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Entraver

Ansiaume, 1821 : Comprendre.

Reprenons le trimard, exbalançons-nous, car le messière vient de nous entraver.

Clémens, 1840 : Comprendre.

M.D., 1844 : Entendre.

un détenu, 1846 : Comprendre. Il entrave l’argus : il comprend l’argot.

Larchey, 1865 : Voir enterver.

Delvau, 1866 : v. a. Comprendre, entendre, — dans l’argot des voleurs, qui emploient là un des plus vieux mots de la langue des honnêtes gens, car ils disent aussi Enterver comme Rutebeuf et l’auteur d’Ogier le Danois. Entraver bigorne ou arguche. Comprendre et parler l’argot. Signifie aussi : Embarrasser la police. Entraver nibergue ou niente. N’y entendre rien.

Rigaud, 1881 : Parler, comprendre, — dans le jargon des voleurs. — Entraver le jars, parler argot.

La Rue, 1894 : Parler, comprendre. Entraver le jars, parler argot.

Virmaître, 1894 : Empêcher une affaire. Mettre des bâtons dans les roues. Entraver : comprendre.
— J’entrave bigorne.
Mot à mot : Je comprends l’argot et non pas je le parle.
Entraver a un double sens :
— J’entrave nibergue ou niente.
Je n’entends rien, je ne comprends pas (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Comprendre.

France, 1907 : Comprendre, parler, entendre. Entraver bigorne, comprendre l’argot. J’entrave pas ton flanche, je ne sais ce que tu dis.

… Le grand Agamemnon
Fit fleurir dans Argot cet éloquent jargon,
Comme la Cour était alors des plus brillantes,
Les dames de son temps s’y rendirent savantes ;
Électre le parloit, dit-on, divinement,
Iphigénie aussi l’entravoit gourdement.

(Nicolas R. de Grandval)

Litrer

Vidocq, 1837 : v. a. — Posséder.

Larchey, 1865 : Contenir, posséder. — Ce terme a une forme aussi régulière que cuber. — V. Fourgat.

J’avais balancé le bogue que j’avais fourliné et je ne litrais que nibergue en valades.

(Vidocq)

Delvau, 1866 : v. a. Avoir, posséder, — dans l’argot des voleurs. V. Itrer.

Rigaud, 1881 : Posséder, avoir, — dans l’ancien argot.

France, 1907 : Avoir, posséder, contenir.

Nib

Rigaud, 1881 : Silence, — dans le jargon des voleurs. — Nib au truc, pas un mot sur le vol commis, pas de bavardages.

Virmaître, 1894 : Signifie rien. Cette expression n’est pourtant pas toujours prise dans ce sens. Quand on dit : nib de blaire, par exemple, pour qualifier un nez énorme, nib devient synonyme de mince qui veut dire beaucoup (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Pas, rien. Le vin ne vaut que nib.

Il ne m’a donné que nib.

Un chauve a nib de douilles.

Hayard, 1907 : Rien.

France, 1907 : Non, pas, rien ; argot des voyous. Abréviation de nibergue. Bon à nib, paresseux. « Ca fait nib dans mes blots », ça ne me convient pas.
Nib au truc, silence ! Ne me parlez pas de cette affaire.

Comm’ i’r’nouv’laient les dégâts,
On a chauffé nos deux gas
Et sur la place de la Roquette
On à tranché leurs kiki…
Il était p’têt’ fils ed’ marquis,
El’ môme à la gueul’ coquette !…
Polyt’, lui, était qu’biffin ;
Ça fait qu’nib, j’déplor’ la fin
De Polyte
Et d’son acolyte.

(Blédort)

anon., 1907 : Rien.

Nib ou nibergue

Delvau, 1866 : adv. Rien, zéro, — dans l’argot des voleurs. Nib de braise ! Pas d’argent.

Nib, nibergue

Rigaud, 1881 : Rien ; pas. — Nib de piaule, sans domicile. — Nib de braise, nib de carme, pas d’argent.

Nib, nibergue, niberte, nif

La Rue, 1894 : Rien, pas. Silence ! Faire un nib, faire un vol.

Nibergue

Vidocq, 1837 : ad. — Non.

France, 1907 : Rien, non. Anagramme de bernique. On disait autrefois niberne. Argot des voleurs.

— Est-ce que tu coupes dans les rêves, toi ? Quoi qu’ça peut faire des rêves ? Nibergue !

(Mémoires de Vidocq)

Nibergue, niente

Larchey, 1865 : Rien. — Ce dernier est un mot de langue romane. V. Roquefort. — La négation Bernique paraît avoir fourni un anagramme dans Nibergue. V. Litrer.

Suage

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Torture. Mettre en suage, faire subir des tortures.

Vidocq, 1837 : s. m. — Chauffage.

Larchey, 1865 : Assassinat.

Nous voulons bien maquiller le suage de ton rochet, mais à la condition de tout connir. Il n’y a que les refroidis qui ne rapliquent nibergue.

(Vidocq)

Faire suer : Assassiner. — Mot à mot : Faire suer du sang. — V. Chêne.

Delvau, 1866 : s. m. Assassinat, — dans l’argot des voleurs. Signifie aussi Chauffage.

Rigaud, 1881 : Assassinat. — Maquiller un suage, combiner un assassinat.

La Rue, 1894 : Assassinat. Torture. Mettre en suage, brûler les pieds.

France, 1907 : Assassinat. Mettre en suage, c’était, dans l’argot des chauffeurs, faire griller les pieds de la victime.

Si j’avais refroidi tous les garnafiers que j’ai mis en suage, je n’aurais pas le taf aujourd’hui.

(Vidocq)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique