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Bachasse

Ansiaume, 1821 : Galère.

Gerbé à vioc, si tu rejoins la bachasse, tu es marron.

Vidocq, 1837 : s. — Travaux forcés, galères.

Halbert, 1849 : Galère.

Larchey, 1865 : Galère. — Augmentatif de bac : bateau.

En bachasse tu pégrenneras jusqu’au jour du décarement.

(Vidocq)

Delvau, 1866 : s. f. Travaux forcés. Même argot [des voleurs].

Rigaud, 1881 : Travaux forcés, — dans l’ancien argot.

La Rue, 1894 : Travaux forcés.

France, 1907 : Travaux forcés. Abréviation de basses-chasses, allusion aux châssis bas desquels sortaient les avirons des anciens rameurs de galères. (Lorédan Larchey)

Canage

Vidocq, 1837 : s. f. — Agonie, dernière lutte contre la mort.

Delvau, 1866 : s. m. Agonie, — dans l’argot des voyous, qui ont vu caner souvent devant la mort.

Rigaud, 1881 : Agonie. — Peur.

La Rue, 1894 : Agonie. Peur. Caner la pégrenne, mourir de faim.

France, 1907 : Agonie ; argot populaire. On cane assez généralement devant la mort.

Caner

Vidocq, 1837 : v. a. — Agoniser, être prêt à mourir.

Larchey, 1865 : Avoir peur, reculer au lieu d’agir, faire le plongeon comme le canard ou la cane.

Par Dieu ! Qui fera la canne de vous aultres, je me donne au diable si je ne le fais moyne.

(Rabelais)

Oui, vous êtes vraiment français, vous n’avez cané ni l’un ni l’autre.

(Marco Saint-Hilaire)

Larchey, 1865 : Mourir (Vidocq). — Les approches de la mort vous font peur, vous font caner. — V. Rengracier.

Delvau, 1866 : v. a. Ne pas faire, par impuissance ou par paresse. Argot des gens de lettres. Caner son article. Ne pas envoyer l’article qu’on s’était engagé à écrire.

Delvau, 1866 : v. n. Avoir peur, s’enfuir, faire la cane ou le chien.

Delvau, 1866 : v. n. Mourir, — dans l’argot des voyous.

Rigaud, 1881 : Agoniser, mourir, tomber. — Sacrifier à Richer. — Reculer, avoir peur, par altération, du vieux mot caler qui avait la même signification. Dans le supplément à son dictionnaire, M. Littré donne caler pour reculer, comme ayant cours dans le langage populaire. Pour ma part, je ne l’ai jamais entendu prononcer dans aucun atelier.

C’est un art que les canes possèdent d’instinct… Cette expression se rencontre souvent dans les écrivains des seizième et dix-septième siècles, principalement dans les poètes comiques et burlesques.

(Ch. Nisard, Curiosités de l’Étymologie française)

Déjà dans Rabelais, nous relevons l’expression de : faire la cane, expression équivalente à notre caner :

Parbleu qui fera la cane de vous autres, je le fais moine en mon lieu.

(L. L.)

Virmaître, 1894 : Avoir peur, reculer. Caner : synonyme de lâcheté (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Avoir peur ou ne pas oser faire une chose. Un gamin cane l’école, lorsqu’il ne s’y rend pas.

Hayard, 1907 : Avoir peur.

France, 1907 : Avoir peur, reculer, vieux mot qu’on trouve dans Rabelais et Montaigne ; argot populaire. Du latin canis, chien, qui recule et fuit quand on lui montre le bâton.

À la sortie de ses bals, des rixes terribles avaient lieu fréquemment ; les habitués se disputaient la possession d’une fille publique, à coups de poings et souvent à coups de couteau. Ils se battaient dans les rues… le suprême du genre, le comble de la force, consistait à manger le nez de l’adversaire ; les camarades faisaient cercle autour des combattants… C’était une grosse affaire que de posséder une fille en vogue qui ne renâclait pas sur le turbin, et qui régnait en souveraine au bon coin du trottoir ; l’existence du souteneur en dépendait : luxueuse si la fille rendait, médiocre ou décharde si elle canait.

(Ch. Virmaître, Paris oublié)

Mourir. Caner la pégrenne, mourir de faim.

— Que veux-tu, mon bonhomme, quand on cane la pégrenne, on ne rigole pas.
— Caner la pégrenne ! C’est un peu fort, toi qui passe pour un ami (voleur).
— C’est pourtant comme ça.

(Marc Mario et Louis Launay, Vidocq)

Mettre bas culotte.

Caner la pégrenne

Vidocq, 1837 : v. n. — Mourir de faim.

Delvau, 1866 : v. a. Mourir de faim, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Mourir de faim.

Virmaître, 1894 : Mourir de faim (Argot des voleurs).

Fine pégrenne

La Rue, 1894 : Agonie.

France, 1907 : Agonie.

— Eh ! mais, dis donc, j’y pense… tu la connais la gosseline, du moins tu as connu sa maman… la petite Sidonie, une gironde boulotte, la fille d’un communard qui a claqué là-bas… Ah ! j’ai bien failli casser ma pipe aussi, et quand tu as reçu ton fafelard, je n’en menais pas large… j’étais quasi à la fine pégrenne, et l’on n’aurait pas donné deux sous de ma peau.

(Hector France, La Mort du Czar)

Fine pégrenne (être en)

Rigaud, 1881 : Être au plus mal, — être perdu sans ressources, dans le jargon des voleurs.

Misloque

Larchey, 1865 : Comédie (Vidocq).

Je joue la mislocq pour un fanandel en fine pégrenne.

(Balzac)

Delvau, 1866 : s. f. Théâtre, — dans l’argot des voleurs. Jouer la misloque. Jouer la comédie.

Rigaud, 1881 : Comédie, — dans le jargon des voleurs. — Flancher la misloque, jouer la comédie. — Misloquier, misloquière, acteur, actrice. — Misloquier schpil, très bon acteur.

La Rue, 1894 : Théâtre, comédie.

Virmaître, 1894 : Théâtre (Argot des voleurs).

Hayard, 1907 : Théâtre.

Pégraine

un détenu, 1846 : Misère.

Delvau, 1866 : s. f. Faim, — dans l’argot des vagabonds et des voleurs. À proprement parler, cela signifie, non qu’on n’a rien du tout à manger, mais bien qu’on n’a pas trop de quoi, — une nuance importante. Caner la pégraine. Mourir de faim.

France, 1907 : Faim. Voir Pégrenne.

Pègre

Ansiaume, 1821 : Voleur.

C’est un bon pègre, mais il n’est pas franc.

M.D., 1844 : Voleur.

un détenu, 1846 : Petit voleur.

Larchey, 1865 : Voleur.

Un jour à la Croix-Rouge, nous étions dix à douze, tous pègres de renom.

(Vidocq)

Pégrenne : Faim, misère. — Pégrenner : Faire maigre chère. V. Bachasse.

Delvau, 1866 : s. f. Le monde des voleurs. Haute pègre. Voleurs de haute futaie, bien mis et reçus presque partout. Basse pègre. Petits voleurs en blouse, qui n’exercent que sur une petite échelle et qui ne sont reçus nulle part — qu’aux Madelonnettes ou à la Roquette.

Delvau, 1866 : s. m. Voleur. Ce mot est fils du précédent, comme le vice est fils de la misère — et surtout de la fainéantise (pigritia, — piger). Pègre à marteau. Voleur de petits objets ou d’objets de peu de valeur.

Rigaud, 1881 : Voleur, de l’italien pegro, pigro, fainéant.

La Rue, 1894 : Voleur. La pègre, le monde des malfaiteurs. Pègre ou peigne à marteau, voleur sans notoriété. Pegriot, jeune voleur. Pègre de la grande vergne, voleur de Paris.

France, 1907 : Faussaire, filou, escroc et voleur, et aussi le monde des voleurs. Du mot latin pigrilia, paresse, mère de tous les vices et de tous les crimes.

Les pègres se divisent en deux classes principales : la haute et la basse pègre.
La haute pègre comprend les escrocs raffinés et de bonne compagnie, les beaux voleurs, qui savent mettre leurs mains dans nos poches pour les soulager de leur contenu, avec grâce et sous les formes les plus exquises.
La basse pègre réunit tous les prolétaires de la profession, ceux qui pratiquent le vol ordinaire et banal, souvent sans spécialité définie, vivant, comme les filles, de la rencontre et du hasard…
La haute et la basse pègre travaillent quelquefois de concert, mais alors c’est la basse qui est l’instrument, la main-d’œuvre, tandis que la haute se borne à l’initiative et à la direction ; elle ordonne et on lui obéit. Le travail fait, on partage le gain, puis on se sépare et l’on ne fraie pas ensemble.

(G. Macé, Un Joli Monde)

Pègres traqueurs, qui voulez tous du fade,
Prêtez l’esgourde à mon due boniment :
Vous commencez par tirer en valade,
Puis au grand truc vous marchez en taffant,
Le pante aboule,
On perd la boule,
Puis de la toile on se crampe en rompant,
On vous roussine
Et puis la tine
Vient remoucher la butte en rigolant.

(Lacenaire)

Pegrenne

La Rue, 1894 : Misère, malheur. Faim.

Pégrenne

Rigaud, 1881 : Misère, malheur, faim. Caner la pégrenne, casser la pégrenne, mourir de faim. Fine pégrenne, à toute extrémité, — dans l’ancien argot.

France, 1907 : Misère, faim ; de pigrilia, paresse.

Pigrilia, dit Victor Hugo, est un mot terrible. Il engendre un monde, la pègre, lisez le vol, et un enfer, la pégrenne, lisez la faim. Ainsi la paresse est mère. Elle a un fils, le vol, et une fille, la faim.

Caner la pégrenne, être affamé, mourir de faim.

Si quelquefois la fourgate et Rupin ne lui collaient pas quelques sigues dans l’arguemine, il serait forcé de caner la pégrenne.

(Mémoires de Vidocq)

Pégrenné

Rigaud, 1881 : Affamé ; très misérable.

Pègrenné

Vidocq, 1837 : s. m. — Affamé.

Pègrenne (caner la)

Vidocq, 1837 : v. — Mourir de faim.

Pégrenner

France, 1907 : Mourir de faim ; argot des voleurs.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique