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Amuser les noisettes

France, 1907 : Tirer les oreilles. Expression du Borda.

Asticot dans la noisette

Virmaître, 1894 : Personne qui a des absences de mémoire. On sait que l’asticot dévore l’amande de ce fruit, par analogie il dévore la cervelle (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Être un peu déséquilibré.

Cassante

Vidocq, 1837 : s. — Noix, dent.

Larchey, 1865 : Noix, dent. (Vidocq). — Effet pris pour la cause. La noix se casse et la dent casse.

France, 1907 : Noix, noisette : dent.

Cassantes

anon., 1827 : Des noix.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Noix

Bras-de-Fer, 1829 : Noix.

Halbert, 1849 : Noix, noisettes.

Delvau, 1866 : s. f. pl. Les dents, — dans l’argot des voleurs.

La Rue, 1894 : Dents.

Virmaître, 1894 : Les dents (Argot du peuple). V. Dominos.

Casse-noisette

Delvau, 1864 : Habile contraction du sphincter du vagin qui retient prisonnier le membre viril qui s’est engagé, la tête la première, dans ces mystérieuses Thermopyles, et le force ainsi à combattre vaillamment — et à jouir.

L’art du casse-noisette remonte à la plus haute antiquité ; quelques femmes modernes le pratiquent encore avec succès, avec moins de succès cependant que les Chinoises, qui sont conformées de façon à faire gaudiller le Chinois le plus écourté du Céleste Empire.

(A. François)

Je possède l’art du casse-noisette,
Qui ferait jouir un nœud de granit.

(Anonyme)

Delvau, 1866 : s. m. Figure grotesque, où le nez et le menton sont sur le point d’accomplir le mariage projeté depuis leur naissance.

France, 1907 : Tête de vieux on de vieille dont le nez et le menton semblent vouloir se toucher.

Cueillir la fraise, la noisette, la fleur, un bouton de rose sur le nombril

Delvau, 1864 : Tirer un coup.

Ah ! qu’il fait donc bon
Cueillir la fraise,
Au bois de Bagneux,
Quand on est deux.

(Le Bijou perdu)

Mais souffre que je puisse cueillir le fruit, dès si longtemps promis à ma pure et sainte fidélité.

(P. De Larivey)

Je craignais qu’elle ne laissât cueillir la belle fleur de son pucelage sans en tirer profit.

(Ch. Sorel)

Par ma fine, je suis perdue,
Disait Babet à son seigneur,
Qui par méprise, en lui cueillant sa fleur,
La greffa d’un beau fruit.

(Vadé)

Vous abusez, car Meung, docteur très sage,
Nous a décrit que pour cueillir la rose
Riche amoureux a toujours l’avantage.

(F. Villon)

Hurlurier

France, 1907 : Vagabond, idiot : du flamand hurlu, hurleur, ou du vieux français huret, fou.

Vous que le chaud soleil à teints,
Hurluriers dont les peaux bisettes
Ressemblent à l’or des gratins ;
Gouges au front plein de frisettes,
Momignards nus sans chemisettes,
Vieux à l’œil cave, au nez rugueux,
Au menton en casse-noisettes,
Le poète est le roi des Gueux.

(Jean Richepin)

Jouir

d’Hautel, 1808 : Il jouit d’une parfaite santé. Locution équivoque et satirique, pour dire qu’un homme est simple d’esprit ; qu’il est dénué d’intelligence et de finesse.

Delvau, 1864 : Arriver au summum du plaisir par l’éjaculation spermatique. Jouir d’une femme, la faire jouir.

As-tu de l’abbesse
À lafin joui ?

(Collé)

Dans peu de temps d’ici, vous verrez un paillard
Qui viendra, pour jouir de son beau corps gaillard.

(Trotterel)

Entre ses bras l’heureux Adam la presse,
Brûle, jouit, et dans sa folle ivresse
Il répétait : Perdre ainsi c’est gagner.

(Parly)

Ah ! comme je jouis, mon Dieu ! comme je… jouis !… Ça me va dans la plante des cheveux.

(Henry Monnier)

Il est une heure dans l’année
Où tout ce qui vit veut jouir,
où la vierge et la graminée
Ressentent le même désir.

(A. D)

Je possède l’art du casse-noisette
Qui ferait jouir un nœud de granit.

(Parnasse satyrique)

Mais, pour faire jouir, j’ai d’ailleurs un moyen
Qui jusques à ce jour m’a réussi très bien.

(L. Protat)

Tellement que s’ils voient passer quelqu’une, dont ils aient déjà joui, ils ne disent pas simplement : J’ai baisé une telle, mais bien : J’ai foutu une telle, je l’ai chevauchée.

(Mililot)

Pas sans moi ! pas sans moi !… Ensemble !… joui… jouissons… ensemble… bien ensemble !…

(Henry Monnier)

Lance

d’Hautel, 1808 : Baisser sa lance. Rabattre de ses prétentions ; devenir humble et souple, de haut et fier que l’on étoit.
Être à beau pied sans lance. Être démonté, désarmé ; n’avoir plus d’équipages.

Ansiaume, 1821 : Eau.

J’ai bu son picton et rempli sa rouillarde de lance.

anon., 1827 / Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 : Eau.

Vidocq, 1837 : s. f. — Eau.

Clémens, 1840 : Eau, larme.

un détenu, 1846 : Eau pour boire.

Larchey, 1865 : Eau (Vidocq). — Pour désigner l’eau, on a fait allusion à son extrême fluidité ; on a dit la chose qui se lance. Dans Roquefort, on trouve lancière : endroit par où s’écoule l’eau surabondante d’un moulin. V. Mourir, Trembler.

Delvau, 1866 : s. f. Balai, — dans le même argot [des faubouriens].

Delvau, 1866 : s. f. Pluie, — dans l’argot des faubouriens, qui ont emprunté ce mot à l’argot des voleurs. À qui qu’il appartienne, il fait image.

Rigaud, 1881 : Eau. — Balai. Lancier du préfet, balayeur, cantonnier.

Merlin, 1888 : Pluie. — Il tombe des lances, il pleut. Expression empruntée à l’argot parisien.

La Rue, 1894 : Eau. Pluie. Balai. Lanciers du préfet, Balayeurs.

Virmaître, 1894 : Eau, pluie.
— Il tombe de la lance à ne pas mettre un chien dehors.
Le peuple a emprunté ce mot à l’argot des voleurs.

Rossignol, 1901 : Eau.

Hayard, 1907 : Eau, pluie.

France, 1907 : Balai, à cause de son long manche.

France, 1907 : Eau.

— Je l’ai porté placidement sous la fontaine de la Maubert et je lui ai fait couler un petit filet de lance sur la tête, histoire de lui rafraîchir la coloquinte, en lui disant : Tiens, bois un coup de ça, pour te remettre ; mais, au lieu de boire, il a demandé du vin. Regardez-le gesticuler en montrant le poing à la fontaine.

(G. Macé, Un Joli Monde)

Le richard, qui bourre d’avoine ses canassons quand ils ont quelques kilomètres de plus à faire, se fout comme d’une guigne que ses nègres tirent la langue et s’ingurgitent la lance bourbeuses des mares.

(Le Père Peinard)

Voici comment ils croûtent : le matin, ils bouffent un quignon et sirotent une infusion de chicorée ; à 1 heure, ils s’empiffrent de patates ; le soir, ils s’enfilent de la soupe et graissent leur pain d’un bout de lard gros comme une noisette. Si les pauvres gas ne sont pas trops à la côte, ils s’appuient une fricassée de pommes de terre dans une sauce au saindoux et à l’oignon.
Pour boisson, de la lance qui a passé sur l’infusion de chicorée dénommée café. Très rarement de la bière ou du cidre.

(Le Père Peinard)

Pivois sans lance, vin sans eau.

France, 1907 : Le pénis. Ce mot n’est plus guère employé dans ce sens.

France, 1907 : Pluie.

Profitant de l’expérience acquise par son aîné, le débutant aurait trouvé tout de suite, à la Villette ou à la Chapelle, une jeune personne qui lui aurait fait connaître les ivresses de l’amour, tout en lui permettant de passer des jours tissés de la plus douce fainéantise. Et le soir, au fond de l’assommoir, à l’abri des averses il aurait joué des « champoreaux » et des saladiers de vin chaud au zanzibar, pendant que l’innocente enfant aurait turbiné sous la lance.

(Laerte, Le Radical)

France, 1907 : Urine.

À été aussi ordonné que les argotiers toutime qui bieront demander la tune, soit aux lourdes ou dans les entiffes, ne se départiront qu’ils n’aient été refusés neuf mois, sous peine d’être bouillis en bran, et plongés en lance jusqu’au cou.

(Règlements des états généraux du Grande-Coëre)

Moustique dans la boîte au sel

Virmaître, 1894 : V. Asticot dans la noisette.

Noisette

d’Hautel, 1808 : Donner des noisettes à ceux qui t’ont plus de dents. Offrir quelque chose à quel qu’un quand il n’est plus en état de s’en servir.

France, 1907 : Tête.

Pâté d’ermite

anon., 1827 / Bras-de-Fer, 1829 : Des noix.

Delvau, 1866 : s. m. Noix, — dans l’argot du peuple, qui sait que les anachorètes passaient leur vie à mourir de faim.

Rigaud, 1881 / La Rue, 1894 : Noix.

France, 1907 : On en trouve la formule dans le Moyen de parvenir : « Il ne faisoit chez soi plus grand festin que de pastez d’hermile. — Qu’est-ce que cette viande ? — Noix, amandes, noisettes. »

Raisins secs

France, 1907 : Sobriquet donné autrefois aux capucins et aux franciscains, qui formaient avec les récollets, les minimes et les moines déchaux, les quatre ordres mendiants. Les récollets étaient les figues sèches, les minimes, les amandes avariées, et les déchaussés, les noisettes vides.

Rusée au jeu (être)

Delvau, 1864 : Savoir ce qu’il faut faire pour amuser les hommes et leur procurer de vives jouissances, comme le casse-noisette, la patte d’araignée, la feuille de rose, etc.

Tu me portes la mine d’être un jour bien fine et rusée à ce jeu.

(Mililot)

Serrer (le)

Delvau, 1864 : Faire le casse-noisette, retenir le membre viril comme dans un étau.

Sens-tu comme je te le serre ?

(H. Monnier)

Torchonner

d’Hautel, 1808 : Chiffonner ; fripper.
Un habit, une robe torchonnée. C’est-à-dire, faits sans goût, ou frippés.
On dit aussi d’une personne mal vêtue, ou trop surchargée d’ornemens, qu’Elle est torchonnée.

France, 1907 : Battre.

France, 1907 : Essuyer avec un torchon.

Des piles de soucoupes se dressaient, d’une blancheur d’albâtre, sur l’éclat miroitant des marbres : des femmes passaient, vêtues d’une jupe de flanelle à plis qui tuyautait jusqu’au milieu du mollet et d’une camisole lâche de satinette où sursautait un triple rang de fausses perles plus grosses que des noisettes. Elles passaient des bocks, torchonnaient un coin de table, virvoltaient lourdement, avec des tournures hommasses et des coups de reins de lutteuses de foire, sous leurs jupes blanches qui bombaient comme des culottes ou comme des corsage de la dame du comptoir ; puis, entre deux tournées, elles venaient s’abattre auprès des clients pour allumer une cigarette et pousser à la consommation.

(Camille Le Senne, Cher Maître)

France, 1907 : Travailler mal et salement.

Truquoise

France, 1907 : On appelait ainsi autrefois une sorte de tenaille dont on se servait comme casse-noisettes.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique