d’Hautel, 1808 : Tuer, assommer, assassiner, arracher là vie à quelqu’un.
Il est occis. Pour, il est mort, il est tué.
Occire
Occiseur
d’Hautel, 1808 : Pour bourreau, assassin, meurtrier.
Olibrius (faire l’)
France, 1907 : Faire le méchant, se poser en homme terrible et n’être que ridicule. C’est un souvenir du rôle effrayant que l’on faisait jouer dans quelques mystères, notamment dans celui de Sainte Reine, à Anicius Olibrius, époux de Placidie, fille de Valentinien III, et qui fut gouverneur des Gaules vers 472, sous Léon III. Suivant la légende, devenu amoureux de sainte Reine et ne pouvant arriver à ses fins, il la fit mettre à mort, sous prétexte qu’elle refusait de sacrifier aux dieux. On la suspendit à un chevalet, on la fouetta de verges et on lui déchira les chairs avec des griffes de fer. « Et, raconte Anatole France, qui redit cette légende semblable à toutes les légendes de saints et de martyrs, le sang coula du corps de la vierge comme d’une source pure. » Les assistants pleuraient et Olibrius, pour ne pas voir ce sang, se couvrit le visage de son manteau. Le martyre de sainte Reine, d’autres disent sainte Marguerite, fut le sujet de grand nombre de mystères et de chansons où Olibrius était représenté comme un fanfaron, un glorieux, un faux brave, un occiseur d’innocents.
Dans l’Étourdi Molière fait dire à Mascarille :
Courage, mon garçon, tout heur nous accompagne,
Mettons flamberge au vent et bravoure en campagne ;
Faisons l’olibrius, l’occiseur d’innocents.
On trouve dans un conte de Bonaventure Desperriers : « Mon mary, passez votre colère, et au lieu de faire ainsy l’olibrius, remerciez maître Itace. »
L’histoire cite un autre Olibrius, sénateur romain, proclamé empereur par surprise en 462 et que son incapacité fit, après trois mois, descendre du trône ; mais, comme l’a fort biem remarqué Ed. Thierry, « quand un nom se répand parmi les bonnes gens, ce n’est pas de l’histoire qu’il vient, c’est du théâtre ». C’est donc plutôt du gouverneur des Gaules que de l’empereur éphémère que nous vient le dicton.
Pédé, pédéro
Rigaud, 1881 : Pédéraste.
France, 1907 : Abréviations de pédéraste.
Ben, ya du bon pour les coquines,
Les Laguenille, les astros,
Les brun’s, les blondes, les rouquines,
Les tatas et les pédéros,
I’s doiv’nt trouver qu’la presse est bonne,
I’s sont joyeux, les p’tits frisés,
Depuis qu’i’s sont tous accusés
D’avoir occis la vieill’ baronne.
(Aristide Bruant)
Raille
Ansiaume, 1821 : Espion de police.
En voyant la raille, je me suis planqué dans un tapis.
anon., 1827 / Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 : Mouchard.
Vidocq, 1837 : s. m. — Agent de police.
Halbert, 1849 : Mouchard.
Delvau, 1864 : Agent de police, redouté des filles qui font le trottoir.
Cela nous avertit qu’il flâne en ce quartier
Un raille dont il faut d’abord se méfier.
(L. Protat)
Larchey, 1865 : Police, agent de police. — Du mot égrailler : racler. Le raille vous engraille, comme la raclette vous racle. — V. Cigogne.
La raille maron te servira pour un deuxième gerbement.
(Vidocq)
Delvau, 1866 : s. f. Les agents de police en général, — dans l’argot des voleurs.
Delvau, 1866 : s. m. Mouchard.
Rigaud, 1881 : Police, agent de police. — Espion ; de rascal, rascalion, coquin, en anglais.
La Rue, 1894 : Agent de police.
Virmaître, 1894 : Cette expression est ancienne, elle se trouve dans les Mystères de Paris (Argot des voleurs). V. Arnaque.
France, 1907 : Agent de police, mouchard. La raille, la police. Daron de la raille, préfet de police ; mot dérivé de raillon, sorte de javelot dont les anciens archers étaient armés. On lit dans le Grand Testament de François Villon (XVe siècle) :
Ci-gist et dort en ce sollier
Qu’Amour occist de son raillon,
Un pouvre perit escolier
Jadis nommé François Villon.
Vidocq emploie souvent le mot raille :
Ils parlaient aussi des railles. À propos de railles, vous n’êtes pas sans avoir entendu parler d’un fameux coquin qui s’est fait cuisinier.
Argot classique, le livre • Telegram