Rossignol, 1901 : Pédestrement.
J’ai fait le trajet de Paris à Marseille à pince.
À pince
Rossignol, 1901 : Pédestrement.
J’ai fait le trajet de Paris à Marseille à pince.
Actif
Virmaître, 1894 : Ne se prend pas, dans le monde où ce mot est employé, dans le sens d’activité. Il veut dire que l’actif est l’amant du passif (Argot des pédérastes). V. Passif.
Alciabidiser
Delvau, 1864 : Agir en pédéraste passif, se laisser enculer — comme Alcibiade par Socrate.
Amour socratique
Delvau, 1864 : La pédérastie, que Socrate pratiquait si volontiers à l’endroit — je veux dire à l’envers d’Alcibiade.
Androgyne
Delvau, 1864 : Pédéraste, qui réunit en lui les deux sexes puisqu’il sert de maîtresse aux hommes et d’amant aux femmes, — comme ce grand libertin de Jules-César, qui était le mari de toutes les femmes et la femme de tous les maris.
Apothicaire
d’Hautel, 1808 : Mémoire d’Apothicaire. Compte surchargé, et sur lequel il y a beaucoup à rabattre.
Faire de son corps une boutique d’apothicaire. Se droguer continuellement ; prendre, sans nécessité, des médicamens.
Un apothicaire sans sucre. Homme qui ne possède aucune des connoissances nécessaires à son état.
Delvau, 1864 : Pédéraste, ou sodomite ; homme qui se trompe volontairement de côté quand il est au lit avec une femme et qui l’encule au lieu de la baiser.
Jean, ce frotteur invaincu,
Au soir, dans une taverne,
Frottait Lise à la moderne,
C’est-à-dire par le cul.
Elle, qui veut qu’on l’enfile,
Selon sa nécessité,
Disait d’un cœur irrité
Qu’un clystère est inutile
À qui crève de santé.
(Le Cabinet satyrique)
Apôtre de l’anus
Delvau, 1864 : Pédéraste, ou seulement sodomite, — homme qui se plaît à envoyer (ἀποστέλλω) son sperme dans le vagin breneux d’un autre homme, de préférence au vagin naturel de la femme.
Ah ! Dans toute la chrétienté,
Il faut que la société
Envoie des missionnaires,
De saints apôtres de l’anus,
Qui, tirant les vits des ornières,
Prêchent l’Évangile des culs.
(Collé)
Araignée
d’Hautel, 1808 : Main d’araignée ; Pate d’araignée ; Doigts d’araignée. Main sèche, étique et décharnée ; doigts longs, fluets et maigres.
Delvau, 1864 : Faire patte d’araignée. Action de prendre les couilles et le vit de l’homme de manière à chatouiller le tout à la fois en allant de la tête du vit au périnée et au trou du cul, de haut en bas, à droite et à gauche et retour, en y joignant des coups de langue au filet du vit décalotté, le tout jusqu’à jouissance complète. — Voir patte d’araignée.
Rigaud, 1881 : Voiture montée sur roues très-hautes et pourvue seulement d’un siège. Elle a des airs de faucheux ; d’où son nom. Elle sert spécialement aux maquignons pour essayer les chevaux.
Fustier, 1889 : Vélocipède à deux roues dont l’une, celle de devant, est très grande, et l’autre, celle de derrière, d’un diamètre très petit.
France, 1907 : Femme maigre et mal bâtie, Araignée de comptoir. Signifie aussi prostituée, Araignée de bastringue, de trottoir :
Elle attend les flâneurs qui passent, l’Araignée ;
Qu’il fasse ou non soleil, qu’il fasse chaud ou froid,
Elle est à la fenêtre ; en regardant, on voit
Aux rideaux entr’ouverts sa tête mal peignée.
(Jérôme Monti, Le Traquenard)
Avoir une araignée dans le plafond, avoir une idée fixe, ou un grain de folie.
Avaler sa cuillère
France, 1907 : sa fourchette, sa gaffe, sa langue, ses baguettes, se disent pour mourir. On dit aussi : Casser sa pipe, son vélocipède, claquer, dévisser son billard, descendre la garde, passer l’arme à gauche, etc.
Bander
Delvau, 1864 : Être en érection, avoir envie de baiser une femme lorsqu’on est homme, ou un homme lorsqu’on est pédéraste. C’est l’arrigere (relever, hausser, dresser) des Latins.
Qu’on le passe aux verges,
Dit Vénus à part ;
Qu’il soit de ma bande
Banni sans retour :
Jamais il ne bande.
(Les Archers de l’Amour)
Y bande encore… est-y gentil !
(Henry Monnier)
Tout vis-à-vis,
Je vends des vits
Toujours bandants.
(Collé)
— On a étendu la signification de ce mot, purement vénérienne, et on s’en sert maintenant au propre et au figuré : au propre, comme il vient d’être dit, au figuré, pour indiquer la violente envie qu’on a d’une chose. Ainsi Mirabeau, voulant peindre la pusillanimité du duc d’Orléans, qui voulait et n’osait pas être criminel, dit : « Ce d’Orléans est un Jean-Foutre qui toujours bande le crime et n’ose le décharger. Ignavum equidem fateor qui continuo erigit scelus et nunquam ejaculari ausus est. »
Bardache
Delvau, 1864 : Pédéraste actif ou passif, au choix — des autres.
C’est là un cul de châtré ou de bardache, si jamais il y en a eu.
(La Popelinière)
Le capitan était bardache :
Godefroy, seigneur de Bouillon,
L’encula dans une patache.
(B. de Maurice)
France, 1907 : Jeune garçon dont les gens de mœurs levantines abusent. On disait enfant d’honneur.
Le prince de Bidache
Criait aux Allemands :
Rendez-moi mon bardache.
(Tallemant des Réaux)
Béquilleur
Vidocq, 1837 : s. m. — Bourreau, celui qui pend.
Halbert, 1849 : Bourreau.
Delvau, 1866 : s. m. Bourreau, — probablement parce qu’il est le représentant de la Mort, qui va pede claudo comme la Justice.
France, 1907 : Bourreau.
Botte florentine
Delvau, 1864 : Enculage d’un homme ou d’une femme, — par allusion aux habitudes pédérastiques vraies ou supposées, des habitants de Florence, une façon de Sodome.
Peut-être aussi le plus bizarre de tous les goûts pour une femme… fait-il qu’elle ne prend aucune précaution contre la botte florentine qui pourrait la menacer.
(Les Aphrodites)
Bouche impure (la)
Delvau, 1864 : Le trou du cul, — qui parle plus souvent qu’on ne voudrait, et dont le langage n’est en odeur de sainteté qu’auprès des pédérastes.
Déjà le comte, dans un moment de délire assaisonné des exclamations les plus passionnées, est allé jusqu’à déposer un baiser fixe et mouillant sur cette bouche impure de laquelle, en pareil cas, il serait disgracieux d’obtenir un soupir.
(Andréa de Nerciat)
Bougre
Delvau, 1864 : Pédéraste, — en souvenir des hérétiques albigeois et bulgares qui, en leur qualité d’ennemis, étaient chargés d’une foule d’iniquités et de turpitudes par le peuple, alors ignorant — comme aujourd’hui.
Des soins divers, mais superflus,
De Fiévée occupent la vie :
Comme bougre il tache les culs,
Comme écrivain il les essuie.
(Anonyme)
Larchey, 1865 : Mot à noter comme ayant perdu sa portée antiphysique. Ce n’est plus qu’un synonyme de garçon. On dit : un bon bougre.
Bougrement : Très. — Pris en bonne comme en mauvaise part.
Delvau, 1866 : s. m. Homme robuste, de bons poings et de grand cœur, — dans l’argot du peuple, qui ne donne pas à ce mot le sens obscène qu’il a eu pendant longtemps. Bon bougre. Bon camarade, loyal ami. Bougre à poils. Homme à qui la peur est inconnue. Mauvais bougre. Homme difficile à vivre.
La Rue, 1894 : Brave homme sur lequel on peut compter. Se dit aussi en mauvaise part : bougre d’animal.
France, 1907 : Nous écartons l’idée primitivement obscène attachée à ce mot dérivé des Bulgares adonnés à certaine passion commune dans l’Orient et même en Occident, pour nous renfermer dans ses significations purement populaires. « Le berger Corydon brûlait d’amour pour le bel Alexis » (Églogues de Virgile). Bon bougre, excellent camarade, aimable garçon ; mauvais ou sale bougre, vilain personnage, mauvais coucheur ; bougre à poil, homme solide et courageux. Il précède généralement, dans l’argot populaire, tous les substantifs injurieux : bougre d’animal, bougre d’âne, bougre de cochon.
M. Louis Besson, au sujet de bougre, a jeté sur le caractère et les mœurs du grand Condé un jour très particulier en citant un fragment de la correspondance de la duchesse d’Orléans, mère du Régent, daté du 5 juin 1816 :
Lorsque le grand Condé était amoureux de Mlle d’Épernon, il alla à l’armée en compagnie de jeunes cavaliers ; quand il revint, il ne pouvait plus souffrir les dames ; il donna pour excuse qu’il était tombé malade et qu’on lui avait tiré tant de sang, qu’on lui avait ôté toute force et tout amour. La dame, qui aimait sincèrement le prince, ne se paya pas de cette réponse ; elle chercha à savoir ce qui en était, et, lorsqu’elle connut la véritable raison de cette indifférence, elle en éprouva un tel désespoir qu’elle se retira au couvent des Grandes-Carmélites, renonça entièrement au monde et se fit religieuse.
« Le bougre qu’il est, et je le maintiens bougre sur les saintes Évangiles », disait le marquis de Coligny… « Je prétexte devant Dieu que je n’ai jamais connu une âme si terrestre, si vicieuse, ni un cœur si ingrat, ni si traitre, ni si malin. » Cette particularité du grand Condé était commune, d’ailleurs, à Alexandre le Grand, César et au grand Frédéric. Je ne veux pas citer Henri III parmi ces noms illustres.
Bougrerie
Delvau, 1864 : Péché contre nature que commettent, non seulement les pédérastes, mais même quelquefois les honnêtes gens avec les femmes.
Un peu de bougrerie
Est dans la vie
Quelquefois de saison.
(Collé)
Boutonnière
Delvau, 1864 : La nature de la femme, en opposition à l’anus, que MM. les pédérastes appellent l’œillet.
Brodeuse
Clémens, 1840 : Plume.
Delvau, 1866 : s. f. Individu appartenant au troisième sexe. Même argot.
Rigaud, 1881 : Homme-femme, — dans le jargon des voleurs.
Virmaître, 1894 : Homme et femme à la fois. De la famille des pédérastes (Argot du peuple).
Cadratins
Boutmy, 1883 : s. m. pl. Petits parallélépipèdes de même métal et de même force que les caractères d’imprimerie, mais moins hauts que les lettres de diverses sortes. Ils servent à renfoncer les lignes pour marquer les alinéas et portent sur une de leurs faces un, deux ou trois crans. Jeu des cadratins. On joue avec ces petits prismes rectangulaires à peu près comme avec les dés à jouer. Les compositeurs qui calent, et même ceux qui ne calent pas, s’amusent quelquefois à ce jeu sur le coin d’un marbre. Quand le joueur n’amène aucun point, on dit qu’il fait blèche. Il va sans dire que l’enjeu est toujours une chopine, un litre ou toute autre consommation. Les typographes appellent aussi cadratin le chapeau de haute forme, désigné dans l’argot parisien sous le nom si juste et si pittoresque de tuyau de poêle.
Canapé
Vidocq, 1837 : s. m. — On trouve dans le langage des voleurs, dix, vingt mots même, pour exprimer telle action répréhensible, ou tel vice honteux ; on n’en trouve pas un seul pour remplacer ceux de la langue usuelle, qui expriment des idées d’ordre ou de vertu ; aussi doit-on s’attendre à trouver, dans un livre destiné à faire connaître leurs mœurs et leur langage, des récits peu édifians. J’ai réfléchi long-temps avant de me déterminer à leur donner place dans cet ouvrage ; je craignais que quelques censeurs sévères ne m’accusassent d’avoir outragé la pudeur, mais après j’ai pensé que le vice n’était dangereux que lorsqu’on le peignait revêtu d’un élégant habit, mais que, nu, sa laideur devait faire reculer les moins délicats ; voilà pourquoi cet article et quelques autres semblables se trouveront sous les yeux du lecteur ; voilà pourquoi je n’ai pas employé des périphrases pour exprimer ma pensée ; voilà pourquoi le mot propre est toujours celui qui se trouve sous ma plume. Je laisse au lecteur le soin de m’apprendre si la méthode que j’ai adoptée est la meilleure.
Le Canapé est le rendez-vous ordinaire des pédérastes ; les Tantes (voir ce mot), s’y réunissent pour procurer à ces libertins blasés, qui appartiennent presque tous aux classes éminentes de la société, les objets qu’ils convoitent ; les quais, depuis le Louvre jusqu’au Pont-Royal, la rue Saint-Fiacre, le boulevard entre les rues Neuve-du-Luxembourg et Duphot, sont des Canapés très-dangereux. On conçoit, jusques à un certain point, que la surveillance de la police ne s’exerce sur ces lieux que d’une manière imparfaite ; mais ce que l’on ne comprend pas, c’est que l’existence de certaines maisons, entièrement dévolues aux descendans des Gomorrhéens, soient tolérées ; parmi ces maisons, je dois signaler celle que tient le nommé, ou plutôt (pour conserver à cet être amphibie la qualification qu’il ou elle se donne), la nommée Cottin, rue de Grenelle Saint-Honoré, no 3 ; la police a déjà plusieurs fois fait fermer cette maison, réceptacle immonde de tout ce que Paris renferme de fangeux, et toujours elle a été rouverte ; pourquoi ? je m’adresse cette interrogation, sans pouvoir y trouver une réponse convenable ; est-ce parce que quelquefois on a pu y saisir quelques individus brouillés avec la justice ; je ne puis croire que ce soit cette considération qui ait arrêté l’autorité, on sait maintenant apprécier l’utilité de ces établissemens où les gens vicieux se rassemblent pour corrompre les honnêtes gens qu’un hasard malheureux y amène.
Larchey, 1865 : Lieu public fréquenté par les pédérastes (Vidocq). — Ironique, car les parapets des quais et les bancs de certains boulevards sont de tristes canapés.
Delvau, 1866 : s. m. Lieu où Bathylle aurait reçu Anacréon, — dans l’argot des voleurs, qui ont toutes les corruptions.
Rigaud, 1881 : Lieu de promenade ordinaire, sorte de petite Bourse des émigrés de Gomorrhe et des Éphestions de trottoir. — Sous la Restauration et sous le gouvernement de Juillet, les quais, depuis le Louvre jusqu’au Pont-Royal, la rue Saint-Fiacre, le boulevard entre les rues Neuve-du-Luxembourg et Duphot étaient, d’après Vidocq, des canapés très dangereux. Aujourd’hui le passage Jouffroy et les Champs-Élysées sont devenus les lieux de prédilection de ces misérables dévoyés.
La Rue, 1894 : Lieu où se réunissent les individus de mœurs innommables.
Virmaître, 1894 : Femme copieusement douée du côté des fesses. Le mot est en usage chez les pédérastes qui ne recherchent pas cet avantage du côté féminin (Argot des voleurs).
France, 1907 : Femme copieusement douée du côté des fesses.
Canard
d’Hautel, 1808 : Boire de l’eau comme un canard ou comme une Cane. Pour dire boire beaucoup d’eau et coup sur coup, ce qui arrive assez ordinairement à ceux qui ont fait une grande débauche de vin.
Bête comme un canard.
Donner des canards à quelqu’un. Pour lui en faire accroire ; le tromper.
M.D., 1844 : Fausse nouvelle.
Halbert, 1849 : Nouvelle mensongère.
Larchey, 1865 : Fausse nouvelle.
Ces sortes de machines de guerre sont d’un emploi journalier à la Bourse, et on les a, par euphémisme, nommés canards.
(Mornand)
Larchey, 1865 : Imprimé banal crié dans la rue comme nouvelle importante. V. Canardier. autrefois, on disait vendre ou donner un canard par moitié pour mentir, en faire accroire. — dès 1612, dans le ballet du courtisan et des matrones, M. Fr. Michel a trouvé « Parguieu vous serez mis en cage, vous estes un bailleur de canars. » — On trouve « donner des canards : tromper » dans le Dict. de d’Hautel, 1808.
Larchey, 1865 : Récit mensonger inséré dans un journal.
Nous appelons un canard, répondit Hector, un fait qui a l’air d’être vrai, mais qu’on invente pour relever les Faits-Paris quand ils sont pâles.
(Balzac)
Larchey, 1865 : Sobriquet amical donné aux maris fidèles. Le canard aime à marcher de compagnie.
Or, le canard de madame Pochard, s’était son mari !
(Ricard)
Delvau, 1866 : s. m. Chien barbet, — dans l’argot du peuple, qui sait que ces chiens-là vont à l’eau comme de simples palmipèdes, water-dogs.
Delvau, 1866 : s. m. Fausse note, — dans l’argot des musiciens. On dit aussi Couac.
Delvau, 1866 : s. m. Imprimé crié dans les rues, — et par extension, Fausse nouvelle. Argot des journalistes.
Delvau, 1866 : s. m. Journal sérieux ou bouffon, politique ou littéraire, — dans l’argot des typographes, qui savent mieux que les abonnés la valeur des blagues qu’ils composent.
Delvau, 1866 : s. m. Mari fidèle et soumis, — dans l’argot des bourgeoises.
Delvau, 1866 : s. m. Morceau de sucre trempé dans le café, que le bourgeois donne à sa femme ou à son enfant, — s’ils ont été bien sages.
Rigaud, 1881 : Cheval, — dans le jargon des cochers. J’ai un bon canard, bourgeois, nous marcherons vite. Ainsi nommé parce que la plupart du temps, à Paris, à l’exemple du canard, le cheval patauge dans la boue.
Rigaud, 1881 : Mauvaise gravure sur bois, — dans le jargon des graveurs sur bois.
Rigaud, 1881 : Méchant petit journal, imprimé sans valeur.
Ne s’avisa-t-il pas de rimer toutes ses opinions en vers libres, et de les faire imprimer en façon de canard ?
(Ed. et J. de Goncourt)
Rigaud, 1881 : Mensonge, fausse nouvelle. — Au dix-septième siècle, donner des canards à quelqu’un avait le sens de lui enfaire accroire, lui en imposer. (Ch. Nisard, Parisianismes)
Rigaud, 1881 : Morceau de sucre trempé dans du café. Comme le canard, il plonge pour reparaître aussitôt. Rien qu’un canard, un petit canard. On donne aussi ce nom à un morceau de sucre trempé dans du cognac.
Boutmy, 1883 : s. m. Nom familier par lequel on désigne les journaux quotidiens, et quelquefois les autres publications périodiques. Le Journal officiel est un canard, le Moniteur universel est un canard, tout aussi bien que le Journal des tailleurs et que le Moniteur de la cordonnerie ou le Bulletin des halles et marchés.
La Rue, 1894 : Journal. Fausse nouvelle inventée pour relever les Faits-Paris. Imprimé banal crié dans la rue.
Virmaître, 1894 : Mauvais journal. Quand un journal est mal rédigé, mal imprimé, pas même bon pour certain usage, car le papier se déchire, c’est un canard (Argot du peuple et des journalistes).
Virmaître, 1894 : Nouvelle fausse ou exagérée. Ce système est employé par certains journaux aux abois. On pourrait en citer cinquante exemples depuis les écrevisses mises par un mauvais plaisant dans un bénitier de l’église Notre-Dame-de-Lorette et qui retournèrent à la Seine en descendant par les ruisseaux de la rue Drouot ; jusqu’au fameux canard belge. Un huissier à l’aide d’une ficelle pécha vingt canards qui s’enfilèrent successivement, comme Trufaldin dans les Folies Espagnoles de Pignault Lebrun, il fut enlevé dans les airs, mais la ficelle se cassa et il tomba dans un étang ou il se noya. Ce canard fit le tour du monde arrangé ou plutôt dérangé par chacun, il y a à peine quelques années qu’il était reproduit par un journal, mais la fin était moins tragique, l’huissier était sauvé par un membre de la Société des Sauveteurs à qui on décernait une médaille de 1re classe. Pour sauver un huissier on aurait dû lui fourrer dix ans de prison (Argot du peuple).
Virmaître, 1894 : Terme de mépris employé dans les ateliers vis-à-vis d’un mauvais camarade.
— Bec salé, c’est un sale canard (Argot du peuple). N.
Hayard, 1907 : Journal, fausse nouvelle.
France, 1907 : Fausse nouvelle insérée dans un journal pour relever les Faits Divers lorsqu’ils sont pâles. Les filous et les tripoteurs de la Bourse se servent de canards pour faire la hausse ou la baisse. Cette expression est assez ancienne, car, dans le Dictionnaire Comique de Philibert Joseph Le Roux (1735), on trouve à côté du mot l’explication suivante : « En faire accroire à quelqu’un, en imposer, donner des menteries, des colles, des cassades, ne pas tenir ce qu’on avait promis, tromper son attente. »
De là à appeler canard le journal qui ment et, par suite, tous les journaux, il n’y avait qu’un pas ; il a été franchi.
Nous allons lancer un canard, c’est-à-dire, nous allons faire un journal.
France, 1907 : Gravure sur bois.
Terme de mépris employé dans les ateliers vis-à-vis d’un mauvais camarade. Argot populaire.
(Ch. Virmaître)
Chien barbet, argot populaire, à cause du plaisir qu’ont ces chiens de se jeter à l’eau. Bouillon de canard, eau.
Fausse note ; argot des musiciens.
Petit morceau de sucre trempé dans le café ou l’eau-de-vie que l’on donne aux enfants.
Pendant la communion.
Bébé, regardant avec attention le prêtre en aube distribuant les hosties, se décide à tirer maman par la robe.
Maman — Quoi donc ?
Bébé — Je voudrais aller comme tout le monde près du monsieur en chemise.
Maman — Pourquoi faire ?
Bébé — Pour qu’il me donne aussi un canard.
(Gil Blas)
Canarder
Larchey, 1865 : Faire feu d’une embuscade comme si on était à l’affût des canards sauvages. — Canarder : tromper.
On a trop canardé les paroissiens… avec la philanthropie.
(Gavarni)
Delvau, 1866 : v. a. Fusiller, — dans l’argot des troupiers, pour qui les hommes ne comptent pas plus que des palmipèdes.
Delvau, 1866 : v. a. Tromper.
Rigaud, 1881 : Tromper. — Plaisanter. (L. Larchey)
France, 1907 : Tromper, plaisanter. Se dit aussi pour fusiller.
Presque aussitôt une tête se montra et un spahi fit feu. Les détonations se succédèrent, et une demi-douzaine d’indigènes demis-nus bondirent dans les buissons, courant comme des gens affolés.
— Mais, cirais-je à Préval, ils ne sont pas armés…
— Bah !
— Aucun ne riposte…
— C’est une tactique. Ils vont riposter tout à l’heure. Tire donc !
On en canarda ainsi une demi-douzaine.
— C’est égal, dis-je, voilà ce qui s’appelle assassiner les gens.
(Hector France, L’Homme qui tue)
Casse-poitrine
Larchey, 1865 : « Cette boutique est meublée de deux comptoirs en étain où se débitent du vin, de l’eau-de-vie et toute cette innombrable famille d’abrutissants que le peuple a nommés, dans son énergique langage, du Casse-Poitrine. »
(Privat d’Anglemont)
Ces demoiselles n’ont plus la faculté de se faire régaler du petit coup d’étrier, consistant en casse-poitrine, vespetro, camphre et autres ingrédients.
(Pétition des filles publiques de Paris, Paris, 1830, in-8)
Delvau, 1866 : s. m. pl. Individus voués aux vices abjects, qui manustupro dediti sunt, dit, le docteur Tardieu.
Delvau, 1866 : s. m. Eau-de-vie poivrée, — dans l’argot du peuple.
Virmaître, 1894 : Mauvaise eau-de-vie. En effet, elle casse rudement la poitrine de ceux qui en boivent (Argot du peuple). V. Eau d’aff.
France, 1907 : Eau-de-vie. On appelle aussi de ce nom ceux voués à l’amour grec, ou socratique.
« Qui manustupro dediti sunt, casse-poitrine appellantur, » dit le docteur A. Tardieu.
J’ai pu juger par moi-même, dans trop de circonstances, de l’aspect misérable, de la constitution appauvrie et de la pâleur maladive des prostitués pédérastes : j’ai trop bien reconnu la justesse sinistre de cette expression de casse-poitrine réservée à quelques-uns d’entre eux, pour méconnaître que cet abus de jouissances honteuses mine et détruit la santé…
(Léo Taxil, La Prostitution contemporaine)
Castrat
Delvau, 1864 : Se dit, non pas seulement des hommes qui ont perdu leurs testicules naturellement, mais encore de ceux qui ne bandent plus à force d’avoir bandé dans le cours de leur vie.
Dans tan théâtre, où règnent les castrats.
(Joachim Duflot)
Es-tu pédéraste ou castrat, voyons ?
Un pareil état m’excite et m’offense :
Descends de mon lit, ou bien rouscaillons.
(Anonyme)
Chantage
un détenu, 1846 : Vol par pédérastie.
Larchey, 1865 : Extorsion d’argent sous menace de révélations scandaleuses.
Le chantage, c’est la bourse ou l’honneur…
(Balzac)
Delvau, 1866 : s. m. Industrie qui consiste à soutirer de l’argent à des personnes riches et vicieuses, en les menaçant de divulguer leurs turpitudes ; ou seulement à des artistes dramatiques qui jouent plus ou moins bien, en les menaçant de les éreinter dans le journal dont on dispose.
Rigaud, 1881 : Mise en demeure d’avoir à donner de l’argent sous peine de révélation.
Le chantage est un vol pratiqué non plus à l’aide du poignard ou du pistolet, mais d’une terreur morale, que l’on met sur la gorge de la victime qui se laisse ainsi dépouiller sans résistance.
(A. Karr, les Guêpes, 1845)
L’inventeur du chantage est Farétin, un très grand homme d’Italie, qui imposait les rois, comme de nos jours tel journal impose tels acteurs.
(Balzac, Un grand homme de province à Paris)
France, 1907 : Extorsion d’argent sous menaces de révélations qui peuvent perdre la réputation où l’honneur. Au lieu d’être la bourse ou la vie, c’est, comme disait Balzac, la bourse où l’honneur. Le chantage a existé de tout temps et partout, mais c’est surtout en Angleterre, en raison de l’hypocrisie des mœurs, qu’il a été et est encore le plus florissant. Reculant devant un scandale qui, même l’innocence prouvée, les eût perdus dans l’estime publique, où leur eût occasionné au moins de nombreux désagréments, des gens des plus honorables se sont laissé exploiter par d’affreux gredins.
De sorte qu’avec le système de chantage, qui est ici des plus prospères, outre qu’il n’est pas de Police Court (tribunal correctionnel) où l’on ne puisse se procurer autant de faux témoins qu’on en désire à raison de deux à cinq shillings par tête, la réputation, la fortune, la liberté, l’avenir du citoyen le plus honorable se trouvent à la merci des deux premières petites drôlesses venues.
(Hector France, Préface de Au Pays des brouillards)
Cette lâche industrie du chantage s’adresse surtout aux faibles, aux timides. aux innocents. Elle a ceci de terrible qu’elle bénéficie neuf fois sur dix de l’impunité, les victimes ayant un intérêt plus grand à payer en silence qu’à porter plainte, le châtiment des coupables ayant pour répercussion l’écrasement, la honte, la disqualification, la déchéance et la ruine des victimes.
(Ed. Lepelletier, Les Secrets de Paris)
Chantage au saute-dessus
France, 1907 : Industrie particulière à certains gredins faisant profession de pédérastie. On saute sur la victime, d’ailleurs peu intéressante, on l’effraye et on la dépouille.
Il est démontré, il est constaté d’une façon irréfutable que tout prostitué du sexe masculin est en même temps un bandit de la pire espèce ; pour lui, la pédérastie est un moyen de chantage, de vol, souvent même d’assassinat.
(Léo Taxil, La Prostitution contemporaine)
Chanteur
Vidocq, 1837 : s. m. — Celui qui fait contribuer un individu en le menaçant de mettre le public ou l’autorité dans la confidence de sa turpitude. Ce serait une entreprise pour ainsi dire inexécutable que dévoiler tous les chantages, et seulement esquisser la physiologie de tous les Chanteurs. Après avoir parlé des journalistes qui exploitent les artistes dramatiques, auxquels ils accordent ou refusent des talens suivant que le chiffre de leurs abonnemens est plus ou moins élevé ; ceux qui vous menacent, si vous ne leur donnez pas une certaine somme, d’imprimer dans leur feuille une notice biographique sur vous, votre père, votre mère ou votre sœur, qui vous offrent à un prix raisonnable l’oraison funèbre de celui de vos grands parens qui vient de rendre l’ame ; du vaudevilliste qui a des flons-flons pour tous les anniversaires ; du poète qui a des dithyrambes pour toutes les naissances et des élégies pour les les morts, il en resterait encore beaucoup d’autres, Chanteurs par occasion sinon par métier ; et parmi ces derniers il faudrait ranger ceux qui vendent leur silence ou leur témoignage, l’honneur de la femme qu’ils ont séduite, une lettre tombée par hasard entre leurs mains et mille autres encore ; mais comme il n’y a pas de loi qui punisse le fourbe adroit, le calomniateur, le violateur de la foi jurée ; comme tous ceux dont je viens de parler sont de très-honnêtes gens, je ne veux pas m’occuper d’eux.
Les bornes de cet ouvrage ne me permettent de parler que des individus que les articles du Code Pénal atteignent ; si jamais, ce qu’à Dieu ne plaise, je me détermine à écrire le recueil des ruses de tous les fripons qui pullulent dans le monde, fripons auxquels le procureur du roi donne la main, et qui sont salués par le commissaire de police, il faudra que je me résolve à écrire un ouvrage plus volumineux que la Biographie des frères Michaud.
Si quelquefois de très-braves gens n’étaient pas les victimes des Chanteurs, on pourrait, sans qu’il en résultât un grand mal, laisser ces derniers exercer paisiblement leur industrie ; car ceux qu’ils exploitent ne valent guère plus qu’eux ; ce sont de ces hommes que les lois du moyen âge, lois impitoyables il est vrai, condamnaient au dernier supplice ; de ces hommes dont toutes les actions, toutes les pensées, sont un outrage aux lois imprescriptibles de la nature ; de ces hommes que l’on est forcé de regarder comme des anomalies, si l’on ne veut pas concevoir une bien triste idée de la pauvre humanité.
Les Chanteurs ont à leur disposition de jeunes garçons doués d’une jolie physionomie, qui s’en vont tourner autour de tel financier, de tel noble personnage, et même de tel magistrat qui ne se rappelle de ses études classiques que les odes d’Anacréon à Bathylle, et les passages des Bucoliques de Virgile adressés à Alexis ; si le pantre mord à l’hameçon, le Jésus le mène dans un lieu propice, et lorsque le délit est bien constaté, quelquefois même lorsqu’il a déjà reçu un commencement d’exécution, arrive un agent de police d’une taille et d’une corpulence respectable : « Ah ! je vous y prends, dit-il ; suivez-moi chez le commissaire de police. » Le Jésus pleure, le pécheur supplie ; larmes et prières sont inutiles. Le pécheur offre de l’argent, le faux sergent de ville est incorruptible, mais le commissaire de police supposé n’est pas inexorable : tout s’arrange, moyennant finance, et le procès-verbal est jeté au feu.
Ce n’est point toujours de cette manière que procèdent les Chanteurs, c’est quelquefois le frère du jeune homme qui remplace le sergent de ville, et son père qui joue le rôle du commissaire de police ; cette dernière manière de procéder est même la plus usitée.
Beaucoup de gens, bien certains qu’ils avaient affaire à des fripons, ont cependant financé ; s’ils s’étaient plaint, les Chanteurs, il est vrai, auraient été punis, mais la turpitude des plaignans aurait été connue : ils se turent et firent bien.
Un individu bien connu, le sieur L…, exerce depuis très-long-temps, à Paris, le métier de Chanteur, sans que jamais la police ait trouvé l’occasion de lui chercher noise ; ses confrères, admirateurs enthousiastes de son audace et de son adresse, l’ont surnommé le soprano des Chanteurs. Je ne pense pas cependant qu’il lui manque ce que ne possèdent pas les sopranos de la chapelle sixtine.
Clémens, 1840 : Celui qui fait contribuer les rivettes.
un détenu, 1846 : Voleur pédéraste.
Halbert, 1849 : Voleur spéculant sur la bienfaisance.
Delvau, 1866 : s. m. Homme sans moralité qui prend en main la cause de la morale quand elle est outragée par des gens riches.
Rigaud, 1881 : Misérable gredin qui exerce l’art du chantage. Le prototype du chanteur est celui qui exploite les passions honteuses des émigrés de Gomorrhe, qu’il sait faire financer sous menace de révéler leurs turpitudes. Quelquefois des compères interviennent sous les espèces de faux agents des mœurs. — Le nombre des chanteurs est infini, et le chantage s’exerce sur toutes les classes de la société.
France, 1907 : Individu qui prend en main la cause de la morale quand il croit, qu’il peut en résulter un avantage pour lui. On dit aussi maître chanteur.
Michelet souhaitait un art qui sût toucher et anoblir les simples. Nos ministres m’ont de goût que pour la musique du baron de Reinach. C’est qu’ils confondent le chant et le chantage. Ils tiennent pour le meilleur des musiciens le plus fameux des maîtres chanteurs.
(Maurice Barrés, Le Journal)
Chatte
Vidocq, 1837 : s. f. — Pièce de six francs. Les filles publiques sont à-peu-près les seules qui se servent de ce terme.
Delvau, 1866 : s. f. Autrefois écu de six livres, aujourd’hui pièce de cinq francs, — dans l’argot des filles.
Fustier, 1889 : Pédéraste. Argot des voleurs. Terme injurieux que s’adressent les enfants des rues.
Virmaître, 1894 : Homme aimé des pédérastes pour ses manières câlines. La femme aussi est chatte si elle est câline à ses heures, à d’autres elle sait griffer (Argot du peuple). N.
Rossignol, 1901 : Lop ou lob, gueuse, coquine, tante, fiote, copaille, tapette. Singulier masculin qui se fait mettre au féminin.
France, 1907 : Pièce de cinq francs ; argot des filles.
Chevalier de la rosette
Delvau, 1864 : Pédéraste actif ou passif.
Virmaître, 1894 : Homme qui aime son sexe (Argot du peuple). N.
France, 1907 : Pédéraste.
Consommer son kabyle
Delvau, 1864 : Pédéraster un indigène, — dans l’argot des troupiers d’Afrique.
Quand il consommait son Kabyle,
On entendait sous le gourbi,
Au milieu de la nuit tranquille,
Le succube pousser ce cri…
(Alexandre Pothey)
Copaille
Rossignol, 1901 : Voir chatte.
Hayard, 1907 : Homme de mœurs douteuses.
France, 1907 : Jeune homme de mœurs inavouables. Individu du troisième sexe, pédéraste.
— Les copailles ?… Ce sont ces petits jeunes gens moulés dans leur culotte et leur pet-en-l’air qui se promènent et qui se tortillent en minaudant comme des filles. Elles se tiennent en général…
— Comment, elles ?
— Oui, c’est encore une particularité, on dit elles en parlant d’eux… Eh bien ! elles se tiennent en général aux Champs-Élysées et sur les grands boulevards, aux environs des cafés et principalement du Grand-Hôtel. Vous les voyez circuler deux par deux, par petits ménages, faisant des mines, des manières, maquillées, leur badine sous le bras, quelques-unes avec des tournures dans leurs pantalons. On les appelle aussi des lobes, des coquines, et quand elles parlent de l’une d’elles, elles disent entre elles : « C’est une sœur. » Mais ce qu’il faut entendre, ce sont les titres et les surnoms sous lesquels elles se distinguent. Il y a la Pompadour, la comtesse Dubarry, la duchesse de Mayenne, la de Valentinois, la reine d’Espagne, la reine d’Angleterre, l’archiduchesse d’Autriche, l’Épicière, le Petit Journal, la Petite-Semaine, la Miss Chaudron, la Miss Bombée, la mère Gamelle…
(Maurice Talmeyr)
Corvette
Vidocq, 1837 : s. m. — Jeune sodomite. Terme usité au bagne.
Delvau, 1866 : s. f. L’Héphestion des Alexandres populaciers, — dans l’argot des voleurs.
France, 1907 : Complaisant d’un pédéraste.
Cousine
Delvau, 1864 : Pédéraste passif ; variété de Tante, — les enculés portant presque tous des noms de femme, tels que ceux de : la Rein d’Angleterre, la Grille, la Marseillaise, la Fille à la perruque, la Léontine, la Nantaise, la Folle’, la Fille à la mode, la Pipée, la Bouchère, etc.
Delvau, 1866 : s. f. L’Héphestion des Alexandres de bas étage, — dans l’argot du peuple.
France, 1907 : Sodomite.
Émigre de Gomorrhe ou de Sodome
France, 1907 : Pédéraste.
Émile
Delvau, 1864 : Nom donné aux pédérastes que précédemment l’on appelait Tantes (V. ce mot). Les Émiles étaient en société, à Paris, en 1864. Leurs statuts ont été imprimés. La police, avertie de ces réunions, y fit une descente et fit fermer un établissement de marchand de vins de la Barrière de l’École, où ils se réunissaient. De hauts fonctionnaires furent compromis. Une chanson fut faite à cette occasion. Les patients s’habillaient en femme pour recevoir leur Émile. — Un dessinateur avait consenti à reproduire les poses lubriques de toutes ces scènes de sodomie.
Extrait d’une lettre du baron de Heeckeren, sénateur, saisie : « … Je ne pourrai venir à la réunion qu’à minuit, réservez-moi Dupanloup… »
— Duc de Mouchy. Jeune attaché d’ambassade, très connu pour ses goûts non-conformistes…, comme patient… S’habille ordinairement en femme, — Général d’Herbillon (Émile), général de division et sénateur.
Étaient encore acteurs dans la pièce : — Duc de Valmy, secrétaire d’ambassade. — Davilliers (J.-P.-E.), chef du deuxième bureau, première division, ministère de la guerre. Lieutenant d’état-major. Proxénète et mignon. On faisait des cancans sur lui dans son bureau ; indigné de bruits qui ternissaient son honneur, il fut s’en plaindre à son protecteur, le général Castelnau, chef de sa division au ministère. Le général, qui ne voulait pas que son protégé eût la réputation d’une putain, lui promit de faire cesser les bruits qui couraient. Il pria le préfet de police de faire use enquête ; pour toute réponse, le préfet lui montra une photographie représentant son protégé dans l’exercice de ses fonctions.
Plusieurs dénonciations étaient arrivées à la préfecture de police ; la plus drôle est celle d’un propriétaire qui, voyant arriver une masse de soldats dans la maison folichonne, et apprenant qu’on y avait apporté des uniformes de préfets, de sénateur, d’évêques, crut à un complot et en écrivit à la préfecture.
(La Sultane Rozréa, p. 21.)
France, 1907 : Souteneur ; pédéraste.
Emposeur
Rigaud, 1881 : Pédéraste, — dans l’ancien argot.
France, 1907 : Pédéraste ; argot des voleurs.
Emproseur
Vidocq, 1837 : s. m. — Pédéraste.
Delvau, 1866 : s. m. Lesbien, — dans l’argot des voleurs.
La Rue, 1894 : Le troisième sexe.
Virmaître, 1894 : Variété de pédéraste (Argot des voleurs).
France, 1907 : Pédéraste.
En être
Larchey, 1865 : Être agent secret de la police.
Il n’est pas assez malin pour en être.
(Balzac)
Larchey, 1865 : Être pédéraste (Vidocq) — Ménage, dans ses Origines, avait commencé sa dissertation sur le mot Bougre par ces mots : Bougre : Je suis de l’avis, etc.
Ah ! lui dit Bautru en se moquant, vous en êtes donc aussi et vous l’imprimez. Tenez ! il y a bien moulé : Bougre je suis.
(Tallemant des Réaux)
On dit encore aujourd’hui dans le même sens Il en est.
Rossignol, 1901 : Faire partie de la police.
Tu sais, il en est.
France, 1907 : Expression usitée par ceux à qui il répugne de s’expliquer catégoriquement. En être, c’est appartenir à la police.
Quand le restaurateur arriva, il tendit les mains à Caron et à Vidocq.
Celui-ci refusa la sienne.
Boudin prit un air scandalisé.
— Pourquoi me faites-vous cet affront ? balbutia-t-il.
— Parce que vous en êtes, répondit Vidocq.
— Moi !
— Vous.
— Je suis de quoi ?
— De la rue de Jérusalem.
— Eh bien ! oui, j’ai été mouchard ; mais quand vous saurez pourquoi, je suis sûr que vous ne m’en voudrez pas.
(Marc Mario et Louis Launay)
Encloué
Rigaud, 1881 : Mou, sans énergie. — Individu qui a des passions contre nature.
Virmaître, 1894 : Allusion au canon dont on encloue la lumière (Argot des voleurs). V. Passif.
France, 1907 : Pédéraste. Gauche, maladroit.
Enculé
Delvau, 1864 : Pédéraste passif, homme qui sert de maîtresse à un autre homme.
Un enculé lira les noms de tes victimes.
(Dumoulin)
As-tu donc fréquenté Sodome
Ou Rome, bougre d’enculé !
Que tu parles de prendre un homme
Et, comme nous, d’être enfilé ?
(Parnasse satyrique)
Enculer
Delvau, 1864 : Introduire son membre dans le cul d’une femme, lorsqu’on est sodomite, — ou d’un homme, lorsqu’on est pédéraste.
… Tu venais un soir de m’enculer,
dit Pinolie à Pincecul, dans Serrefesse, parodie de Lucrèce.
Que les chiens sont heureux !
Dans leur humeur badine,
Ils se sucent la pine,
Ils s’enculent entre eux :
Que les chiens sont heureux !
(Parnasse satyrique)
Godefroy, seigneur de Bouillon,
L’encula dans une patache
Qu’il rencontra d’occasion.
(B. de Maurice)
Enculeur
Delvau, 1864 : Sodomite ou pédéraste, selon que sa pine s’adresse à un cul féminin ou à un cul masculin, ce qui, en somme, est toujours la même chose — et la même merde.
C’était comme un immense et splendide bazar
Dans lequel enculeurs, enculés, maquerelles,
Maquereaux et putains, tous grouillaient pêle-mêle.
(L. Protat)
Enmiché
France, 1907 : Pédéraste passif ; l’actif est l’enmicheur.
Entrouducuter (ou s’)
Delvau, 1864 : Enculer, ou s’enculer mutuellement, entre pédérastes.
Que vont devenir nos talents,
Notre motte dodue
Puisque l’nombre de nos chalands
Chaque jour diminue ?
À se chatouiller,
S’entrouducuter
Chacun ici s’exerce…
De ce maudit Coin
Vite, foutons l’camp :
Au diable le commerce.
(Sultane Rozréa, p. 22.)
Épingles (ramasseur d’)
France, 1907 : Pédéraste.
Être (en)
Vidocq, 1837 : v. p. — Aimer la pédérastie.
Delvau, 1866 : v. n. Euphémisme de l’argot du peuple, qui est une allusion aux Insurgés de Romilly. (Voir ce mot.)
Delvau, 1866 : v. n. Faire partie de la corporation des non-conformistes.
Rigaud, 1881 : Être de la police. — L’expression sert aussi à sous-entendre un vice, une turpitude quelconque.
France, 1907 : Appartenir à la corporation de policiers ou des pédérastes.
France, 1907 : Cet euphémisme n’est guère employé qu’à la troisième personne du singulier, précédé de ce : C’en est, c’est-à-dire : c’est de la merde.
Derrière nous, au fond, on dirait… ça ressemble… — Ah ! mille millions de tonnerres ! C’en est !
(Paul Déroulède, Nouveaux Chants du soldat)
Faire de la dentelle
France, 1907 : Expression des pédérastes expliquée dans le passage suivant :
Ils provoquent les assistants derrière eux, en faisant de la dentelle, c’est-à-dire en agitant les doigts croisés derrière leur dos, ou ceux qui sont devant à l’aide de la poussette, en leur faisant sentir un corps dur, le plus souvent un long bouchon qu’ils ont disposé dans leur pantalon, de manière à simuler ce que l’on devine et à exciter ainsi les sens de ceux qu’ils jugent capables de céder à leur appel.
(Ambroise Tardieu, Attentats aux mœurs)
Faire la figue
France, 1907 : Mettre le bout du pouce entre l’index et le médium, et le présenter ainsi à la personne qu’on veut insulter. Ce geste était fort commun chez les Romains, qui l’appliquaient aux pédérastes, et est encore une grave insulte en Italie : « Le père Jacob, écrit à ce sujet Charles Nisard, dit que cette expression tient de l’italien far la fica, et a son origine dans le châtiment ignominieux que l’empereur Frédéric infligea aux Milanais pour avoir chassé de leur ville l’impératrice, montée sur une mule le visage tourné vers la queue. Frédéric, ajoute-t-il, fit mettre une figue au fondement de la mule, et força quelques Milanais à arracher publiquement cette figue, puis à la remettre à sa place avec les dents, sans l’aide de leurs mains. Aussi la plus grande injure qu’on puisse faire aux Milanais est de leur faire la figue ; ce qui a lieu en leur montrant le bout du pouce serré entre les deux doigts voisins. C’est ce qu’on fait chez nous aux petits enfants quand on leur a, soi-disant, pris le nez. » Mais, sans révoquer en doute la vérité de cette anecdote, la conclusion en est contestable, puisque Juvénal et Martial en parlent dans leurs écrits.
… Papefigue se nomme
L’île et province où les gens d’autrefois
Firent la figue au portrait du saint-père.
(La Fontaine)
L’ung d’eulx, voyant le pourtrait papal, lui feit la figue, qui est en icelluy pays signe de contemnement et dérision manifeste.
(Rabelais)
Voir Faire la nique.
Fin de siècle
France, 1907 : Qualificatif imbécile employé à toutes sauces, désignant généralement le nec plus ultra, l’outrance, la décadence artistique, morale. Le fin de siècle, c’est le plus idiot boudiné, la fille la plus excentrique, la femme la plus dénuée de préjugés, l’enfant le plus insolent et le plus mal élevé. J’ai dit ce qualificatif imbécile, puisque les siècles sont une division arbitraire du temps qui n’a ni commencement ni fin.
Notre pauvre humanité a mal à la vie, et malheureusement ce ne sont ni les boulevards, ni les squares, ni l’éclairage à l’électricité, ni les trains-éclairs, ni les maisons chauffées au calorifère, ni le téléphone, et tous les et cætera dont le progrès l’a dotée, qui peuvent la guérir de ce mal-là. Aussi, allons patiner au Bois, pendant que les lacs sont gelés, et occupons-nous d’être bel et dûment fin de siècle.
(Gil Blas)
Il dépassait le but, devenant fringant et coquet, abusant outrageusement des cosmétiques et des coups de fer au chapeau et à la moustache, innovant cravates inouïes, bouleversant l’armoire aux chemises et s’instituant boudiné et fin de siècle.
(Marc Anfosse)
Pour moi, j’ai beau ne m’être jamais aventurée sur l’ombre d’un vélocipède, je n’en suis pas moins une jeune fille fin de siècle, détestablement élevée.
(Fernand Berolaud)
C’était une petite fin de siècle, curieuse et détraquée, désirant connaître, avant vingt ans tous les mystères de la passion ; une de ces femmes que le danger fascine, qui convoitent le fruit défendu, comme la seule joie tentatrice et digne de leurs cerveaux raffinés.
(Sapho, La Lanterne)
Frappe-devant
Rigaud, 1881 : Marteau de forgeron.
Bras nus et le frappe-devant à la main, des ouvriers forgent des vélocipèdes.
(Maxime du Camp, Paris, t. III, 1875.)
Frégate
Ansiaume, 1821 : Succube (jeune homme sodomiste ou putain de galère).
Il donne à sa frégate ses nourritures et 6 balles par mois.
Vidocq, 1837 : s. m. — Jeune pédéraste. Terme des bagnes.
Clémens, 1840 : Jeune forçat.
Rigaud, 1881 : Émigré de Gomorrhe, — dans le jargon des voleurs.
France, 1907 : Chapeau bicorne, claque, à cause de sa forme assez semblable à celle d’un navire à voiles, porté par l’état-major et les élèves de l’École polytechnique. « La courbe gracieuse de la frégate n’est pas due au caprice d’un artiste habile ; c’est une courbe géométrique transcendantale qu’on peut construire par points et dont on peut déterminer les tangentes et les points d’inflexion… La manière de porter la frégate a été pour la première fois enseignée en 1824 par Baupré, ancien danseur de l’Opéra, qui donnait à l’École des leçons de danse et de maintient. »
(Albert Lévy et G. Pinet)
France, 1907 : Sodomite.
Galine
Vidocq, 1837 : s. m. — Jeune pédéraste. Terme des bagnes.
Garçon
d’Hautel, 1808 : Se faire beau garçon. Locution équivoque qui signifie se mettre dans un état honteux, s’embarrasser dans de mauvaises affaires.
Vidocq, 1837 : s. m. — Voleur de campagne. Terme des voleurs du midi.
Delvau, 1866 : s. m. Voleur, — dans l’argot des prisons. Brave garçon. Bon voleur. Garçon de campagne. Voleur de grand chemin.
La Rue, 1894 : Voleur consommé.
Virmaître, 1894 : Les hôtes habituels des prisons appellent garçon un voleur. Le garçon de campagne est un voleur de grand chemin, qui a pour spécialité de dévaliser les garnaffes. V. ce mot (Argot des voleurs).
Rossignol, 1901 : Dans le monde des voleurs et rôdeurs de barrières, garçon veut dire homme sur qui on peut compter, incapable de faire une dénonciation. Garçon signifie aussi courageux ; celui qui fait le coup de poing à tout propos est un garçon.
Hayard, 1907 : Voleur franc, à qui ses pairs n’ont rien à reprocher ; (être) être refait.
France, 1907 : Voleur, jeune gaillard solide et d’attaque, luron qui a fait ses preuves et sur qui les camarades peuvent compter. C’est l’ancienne signification de ce mot conservée dans le monde des voleurs ; au moyen âge, appeler quelqu’un garçon constituait une grosse injure. Dans ses Curiosités de l’étymologie, Charles Nisard cite ces deux exemples :
Icelui Pierre appellast le suppliant arlot, tacain, bouc, qui vault autant à dire en langaige du pays de par delà, garçon, truand, bastard.
(Lettres de rémission de 1411)
Et lui dit : Baille moi celle espée. — Non ferai, dit l’escuyer ; c’est l’épée du roy ; tu ne vaus pas que tu l’ayes, car tu n’es qu’un garson.
(Froissard)
Garçon avait aussi le sens de lenon, de pédéraste. Ce mot a suivi une évolution exactement contraire à celle de garce.
— Sûrement, j’ai la mort dans le cœur à penser que j’peux pas te contenter, que notre bonheur ne recommencera jamais et que bientôt, quand j’aurai un petit jardin sur le ventre, si tu viens m’appeler, je ne répondrai plus. Tout de même, il faut que tu m’obéisses et que tu vives, pour te souvenir de moi, pour dire aux amis, quand on parlera de moi : Orlando était un garçon !… Il a été trahi par des copailles, mais lui ne les a pas livrés.
(Hugues Le Roux, Les Larrons)
Garde nationale
Rossignol, 1901 : Voir pédé.
France, 1907 : Le mauvais soldat, malpropre et aimant ses aises, dans l’argot de l’armée, où l’on professait le plus profond mépris pour les milices citoyennes.
— Allons, espèce d’empoté, faut-il aller vous chercher une paire de gants pour ramasser votre crottin ? ou bien vous donner un congé de réforme pour maladresse et mauvaise tournure ? Propre à rien, sale soldat, cochon malade, garde national !
(Les Joyeusetés du régiment)
France, 1907 : Paquet de couenne.
Garde nationale (être de la)
Delvau, 1864 : Avoir des habitudes pédérastiques.
Il s’approche, je crois qu’il en veut à ma montre que je m’empresse de préserver ; il s’approche davantage, avance sournoisement la main vers l’objet chéri des dames : je vis qu’il était de la garde nationale, et alors…
(J. Le Vallois)
Rigaud, 1881 : Faire partie du régiment de Sapho, avoir un goût prononcé pour les plaisirs saphiques, — dans le jargon des filles. — Encore une qui est de la garde nationale.
Germinisme
France, 1907 : Pédérastie ; néologisme de date récente, créé après l’aventure du comte de Germiny, membre de la Société de Saint-Vincent de Paul et président des cercles catholiques ouvriers.
Les synonymes de pédéraste sont nombreux dans l’argot des gens du monde comme dans celui des faubourgs, ce qui prouve l’étendue et la persistance de ce vice honteux, commun aux deux sexes. Nous en citerons pour mémoire quelques-uns : bique et bouc, corvette, Émile, emproseur, frégate, gosselin, Jésus, pédé, pédéro, tante, tapette, rivette.
Gomorrhe (être de)
France, 1907 : Pédéraste. Henri III était un émigré de Gomorrhe et aussi, dit-on, Frédéric le Grand.
Gosselin
Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Petit enfant.
Vidocq, 1837 : s. m. — Veau mort-né, se dit aussi d’un enfant nouveau-né.
M.D., 1844 : Petit garçon.
Delvau, 1866 : s. m. Nouveau-né, — dans l’argot des voleurs.
France, 1907 : Petit garçon, camarade, d’où, par extension, mignon, pédéraste.
Gout particulier
Delvau, 1864 : La pédérastie ou le gougnottisme, selon le sexe ; ainsi nommé parce que c’est un goût presque général chez les filles galantes de Paris.
Ne croyez pas que je contracte
Ce goût, déjà trop répandu ;
C’est bon pour amuser l’entr’acte
Quand le grand acteur est rendu.
(Béranger)
Gouts contre nature (avoir des)
Delvau, 1864 : Être pédéraste, si l’on est homme, — ou gougnotte, si l’on est femme.
On ne le lui met plus !… On le lui a donc déjà mis ? L’homme que j’ai honoré de mes faveurs aurait donc des goûts contre nature ?
(Jean Du Boys)
Impuissance
Delvau, 1864 : Impossibilité où se trouve un homme de bander ; soit par suite de maladies, soit pour s’être trop masturbé dans sa jeunesse, soit par un vice de conformation quelconque. C’est ce qui arrive à Encolpe (dans le Satyricon) lorsque étendu sur l’herbe, dans les bras de l’aimable libertine Circé, et au moment où il lui entr’ouvre les cuisses pour introduire son braquemart, d’ordinaire plus gaillard il est trahi par une faiblesse subite et trompe l’attente de la belle courtisane à qui le cul démange d’impatience. Un auteur moderne, qui s’est probablement rappelé ce passage de Pétrone, fait dire, à un poète qui ne bande pas, par une fille qui bande fort :
Est-ce du mépris ou de l’impuissance ?
Est-tu pédéraste ou castrat, voyons ?
Un pareil état m’excite et m’offense :
Descends de mon lit, ou bien rouscaillons !
Jésus
Vidocq, 1837 : s. m. — Les voleurs donnent ce nom aux jeunes garçons que les Tantes, les Chanteurs, les Rouspans (Voir ces divers articles), prostituent à leur gré, et dressent en même temps au vol et à la débauche.
Halbert, 1849 : Grand jeune homme payé pour satisfaire aux passions d’un vieillard.
Larchey, 1865 : « Jeune et beau garçon lancé comme appeau près des sodomistes que veut exploiter le chanteur. »
(Canler)
Grippe-Jésus : Gendarmes. — Le jésus n’est ici qu’un homme garrotté comme le Christ, lorsqu’il fut conduit devant Pilate.
Delvau, 1866 : s. m. « Enfant dressé au vol et à la débauche, » — dans l’argot des voleurs.
Delvau, 1866 : s. m. Innocent, — dans l’argot souvent ironique du peuple. D’où le grippe-Jésus de l’argot encore plus ironique des voleurs, puisqu’ils appellent ainsi les gendarmes.
Rigaud, 1881 : Innocent, — dans le jargon des voleurs.
Rigaud, 1881 : Jeune filou. — Tout jeune Éphestion de trottoir.
La Rue, 1894 : Innocent. Jeune Voleur. Nouveau-né. Adolescent du troisième sexe.
Virmaître, 1894 : Jeune homme à l’aspect efféminé, frisé, parfumé, qui sert d’appât pour attirer les individus à passions honteuses. Souvent il travaille réellement pour son compte (Argot des voleurs).
Rossignol, 1901 : Jeune chatte qui sert d’appât pour faire chanter les individus portes à cette passion.
Hayard, 1907 : Jeune garçon de mœurs pédérastiques.
France, 1907 : Adolescent du troisième sexe.
Dans cette catégorie d’individus (les pédérastes) on désigne deux classes : les amateurs, ceux qui recherchent dans la pédérastie la seule satisfaction de leurs sens ;
Les prostitués qui trafiquent de leur corps ; ceux-ci prennent le nom de Jésus…
Vêtu d’un costume étriqué qui lui permet d’étaler à tous les regards ses avantages, la raie allant du front à la nuque, maquillé, une cigarette aux lèvres, le Jésus va et vient, le regard en coulisse, la bouche ou cœur, le sourire aux lèvres ; il joue avec une mince badine — qu’on peut lui arracher des mains et lui casser sur la figure si prompte fuite vous en laisse le temps.
(Jules Davray, L’Armée du vice)
Le persillard, une fois d’accord avec le chanteur pour duper son douillard, devient alors son compère, c’est-à-dire son Jésus ! Tel est dénommé aujourd’hui le persillard exploiteur.
(Mémoires de M. Claude)
Le Jésus est un jeune et beau garçon lancé comme appeau près des sodomites que veut exploiter le chanteur.
(Mémoires de Canler)
France, 1907 : Innocent, et aussi jeune voleur.
Jeu renouvelé des grecs
Delvau, 1864 : La pédérastie, qui était le vice de Socrate ; ou le gougnottisme, qui était le vice de Sapho.
Socrate et Sapho la Lesbienne
Ont eu des goûts assez suspects :
Tous les jours en France on ramène
Leurs jeux renouvelés des Grecs.
(Collé)
Lipède
Rossignol, 1901 : Garçon maçon.
Lobeur
France, 1907 : Flatteur, cajoleur, d’où l’on a fait lobe, pédéraste.
Maison des hussards
France, 1907 : Nom donné, sous le second empire, à un repaire de pédérastes, à cause de la veste courte et de coupe militaire qu’ils portaient et à l’aide de laquelle ils attiraient les regards dans les lieux publics.
Mettre dans le mille
Delvau, 1866 : v. a. Réussir dans une entreprise. Se dit aussi pour : Donner un coup de pied au derrière de quelqu’un.
Rigaud, 1881 : Réussir. — Toucher juste. — Allonger un coup de pied au cul d’un indifférent ou d’un ami.
Virmaître, 1894 : Réussir une affaire du premier coup. Terme usité chez les pédérastes : mille : podex (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Avoir réussi dans une affaire, être tombé juste, c’est avoir mis dans le mille.
France, 1907 : Réussir du premier coup. Allusion au coup gagnant du jeu du tonneau qu’on obtient en lançant son palet exactement sur le numéro 1000.
Pour venir en aide aux nénés
Des petites mamans jolies ;
Pour apaiser des nouveaux-nés
Les soifs toujours inassouvies,
L’inventeur à mis dans de mille !
France, 1907 : Terme usité chez les pédérastes et qui se passe d’explication.
Mignon
d’Hautel, 1808 : Un mignon. Homme d’une lâche complaisance, asservi à d’infâmes caprices.
Un péché mignon. Inclination fautive dans laquelle on tombe à tout moment.
Argent mignon. Épargnes, économie, abondance d’argent comptant, que l’on dépense en frivolités, que l’on emploie à satisfaire ses moindres désirs.
Delvau, 1864 : Jeune pédéraste… passif. — Apollon à belles fesses. — L’histoire faisant mention des pages de Henri III, qui étaient non-seulement ses favoris, mais encore ses mignons, ne laisse pas de doute sur l’emploi qu’ils avaient auprès de leur maître.
Ce qu’il est le plus naturel de faire à la femme est précisément ce dont elle se soucie le moins ;… tantôt elle veut qu’où la traite comme un mignon… tantôt, etc…
(A. de Nerciat)
Petit fils, petit mignon, Mâle ou femelle, Je sais ton nom.
(Béranger)
Et j’abandonne au vicaire de Dieu
Ses trois clés d’or, ses fulminantes bulles,
Son Vatican, son cardinal neveu,
Ses beaux mignons, ses nièces et ses mules.
(Parny)
France, 1907 : Jeune garçon servant aux plaisirs hors nature ; du celtique mion, amour, ou de l’ancien allemand minnia, même sens. Les mignons d’Henri III sont restés célèbres ; lorsqu’ils se battirent avez ceux du duc de Guise, on chanta dans les rues ce De profundis :
Que Dieu reçoive en son giron
Quélus, Schomberg et Maugiron !
D’ignobles débauches, entremêlées de capucinades et de coups d’épée, furent toute la vie de ces mignons, qui, du reste, moururent tous jeunes pour la plupart.
(Laroussse)
Et j’abandonne au vicaire de Dieu
Ses trois clefs d’or, ses fulminantes bulles,
Son Vatican, son cardinal neveu,
Ses beaux mignons, ses nièces et ses mules.
(Piron)
Mome
un détenu, 1846 : Petit garçon livré à la pédérastie.
Halbert, 1849 : Enfant.
Montretout
France, 1907 : Nom donné par les filles publiques à la visite sanitaire à laquelle elles sont astreintes tous les quinze jours. Elles y étalent en effet au docteur chargé du dispensaire tout ce qu’on ne laisse voir d’ordinaire qu’à son mari ou à son amant.
Quand les filles vont à Montretout, si elles sont malades, elles sont retenues et dirigées sur l’infirmerie de Saint-Lazare.
(Ch. Virmaître)
France, 1907 : Veston que portent généralement les pédérastes et qui ne descend que jusqu’aux hanches, laissant voir les formes.
Ne te gêne pas dans le parc
France, 1907 : Jaquette courte fort à la mode chez les pédérastes. On l’appelle aussi : saute-en-barque, pet-en-l’air, Montretout, pince-nez, en cheval, new-market, couche avec, suivez-moi, Monsieur.
Non-conformiste
Delvau, 1864 : Pédéraste, ce qui est le schisme en amour.
Palmipède
France, 1907 : Imbécile. Même sens que palmé.
Partir du pied droit
Delvau, 1866 : Bien commencer une affaire, l’engager gaiement et résolument. Argot du peuple. Quand on veut décider quelqu’un on dit : « Allons, partons du pied droit ! » C’est un ressouvenir des superstitions païennes. Quand Encolpe et Ascylte se disposent à entrer dans la salle du banquet, un des nombreux esclaves de Trimalcion leur crie : Dextro pede ! Dextro pede !
France, 1907 : S’engager gaiement et franchement dans une affaire. Cette expression vient, sans doute, de ce que les soldats, dans les mouvements militaires, partent toujours du pied droit. Cependant A. Delvau prétend que c’est un ressouvenir des superstitions païennes. « Quand Encolpe et Ascylte se disposent à entrer dans la salle du banquet, un des nombreux esclaves de Trimalcion leur crie : Dextro pede ! Dextro pede ! Pied droit ! Pied droit ! »
Patte d’oie
Larchey, 1865 : Triple ride qui imprime au coin de chaque œil, trois sillons d’apparence palmipède.
Aux tempes la patte d’oie caractéristique et au front les marches du palais montraient des rides élégantes, bien prisées à la cour de Cythère.
(Balzac)
La Rue, 1894 : Carrefour. Rides près de l’œil.
France, 1907 : Carrefour.
France, 1907 : Rides qui partent du coin des paupières et s’étendent triangulairement sur les tempes.
Puis, quand les années arrivèrent, quand le corsage devint plus riche et moins ferme, quand la patte d’oie brida les yeux, quand les lèvres, plus molles, eurent perdu leur fraîcheur, elle se vit subitement délaissée pour d’autres aussi folles qu’elle, qui arrivaient, radieuses, avec le sourire de leurs vingt ans.
(Edmond Deschaumes)
Pattes (à)
Delvau, 1866 : adv. Pédestrement.
Pédaler
France, 1907 : Monter en vélocipède, bicycle, bicyclette, tricycle, etc. Néologisme. Ce fut un serrurier-charron de Paris, Pierre Michaux, qui, en 1855, eut l’idée d’adapter des pédales à une sorte de vélocipède primitif appelé draisienne ou célérifère, incommode et lourd, qu’on lui avait donné à réparer et qui apporta par cette adaptation une révolution dans la vélocipédie.
— D’ailleurs, au Point-du-Jour, plus rien à faire depuis que les barbeaux de Montmartre et de Batignolles y descendent le lundi y faire leur poussière en bicyclettes, crevant de santé dans des maillots chiffrés, des maillots de soie comme des copailles, les mollets nus (as-tu fini !), et sans leurs biceps, l’air de ronds-de-cuir des ministères, parole ! de sales bourgeois, de ceusse qui, tous les dimanches, pédalent et suent sur leurs machines, entre Saint-Cloud et la Grande-Jatte, ou bien de Neuilly à Bougival. D’abord, y en a plus que pour eux et leurs sales poires ; le moyen d’aborder une menesse ? ils jouent les michés, parole ! plus moyen d’engailler, d’embarquer une bergère, plus de place pour un chopin.
(Jean Lorrain)
Chacun voudrait s’en aller
Avec sa compagne,
C’est si bon de pédaler
En pleine campagne !
(Victor Leca, Écho de la Pédale)
Pédaleur, pédaleuse
France, 1907 : Personne qui monte en vélocipède.
Y en a qui s’conduisent très bien,
À qui l’on n’peut reprocher rien,
Mais la plupart sont des farceuses,
Les pédaleuses.
Y en a qu’ont très peu pédalé,
Mais y en a qu’ont beaucoup roulé,
Car ell’s sont très aventureuses
Les pédaleuses.
(Émile Hauton)
Pédard
France, 1907 : Nom donné par les cyclistes à ceux d’entre eux qui ne se conforment pas aux règlements qui prescrivent une allure modérée en traversant les villes ou villages, l’obligation d’un grelot ou d’un timbre avertissant le jour, et d’un lumignon la nuit. « Les pédards, dit Rastignac, ont amené un tollé contre leurs courses effrénées. Le vélocipède a ses Bérengers qui protestent contre la licence des roues. »
Dans le Petit Journal, Thomas Grimm donne une amusante définition du pédard :
Le mot pédard, devenu courant dans notre vocabulaire parisien de cette fin de siècle, est évidemment un diminutif de vélocipédard. Le mot vélocipédard est lui-même une altération du mot vélocipédiste, altération faite avec un sens de dénigrement. Un pédard est un cycliste qui ne se respecte pas, un cycliste dénaturé et sans mœurs.
