilé des morts,
S’est vautré dans un tas de crimes sans remords,
Et le feu l’a fait noir et le sang l’a fait rouge,
Et c’était pour gagner de quoi payer sa gouge.

(Jean Richepin)

Dans l’accoutrement d’une gouge,
Orgueil des spectacles forains,
Tu faisais ondoyer tes reins
Et ta gorge ronde qui bouge.

(Théodore Hannon, Rimes de joie)

Pagne

Vidocq, 1837 : s. m. — Assistance que les voleurs reçoivent de leurs camarades lorsqu’ils sont prisonniers.

un détenu, 1846 : Assistance, secours que se portent les voleurs entre eux.

Larchey, 1865 : Secours envoyé à un détenu par un ami. (Vidocq).

Delvau, 1866 : s. m. Provisions que le malade ou le prisonnier reçoit du dehors et qu’on lui porte ordinairement dans un panier. Argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Don en argent ou en nature fait à un détenu.

Rigaud, 1881 : Lit, — dans le jargon des voyous.

La Rue, 1894 : Lit. Don fait à un détenu, argent ou provisions.

Virmaître, 1894 : Lit. Allusion au pagne qui entoure la taille des sauvages ; les draps cachent également la nudité de l’homme et de la femme (Argot du peuple). N.

Virmaître, 1894 : Provision.

On n’les but’plus, car c’est un mauvais flanche,
Y en a toujours qui sont paumés marrons,
Mais sans r’niffler, pour eux on fait la manche,
On leur envoie le pagne au violon.
(Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Lit.

France, 1907 : Lit. Abréviation de panier ; le pagne à puces. Voir Paillot.

Pendant qu’t’étais à la campagne
En train d’te fair’ cautériser,
Au lieur ed’ rester dans mon pagne,
Moi, j’m’ai mis à dévaliser ;
Mais un jour, dans la rue d’Provence,
J’me suis fait fair’ marron su l’tas,
Et maint’nant j’tir’ de la prévence ME
À Mazas.

(Aristide Bruant, Dans la Rue)

France, 1907 : Provisions ; de l’italien pagnotta, pain.

— J’ai un bon cœur ; tu l’as vu lorsque je lui portais le pagne à la Force.

(Mémoires de Vidocq)

C’est aussi, par extension, un prêt d’argent à un voleur arrêté.

Paillon

Vidocq, 1837 : s. m. — Cuivre.

Larchey, 1865 : Cuivre (Vidocq). — Allusion de couleur.

Rossignol, 1901 : Infidélité. Une fille publique fait un paillon lorsqu’elle se donne à un homme et que ça ne lui rapporte rien.

France, 1907 : Infidèle ; irréligieux. Corruption de parpaillot.

Paillot

Delvau, 1866 : s. m. Paillasson à essuyer les pieds, — dans l’argot du peuple.

Rigaud, 1881 : Paillasson. — Plaquer la tournante sous le paillot, mettre la clé sous le paillasson.

France, 1907 : Lit, vieux mot ; évidemment dérivé de paille.

France, 1907 : Paillasse d’enfant, remplie de menue paille.

France, 1907 : Paillasson. « Plaquer la tournante sous le paillot », cacher la clef sous le paillasson.

Paillotte

France, 1907 : Toiture de feuillage soutenue par quatre piquets dont les troupes se servent au Sénégal pour se mettre à l’abri des ardeurs du soleil.

Parpaillot

France, 1907 : Vieux sobriquet donné aux protestants. Il s’est conservé dans les localités où il existe encore un antagonisme entre les deux communions chrétiennes.
Le Duchat donne de ce mot, qui n’est guère employé que par les protestants de la Provence et du Languedoc, l’étymologie suivante : « François-Fabrice Sorbellon, parent du pape, ayant fait décapiter à Avignon messire Jean Perrin, seigneur de Parpaille, président à Orange, le 8 août 1562, c’est de là qu’est venu le nom de parpaillot qui fut renouvelé au siège de Montauban. »


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