Delvau, 1864 : Bordel, dont les victimes cloîtrées s’offrent volontiers à tout venant qui tient à communiquer avec elles sur l’autel de leur dieu des jardins.
Rigaud, 1881 : Maison de tolérance du temps jadis.
Abbaye de s’offre à tous
Delvau, 1864 : Bordel, dont les victimes cloîtrées s’offrent volontiers à tout venant qui tient à communiquer avec elles sur l’autel de leur dieu des jardins.
Rigaud, 1881 : Maison de tolérance du temps jadis.
Berniquer
France, 1907 : S’en aller d’un lieu avec l’intention de n’y pas revenir ; argot populaire.
Diable au corps (avoir le)
France, 1907 : Être comme un enragé.
Il tua tout ce qui lui tomba sous la main. Sa dextérité dans l’égorgement, son brio dans le massacre furent merveilleux et demeurent proverbiaux. Depuis, pas un général ne les dépassa et même ne les atteignit. Écoutez n’importe quel officier parler de M. de Galliffet. Avec enthousiasme il vous dira que nul ne sut, comme lui, communiquer à ses troupes ce que les honnêtes gens appellent le diable au corps. En cette bienheureuse époque de la guerre civile où Paris se transforma en un véritable et horrible charnier, l’armée de Galliffet, grâce à son chef, poussa l’héroïsme et la pratique des vertus militaires jusqu’à se faire le bourreau de toute une ville. Dans certains quartiers, on montre encore des places commémoratives, qui restèrent longtemps poisseuses de tout le sang qui y fut versé. « Deux mois après, malgré les lavages, rapporte un historien, cela collait encore aux pieds. »
(Octave Mirbeau, Le Journal)
Donner du mal
Delvau, 1864 : Communiquer la maladie vénérienne par le coït.
Elle est belle, ma Joséphine… et elle connaît son affaire !…
Mais, pas d’bêtises, ô mon père ! elle vous donnerait du mal…
(Tisserand)
Faire les cours
Rigaud, 1881 : Être parquées par catégories dans des quartiers séparés avec défense de communiquer, — dans le jargon des détenues de Saint-Lazare.
Farfouiller dans le tympan (se le)
Rigaud, 1881 : Se communiquer quelque chose. — Qu’on se le farfouille dans le tympan, qu’on se le communique.
Lune (armée de la)
France, 1907 : Association de malfaiteurs militaires qui opérait pendant la nuit et épouvanta la province sous la Restauration.
Vidocq savait que la fameuse armée de la Lune était une association de malfaiteurs, dont les chefs s’étaient dérobés jusque-là aux investigations de la police.
Ces brigands, qui avaient organisé l’assassinat et le vol dans un rayon de plus de dix lieues, appartenaient à tous les régiments.
La nuit, ils rôdaient dans les camps ou s’embusquaient sur les routes, faisant de fausses rondes ou de fausses patrouilles et arrêtaient quiconque présentait l’espoir du plus léger butin.
Afin de n’éprouver aucun obstacle dans l’accomplissement de leurs ténébreux exploits, ils avaient à leur disposition des uniformes de tous les grades.
Au besoin, ils étaient capitaines, colonels, généraux, et ils faisaient à propos usage de mots d’ordre et de ralliement, dont quelques affidés, emplovés à l’état-major, avaient soin de communiquer la série par quinzaine.
(Marc Mario et Louis Launay, Vidocq)
Maculature (attraper une)
Rigaud, 1881 : Se griser, — dans le jargon des ouvriers pressiers.
France, 1907 : S’enivrer. Les synonymes sont nombreux, ce qui indique la fréquence du vice. En voici les principaux : s’allumer, se cingler le blair, se cardinaliser, se coller une biture, se coaguler, se culotter, s’empoivrer, s’empaffer, écraser un grain, s’émerillonner, s’émécher, s’enluminer, se flanquer une culotte, faire cracher ses soupapes, se farder, se foncer, mettre son nez dans le bleu, partir pour la gloire, se poisser, se pocharder, prendre une barbe, se piquer le nez, se piquer le tasseau, se schniquer, se tuiler, etc.
Niquer
France, 1907 : Sommeiller sur une chaise en laissant de temps à autre sa tête se baisser. De l’allemand nicken, branler la tête.
Panique
d’Hautel, 1808 : Une terreur panique. Fausse alarme ; frayeur subite et sans fondement.
Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Peur. Avoir la panique, ou se paniquer, avoir peur, se tenir sur ses gardes.
Paniquer (se)
Rigaud, 1881 : Avoir peur, avoir la panique. (Mémoires d’un forçat, 1829)
Petée
France, 1907 : Bataille à coups de poings. « Se flanquer une petée. » Argot populaire.
France, 1907 : Fornication. Tirer une petée, forniquer.
Plomber
anon., 1827 / Bras-de-Fer, 1829 : Puer.
Vidocq, 1837 : v. a. — Puer.
M.D., 1844 : Sentir mauvais.
un détenu, 1846 : Puer, exhaler de mauvaises odeurs.
Halbert, 1849 : Puer.
Delvau, 1864 : Se dit de l’odeur particulière que porte avec soi la femme qui ne se lave pas, ou qui échauffe trop son vagin seule ou en collaboration avec les hommes.
Nom d’un’ trombe !
Comm’ ça plombe
Dans ta vieille catacombe !
(Parnasse satyrique)
Delvau, 1866 : v. n. Donner à quelqu’un des raisons de se plaindre du « divin archerot ».
Delvau, 1866 : v. n. Être lourd, pesant — comme du plomb.
Delvau, 1866 : v. n. Exhaler une insupportable odeur, — dans l’argot des faubouriens, qui se souviennent des plombs du vieux Paris, plus funestes que ceux de Venise. Plomber de la gargoine. Fetidum halitum emittere.
Rigaud, 1881 : Communiquer la syphilis. — Être plombé, avoir du plomb de Vénus dans l’aile. — Sentir mauvais, répandre une odeur qui rappelle celle des plombs. — Plomber du goulot, sentir mauvais de la bouche.
Rigaud, 1881 : Sonner. — La guimbarde ne plombe plus, la pendule ne sonne plus.
La Rue, 1894 : Sentir mauvais. Communiquer la syphilis.
Rossignol, 1901 : Puer. On dira aussi : Ça plombe, qui a écrasé une perle ?
France, 1907 : Donner la syphilis.
France, 1907 : Sentir mauvais ; argot populaire. « Elle est aimable et jolie, mais elle plombe du goulot. Ça vient de ce qu’elle a été plombée dans le temps. »
Poivrer
d’Hautel, 1808 : Pour, vendre trop cher.
Cette marchandise est bien poivrée. Pour dire, que le prix en est très-élevé.
Vidocq, 1837 : v. a. — Payer.
Larchey, 1865 : Donner la vérole.
Pour se venger d’un homme, elle prit du mal exprès afin de le poivrer.
(Tallemant des Réaux)
Larchey, 1865 : Vendre trop cher. On dit aussi : Saler (1808, d’Hautel).
Delvau, 1866 : v. a. Charger une note, une addition, — dans l’argot des consommateurs. C’est poivré ! C’est cher. On dit de même : C’est salé.
Delvau, 1866 : v. a. Payer.
Rigaud, 1881 : Communiquer le mal vénérien, donner un bon à toucher chez le docteur Ricord. — Être poivré, être dans les conditions requises pour obtenir une entrée à l’hôpital du Midi, payer cher un moment de plaisir.
Toi louve, toi gueuse, qui m’as si bien poivré, Que je ne crois jamais en être délivré.
(Saint-Amant)
Rigaud, 1881 : Payer, — dans le jargon des voleurs. — Surfaire. — Falsifier. Poivrer le pive, falsifier le vin.
La Rue, 1894 : Payer. Surfaire. Falsifier, empoisonner. Communiquer la syphilis.
Virmaître, 1894 : Quand la cuisinière poivre trop ses mets, elle met le feu au palais des convives. Quand une femme poivre un homme, le poivré maudit Christophe Colomb comme François Ier la belle Ferronnière (Argot du peuple).
France, 1907 : Donner la syphilis. Se faire poivrer, l’attraper. Celle qui la donne a reçu le nom de poivrière.
Ils continuaient l’histoire de Marie Mange-mon-prêt, qui avait poivré en une seule nuit quarante-trois voltigeurs, sans compter les enfants de troupe, ou la partie de piquet avec des cartes usées par six générations d’aides de cuisine, car il était difficile, à première vue, de distinguer l’as de trèfle du valet de carreau.
(Hector France, L’Homme qui tue)
Toi louve, toi guenon, qui m’as si bien poivré,
Que je ne crois jamais en être délivré.
(Saint-Amant)
Poseur
France, 1907 : Vaniteux, homme qui étale sa sottise.
Si vous voulez voir passer sous vos yeux quelques variétés de l’espèce, lisez les Kamtchatka, la brave et joyeuse satire où Léon Daudet vient de bâtonner tous ces farceurs-là, comme au dénouement des Précieuses. Vous rirez, vous vous amuserez, certes, mais votre sensation définitive sera plutôt triste. Car, hélas ! l’auteur vous fera toucher du doigt cette pénible vérité, que l’infériorité de l’esprit finit par se communiquer au cœur, que la sottise est sœur de la méchanceté et que souvent, dans un poseur, il y a le germe d’un scélérat.
(François Coppée)
Les orateurs étaient des convaincus, un peu fous pour la plupart, ou bien des poseurs, tenant à parader sur une tribune, qui faisaient les propositions les plus renversantes, formulaient les plans de guerre les plus extravagants.
(Sutter-Laumann, Histoire d’un Trente sous)
Reniquer
Fustier, 1889 : Être de mauvaise humeur, rager. Argot de barrières.
La Rue, 1894 : Rager.
France, 1907 : Grogner, se plaindre ; argot faubourien.
Saler
d’Hautel, 1808 : Saler une marchandise. La mettre à un prix élevé, exorbitant.
Se saler. Terme d’imprimeur ; prendre du salé ; compter à la banque plus d’ouvrage que l’on n’en a réellement fait. Voy. Salé.
Larchey, 1865 : Tancer vertement, faire payer trop cher.
Delvau, 1866 : v. a. Adresser de violents reproches à quelqu’un, — dans l’argot du peuple.
Delvau, 1866 : v. a. Faire payer trop cher. Saler une note. En exagérer les prix. On dit aussi Répandre la salière dessus.
Rigaud, 1881 : Vendre cher. — Réprimander. — Vous allez dîner dans ce gargot ? c’est mauvais et salé.
La Rue, 1894 : Faire payer trop cher. Réprimander. Donner la syphilis.
France, 1907 : Communiquer la syphilis.
France, 1907 : Gronder. Surfaire un prix. Assommer.
— C’est pas qu’on ait le taf : on est moelleux, et on ne craint personne ; mais des roussins qui vous tombent sur vous à l’« improvisse », comme la grêle sur le pauvre monde, ou des ballots qui se mettent à quatre pour saler un gonce, y a-t-il moyen d’parler à ces gens-là ?
(Jean Lorrain)
On dit aussi : saler la gueule.
— Plus souvent qu’on irait s’exposer entre le viaduc et le pont de Sèvres, pour se faire lever par les vaches à Lépine ou saler la gueule par les feignants de Javel-les-Bains, un tas de brutaux qui manient le fer aux usines toute la semaine, et ne font le coup de poing que le lundi et le dimanche !
(Jean Lorrain)
Sauce
d’Hautel, 1808 : Gâte-sauce. Mauvais traiteur, mauvais cuisinier.
Donner une sauce à quelqu’un. Pour le gronder, le gourmander, lui faire de vifs reproches.
Mettre quelqu’un à toute sauce. Le faire passer des plus grands emplois aux plus petits ; l’employer de toutes sortes de manières.
Il n’est sauce que d’appétit. Pour dire que le bon appétit fait le bon cuisinier ; que tout semble bon lorsqu’on a faim.
On ne sait à quelle sauce le mettre. Se dit en parlant d’un homme qui n’est propre à rien ; qu’on ne sait à quoi employer
Delvau, 1866 : s. f. Correction ou simplement Réprimande, — dans l’argot du peuple. Gare à ta sauce ! Prenez garde à ce qui va arriver de fâcheux. Gober la sauce ! Être puni pour les autres ; recevoir la correction, la réprimande méritée par d’autres.
Rigaud, 1881 : Réprimande. — Sauce poivrade, très forte semonce.
La Rue, 1894 : Correction. Forte pluie. Clique, bande.
France, 1907 : Bande, clique, association.
France, 1907 : Réprimande, attrapage, bourrade, raclée. Gare à la sauce, Faites attention. Gober la sauce, être gourmandé ou puni pour le méfait d’un autre. Accommoder à la sauce piquante, donner une raclée. Donner la sauce, communiquer le mal vénérien. Cette dernière expression est tombée en désuétude. Sauce poivrade, forte correction.
Schniquer
Delvau, 1866 : v. n. Se griser d’eau-de-vie.
France, 1907 : Boire de l’eau-de-vie.
Tricoche et cacolet (agence)
France, 1907 : Officine interlope de renseignements ; police secrète privée à l’usage des maris qui cherchent à surprendre leur femme en flagrant délit d’adultère et de femmes trompées qui veulent tirer vengeance de leurs rivales et de leur perfide amant ou époux : elle est à l’usage aussi de tous ceux qui cherchent à pêcher en eau trouble, à fouiller occultement la vie intime des gens, soit par vengeance, soit pour faire du chantage. Ce nom vient d’une pièce célèbre d’Émile Augier, Le Gendre de M. Poirier.
Toutes les agences Tricoche et Cacolet sont fondées sur ce commode système. Elles pullulent. Il n’est clerc chassé d’étude, huissier rayé, avocat sans robe qui n’en fonde en son quartier. « Contentieux, divorces, enquêtes et surveillances, discrétion. » À la bonne heure. La petite Poirier peut s’enquérir de la vie menée par le marquis de Presles. L’agence Tricoche l’informera, minute par minute, et sa discrétion sera presque absolue. Car elle n’aura mis qu’un personne dans la confidence : c’est le marquis de Presles lui-même. Il « casquera », il rédigera l’« emploi du temps » qu’on communiquera à Madame, Tricoche s’engraisse. La petite Poirier est dupée et escroquée. Tant mieux ! Elle paye sa vilenie et sa naïveté.
(Lucien Muhlfeld)
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