Le pédard est au cycliste ce qu’est le collignon maraudeur au cocher, le carabin au médecin, le pirate au corsaire. Or, le pédard est le pire ennemi du cycliste, parce que le public, qui n’a pas le temps de faire de distinctions, est tout à fait enclin à généraliser, à reprocher à l’immense et très estimable confrérie des vélocipédistes raisonnables des méfaits commis par quelques douzaines de malencontreux pédards.
Pédé
Vidocq, 1837 : s. m. — Pédéraste.
Halbert, 1849 : Sodomiste.
Delvau, 1866 : s. m. Apocope de Pédéraste, — dans l’argot des voyous, imitateurs inconscients de ces grammairiens toulousains du VIe siècle, qui disaient tantôt ple pour plenus, tantôt ur pour nominatur.
Pédé (?)
Rossignol, 1901 : Actif de chatte. Si vous voyez un individu mettre la main sur le cou d’un jeune homme et lui demander : « Sais-tu lire ? — Oui, Monsieur. » S’il lui met ensuite la main sur les reins, et qu’il lui demande : « Tu sais écrire ? — Oui, Monsieur. » Et qu’il descende la main encore plus bas en demandant : « Tu sais calculer ? — Oui, Monsieur. » Et si l’individu tape avec satisfaction à l’endroit où il a mis la main en dernier en disant : « J’aime ça, j’aime ça, »vous pouvez croire que c’est un pédé.
Pédé, pédéro
Rigaud, 1881 : Pédéraste.
France, 1907 : Abréviations de pédéraste.
Ben, ya du bon pour les coquines,
Les Laguenille, les astros,
Les brun’s, les blondes, les rouquines,
Les tatas et les pédéros,
I’s doiv’nt trouver qu’la presse est bonne,
I’s sont joyeux, les p’tits frisés,
Depuis qu’i’s sont tous accusés
D’avoir occis la vieill’ baronne.
(Aristide Bruant)
Pédéraste
Virmaître, 1894 : Ce mot est trop connu pour avoir besoin de l’expliquer autrement que par ceci : homme qui commet volontairement des erreurs de grammaire et met au masculin ce qui devrait être au féminin (Argot du peuple).
Pedero
un détenu, 1846 : Sodomiste.
Pédéro
Delvau, 1866 : s. f. Non conformiste, — dans l’argot des faubouriens. Ils disent quelquefois aussi, facétieusement, Don Pédéro.
Pédéro, pédé
Larchey, 1865 : Pédéraste (Vidocq).
Pedesouille
France, 1907 : Paysan. Mot à mot : pied souillé, le paysan ne nettoyant guère ses chaussures que le dimanche et ses pieds plus rarement encore.
Il est des endroits où l’on ne peut aller « qu’en chapeau haut de forme ». De sorte que Catulle Mendés, Silvestre, Bergerat et quelques autres amateurs de coiffures molles passeraient en ces lieux pour de négligeables pedesouilles, si leurs physionomies n’avaient été depuis longtemps vulgarisées par le diligent Pierre Petit !
(George Auriol)
Persillard
France, 1907 : Pédéraste qui erre dans les lieux publics à la recherche d’un client ; argot populaire. On dit aussi persilleuse.
Voici comment un douillard, celui qui cherche son persillard ou sa persilleuse, se reconnait… Le douillard porte une canne à bec recourbé. Il fait un léger attouchement de sa canne ou de l’épaule gauche à l’épaule droite du persillard.
(Mémoires de M. Claude)
Persilleuse
Delvau, 1866 : s. f. Femme publique. Se dit aussi du Jeune homme qui joue le rôle de Giton auprès des Encolpes de bas étage.
Rigaud, 1881 : Prostituée qui se promène pour chercher de l’ouvrage. — Les persilleuses typiques ou boulonnaises, se tiennent le long des allées, des contre-allées du bois de Boulogne, du bois de Vincennes. Ces hamadryades entraînent dans les taillis les infortunés que leurs charmes ont séduits. La persilleuse est souvent une pseudo-ouvrière ou une ouvrière sans ouvrage. Elle va alors au persil avec un petit panier à la main. Bien des filles du peuple font croire à leurs parents qu’elles vont à l’atelier et n’ont d’autre occupation que de faire leur persil.
Rossignol, 1901 : Celle qui fait le persil.
France, 1907 : Raccrocheuse.
Un soir, elle descendit poussée par la faim… Quinze jours plus tard, elle était une habituée de Mabille, et faisait rager d’envie les persilleuses célèbres qu’elle éblouissait par un luxe princier. Elle devint, plus tard, une grande dame, et renia Clara et Pomaré, qui furent, avec elle, les étoiles du chahut !
(Ch. Virmaître, Paris oublié)
On donne aussi ce sobriquet aux ignobles jeunés gens qui servent aux plaisirs des pédérastes.
La persilleuse est toujours cravatée (cravaté, voulais-je dire) à la Colin ; sa coiffure est une casquette dont la visière de cuir verni tombe sur les yeux et sert en quelque sorte de voile ; elle porte une redingote courte ou une veste boutonnée de manière à dessiner fortement la taille qui déjà est maintenue dans un corset.
(Léo Taxil, La Prostitution contemporaine)
Pièce de dix ronds
France, 1907 : Anus ; argot faubourien. N’avoir plus sa pièce de dix ronds, se livrer à la pédérastie passive.
Pièce de dix sous
Delvau, 1866 : s. f. Le derrière du corps humain, — dans l’argot des troupiers. On dit aussi Double six.
Virmaître, 1894 : Monnaie affectionnée par les pédérastes. Ils la préfèrent particulièrement quand elle est neuve (Argot du peuple). N.
Rossignol, 1901 : Voir bocal.
Hayard, 1907 : Anus.
Pincer le cul
Delvau, 1864 : Aimer à prendre à belles mains les fesses d’une femme, — où d’un homme quand on est pédéraste.
Il lui pince amoureusement le cul.
(H. Monnier)
Godefroy, la nuit, après boire,
Pinça le cul, sournoisement
À Renaud encor presque imberbe.
(B. de Maurice)
Piquer un Pédé
Clémens, 1840 : Lever un rivette.
Pneu
France, 1907 : Vélocipède pneumatique.
… Aux Acacias,
Où sur des pneus, ceux de la haute
Viennent étaler leurs tibias.
(Jacques Rédelsperger)
Point de côté
Vidocq, 1837 : s. m. — Ennemi des pédérastes.
Delvau, 1866 : s. m. Tiers gêneur, — celui qui, par exemple, vous empêche, par sa présence, de lever une femme ou de l’emmener après l’avoir levée. Signifie aussi Créancier.
Virmaître, 1894 : Créancier. Maître-chanteur exploitant les hommes qui ont un certain vice. Allusion à la gêne causée par le mal de ce nom. L. L. Point de côté : tiers gêneur. Celui qui, par exemple, vous empêche, par sa présence, de lever une femme et de l’emmener après l’avoir levée. A. D. Point de côté, mari gênant, ombrageux, jaloux, qui surveille sa femme comme Bartholo sa nièce :
— Je ne peux pas sortir, mon point de côté est à la maison, il ne me lâche pas d’une semelle (Argot du peuple). N.
France, 1907 : Créancier ; argot populaire.
Poireau
Rigaud, 1881 : Sergent de ville stationnant sur la voie publique.
Rossignol, 1901 : Imbécile.
France, 1907 : Hautbois ; argot des musiciens. « Le hautbois et le cor anglais, dit Émile Gouget, doivent leur sobriquet de poireau au renflement de la partie de leur tube qui avoisine le pavillon, renflement qui leur donne la physionomie de cette plante potagère. »
(L’Argot musical)
Par respect pour la gal’rie,
Musiciens, nos camaraux,
Fait’s moins d’couacs, je vous en prie,
En soufflant dans vos poireaux !
(Vilmay)
France, 1907 : Pédéraste.
France, 1907 : Sergent de ville en station.
Poitrine (casse-)
France, 1907 : Eau-de-vie.
France, 1907 : Pédéraste.
J’ai pu juger par moi-même dans trop de circonstances de l’aspect misérable, de la constitution appauvrie et de la pâleur maladive des prostitués pédérastes ; j’ai trop bien reconnu la justesse sinistre de cette expression de casse-poitrine réservée à quelques-uns d’entre eux, pour méconnaitre que cet abus de jouissances honteuses ruine et détruit la santé.
(Ambroise Tardieu, Étude médico-légale)
Porter à droite
Delvau, 1864 : Avoir l’habitude de placer son paquet à droite de l’entre-jambes dans le pantalon — au lieu de le placer à gauche, comme presque tout le monde. On prétend qu’il n’y a que les pédérastes qui portent à droite. — Il y a des pédérastes et beaucoup d’honnêtes gens pour lesquels, cette façon de porter est plus commode.
Postdamie
France, 1907 : Nom que l’on donnait, au XVIIIe siècle, au vice hors nature à cause de la tolérance que Frédéric dit le Grand, grand pédéraste, accordait à ce genre d’infamie. L’on sait qu’il habitait le château de Postdam. « Les Mémoires de Bachaumont, du 13 octobre 1783, attestent que, sur un registre consacré par la police â noter toutes les turpitudes de ce goût, figuraient environ quarante mille hommes adonnés à la postdamie. Il est impossible de révoquer ces témoignages, puisque , en 1848, la police de Paris a fait trois mille arrestations de ce genre. »
(Louis Nicolardot, Les Cours et les Salons au dix-huitième siècle)
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