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Accommoder quelqu’un à la sauce piquante

Delvau, 1866 : v. a. Se moquer de lui, — et même se livrer sur sa personne à des voies de fait désagréables.

Rigaud, 1881 : Relever les ridicules de quelqu’un avec le filet de vinaigre de la parole, comme les cuisinières relèvent une sauce avec un filet de vinaigre plus ou moins d’Orléans. Déjà au XVIIIe siècle, accommoder avait le sens de maltraiter. — Je l’ai pas mal accommodé à la sauce piquante. — Ça ne m’étonne pas, il est assez cornichon pour ça.

Angluce

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Oie. Tortiller de l’angluce, manger de l’oie.

Vidocq, 1837 : s. f. — Oie.

(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)

Delvau, 1866 : s. f. Oie, — dans l’argot des voleurs.

La Rue, 1894 : Oie.

Virmaître, 1894 : Oie (Argot des voleurs). V. Ornichon.

France, 1907 : Oie.

Bonnichon

Delvau, 1866 : s. m. Petit bonnet d’ouvrière, — dans l’argot du peuple.

Rigaud, 1881 : Bonnet.

France, 1907 : Chapeau d’ouvrière.

Brimade

Larchey, 1865 : Épreuve vexatoire infligée aux nouveaux de l’école Saint-Cyr.

Point de ces brimades, qui ont longtemps déshonoré Saint-Cyr.

(La Bédollière)

Brimer : Donner une brimade.

Delvau, 1866 : s. f. Mauvaise plaisanterie, — dans l’argot des troupiers qui se plaisent à jouer des tours aux conscrits.

Rigaud, 1881 : Épreuve vexatoire, charge d’écoliers que les anciens infligeaient aux nouveaux venus dans les écoles militaires. Cet usage tend à disparaître tous les jours.

France, 1907 : De tous temps les anciens se sont plu à tourmenter ou à mystifier les nouveaux venus. Dans les écoles et surtout les écoles et collèges militaires, on appelle ce genre de vexation brimade. Il y en a d’anodines, il y en a de ridicules, de cruelles, de féroces, surtout dans les écoles anglaises ; à Woolwich, par exemple, les anciens ficelèrent un nouveau et l’étendirent devant le feu en guise d’amusement. Quand il fut à demi rôti d’un côté, on le retourna de l’autre Le malheureux demeura estropié toute sa vie. Les brimades de nos écoles militaires ne sont pas aussi féroces ; cependant celles de Saint-Cyr ont été longtemps vexatoires et l’épouvantail des cornichons. La seule excuse des brimades était, disait-on, qu’elles formaient le caractère des jeunes gens que les gâteries de la vie de famille avaient infatués. De brimade on a l’ail le verbe brimer et le substantif brimeur.

Canichon

Delvau, 1864 : Con poilu et frisé comme un caniche.

Est-il bien méchant, ma tante,
Vot’ p’tiot canichon ?
Non, que m’répond ma parente,
C’est un vrai bichon.
N’sens-tu pas sa bouche qu’est close ?
Entre ton doigt d’dans…
— Tiens, que j’dis, la drôle de chose,
Vot’ quien n’a point d’dents.

(Léon Charly)

Connasse

Halbert, 1849 : Femme honnête.

Delvau, 1864 : Jeune fille sans expérience de l’amour, malhabile aux jeux de l’alcôve. — S’emploie aussi pour désigner un con de mauvaise mine, ou un grand con, ou un con de vieille femme. Quelques auteurs désignent, par le mot connasse, une femme honnête. Les femmes inscrites comme filles publiques à la police désignent souvent aussi par le nom de connasse les allés qui font habituellement la vie et qui craignent de se faire inscrire.

… À l’une sa connasse
Qui tombe par lambeaux…

(Louis Protat)

Mais on sent aussi qu’un connichon aussi jeune ne pouvait admettra un vit qui ne décalottait pas encore, il me fallait une connasse.

(Anti-Justine, p. 3.)

Larchey, 1865 : Les femmes inscrites à la police donnent ce nom à toutes celles qui ne le sont pas.

France, 1907 : Femme honnête.

Connichon

Delvau, 1864 : Petit con où l’homme a de la peine a enfoncer sa « vivifique cheville. »

Cornant

Ansiaume, 1821 : Bœuf.

Nous sommes quatre, il faut dix plombes de cornant.

anon., 1827 / Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 : Bœuf.

Rigaud, 1881 : Bœuf. — Cornante, vache. — Cornichon, veau.

La Rue, 1894 : Bœuf.

Cornicherie, cornichonnerie

France, 1907 : Niaiserie, bêtise.

Cornichon

d’Hautel, 1808 : Petit concombre propre à confire. On dit ironiquement, bassement et figurément d’un homme niais, inepte, inhabile à faire quelque chose : C’est un cornichon, il a l’air d’un cornichon, il est bête comme un cornichon.

Vidocq, 1837 : s. m. — Veau.

Delvau, 1864 : Le membre viril, avec lequel les femmes aiment à accommoder leur viande.

Larchey, 1865 : Veau (id.). — Mot à mot : fils de cornante. — Cornichon : Niais (d’Hautel, 1808).

Jour de Dieu ! Constantin, fallait-il être cornichonne.

(Gavarni)

Cornichon : Élève de l’École militaire.

Une fois en élémentaires, il se bifurque de nouveau en élève de Saint-Cyr ou cornichon, et en bachot ou bachelier ès-sciences.

(Institutions de Paris, 1858)

Delvau, 1866 : s. et adj. Nigaud, homme simple, qui respecte les femmes, — dans l’argot de Breda-Street ; parfois imbécile, — dans l’argot du peuple, qui juge un peu comme les filles, ses filles.

Delvau, 1866 : s. m. Veau. Argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Aspirant à l’École militaire de Saint-Cyr.

France, 1907 : Niais, nigaud ; argot populaire.

Vous me disiez qu’il y a je ne sais combien de siècles, un vieux c…ornichon, qui faisait de la menuiserie, et qui s’appelait Joseph, avait épousé une petite brune… et que la petite brune avait fait la connaissance d’un pigeon, qui était le Saint-Esprit… et qu’à la suite de cette affaire votre idiot de menuisier était devenu pa ju d’un petit Jésus, sans avoir eu à en prendre la peine… et que la petite brune était restée demoiselle comme avant.

(Léo Taxil, Le Sacrement du Curé)

France, 1907 : Sobriquet donné par les potaches aux candidats à l’École de Saint-Cyr.

Le monôme des candidats à Saint-Cyr, autrefois dit le monôme des cornichons, a eu lien comme d’habitude. Plus de neuf cents jeunes gens y ont pris part. Les cornichons s’étaient réunis place du Panthéon. Ils se sont mis en marche à quatre heures et demie, précédés et flanqués de nombreux gardiens de la paix. En tête, un candidat portait un magnifique drapeau en soie frangé d’or, sur lequel on lisait : « Les candidats de Saint-Cyr — 1893. »

(Gaulois)

Gaffeur, gaffeuse

France, 1907 : Maladroit qui commet des impairs ou dit des grossièretés sans s’en douter.

Paloignon est invité à dîner. À un moment du repas, le maître de la maison regarde à droite et à gauche, paraissant impatienté.
— Vous cherchez quelque chose ? demande Paloignon d’un ton aimable.
— Oui, je cherche les cornichons.
— Ah ! c’est cela… aussi je voyais bien que vous n’étiez pas dans votre assiette.

Nous sommes, en histoire du moins, très épris de vérité aujourd’hui ; et c’est une tendance caractéristique de notre époque que de tâcher de rétablir les choses telles qu’elles furent exactement. Le pauvre Latude lui-même n’a pas échappé à ce souci de débarrasser de la part de roman les physionomies légendaires. Il reste un être fort pitoyable, dont les âmes sensibles peuvent toujours déplorer les malheurs. Mais le terrible Gascon qui était en lui apparait aussi, à la lumière des recherches, et semble un peu, s’il est permis d’employer cette expression très contemporaine, un entêté gaffeur qui fut, on peut l’avancer, son pire ennemi.

(Paul Ginisty, Causerie littéraire)

Gamelles

Virmaître, 1894 : Seins. Les troupiers, dans les jardins publics, se placent de préférence sur les bancs, à côté des nourrices qui allaitent leurs nourrissons. Ils se pourlèchent les lèvres à la vue des nichons blancs et volumineux.
— Mademoiselle, en voilà un heureux gaillard de manger à une pareille gamelle.
Quand il y en a pour un, il y en a pour deusse.
Le camarade se penche : « Il y en aurait bien pour troisse » (Argot des troupiers). N.

France, 1907 : Seins de nourrice

Gourde

d’Hautel, 1808 : Une gourde. Calebasse dans laquelle on met du vin ou des liqueurs pour se réconforter en voyage.
Un gros gourdin. Pour tricot, gros bâton.

Fustier, 1889 : Niais, imbécile.

La Rue, 1894 : Boucle d’oreille. Benêt.

Virmaître, 1894 : Homme pâteux, paysan mal dégrossi. Au superlatif : crème de gourde (Argot du peuple). N.

France, 1907 : Boucle d’oreille.

France, 1907 : Sot.

Georgette continue de se lamenter ! Dame ! le vicomte représentait vingt-cinq mille francs par an ; et solide, le Breton ! Leur liaison avait débuté par de la passion, et regrets de l’argent et regrets de l’amant, Georgette mêle tout dans une seule exclamation…
— Faut-il que je sois gourde… Faut-il que je sois gourde !

(Jean Ajalbert)

— Quand par malheur je hasardais une timide observation, j’étais immédiatement gratifié d’une foule de qualificatifs empruntés, pour la plupart, au règne végétal.
Les plus doux étaient ceux de gros melon, de cornichon, de gourde, etc., quand elle ne prétendait pas que je n’étais bon qu’à manger du foin.

(Marc Mario)

Lansq

Larchey, 1865 : Partie de lansquenet.

Cette espèce de cornichon qui l’a dansé de 1,500 fr. hier au lansq.

(Jaime)

Rigaud, 1881 : Lansquenet, nom d’un jeu de cartes.

Membre (le)

Delvau, 1864 : Sous-entendu viril. Le grand outil générateur, que nous faisons travailler comme un cheval et que les femmes adorent comme un dieu.

Jouis-tu, cochon ? Ah ! le beau membre !

(Lemercier de Neuville)

On voit, sous les feuilles de vignes
Que leur impose la pudeur,
S’agiter de gros membres dignes
d’admiration — ou d’horreur.

(Anonyme)

Monseigneur le vit, ou madame la pine — Outre ces deux noms, ce noble personnage, qui veut chaque jour être fêté, possède plus de prénoms qu’il n’en faudrait pour refaire le calendrier… républicain. Je cite les principaux :

L’acteur, l’affaire, les agréments naturels, l’aiguille, l’aiguillon, l’aiguillette, l’andouille, l’arbalète, l’ardillon, l’aspergès, l’asticot, la baguette, le balancier, le bâton à un bout, le bâton de sucre de pomme, le bâton pastoral, le battant de cloche, la béquille du père Barnaba, le berlingot, la bibite, le bidet, le bijou, le bistouri, la bite, le bogue, le bonhomme, le bouchon, le boudin blanc, le bougeoir, la bougie, le bout de viande, le boute-feu, le boutejoie, la boutique, le boyau, la braguette, le bracquemard, le bras, la briche, la broche, le broque, la burette, le canon à pisser, la carotte, le cas, le carafon d’orgeat, le cavesson, cela, ce qu’on porte, la chair, le chalumeau, le champignon, la chandelle, la chanterelle, la charrue, la chenille, la cheville d’Adam, la cheville ouvrière, le chibre, le chiffe, le Chinois, le chose, le cierge, la cigarette, la clé, le clou, la cognée, le cognoir, le coin, la colonne, le compagnon fidèle, la corde sensible, le cordon de saint François, le cornichon, la couenne, la courte, le criquet, le dard, le dardillon, le degré de longitude, le devant, le doigt du milieu, le doigt qui n’a pas d’ongle, dom ou frère Frappart, le dressoir, le drôle, l’écoutillon, l’engin, l’épée, l’étendard d’amour, le fils, le flacon d’eau-de-vie, le flageolet, la flèche, la flûte à un trou, le fourrier de nature, la gogotte, la grosse corde, le goujon, le goupillon, la guigui, la guiguitte, la haire, le hanneton, l’herbe qui croit dans la main, l’histoire, le honteux, Jacques, la jambe, Jean Jeudi, Jean Chouart, la laboureur de nature, la lance, la lancette, le lard, la lavette, la limace, le machin, le Mahomet, le manche du gigot, la marchandise, le mirliton, le mistigouri, le moineau, le moineau, la navette, le nerf, le nœud, l’obélisque, le onzième doigt, l’os à moelle, l’outil, l’ouvrier de nature, le paf, le panais, le pénis, le pondiloche, le perroquet, la petite flûte, le petit frère, le petit voltigeur, la pierre à casser les œufs, la pierre de touche, le pieu, le pignon, le pis, la pissottière, le poinçon, la pointe, le poireau, la potence, le poupignon, Priape, la quéquette, la queue, le robinet de l’âme, Rubis-Cabochon, la sangsue, saint Agathon, saint Pierre, le salsifis, la sentinelle, la seringue, le sifflet, le sous-préfet, le sucre d’orge, le trépignoir, la triquebille, la troisième jambe, le tube, la verge, la viande crue, etc. etc.

