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Dignus est intrare

France, 1907 : « Il est digne d’entrer », latinisme tiré du Malade imaginaire de Molière, où, dans une cérémonie burlesque, huit porte-seringues, six apothicaires, vingt-deux docteurs et huit chirurgiens reçoivent Argan dans la docte compagnie en chantant après chacune de ses réponses :

  Bene, bene, bene, bene respondere,
  Dignus, dignus est intrare
  La nostro docto copore.

— L’Épatant est le nom d’un cercle de la rue Boissy-d’Anglas, qui avait, jusque dans ces derniers temps, la réputation d’être des plus fermés. Nous savons maintenant à quoi nous en tenir : si le talent — on y refusait l’entrée aux maitres du journalisme — n’était pas capable d’en ouvrir les portes, le toupet et aussi, il faut bien le reconnaître, la réputation d’être beau joueur, c’est-à-dire joueur malheureux, étaient suffisants pour faire prononcer en faveur d’un aigrefin le solennel dignus est intrare.

(Pierre Domerc, La Nation)

Potard

Larchey, 1865 : Apprenti pharmacien. — Allusion aux innombrables pots dont il est gardien.

Delvau, 1866 : s. m. Pharmacien, — dans l’argot des faubouriens. Plus spécialement Pharmacien militaire.

Rigaud, 1881 : Pharmacien. — Élève pharmacien.

Un potard qui somnolait, le nez sous des bésicles et sur un livre.

(Huysmans, les Sœurs Vatard)

La Rue, 1894 : Pharmacien.

France, 1907 : Élève pharmacien, allusion aux pots dans lesquels les pharmaciens renferment leurs onguents.

Qu’est-il resté de tout cela à cette noblesse actuelle qui épouse des filles de Juifs ou de potards au poids de l’or, qui protège les bookmakers, tripote avec les croupiers, loue ses parchemins pour en faire des prospectus et se fait donner du Monseigneur pour ouvrir les portes, comme les voleurs, de ces imbéciles de bourgeois ?

(Edmond Lepelletier)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique