Delvau, 1864 : Débander juste au moment où il faut bander le plus roide, — seule impertinence que les femmes ne pardonnent pas.
Tournez en ridicule
Ceux qui n’avancent pas
Plus d’un pas,
Ou qui font
Un affront
Au second.
(Collé)
Affront (faire un)
Delvau, 1864 : Débander juste au moment où il faut bander le plus roide, — seule impertinence que les femmes ne pardonnent pas.
Tournez en ridicule
Ceux qui n’avancent pas
Plus d’un pas,
Ou qui font
Un affront
Au second.
(Collé)
Bagage
d’Hautel, 1808 : Plier bagage. Proposition figurée qui signifie devenir vieux et caduc ; approcher du terme où il faut payer tribut à la nature.
Chasseur
d’Hautel, 1808 : Un bon chasseur ne chasse jamais sur ses terres. Signifie qu’un homme adroit ne se livre à aucun écart dans les contrées, qu’il habite.
Clémens, 1840 : Celui qui vole son camarade.
Fustier, 1889 : Domestique, petit groom qui, dans les cafés et restaurants bien tenus, est à la disposition des consommateurs, pour faire leurs commissions.
France, 1907 : Sorte de jeu de billard joué généralement dans les sous-sols des cafés. Le nombre des joueurs est illimité et le droit de cagnotte se monte à dix pour cent. C’est un plateau de métal percé de trous où il faut faire arrêter la bille. Chaque trou est désigné par un nom de gibier et celui où l’on gagne est le trou du chien.
Chien dans le ventre (avoir du)
France, 1907 : Avoir de la force de résistance.
Les agents de la sûreté, pour ce service qui n’a ni commencement ni fin, qui peut durer quelquefois vingt-quatre heures, où il faut marcher par les temps les plus horribles, entouré d’ennemis, risquant sa peau à chaque minute, touchent 1.400 francs, moins la retenue pour pension. Ce n’est pas énorme, n’est-ce pas ? Il faut vraiment avoir du chien dans le ventre pour exercer un pareil métier. Et cependant, non seulement ils l’exercent, mais ils l’aiment, les braves gens, ce métier difficile et dangereux.
(Georges Grison, Figaro, 1886)
Honteux
d’Hautel, 1808 : Il n’y a que les honteux qui perdent. Signifie que les gens honteux et timides ne réussissent pas ; qu’il y a des occasions où il faut montrer de la fermeté, de l’assurance et de la hardiesse.
Le morceau honteux. Le dernier morceau qui reste dans un plat, et que personne n’ose, par civilité, s’approprier.
Labourer
d’Hautel, 1808 : Labourer sa vie. Pour gagner péniblement sa vie.
Il faut diablement labourer pour se retirer sur cet ouvrage. Se dit d’un ouvrage peu lucratif, où il faut travailler beaucoup pour ne pas faire grand bénéfice.
Labourer. Remuer la terre. Ce peuple change l’initiale de ce mot en r, et prononce rabourer. Il en fait de même pour tous les composés de ce verbe.
France, 1907 : Préparer.
Paillasse
d’Hautel, 1808 : Un paillasse. Nom que l’on donne par mépris à un mauvais comédien qui charge trop son rôle ; à un homme sans esprit qui fait le bouffon, le plaisant, et qui y réussit mal.
d’Hautel, 1808 : Une paillasse de corps-de-garde. Femme livrée à la débauche la plus crapuleuse, et entièrement adonnée au vice, gourgandine qui fréquente les casernes, les corps-de-garde, et qui sert de divertissement aux soldats.
Serviteur à la paillasse. Pour dire, adieu à l’armée, ou il faut coucher sur la paille.
d’Hautel, 1808 : Pour la bedaine, le ventre.
Il a bien bourré sa paillasse. Pour, il s’est bien repu, il a mangé d’une belle manière.
Il s’est fait crever la paillasse. Pour il s’est fait tuer ; il a été tué en se battant.
Delvau, 1864 : Fille de la dernière catégorie, — la digne femelle du paillasson.
En avant, la femm’ du sergent !
Balancez, la femm’ dm fourrier,
Demi-tour, la femm’ du tambour,
Restez là, paillasse à soldat…
(La Leçon de danse, — chant guerrier)
Eh ! titi ! oh ! èh ! là-bas,
Tiens ! est-c’ que tu déménages ?
— Pourquoi qu’ tu tiens ce langage ?
— C’est qu’ t’as ta paillass’ sous le bras.
— Eh ! non, mon vieux, c’est ma femme…
(Chanson populaire).
Larchey, 1865 : Caméléon politique. — Allusion à la chanson de Béranger : Paillass’, mon ami, N’saut’ pas à demi, Saute pour tout le monde, etc. De là aussi est venu le synonyme de sauteur.
Larchey, 1865 : Ventre. — La paille s’en échappe comme les intestins.
Il s’est fait crever la paillasse, il s’est fait tuer.
(d’Hautel, 1808)
Delvau, 1866 : s. f. Corps humain, — dans l’argot des faubouriens. Se faire crever la paillasse. Se faire tuer en duel, — ou à coups de pied dans le ventre. On dit aussi Paillasse aux légumes.
Delvau, 1866 : s. f. Femme ou fille de mauvaise vie. On dit aussi Paillasse de corps de garde, et Paillasse à soldats.
Delvau, 1866 : s. m. Homme politique qui change d’opinions aussi souvent que de chemises, sans que le gouvernement qu’il quitte soit, pour cela, plus sale que le gouvernement qu’il met. On dit aussi Pitre et Saltimbanque.
Rigaud, 1881 : Fille publique, — dans le jargon des troupiers.
Rigaud, 1881 : Saltimbanque politique dont les opinions sont plutôt à vendre qu’à louer. — Celui qui saute à pieds joints sur ses promesses.
La Rue, 1894 : Fille publique. Saltimbanque. Le corps humain. Se faire crever la paillasse, se faire tuer.
Virmaître, 1894 : Femme. Un homme se promène, sa femme au bras ; il est rencontré par un ami :
— Tiens, tu déménages, Charlot ?
— Pourquoi donc ?
— Puisque t’as ta paillasse sous le bras (Argot du peuple). V. Boulet.
Virmaître, 1894 : Pitre qui fait le boniment devant les baraques de saltimbanques. Paillasses : les hommes politiques qui servent tous les gouvernements, pourvu qu’ils paient.
Paillass’, mon ami,
N’saut’ pas à demi.
Saute pour tout le monde. (Argot du peuple).
France, 1907 : Femme de mauvaise vie, prostituée. Paillasse de corps de garde, fille à soldats. On dit aussi, dans le même sens, paillasse à troufion.
Les nymphes d’alentour ne se laissent pas approcher, ou si par hasard on accroche une jupe à la brune, on est sûr que c’est une vieille paillasse qui a servi à tous les avant-postes du camp.
(Hector France, L’Homme qui tue)
Du temps qu’elle faisait la noce,
Jamais on n’aurait pu rencontrer — c’est certain,
Paillasse plus cynique et plus rude catin.
(André Gill, La Muse à Bibi)
France, 1907 : Individualité. « S’il s’imagine que je vais me décarcasser pour sa paillasse ! »
France, 1907 : Ventre. Crever la paillasse à quelqu’un, le tuer.
Toujours bonne fille et sans corset, la France prit sur elle, et à ses frais, bien entendu, de mettre en œuvre l’utopie sentimentale du Bohême, et, sous tous les rois susnommés, des milliers de benêts, ses fils et nos pères, se firent crever glorieusement la paillasse pour assurer le droit contre la force et établir le fameux équilibre ! Cette besogne de la monarchie française est ce que l’on définit dans les manuels scolaires par la locution : « abaisser la maison d’Autriche. »
Que fit Louis XI ? — Il commença l’abaissement de la maison d’Autriche. — Que fit François Ier ? — Il continua à abaisser la maison d’Autriche. — Et Henri IV ? — Il abaissa la mais… ! — Et Richelieu ?… Et Louis XIV ?… — Sous leurs règnes, l’abaissement de la… etc., etc., et ainsi de suite, jusqu’au mariage de Napoléon avec Marie-Louise, ce dernier cran de l’abaissement est le coup du lapin aux Habsbourg.
(Émile Bergerat)
Quart d’heure de Rabelais
France, 1907 : Moment critique ou il faut payer sa note dans un restaurant ou un hôtel, autrement dit sa douloureuse. L’anecdote qui donna naissance à cette expression est fort controuvée. La voici : Le curé de Meudon, l’immortel auteur de Pantagruel, s’étant arrêté à Lyon à son retour de Rome où il avait accompagné, comme médecin, le cardinal Jean du Bellay, se trouvant à court d’argent pour payer son hôtelier et pour continuer son voyage à Paris, s’avisa du stratagème suivant : il disposa trois petits paquets remplis de cendre et sur lesquels il écrivit : « Poison pour le roi — Poison pour la reine — Poison pour le dauphin. » Ces paquets laissés à dessein sur une table tombèrent sous les yeux de l’hôtelier, qui courut prévenir le lieutenant du roi. Rabelais fut arrêté et expédié, sous bonne escorte à Paris, avec les égards dus à un criminel d’importance. Conduit devant François Ier, celui-ci s’égaya fort du récit de l’aventure et, ajoute la chronique, fit asseoir le régicide à sa table.
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