Menée

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Douzaine. Une menée de ronds, douze sous.

Halbert, 1849 : Douzaine.

Delvau, 1866 : s. f. Douzaine, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Douzaine. — Une menée de ronds, une douzaine de sous, — dans le jargon des voleurs.

La Rue, 1894 : Douzaine.

Virmaître, 1894 : Une douzaine.
— Nous étions une menée pour ratiboiser le goncier ; pas mèche d’en venir à bout, c’était un rude lapin (Argot des voleurs).

France, 1907 : Douzaine. Une menée d’ornichons, une douzaine de poulets ; une menée d’avergots, une douzaine d’œufs ; une menée de ronds, une douzaine de sous (argot du temps de Cartouche).

Monsu

France, 1907 : Mamelle. Le mont qu’on suce. Les seins de la femme ont quantité de noms : avant-postes, avant-scènes, nénés, nichons, œufs sur le plat, oranges sur l’étagère, etc.

Moule

d’Hautel, 1808 : Cela ne se jette pas au moule. Se dit d’un ouvrage qui demande des soins et du temps.
Le moule n’en est pas rompu. Se dit d’une chose dont on ne doit pas regretter la perte.
Le moule en est perdu. Se dit en plaisantant d’un homme qui a perdu sa mère.
Le moule du pourpoint. Pour dire le corps.

Rigaud, 1881 : Imbécile. C’est un pendant à huître, pris dans le même sens.

Il faudrait être rudement moule pour trouver qu’on vous a fait perdre votre temps.

(Tam-Tam du 16 mai 1880)

France, 1907 : Imbécile, naïf, mou.
Moule est employé aussi adjectivement ; air moule, démarche moule.

C’est un dimanch’ que je connus Octave,
Le garçon chic, et des mieux élevés ;
Il avait à l’œil profond, et la voix suave,
La barb’ soyeuse et les ch’veux parfumés…
Je l’avais pris tout d’abord pour un’ bête,
À son air moule et ses gauches façons :
Mais, quand j’le vis reluquer mes nichons…
Alors, je l’compris ! C’était un poète !

(Henri Bachmann)

Nature de la femme (la)

Delvau, 1864 : Messire le Con, qui, comme son seigneur et maître le vit, ne manque pas de prénoms. Ainsi : L’abricot fendu, l’affaire, l’angora, l’anneau d’Hans Carvel, l’atelier, l’autel de Vénus, l’avec, la bague, le baquet, le bas, les basses marches, le bassin, le bénitier, le bijou, le bissac, la blouse, le bonnet a poil, le bonnet de grenadier, la bouche d’en bas, la bourse à vit, la boutique, le brasier, la brèche, le cabinet, le cadran, la cage, le calendrier, le calibistri, le calibre, le cas, la cave, la caverne, ça, le Céleste-Empire, le centre, le champ, le chandelier, le chapeau, le chat, le chaudron, le chemin du paradis, la cheminée, le chose, la cité d’amour, le clapier, le cœur, la coiffe, le combien, le concon, le connin, le connusse, le conneau, le cornichon, le conil, la coquille, le corridor d’amour, la crevasse, le dédale, le devant, la divine ouverture, l’écoutille, l’écrevisse, l’empire du Milieu, l’entonnoir, l’entremise, l’entre-deux, l’entresol, l’éteignoir, l’éternelle cicatrice, l’étoffe à faire la pauvreté, l’étui, la fondasse, la fente, la figue, le formulaire, le fruit d’amour, le golfe, la guérite, le harnois, le hérisson, l’hiatus divin, l’histoire, le jardin d’amour, la lampe amoureuse, la lampe merveilleuse, la lanterne, la latrine (un vieux con), le machin, le mal joint, la marchandise, messire Noc, le mirliton, le mortier, le moule à pine, le moulin-à-eau, la moniche, le noir, l’objet, les Pays-Bas, le petit lapin, Quoniam bonus, le réduit, le salon du plaisir, le Sénégal, la serrure, le tabernacle, le temple de Cypris, la tirelire, le trou chéri, le trou de service, le trou madame, le trou mignon, le trou par où la femme pisse, le trou velu, le vagin, etc., etc.

La risée des femmes fut grande, quand ils virent la femme de Landrin lui montrer sa nature.

(P. de Larivey)

Et je crois que votre nature
Est si étroite à l’embouchure,
Qu’on n’y pourrait mettre deux doigts.

(Théophile)

Passant les doigts entre les poils qui sont dessus la motte, laquelle il empoigna aussi, faisant par ce moyen entr’ouvrir la fente de ma nature.

(Mililot)

Mais le monstre, avec joie inspectant ma nature,
Semblait chercher comment et de quelle façon
J’allais être foutue ; en cul, con ou téton :
Qu’il regardait déjà comme étant sa pâture.

(Louis Protat)

Nénais, nichons

Rigaud, 1881 : Seins de jeune fille ; la rose en bouton, comme disent les poètes.

Nénets, nichons

La Rue, 1894 : Seins.

Nez (avoir un)

France, 1907 : Être désappointé.

Le petit cornichon de lieutenant en avait un nez quand il a vu la donzelle qu’il chauffait depuis une heure filer avec le sergent-major !

(Les Joyeusetés du régiment)

On dit dans le même sens : faire un nez.

On se mouilla encore d’une tournée générale ; puis on alla la Puce qui renifle, un petit bousingot où il y avait un billard. Le chapelier fit un instant un nez parce que c’était une maison pas très propre. Le schnick y valait un franc le litre.

(Émile Zola, L’Assommoir)

Nichonnette

Delvau, 1866 : s. f. Drôlesse à la mode, coiffée à la chien. Argot de gens de lettres.

Nichons

Delvau, 1866 : s. m. pl. Seins, — dans l’argot des entants.

Virmaître, 1894 : Les seins.
— Laissez-moi tâter vos jolis nichons.
— Combien qu’tu payes ? (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Seins.

France, 1907 : Seins, appelés ainsi de la double niche qu’ils remplissent dans le corset.

La petite Nadège, protégée depuis peu par un Marseillais, arrive hier très en retard à un grand dîner chez une amie.
Immédiatement une odeur d’ail emplit la salle à manger. Le fard de ces dames se craquèle sur leurs joues.
— Ah ! il t’en fait manger de l’ail, ton Marseillais !
— Qui, moi ? Pas du tout.
— Mais tu ne 1e sens pas !…
— Je vais te dire… Je n’en mange pas, mais il m’en frotte tous les soirs sur mes nichons.

(Le Diable Amoureux)

Un employé d’commerce
En quête d’un emploi
Chez un’ veuve perverse
S’en vint rue du Bouloi ;
C’était un’ négociante
Aux plantureux nichons,
Qui, femme très vaillante,
Gérait ell’-mêm’ son fonds.

(Henri Bachman)

Certains nichons, faits en forme de poire,
Ont un bouton de rose pour tétin ;
D’autres sont ronds avec des tons d’ivoire,
Ou des reflets de soie ou de satin ;
D’autres encore, aussi doux que la plume,
Sont les coussins des ébats folichons,
Enfin, Messieurs, il faudrait un volume
Pour détailler les grâces des nichons.

(Lemercier)

Ornichon

anon., 1827 / Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 : Poulet.

Vidocq, 1837 : s. m. — Poulet.

(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)

Halbert, 1849 : Poulet.

Delvau, 1866 : s. m. Poulet.

Virmaître, 1894 : Oie, volaille. Les voleurs qui ont la spécialité de dévaliser les poulaillers dans les campagnes se nomment des nettoyeurs d’ornichons (Argot des voleurs). V. Angluce.

Hayard, 1907 : Volaille : oie, poule, canard…

France, 1907 : Poulet. Vieil argot du temps de Cartouche. Nettoyeur d’ornichons, maraudeur qui dévalise les poulaillers.

Ornie

anon., 1827 / Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 / Halbert, 1849 : Poule.

Larchey, 1865 : Poule (id.). — Du grec ornis.Ornichon : Poulet. — Ornion : Chapon. — Ornie de balle : Poule d’Inde.

Delvau, 1866 : s. f. Poule, — dans l’argot des voleurs, pour qui cette volaille est l’oiseau par excellence (όρνις), au propre et au figuré, à manger et à plumer.

Rigaud, 1881 : Poule. — Ornichon, poulet. — Ornie de balle, dinde. Ornion, chapon. — Ornière, poulailler.

France, 1907 : Poule ; du grec ornis. Égrailler l’ornie, attraper une poule au moyen d’un hameçon. Vieil argot du temps de Cartouche.

Ornie, pic en terre

La Rue, 1894 : Poule. Ornichon, poulet, Ornion, chapon. Ornie de balle, dinde. Ornière, poulailler.

Pékin de bahut

Rigaud, 1881 : Élève de Saint-Cyr qui a fini ses études. Il est affranchi de l’école, du bahut.

France, 1907 : Sobriquet donné par les saint-cyriens aux candidats admis à l’École militaire. Tous les ans, à l’époque des examens, les cornichons ou candidats à Saint-Cyr font un monôme partant de la place du Panthéon et chantent le Pékin de bahut, dont voici l’un des couplets :

Vous qui, dans l’espoir de Saint-Cyr,
Pâlissez sur vos noirs bouquins,
Puissiez-vous ne jamais réussir :
C’est le vœu de vos grands anciens.
Si vous connaissiez les horreurs
De la « pompe » et du « bataillon »,
Vous préféreriez les douceurs
De la vie que les fumist’ ont !!!
Oh ! Pékin de bahut,
Viens, nous t’attendons tous ;
Nous leur ferons tant de chahut
Qu’à la Pompe, ils en seront fous (bis).

Petits cons

Delvau, 1864 : Synonymes : l’anneau, le bijou, le petit centre, le conin, le conichon, l’hiatus divin, le petit lapin, la pissette, le trou chéri, etc., etc. Voici le pour :

Dans un petit con de jeunesse,
Qui n’entend ruse ni finesse,
Jamais je ne vais que le pas.
Je n’ai à faire aucun partage,
Je laboure tout l’héritage,
Encor ne me suffit-il pas.
[…]
Ces petits cons à grosse motte
Sur qui le poil encor ne flotte.
Sont bien de plus friands boucons ;
Le monde s’en irait grand erre
Si j’étais tout seul sur la terre
Et qu’il n’y eût que des grands cons.

(Le Sr de Sygognes)

Le contre :

Les cons si estroits de closture
Mettent un vit à la torture
Et le laissent sans mouvement :
J’aimerais mieux branler la pique
Que de foutre en paralytique :
Le plaisir gît au remûment.
[…]
Foutre des cons de ces pucelles,
Serrés comme des escarcelles,
Où te vit n’est en liberté ;
J’ai dans le con de ma voisine
Ma chambre, antichambre et cuisine,
Logis d’hiver, logis d’été.

(Motin)

Téton de satin blanc tout neuf

Rigaud, 1881 : Sein de jeune fille. L’expression est de Marot. Elle est encore usitée de nos jours.

Des nichons lui étaient venus, une paire de nichons de satin blanc tout neufs.

(É. Zola, L’Assommoir)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique