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Chouetto batifolo

France, 1907 : Nec plus ultra du chouette.

— Où allous-nous ? demanda Olga.
— Chez Lunette !… tu verras comme c’est chouetto batifolo rupin aux oignes ! dit gaiement Peau-de-Zébi…

(Edmond Lepelletier)

On dit aussi chouetto suiffard.

Turbiner neuf jours d’affilée, on n’en pince pas : c’est déjà trop de faire six jours. Dans cette division du mois en décades, le bout de l’oreille bourgeoise des conventionnels perce rudement : ils voulaient que le populo trime dur. Bast, foutre ! on peut tirer des plans : au lieu de flânocher le décadi seul, on se reposera aussi le quintidi, — le cinquième et le dixième jour de la décade. La semaine sera donc de cinq jours. Chouetto suiffard !

(Almanach du Père Peinard, 1894)

Flanocher

Delvau, 1866 : v. n. Flâner timidement, sans en avoir le droit, à une heure qui devrait être consacrée au travail. Argot des ouvriers. On dit aussi Flanotter.

Flânocher

Rigaud, 1881 : Flâner un peu, diminutif de flâner. Flânocheur, celui qui flâne un moment, par instant.

France, 1907 : Flâner, muser, passer son temps à des vétilles, regarder les mouches voler.

Tout le long des sentiers, Coppée
Flânochera, la canne aux doigts,
Les yeux en l’air, l’âme occupée
Du nid des pinsons dans les bois.

(Clovis Hugues)

Flanocher, flanotter

Larchey, 1865 : Flâner tout doucement.

Il fit la rencontre d’un beau page de Marie-Thérèse qui flanochait en rêvant.

(Commerson)

Nous flanottons depuis quinze heures.

(M. Michel)

Fourbi

Vidocq, 1837 : s. m. — Toute espèce de jeu qui cache un piège.

(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)

Clémens, 1840 : Poste, emploi ; on le dit assez aussi quand on a un mauvais jeu : Quel mauvais fourbi !

Delvau, 1866 : s. m. Piège ; malice, — dans l’argot du peuple, qui ne sait pourtant pas que le fourby (le Trompé) était un des 214 jeux de Gargantua. Connaître le fourbi. Être malin. Connaître son fourbi. Être aguerri contre les malices des hommes et des choses.

Rigaud, 1881 : Petite filouterie ; peccadille ; maraudage ; pour fourberie. — Connaître le fourbi, connaître une foule de petites ficelles, de trucs à l’usage des militaires peu scrupuleux, — en terme de troupiers.

Merlin, 1888 : Du vieux mot français fourby, espèce de jeu. Fourbi a deux acceptions : tantôt il veut dire : détournement, gain illicite ; tantôt : choses, travaux, matériel, etc.

La Rue, 1894 : Piège, malice. Métier. Jeu. Ficelle. Truc. Petit bénéfice plus ou moins licite.

Virmaître, 1894 : Piège, malice. A. D. C’est une erreur. Cette expression très usitée vient du régiment, où le caporal chargé de l’ordinaire gratte sur la nourriture des hommes. Fourbi signifie bénéfice (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Ce que l’on possède.

J’ai mis tout mon fourbi dans une malle.

Hayard, 1907 : Voir flambeau et flanche.

France, 1907 : Affaire, travail. Connaître le fourbi, être malin, habile.

Oui, ça prouve, nom de Dieu ! que quoi qu’on dise, les idées ont marché. Le populo en a plein le cul, de turbiner pour les richards, il voudrait à son tour flânocher un brin. Seulement il s’y prend mal ; sale fourbi que celui de huit heures.
Comprends-moi bien, petit : je ne suis pas contre. Foutre non ! moins les pauvres bougres bûcheront, plus il leur restera de temps pour ruminer sur leur sort.

(Père Peinard)

Y en a qui font la mauvais’ tête,
Au régiment ;
I’s tir’ au cul, i’s font la bête
Inutil’ment ;
Quand i’s veul’nt pus fair’ l’exercice
Et tout l’fourbi,
On les envoi’ fair’ leur service
À Biribi.

(Aristide Bruant)

France, 1907 : Petit larcin, volerie, rapine : mot rapporté par les soldats d’Afrique.

— Dans les hospices ils s’entendent bien pour faire du fourbi aux dépens des malades ! dit Peau-de-Zébi sentencieusement, renversant en arrière sa chéchia comme pour accentuer son opinion.

(Edmond Lepelletier)

Les fourriers qui, en faisant la distribution de vin ou d’eau-de-vie, mettent leur pouce dans le quart distributeur, commettent un petit fourbi.
Mais il en est de gros et ils ont des conséquences graves. Je pourrai citer l’exemple des godillots à semelles de carton qu’on donna à plusieurs régiments pendant la malheureuse guerre de 1870 ; mais ces temps sont encore trop proches ; qu’il me suffise de raconter celui que rapporte le Mémorial de Sainte-Hélène pendant la campagne d’Égypte.

C’était l’apothicaire en chef de l’armée. On lui avait accordé cinq chameaux pour apporter du Caire les médicaments nécessaires pendant l’expédition de Syrie. Cet infâme eut la scélératesse de les charger de vin, de sucre, de café, de comestibles qu’il vendit dans le désert à des prix très élevés. Quand le général Bonaparte sut la fraude, il devint furieux, et le misérable fut condamné à être fusillé. C’était beaucoup trop d’honneur, il devait mourir sous la bastonnade pour assassinats prémédités, car il avait spéculé sur la vie des malades. Des centaines d’entre eux ont péri faute de médicaments. On leur donnait une boisson nauséabonde, faite avec des feuilles, pour leur faire croire qu’ils prenaient quelque remède…

(A. Longuet, Méditations de caserne)

Mâcher

d’Hautel, 1808 : Une santé de papier mâché. Complexion foible, mauvais état de santé.
Mâcher de haut. Manger sans appétit ; pignocher.
Mâcher à vide. Soupirer après une succession ; n’avoir ni pain ni pâte.
Il ne sait que mâcher. Se dit d’un homme qui ne fait rien qui vaille, excepté à table.
De l’ouvrage tout mâché. Pour dire tout préparé, tout disposé.
Il faut lui mâcher les morceaux. C’est-à-dire, lui faire le plus difficile de la besogne.

Nautonier

Delvau, 1866 : s. m. Pilote, — dans l’argot des académiciens. Ils disent aussi Nocher.

Nocher

France, 1907 : Sonner ; argot populaire, nocher la retentissante, faire aller la sonnette.

Pignocher

d’Hautel, 1808 : Manger sans appétit, et avec dégoût, tripoter dans son assiette,

Delvau, 1866 : v. a. Peindre ou dessiner avec un soin méticuleux, — dans l’argot des artistes, ennemis de l’art chinois.

Delvau, 1866 : v. n. Manger avec dégoût, trier les morceaux qu’on a sur son assiette. Argot du peuple. On disait autrefois Épinocher.

Fustier, 1889 : Peindre minutieusement. Argot des artistes. — Manger du bout des dents.

Un soir qu’il pignochait des œufs qui sentaient la vesse.

(Huysmans, À vau-l’eau)

Virmaître, 1894 : Terme employé dans les ateliers de peintres pour désigner un artiste qui peint à petits coups de pinceau. Il pignoche sa toile. Meissonier était le roi des pignocheurs (Argot des artistes).

France, 1907 : Trop finir une œuvre, dans l’argot des artistes peintres ; synonyme de fignoler.

Pignocher (se)

Rigaud, 1881 : Se battre. C’est une variante de se peigner.

La Rue, 1894 / France, 1907 : Se battre.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique