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Abatage (vente à l’)

Rigaud, 1881 : Vente sur la voie publique. Aujourd’hui presque tous les grands magasins de nouveautés pratiquent la vente à l’abatage et encombrent les trottoirs avec des marchandises plus ou moins défraîchies.

Abéqueuse

Delvau, 1866 : s. f. Nourrice ou maîtresse d’hôtel.

Virmaître, 1894 : Maîtresse d’hôtel ou nourrice : elles donnent la becquée. Cette expression s’applique depuis peu aux voleuses qui dévalisent les magasins de nouveautés en se servant d’un enfant. Ce vol nécessite trois personnages : la mère, la nourrice et le momignard. Tous trois entrent dans un magasin. La mère se fait montrer les étoffes. Elle détourne l’attention du commis par un manège quelconque. Profilant de ce moment, elle fait tomber à terre une pièce d’étoffe. La nourrice se baisse, comme pour y déposer l’enfant un instant, et cache prestement l’objet sous la pelisse du petit. Aussitôt elle le pince fortement. L’enfant crie comme un possédé. Elle fait semblant d’essayer de le calmer, mais elle le pince encore plus fort. Ses cris redoublent. Alors la mère témoigne d’une impatience très vive.
— Te tairas-tu, lui dit-elle ; allez-vous en, nourrice. Nous reviendrons une autre fois.
Leur manière d’opérer se nomme le vol à la nourrice (Argot des voleurs). N.

France, 1907 : Nourrice ou maîtresse d’hôtel.

Anquilleuse

anon., 1827 : Femme qui porte un tablier, pour cacher ce qu’elle vole chez les marchands.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Femme qui porte un tablier.

Bras-de-Fer, 1829 / Halbert, 1849 : Femme qui porte un tablier pour cacher ce qu’elle vole.

La Rue, 1894 : Voleuse des magasins de nouveautés. Elle cache les objets volés sous ses jupons, entre ses jambes ou quilles.

France, 1907 : Voleuse de magasin qui cache entre ses jambes les objets volés. Ce mot, qui date de plusieurs siècles, s’explique de lui-même. Entre-quilles, pour entre-jambes, entre-cuisses.

Anquilleuse, ou voleuse à la mitaine

Rigaud, 1881 : Voleuse à la détourne qui s’attaque aux magasins de nouveautés. Habile à faire tomber un coupon d’étoffe, elle se sert de ses pieds, chaussés de bas en forme de mitaine, pour cacher la marchandise entre ses jambes, quilles, ce qui ne l’empêche ni de marcher, ni même de courir, quand elle sent la police à ses trousses.

Bistot

Rigaud, 1881 : Apprenti commis en nouveautés.

Un employé, flairant une bonne commande, met tous les bistots en campagne.

(Louis Noir, Le Pavé de Paris)

La Rue, 1894 : Jeune commis de magasin.

Bistro

La Rue, 1894 : Marchand de vin.

Virmaître, 1894 : Marchand de vins. On dit aussi des petits commis des magasins de nouveautés qu’ils sont des bistros (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Marchand de vins.

Viens-tu chez le bistro du coin, il y a des purées a trois pétards (absinthe à trois sous).

Bonneton

Rigaud, 1881 : Commis employé au rayon de la bonneterie, dans le jargon de la nouveauté.

Boulotte

Fustier, 1889 : Grosse petite femme, bien en chair.

C’est eun’boulotte, une chic artisse
Qui vous a d’la réponse, mon vieux !

(L’entr’acte à Montparnasse)

Virmaître, 1894 : Femme rondelette, grassouillette, bien en chair, ayant du monde devant et derrière (Argot du peuple). N.

France, 1907 : Petite femme grasse et dodue.

L’une de ces enfants racontait que son frère avait un appartement en ville, qu’il entretenait une « grue » des Nouveautés, Antonia, vous savez bien ? Une rousse, boulotte. Il en fait une vie ! Ah ! mes petites chattes, quelle noce ! C’est papa qui n’est pas content.

(Albert Cim, Institution de Demoiselles)

Buquage (vol au)

France, 1907 : Vol commis dans un magasin de nouveautés.

Cabinet de lumière

Rigaud, 1881 : « Le sanctuaire du magasin (de nouveautés.) C’est une petite pièce carrée, sans aucune fenêtre : comme meubles, un divan de velours vert ou grenat, souvent une psyché au lieu de glace ; au milieu, un guéridon où l’on fait chatoyer sous la lumière du lustre les nuances tendres ou vives qui feront fureur demain. » (Commis et demoiselles de magasin, 1868.) C’est dans ce cabinet que les élégantes jugent de l’effet que produiront aux lumières les robes d’apparat.

Calic

Fustier, 1889 : Commis de magasin de nouveautés. Abr. de Calicot.

France, 1907 : Commis de nouveauté.

Calicot

Larchey, 1865 : Commis marchand. Mot à mot : vendeur de calicot.

Triple escadron ! le calicot s’insurrectionne.

(P. Borel, 1833)

Delvau, 1866 : s. m. Commis d’un magasin de nouveautés, — dans l’argot du peuple. Le mot date de la Restauration, de l’époque où les messieurs de l’aune et du rayon portaient des éperons partout, aux talons, au menton et dans les yeux, et où ils étaient si ridicules enfin avec leurs allures militaires, qu’on éprouva le besoin de les mettre au théâtre pour les corriger.

France, 1907 : Commis de nouveauté. Cette qualification fut donnée, vers 1816, aux commis marchands de Paris, qui se faisaient remarquer par leur tenue militaire et leurs prétentions. Il parait, en effet, qu’ils portaient des éperons, des bottes à l’écuyère et qu’ils se rendaient de cette façon si ridicules que, dans un vaudeville, Le Combat des montagnes, ils furent mis en scène sous un personnage grotesque, appelé Calicot. Les commis eux-mêmes ont adopté gaiment ce surnom.

Une troupe de calicots
Va pêcher sous le pont d’Asnière ;
Les femmes — robes printanières —
Se parent de coquelicots.
Avec des boîtes d’asticots
Qu’ils portent à leur boutonnières,
Une troupe de calicot
Va pêcher sous le pont d’Asnière.

Eux, poussent des coquericos —
Qu’elles imitent — garçonnières,
Et que répètent, moutonnières,
Des voix répondant en échos…
Une troupe de calicots
Va pêcher sous le pont d’Asnières.

(Jean Ajalbert)

Calicote

Larchey, 1865 : Femme fréquentant un ou plusieurs calicots.

Clara Fontaine est une étudiante, Pomaré est une calicote.

(Paris dansant)

Delvau, 1866 : s. f. Maîtresse de commis de nouveautés.

France, 1907 : Employée d’un magasin de nouveautés ou la maîtresse d’un calicot.

Calique

Rigaud, 1881 : Commis de magasin de nouveautés. C’est une variante de calicot.

Calot

Larchey, 1865 : Dé à coudre, coquille de noix (Vidocq). — Comparaison de ces objets à la calotte qui est de même forme. — Calot : Teigneux. Mot à mot : ayant une calotte de teigne.

Delvau, 1866 : s. m. Dé à coudre, — dans l’argot des voleurs. Signifie aussi coquille de noix.

Delvau, 1866 : s. m. Grosse bille avec laquelle on cale en jouant, — dans l’argot des enfants.

Rigaud, 1881 : Dé à coudre, parce qu’il a la forme d’une calotte microscopique.

Rigaud, 1881 : Képi, — dans le jargon de Saint-Cyr.

Récompense honnête à qui rapportera le calot 3118.

(La Vie moderne, 30 août 1879)

Rigaud, 1881 : Vieillard, vieille femme ridicule, — dans l’ancien jargon des clercs de notaire.

Quant aux farces d’étude, c’est ordinairement sur de vieilles ganaches, sur ce que les clercs appellent des calots, qu’ils les exercent.

(Le Peintre des coulisses, 1822)

Dans le jargon moderne des commis de la nouveauté, un calot désigne un acheteur qui borne ses achats à un objet de peu d’importance, à une paire de gants à 29 sous par exemple.

Fustier, 1889 : Argot des commis de nouveautés : acheteur difficile, ennuyeux à servir.

Dans notre argot, nous appelons la femme qui nous énerve, un calot.

(P. Giffard)

V. Delvau. Suppl. Madame Canivet.

La Rue, 1894 : Dé à coudre. Coquille de noix. Œil saillant. Officier supérieur.

Virmaître, 1894 : Grosse bille avec laquelle les enfants jouent à la poucette (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Synonyme de jeu de biribi.

France, 1907 : Dé à coudre, coquille de noix ; diminutif de calotte. Se dit aussi pour la calotte d’écurie que portent les militaires.

France, 1907 : Œil. Boiter des calots, loucher. Reluquer des calots, regarder.

France, 1907 : Sorte de jeu où le joueur est toujours volé. En voici l’explication par Hogier-Grison :

Le bonneteau n’est pas le seul jeu tenu par les croupiers de barrières. Ils en ont une série d’autres dont le fonctionnement ostensible est aussi simple et dont le truc caché est aussi dangereux.
Voici, par exemple, le calot, plus terrible encore que le bonneteau. Il se compose de trois quilles creuses, sous l’une desquelles le teneur place une petite boule appelée le mouton.
Il exige un personnel de quatre comtes ou compères, parmi lesquels un comte en blanc qui ne joue jamais, mais qui est chargé du rapport.
C’est un peu le jeu des gobelets et de la muscade ; le teneur s’installe ; il met le mouton sur une petite table, et le recouvre d’une quille :
— La boulette ! dit-il, elle passe, la boulette’… la boulette’… la boulette… Et, en même temps, il change les quilles de place, les faisant passer tour à tour à droite, à gauche, au milieu, en les glissant sur la table de telle sorte que la boulette ne puisse sortir. Il s’arrête :
— Un louis à qui désigne la quille où se trouve la boulette ! crie-t-il.
Un des « comtes » montre un des calots :
— Elle est là, répond-il.
Le teneur soulève la quille, la boulette n’y est pas.
— Farceur, dit un autre « comte », la voici.
Et il soulève le calot sous lequel est le mouton.
— C’est bien simple, ajoute-t-il ; vous n’avez donc pas suivi le mouvement du joueur ? la boulette est toujours sous la même quille ; il y a qu’à ne pas perdre la quille de vue…
Bientôt le public s’en mêle ; le jeu change. Le teneur pose la boulette sur la table, la recouvre d’une quille, fait passer les deux autres, et tout en faisant ce double mouvement, il roule la boulette jusque dans ses doigts, où elle reste cachée, de façon qu’il n’y a plus de boulette du tout. Le pigeon peut ponter sur n’importe quelle quille, il a toujours perdu.

(Le Monde où l’on triche)

Châlier

Rigaud, 1881 : Commis de magasin préposé à la vente des châles, — dans le jargon de la nouveauté.

Changement

d’Hautel, 1808 : Changement de corbillon fait trouver le vin bon. Signifie qu’il suffit souvent de changer une chose de lieu ou de forme, pour la faire trouver meilleure.
On dit aussi, Changement de corbillon, appétit de pain bénit. Pour dire que la nouveauté et la variété plaisent en toute chose.

Charogneux (article)

Rigaud, 1881 : Article sur la vente duquel un commis en nouveautés n’a pas de bénéfice à attendre, article d’affiche. Une sale boîte où il n’y a que des articles charogneux.

Chevalier de l’aune

Larchey, 1865 : Commis en nouveautés.

Il n’y a que ces chevaliers de l’aune pour aimer la boue au bas d’une robe.

(Balzac)

De la rosette : Sodomiste. — Du printemps : Niais portant un œillet rouge à la boutonnière pour singer une décoration.

Chevalier de l’aune ou du mètre

France, 1907 : Commis de nouveautés.

Chevalier du mètre

Delvau, 1866 : s. m. Commis de nouveautés.

Détourneuse

Virmaître, 1894 : Voleuse qui opère spécialement dans les grands magasins de nouveautés. Il y a bien des manières de pratiquer ce vol, elles sont expliquées à leur place (Argot des voleurs).

Endroit

d’Hautel, 1808 : Il est de mon endroit. Pour il est du même pays que moi.
On dit par dérision d’une étoffé bizarre et laide, qu’elle est aussi belle à l’envers qu’à l’endroit.

Rigaud, 1881 : Restaurant, — dans le jargon des employés du commerce de la nouveauté en gros. Mot à mot : endroit où l’on va prendre ses repas, endroit d’où l’on fait venir un plat. J’ai envoyé chercher à l’endroit une portion de tripes.

Enquilleuse

Delvau, 1866 : s. f. Femme qui porte un tablier pour dissimuler ce qu’elle vole.

Virmaître, 1894 : Voleuse qui opère dans les grands magasins de nouveautés. Elle enquille la marchandise volée entre ses cuisses. Il faut vraiment être organisée particulièrement pour cacher un coupon de soie à cet endroit-là (Argot des voleurs).

France, 1907 : Voleuse qui cache le produit de ses larcins entre ses jambes.

Faire sa nouveauté

Rigaud, 1881 : C’est, dans le jargon des filles, se produire sur un nouveau trottoir, montrer un nouveau visage aux dilettanti de la prostitution.

Falzar, falzard

France, 1907 : Pantalon de travail ; abréviation et déformation de pantalzar, qui est lui-même une déformation de pantalon avec changement de finale. Pourquoi la finale zar ? « Parce que, dit Lorédan Larchey, le mot bazar était sans doute en ce temps-là une nouveauté, et peut-être aussi parce que le pantalon, comme le bazar, contient toutes sortes d’objets. De même on terminait jadis les mots en rama lorsque les panoramas commencèrent à être de mode. »

Il n’y a vraiment qu’à Paris
Qu’on peut avoir autant d’esprit !

ainsi que le dit un distique de mirliton.

A veul’nt pas, comme la calotte,
Rester en jupon ;
À veul’nt porter la culotte…
Moi, j’coup’ pas dans l’pont,
Nous aut’s, si nous t’nons à l’homme,
Bien qu’c’est des démons,
C’est plus qu’son falzard, en somme,
Que nous réclamons.

(Blédort)

Fantaisien

Rigaud, 1881 : Commis en nouveautés chargé de la vente de l’article fantaisie.

Flamber

d’Hautel, 1808 : Il est tout flambant neuf. Se dit d’un objet quelconque qui est dans toute sa fraîcheur, dans toute sa nouveauté.
Être flambé. Tour être, perdu, ruiné sans ressource.

Larchey, 1865 : Briller entre tous.

Des raretés qu’on offre à des filles qui aiment à flamber.

(Balzac)

Rigaud, 1881 : Jouer la comédie, — dans le jargon des saltimbanques.

De quoi pouvais-tu avoir peur, lui dis-je… tu n’avais jamais mieux flambé.

(E. Sue, Les Misères des Enfants trouvés)

Briller.

Ces créatures aiment à flamber.

(Balzac, Splendeurs et Misères des courtisanes)

Fruche

Fustier, 1889 : Objet disqualifié. Argot des commis de nouveautés.

France, 1907 : Marchandise disqualifiée, passée de mode.

Fruges

Delvau, 1866 : s. f. pl. Bénéfices plus ou moins licites sur la vente — dans l’argot des commis de nouveautés.

Rigaud, 1881 : Bénéfices, prélèvements sur la vente, — dans le jargon des employés de commerce.

Gauche (aller à)

Rigaud, 1881 : Aller prendre ses repas, — dans le jargon des employés de magasins de nouveautés. — Dans presque tous ces magasins, la salle à manger est à gauche, les lieux d’aisances sont à droite. De là : aller à gauche, être à gauche, aller à droite, être à droite, pour établir la différence des fonctions.

Goupillon

Rigaud, 1881 : Commis au pair, — dans le jargon des employés de la nouveauté. C’est, sans doute, une altération de gouspillon, gouspin.

France, 1907 : Membre viril. On sait que l’instrument dont on se sert pour donner l’eau bénite est ainsi nommé à cause d’une queue de renard (goupil) que l’on y mettait autrefois et que l’on a remplacée par des soies de cochon. On appelle aussi goupillons les gens d’Église.

Tant que, sur le budget des cultes,
Vous donnerez vos millions
À tant de goupillons incultes,
Vous ne ferez que des brouillons ;
Tous ces gaillards concordataires
Palpent, en vous riant au nez,
La vache à lait des ministères
Qui les rend gras et fortunés !

(Julien Fauque)

Grate

Rigaud, 1881 : Gratification obtenue pour travail supplémentaire, — dans le jargon des typographes.

Boutmy, 1883 : s. f. Abréviation de gratification. La journée des typographes, dans les ateliers de Paris, est de dix heures. Quand un ouvrage est pressé, le prote fait quelquefois travailler un ou plusieurs ouvriers en dehors des heures réglementaires ou les jours fériés. Ces heures supplémentaires donnent droit à une gratification que le Tarif fixe à 25 centimes par heure. C’est ce qu’on appelle la grate. Elle a été établie surtout en vue de provoquer le maître imprimeur à occuper le plus possible d’ouvriers. Il a, on le comprend, un moyen facile d’échapper à la gratification : c’est de mettre sur le même ouvrage un nombre d’hommes suffisant pour qu’il ne soit pas nécessaire d’avoir recours aux heures supplémentaires. Tous le feraient assurément, si trop souvent l’espace ne leur manquait.

Fustier, 1889 : Le bénéfice accordé aux commis de nouveautés sur la vente de certains articles.

France, 1907 : Abréviation de gratification ; argot des typographes.

La journée des typographes, dans les ateliers de Paris, est de dix heures. Quand un ouvrage est pressé, le prote fait quelquefois travailler un ou plusieurs ouvriers en dehors des heures réglementaires ou des jours fériés. Ces heures supplémentaires donnent droit à une gratification que le tarif fixe à 0 fr. 25 par heure. C’est ce qu’on appelle la grate. Elle à été établie surtout en vue de provoquer le maître imprimeur à occuper le plus possible d’ouvriers. Il a, on le comprend, un moyen facile d’échapper à la gratification, c’est de mettre sur le même ouvrage un nombre d’hommes suffisant pour qu’il ne soit pas nécessaire d’avoir recours aux heures supplémentaires.

(Eug. Boutmy)

Guelte

Delvau, 1866 : s. f. Bénéfice (geld) qu’on abandonne aux commis d’un magasin qui sont parvenus à vendre un objet jugé invendable. Grâce à la faconde des gaudissards modernes, il est rare qu’un rossignol reste sur les rayons, et leur guelte s’en accroît d’autant.

Rigaud, 1881 : Bénéfice accordé à un placier, à un commis en nouveautés sur la vente d’un article.

Carpentier a touché ses deux mille cinq cents balles de guelte

(P. Mahalin)

France, 1907 : Prime sur les articles vendus attribuée à l’employé dans les magasins de nouveautés et d’autant plus forte que ces articles sont défraîchis ou passés de mode, c’est-à-dire devenus des rossignols ; de l’allemand, geld, argent.

Haus

Delvau, 1866 : s. m. Nom que les commis de nouveautés donnent à toute personne qui entre dans le magasin, y marchande plusieurs choses, et s’en va sans rien acheter.

Haüs

France, 1907 : Sobriquet que les commis de nouveautés donnent à toute personne qui entre dans le magasin, fait déballer des paquets d’étoffes, marchande et s’en va sans rien acheter.
Ce mot relevé par Alfred Delvau est tombé en désuétude et la génération actuelle des « calicots » l’ignore. Il était usité vers la fin de l’empire. On avait même appliqué ce vocable à certains articles de rebut que l’on offrait aux clients difficiles. Une personne se présentait-elle et, après avoir longtemps tâtonné, se préparait-elle à partir sans rien acheter, le chef de rayon intervenait :
« Je vois ce que Madame veut », disait-il. Et faisant signe à un commis ou un garçon de magasin : « Allez donc chercher les dernières nouveautés, l’article haüs. » L’autre rapportait alors les vieux fonds de magasin, les articles passés de mode, les « rossignols » invendables que l’on étalait sous les yeux de la cliente, laquelle finissait alors par se décider et payer fort cher des objets de rebut.
D’après Timmermans, haüs ou aüs viendrait du verbe anglais to oust, évincer, d’où nous avons fait houste, interjection dont on se sert pour chasser les chiens. Dans haüs, on appuyait surtout sur le sifflement de l’s qui marque le bruit du vent, du souffle qui passe : « Va-t’en vite, file comme le vent. » Ce mouvement vif s’exprime en allemand par Husch !

Ligne (faire la)

Rigaud, 1881 : Aux heures de la journée où les clientes sont rares, les commis en nouveautés se partagent, à tour de rôle, la vente ; c’est ce qu’ils appellent faire la ligne.

Locatis

d’Hautel, 1808 : Un locatis. Pour dire, un cheval de louage.

Delvau, 1866 : s. m. Cheval de louage, — dans l’argot des commis de nouveautés, à qui leurs moyens défendent les pur-sang.

Rigaud, 1881 : Habit en location ; cheval de louage ; voiture au mois et en général tous les effets mobiliers ou autres qu’on loue à la journée ou au mois.

Fustier, 1889 / La Rue, 1894 : Mauvaise voiture de louage.

Madame Canivet

Rigaud, 1881 : Femme qui fait mettre tout sens dessus dessous dans un magasin de nouveautés et s’en va sans rien acheter.

France, 1907 : Cliente qui fait déballer une quantité de marchandises et part sans rien acheter.

Mannequin

d’Hautel, 1808 : C’est un vrai mannequin. Pour dire, un homme sans caractère, qui n’agit que d’après la volonté des autres, ou dont on se rend absolument maître.

Delvau, 1866 : s. m. Imbécile, homme de paille, — dans l’argot du peuple.

Delvau, 1866 : s. m. Voiture quelconque, et spécialement Tape-cul, — dans l’argot du peuple.

Rigaud, 1881 : Cabriolet, voiture à deux roues. — Hotte de chiffonnier. — Mannequin à machabées, corbillard, ou encore mannequin du trimballeur de dégelés, de refroidis, de machabées.

Rigaud, 1881 : Demoiselle de magasin sur le dos de laquelle on essaie les confections, devant les acheteurs, — dans le jargon des marchands de nouveautés.

La Rue, 1894 : Imbécile. Voiture.

France, 1907 : Homme méprisable, sans valeur.

France, 1907 : Hotte de chiffonnier.

France, 1907 : Imbécile toujours habillé à la dernière mode.

Mètre (chevalier du)

France, 1907 : Commis de nouveauté.

Mitaine

d’Hautel, 1808 : Des mitaines à quatre pouces. Se dit par plaisanterie d’un expédient inutile que l’on propose dans une affaire.
Cela ne se prend pas sans mitaine. Pour dire, il faut y apporter beaucoup de soin.
Onguent miton mitaine. Remède qui n’opère d’aucune façon, qui ne fait ni bien ni mal.

Fustier, 1889 : Voleuse, détourneuse à la mitaine. Femme portant des souliers très plats, sans talons et qui, dans un magasin, fait tomber des objets Qu’elle ramasse avec le pied déchaussé et cache dans son soulier. Cette sorte de voleuse ne s’attaque, en général, qu’aux dentelles de prix.

La Rue, 1894 : Variété de voleuse des magasins de nouveautés.

Mouchard, mouche

Larchey, 1865 : Espion de police. — On connaît l’indiscrétion des mouches ; elles se fourrent partout. — Dans une brochure de circonstance qui parut en 1625 (le Marchand arrivé sur les affaires du temps), on enjoint aux cabaretiers de frauder les droits de perception en ayant du vin chez leur voisin et n’allant le chercher que la nuit

pour n’estre pas veuz des mouches de ce païs icy qui valent pire que des guespes d’Orléans.

Dans ses Politiques, Vincent Cabot (Toulouse, 1636) traite, en son chapitre II,

Des mouschards et escouteurs desquels les princes et les républiques se servent pour sçavoir les nouveautés et les entreprises.

Hayard, 1907 : Policier.

Nouveauté

Delvau, 1866 : s. f. Livre qui vient de paraître, — dans l’argot des libraires, qui souvent rééditent sous cette rubrique de vieux romans et de vieilles histoires.

Passer debout

Rigaud, 1881 : Venir à l’heure au magasin, — dans le jargon des commis de nouveautés. Par opposition à être couché. (F. ce mot.)

Petites maisons

France, 1907 : Nom donné autrefois aux maisons où l’on enfermait les fous et aux villas où les financiers du siècle dernier cachaient leurs amours illicites.

Nous autres Parisiennes, nous jouissons d’une liberté sans limite ; il est absolument admis que nous sortons à 2 heures pour ne rentrer qu’à 7, sans avoir le moins du monde à rendre compte de nos faits et gestes. La couturière, la modiste et les longues stations faites dans les grands magasins de nouveautés constitueraient, d’ailleurs, le cas échéant, tous les alibis nécessaires à la justification d’une honnête journée. Chacun s’occupe fort peu de ce que fait son voisin, et il y a, de par la grande ville, des rez-de-chaussée à deux issues qui ont remplacé les petites maisons chères aux créanciers du siècle dernier.

(Colombine, Gil Blas)

Pilier de boutanche

Vidocq, 1837 : s. m. — Commis de magasin. Il faut le dire, puisque l’expérience l’a prouvé, beaucoup de commis volent leur patron, et de mille manières différentes ; Indiquer leurs ruses et les moyens de les combattre, ce sera, du moins je le pense, rendre aux commerçans et aux commis eux-mêmes un important service.
Beaucoup de commis placés aux rayons des grosses marchandises, volent celles des rayons de leurs camarades, et les sortent du magasin soit dans leur chapeau, soit sous leurs vêtemens.
D’autres s’entendent avec des compères auxquels il donnent dix aunes de marchandises lorsqu’ils n’en déclarent que huit à la caisse ; d’autres cachent des foulards, de la dentelle ou d’autres petits articles dans un rouleau d’indienne. S’il est difficile d’acquérir la certitude de la culpabilité des premiers sans s’exposer à blesser la susceptibilité des acheteurs, on peut facilement éclaircir les doutes que les seconds pourraient avoir inspiré. Il ne faudrait, pour cela, que prendre la partie de marchandise qu’ils viendraient de vendre, comme pour la mieux envelopper, et la dérouler sans affectation. Si la personne que l’on croit de connivence avec le commis est une femme, et qu’elle porte un cabas ou un panier, il faut être empressé, complaisant, placer soi-même les paquets dans le cabas ou panier, et laisser à ses yeux le soin d’en inventorier le contenu.
Pour pouvoir accorder une confiance sans réserve aux commis que l’on emploie, il faut connaître leurs fréquentations, leurs habitudes, la fortune de leurs parens, et les sommes qu’ils en reçoivent.
ll est surtout important de savoir s’ils ont des maîtresses, et à quelle classe appartiennent ces femmes, car c’est souvent chez elles que vont s’engloutir les objets volés par les commis. Souvent même elles vendent ce qu’elles ne peuvent employer. Il ne me serait pas difficile de prouver par des faits ce que j’avance ici.
Les marchands de draps ou de soieries et nouveautés envoient souvent chez leurs cliens quelques pièces de marchandises, dans l’espoir de placer quelques articles. Un voleur se donnant la qualité de garçon de magasin, et qui, très-souvent, n’est que l’émissaire de l’homme qui est employé chez le commerçant, se présente le lendemain pour réclamer les marchandises déposées la veille. La plupart du temps on les lui remet sans difficulté.

Delvau, 1866 : s. m. Commis, — dans l’argot des voleurs. Pilier de paclin. Commis voyageur. Pilier du creux. Patron, maître du logis.

France, 1907 : Boutiquier ; argot des voleurs.

Premier

d’Hautel, 1808 : Le premier qui entrera sera cocu. Voyez Cocu.

Rigaud, 1881 : Chef de rayon, premier commis de rayon dans un magasin de nouveautés.

C’est le premier, qui les enrôle et les congédie (les commis).

(Eug. Muller, La Boutique du marchand de nouveautés)

Ramasseux

France, 1907 : Celui qui ramasse. Ramasseux de mégots, individu qui gagne sa vie en ramassant des bouts de cigares, de cigarettes.

Le ramasseux entra dans des détails. Quand il avait « recueilli », son premier soin était de couper le bout brûlé du cigare et la « tétine » sur une rondelle de bois ; puis, il « dévrillotait » son londrès, il l’épluchait, « comme des petits pois ». Quand ce tabac était tout à fait sec, il fallait encore « le friser » ; pour cela, le bonhomme le roulait doucement dans ses doigts jusqu’à ce qu’il reprit l’aspect de la « nouveauté. »

(Hugues Le Roux, Les Larrons)

Raser

Larchey, 1865 : Railler. Jadis on disait faire la barbe.

Pour aviser au moyen de faire la barbe à la municipalité de Paris.

(1793, Hébert)

On a commencé à dire des blagueurs. Aujourd’hui, on dit des raseurs.

(Gazette de Paris)

Delvau, 1866 : v. a. Ennuyer, être importun, — comme le sont ordinairement les barbiers, gens qui se croient obligés, pour distraire leurs pratiques sur la sellette, de leur raconter des fariboles, des cancans, des anas aussi vieux que Mathusalem. Argot du peuple et des gens de lettres. On disait il y a cent ans : Faire la barbe.

Rigaud, 1881 : Blaguer, conter des bourdes, — dans l’argot des marins.

Rigaud, 1881 : Enlever à ses camarades une vente, faire une vente au préjudice d’un camarade, — dans le jargon des commis de la nouveauté. C’est une variante moderne de faire la barbe.

Rigaud, 1881 : Ennuyer. — Railler. — Ruiner.

Elle s’est essayée sur le sieur Hulot qu’elle a plumé net, oh ! plumé, ce qui s’appelle rasé.

(Balzac, La Cousine Bette)

La Rue, 1894 : Ennuyer, importuner. Railler.

Rossignol, 1901 : Ennuyer quelqu’un en lui causant, c’est le raser ; on dit aussi barber.

France, 1907 : Importuner, ennuyer. Cette expression ne viendrait-elle pas de cette autre : faire la barbe à quelqu’un, c’est-à-dire le raser. Les anciens attachaient une grande importance à la conservation ou à la perte de la barbe. Raser la barbe à quelqu’un, c’était le couvrir d’opprobre. Les Juifs rasaient les lépreux ; les Grecs, Les Indiens rasaient les impudiques. Les Lombards tondaient les incendiaires et les voleurs. Les lois germaniques défendaient de raser un homme libre. Chez les Orientaux, un visage rasé est un signe d’avilissement, et un des reproches que les Arabes d’Algérie adressaient jadis aux Français était celui de se couper la barbe. Les premiers hommes portaient la barbe telle que la nature la donne, la regardant comme une précieuse prérogative, le signe de la force et de la virilité.

Du côté de la barbe est la toute-puissance.

Les poètes, les peintres nous montrent leurs héros barbus. Les Chinois regardent la barbe comme le plus bel ornement de l’âge viril. Dans l’Yémen, il serait honteux de paraître sans barbe. Les esclaves ne peuvent la porter. Les Bédouins jurent sur leur barbe. Les Turcs disent : « Il faut sacrifier la barbe pour sauver la tête », dernière expression de leur détresse que de sacrifier la barbe. Pour désigner un homme de cœur, les Espagnols disent : « Es hombre de barba » (C’est un homme de barbe). Conclusion : Ne nous laissons pas raser.

Dieu merci ! vos mythologies
Nous ont flanqué des névralgies,
Pensez si nous sommes blasés :
Pendant des dix ans de collège,
Jours de soleil comme de neige,
Nous en fûmes assez rasés.

(Raoul Ponchon, Gazette rimée)

France, 1907 : Opérer une razzia ; dépouiller, enlever. Être rasé, être ruiné.

Raseur

Larchey, 1865 : « Le raseur est l’individu qui croit vous intéresser infiniment par le récit des choses les plus ennuyeuses dont sa mémoire est ornée. — Une fois qu’il tient votre bras, le raseur ne vous quitte plus. » — A. Scholl, 1853.

Rigaud, 1881 : Commis en nouveautés qui procède comme il est indiqué ci-dessus.

Virmaître, 1894 : Être ennuyeux, qui vous raconte des riens pendant des heures entières (Argot du boulevard). V. Crampon.

Rossignol, 1901 : Voir raser.

Hayard, 1907 : Bavard ennuyeux.

France, 1907 : Ennuyeux importun, gêneur.

Si les sentiers du journalisme et de la littérature ne sont pas encore tout à fait encombrés par de vagues raseurs bien coiffés, c’est que ceux-ci préfèrent exercer une profession moins aléatoire que celle d’écrivain. Ce n’est pas la modestie qui les empêche d’écrire : c’est la raison. Rendons hommage à leur prudence et à leur souci de l’avenir. Grâce à cette réserve, il y a encore des gens qui, sur les feuilles de recensement, ne s’intitulent pas homme de lettres, et l’on peut écrire à son bottier sans être forcé, par la plus élémentaire des courtoisies, de l’appeler « Monsieur et cher confrère. »

(Paul Foucher)

Nous reverrons encor bien des choses insanes
Qui font lever le cœur et amènent le rot :
Sur des velours en zinc des vestales sans cuisses,
Sur des crus épinards des vierges sans tétons
Dans les grands bois sacrés d’impudiques Narcisses
Et devant des pianos des raseurs en veston.

(Don Juan)

Rossignol

d’Hautel, 1808 : Rossignol à gland. Pour dire un pourceau, un cochon.
Rossignol d’Arcadie. Et plus souvent roussin d’Arcadie, un âne.

Halbert, 1849 : Haut-bois. On appelle ainsi un outil d’un casseur de porte.

Delvau, 1864 : Le membre viril.

Aussitôt qu’elle eut aperçu
Le rossignol que tenait Catherine.

(La Fontaine)

Larchey, 1865 : « Ce sobriquet de rossignol était donné par les libraires aux ouvrages qui restent perchés sur les casiers dans les profondes solitudes de leur magasin. » — Balzac. — Les marchands de nouveautés donnent le même nom aux étoffes passées de mode.

Larchey, 1865 : Fausse clé.

Après, j’ne manquerai pas de raisons Pour rossignoler les maisons.

(Festeau, 1832)

Delvau, 1866 : s. f. Fausse clé, — dans le même argot [des voleurs].

Delvau, 1866 : s. m. Livre qui ne se vend pas, — dans l’argot des libraires. Marchandise qui n’est pas de bonne défaite, — dans l’argot des boutiquiers.

Rigaud, 1881 : Marchandise défraîchie, passée de mode.

La Rue, 1894 : Fausse clé. Marchandise démodée et depuis longtemps en magasin.

Virmaître, 1894 : Fausse clef (Argot des voleurs).

Virmaître, 1894 : Marchandises défraîchies ou hors de saison. Dans les magasins, les commis qui écoulent les rossignols touchent une prime qui se nomme la guelte (Argot des bourgeois).

Rossignol, 1901 : Fonds de magasin, marchandises défraîchies.

Hayard, 1907 : Fausse clef.

Hayard, 1907 : Marchandise défraîchie.

France, 1907 : Fausse clé.

L’un d’eux fit briller une allumette. Ils se trouvaient dans la cuisine. Ils ouvrirent, à l’aide d’un rossignol, la porte de la salle à manger. Les tiroirs des buffets furent aussitôt allégés de leur argenterie, qui passa dans un sac.

(Yveling-Rambaud, Haine à mort)

France, 1907 : Hautbois.

France, 1907 : Mauvaise marchandise ; objet démodé ou de rebut, reste de magasin.

La tenue des troupes allemandes est d’une correction remarquable. Nous constatons la solidité du fourniment, la coupe des effets, la qualité du drap, etc., etc., et nous nous demandons dans quelles proportions scandaleuses les fournisseurs de notre armée doivent encaisser des bénéfices. Quelle camelotte chez nous que ces havresacs, ceinturons, gibernes, bidons, souliers, casqueittes, etc., hors de service après quinze jours de campagne !… Après cela, rien dans les magasins, et une nation comme la France forcée de demander au monde entier ses rossignols pour habiller, chausser et armer ses soldats. J’entends encore M. Rouher disant avec emphase : « Sire, la France est prête… » Oui, prête pour le sacrifice de son sang et de son honneur militaire.

(Lieut.-colonel Meyret, Carnet d’un prisonnier de guerre)

Rouen (aller à)

Vidocq, 1837 : Se ruiner.

Rigaud, 1881 : Être sifflé, — dans le jargon des comédiens. — Courir à sa ruine. — Manquer une vente, — dans le jargon des commis de la nouveauté.

France, 1907 : Se ruiner. Jeu de mot. Faire un Rouen, manquer une vente. Argot des employés de commerce. Ces jeux de mots sont fréquents dans le peuple ; nous en avons donné quelques-uns dans aller à Niort, voici d’autres qui complètent la série :
Avoir été élevé à Asnières, être un ignorant, un âne.
Aller à Cachan,
se cacher.
Voyager en Cornouailles, être trompé par sa femme, jeu de mot sur cornes.
Aller à Dourdan,
être battu, du vieux mot dourder, battre.
Être de Lunel, être lunatique.
Envoyer à Mortaigne, envoyer à la mort, tuer.
Aller à Patras, mourir, jeu de mot sur ad patres.
Envoyer à l’abbaye de Vatan,
congédier.

Rouen (faire un)

Fustier, 1889 : Argot des commis de nouveauté. Id est faire l’article à un client qui part sans acheter ; le Rouen c’est le client.

Ça paraît vouloir s’allumer un peu, dit Hutin à Favier ; je n’ai pas de chance, il y a des jours de guignon, ma parole. Je viens encore de faire un Rouen ; cette tuile ne m’a rien acheté.

(Zola, Au bonheur des Dames)

Rouffion

Delvau, 1866 : s. m. Dernier employé du magasin, — dans l’argot des calicots. On dit Mousse.

Rigaud, 1881 : Commis de magasin de nouveautés, chargé d’aller aux rassortiments. — Rouffionne, jeune fille qui remplît le même emploi.

La Rue, 1894 : Dernier commis du magasin.

Roupion

Fustier, 1889 : Commis de nouveautés. Il tient le milieu entre le commis vendeur et le bistot.

France, 1907 : Étudiant en médecine, aspirant à l’externat.

Jean recommande seulement à l’interne qu’il croit le plus habile de se charger de son autopsie ; il invite d’ailleurs tous les externes et tous les roupions à manger un morceau ; cela signifie, en style d’amphithéâtre, qu’il les invite à prendre, celui-ci un bras celui-là que jambe, qui un pied, qui la main, qui la tête. Quant à ses dents, s’il lui en reste, il ne peut pas en disposer plus que de ses cheveux.

(P. Bernard, L’Infirmier)

Rue

d’Hautel, 1808 : La rue au pain. Pour dire, la gorge, le gosier.
Il est dans la rue de Tournon. Pour il est attrapé ; il est trompé dans ses espérances ; il n’est pas à ce qu’on lui dit ; il est ivre. Par allusion avec la rue qui porte ce nom.
On dit aussi mettre quelqu’un dans la rue de Tournon. Pour, le tromper, le duper, le friponner.
Vieux comme les rues. Pour dire que quelque chose n’est plus à la mode ; qu’une histoire que l’on raconte comme une nouveauté est connue de tout le monde depuis long-temps.
Les rues en sont pavées. Pour dire qu’une chose n’est pas rare ; qu’on peut facilement se la procurer ; qu’elle se trouve partout.
Le bout de la rue fait le coin. Se dit par raillerie à un homme qui ne s’explique pas clairement, et dont la conversation dégénère en galimathias.

Delvau, 1866 : s. f. L’espace réservé entre deux portants et figurant un chemin entre deux costières, Argot des coulisses.

Rigaud, 1881 : Au théâtre, en terme de machiniste, c’est l’espace qui se trouve entre deux châssis ou poitants formant coulisse.

Sauterelle

Vidocq, 1837 : s. f. — Puce.

Delvau, 1866 : s. f. Petite dame, — dans l’argot des gens de lettres qui ont emprunté ce mot à N. Roqueplan. C’est un des plus heureux qu’on ait inventés jusqu’ici pour désigner ces femmes maigres qui s’abattent chaque jour, par nuées, sur les boulevards, dont elles sont la plaie.

Delvau, 1866 : s. f. Puce, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : « On appelle ainsi (dans les magasins de nouveautés) les femmes qui font plier et déplier vingt ballots sans acheter. » (L. Noir.) — Exécuter une sauterelle, se débarrasser d’une femme qui n’a envie de rien acheter.

Rigaud, 1881 : Sauteuse. Puce.

Merlin, 1888 : Caleçon.

France, 1907 : Femme qui va dans les magasins, fait plier et déplier quantité de ballots sans rien acheter ; argot des commis de nouveautés. Exécuter une sauterelle, se débarrasser d’une façon quelconque de la dite cliente.

France, 1907 : Prostituée.

France, 1907 : Puce ; argot des voleurs.

Soyeux

Rigaud, 1881 : Commis à la soierie, — dans le jargon des marchands de nouveautés. Il y a un féminin qui, naturellement, fait soyeuse.

France, 1907 : Commis de nouveauté employé au comptoir de la soierie.

Le soyeux, la bouche en cœur, distribuait des œillades aux dames.

(Les Propos du Commandeur)

Tiche

Delvau, 1866 : s. f. Bénéfices plus ou moins réguliers, — dans l’argot des commis de nouveautés.

Rigaud, 1881 : Profit, — dans le jargon des commis de la nouveauté.

La Rue, 1894 : Profit, Aubaine.

Virmaître, 1894 : Bénéfices. Synonyme de guelte. Prime que les directeurs de magasins de nouveautés donnent aux commis qui parviennent à vendre de la marchandise avariée ou des rossignols. Tiche, en ce cas, est de la même famille qu’affure (part de vol) (Argot des calicots).

France, 1907 : Bénéfice, profit ; argot des commis de nouveauté.

Vaudevillâtre

France, 1907 : Fabricant de vaudevilles.

En réalité, de projets médités, les directeurs n’en ont pas ; ils vont, ne sait comme, embourbés dans l’ornière de la routine, de la bêtise et du préjugé, entichés de vieilleries rebelles aux nouveautés, tentant de flairer le goût du public, souriant aux maquignons vadevillâtres qui leur glissent en manière de bonne main la moitié des droits d’auteur.

(Henry Bauër, Les Grands Guignols)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique