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Argent de menestrier

France, 1907 : Vieux dicton. Argent dépensé aussitôt que gagné. Antoine Robert, curé de la Chapelle, s’exprime ainsi dans son Antibaladin (1611) :

Vous devriez reconnoytre la faute que vous faites de voir que l’argent de vostre journée s’évanouit d’entre vos mains ainsi que la neige se fond aux rayons du soleil, Dieu ne permettant pas que ce que vous acquérez aux jours de festes que vous violez vous fasse grand profit.
Pardonnez-moi si je dis que de là est venu le proverbe argent de menestrier.

Blanchette

Virmaître, 1894 : Hiver. Allusion à la neige et au givre qui couvre les rues et les toits d’une nappe blanche (Argot des voleurs). N.

France, 1907 : Hiver ; argot des voleurs qui disent aussi blanchouillarde.

Blanchisseur

d’Hautel, 1808 : Le peuple a coutume de dire blanchisseux ; ce qui est un barbarisme.

Delvau, 1866 : s. m. Celui qui révise un manuscrit, qui le polit, — dans l’argot des gens de lettres, par allusion à l’action du menuisier, qui, à coups de rabot, fait d’une planche rugueuse une planche lisse. Signifie aussi Avocat.

La Rue, 1894 : Avocat.

Virmaître, 1894 : Avocat. Ce mot date du procès du fameux empoisonneur Couty de Lapommerais. Dans les couloirs du palais, avant l’audience des assises, on discutait la condamnation ou l’acquittement ; la majorité des avocats étaient d’avis qu’il serait acquitté parce que Lachaud blanchit. Lachaud était le défenseur de Lapommerais. Les voleurs se souviennent du calembour (Argot des voleurs). N.

Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Avocat.

France, 1907 : Avocat, qui en effet est chargé de rendre l’accusé blanc comme neige ; homme de lettres qui revoit les manuscrits des débutants littéraires et les rend présentables au public.

Boule

d’Hautel, 1808 : Pour dire tête. Perdre la boule. Signifie perdre la tête, la tramontane, devenir fou.
Tenir pied à boule. Être assidu, attache à besogne, ou marquer de la tenacité dans une affaire.
Rond comme une boule. Se dit d’un homme surchargé d’embonpoint, gros, bouffi et replet.

Vidocq, 1837 : s. f. — Foire ou fête.

Vidocq, 1837 : s. f. — Tête.

Halbert, 1849 : Foire.

Larchey, 1865 : Tête. — Allusion de forme.

Polissonne de boule ! en fais-tu des caprices ?

(Les Amours de Mayeux, chanson, 1833)

Perdre la boule : Perdre la tête.

Mais Javotte a perdu la boule.

(E. de Pradel, 1822)

Boule de son : Figure couverte de rousseurs. — Celles-ci sont appelées communément taches de son. L’image est juste. — Boule de son : Pain de munition. — Il contenait autrefois beaucoup trop de son. — Boulendos : Bossu (Vidocq). — Allusion à l’effet de la bosse sous l’habit : on paraît avoir une boule dans le dos.

Delvau, 1866 : s. f. Foire, — dans le même argot [des voleurs].

Delvau, 1866 : s. f. Tête, — dans l’argot du peuple. Bonne boule. Physionomie grotesque. Perdre la boule. Ne plus savoir ce que l’on fait.

Rigaud, 1881 : Chien boule-dogue, boule-terrier.

Rigaud, 1881 : Foire, — dans le jargon des voleurs.

Rigaud, 1881 : Tête, visage. — Boule de siam, visage grotesque. — Boule de singe, personne laide.

La Rue, 1894 : Foire. Tête.

France, 1907 : Tête. Bonne boule, physionomie drôle ou sympathique ; perdre la boule, ne pas savoir ce que l’on fait ; avoir la boule détraquée. Boule de Siam, tête grotesque ; boule de neige, nègre ; boule de son, figure marquée de taches de rousseur appelées aussi taches de son.

Boule de neige

Delvau, 1866 : s. f. Nègre, — par une antiphrase empruntée à nos voisins d’outre-Manche, qui disent de tout oncle Tom : Snow-ball, — quand ils n’en disent pas : lily-white (blanc de lis).

Rigaud, 1881 : Nègre, moricaud, — dans le jargon du peuple. Il est rare qu’un voyou en belle humeur ne salue pas un nègre du sacramentel :

Ohé ! boule de neige !

Rossignol, 1901 : Nègre.

C’est plus fort que de jouer au bouchon avec des pains à cacheter dans six pieds de neige

Virmaître, 1894 : Expression employée pour marquer le comble de l’étonnement. On dit aussi c’est fort de café (Argot du peuple). N.

Caillette

d’Hautel, 1808 : Nom injurieux que l’on donne à une commère, à une méchante langue.

France, 1907 : Petite femme, aimable et de mœurs légères.

Je vis une de ces caillettes tout récemment aux fêtes de Rome.
Elle a la savoureuse maturité, l’éclat d’un fruit automnal, de petites dents nacrées dans une bouche qui ressemble à l’arc symbolique d’Éros, qui est comme une cible à baisers, des bouclettes soyeuses qui lui dorent toute la nuque et des yeux où l’on croirait qu’un ciel pâle de neige s’est reflété. Elle fut élevée avant d’être levée, comme disent les gamins du club, figura en bonne place je ne sais plus dans quelle cour du Nord ; sait tout l’alphabet du vice sur le bout du doigt et aurait, rien qu’avec ses souvenirs, fourni à ce libertin de Casanova la matière de sept ou huit volumes ad usum senectutis.

(Champaubert)

Catir (se)

France, 1907 : Se vêtir ; s’envelopper.

En sa mignonne poitrine de vierge, son cœur dormait comme une rose de Noël sous la neige. Sa seule joie était de savourer au printemps le réveil de la forêt, de se plonger dans la fraicheur des cépées reverdies, de se griser de l’odeur des muguets et de s’épanouir au grand soleil. Durant l’hiver, ou les jours pluvieux, elle se catissait dans vue limousine, tête basse, et se recroquevillait frileusement près des fourneaux à charbon. La lumière la dégourdissait et elle allait joyeusement vers le soleil levant, comme on va à la fête.

(André Theuriet)

Centre

Vidocq, 1837 : s. m. — Nom propre.

M.D., 1844 : Nom.

Delvau, 1864 : La nature de la femme, qui est en effet l’ombilic du monde ; tout part de là, et tout y est ramené, — On dit aussi, mais c’est une superfétation : Centre de délices.

D’un seul coup, Rose rejeta la couverture ; il ne s’attendait pas à nous voir totalement nues, et nos mains placées au centre de la volupté.

(Rideau levé.)

Celle des deux qui triomphait par ses gestes et sa débauche, voyait tout à coup sa rivale éperdue fondre sur elle, la culbuter, la couvrir de baisers, la manger de caresses, la dévorer — jusqu’au centre la plus secret des plaisirs, se plaçant toujours de manière à recevoir les mêmes attaques.

(Gamiani)

Larchey, 1865 : Nom. — Centre à l’estorgue : faux nom. V. Estorgue. — Coquer son centre : Donner son nom. (Vidocq). — V. Ravignolé.

Delvau, 1866 : s. m. Nom, — dans l’argot des voleurs, qui savent que le nom est en effet le point où convergent les investigations de la police, et qui, à cause de cela, changent volontiers de centre. Centre à l’estorgue. Faux nom, sobriquet. Centre d’altèque. Nom véritable.

Rigaud, 1881 : Nom. — Centre à l’estorgue, faux centre, faux nom, sobriquet, — dans le jargon des voleurs.

La Rue, 1894 : Nom. Taroquer son centre. Signer son nom. Centre à blanc. Faux nom.

Virmaître, 1894 : Nom. Quant une personne donne un faux nom, c’est un centre à l’estorgue (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Nom. Celui qui est arrêté et qui donne un faux nom a donné un faux centre.

Hayard, 1907 : Nom.

France, 1907 : Nom ; argot des voleurs. Centre à blanc ou à l’estorgue ou sous la neige, faux nom. Centre d’altèque, véritable nom. Coquer son centre, donner son propre nom. C’est aussi l’état civil.

Ciré

Rigaud, 1881 : Nègre, — dans le jargon du peuple.

France, 1907 : Nègre, surnommé aussi : boîte à cirage, boule de neige, bille de pot-au-feu, bamboula.

Credo

Delvau, 1866 : s. m. Aveu, — dans l’argot des ouvriers, qui ne sont pas tenus de savoir le latin. Faire son credo. Avouer franchement ses torts.

Delvau, 1866 : s. m. Potence, — dans l’argot des voleurs, qu’ils aient voulu faire soit une anagramme de Corde, soit une allusion à la confession du condamné à mort, qui récite son Credo avant de réciter son mea culpa.

La Rue, 1894 : Potence. Aveu. Crédit.

France, 1907 : Aveu, emplové dans ce sens : faire son credo. Latinisme. Credo est évidemment mis là par le populaire, qui n’y regarde pas de si près, pour Confiteor. C’est aussi une profession de foi, une affirmation de principes.

D’un an à dix-huit mois, on soumet déjà l’enfant aux fatigues. Des marmots de cet âge trottent nu-pieds dans la neige sans s’en porter plus mal. Leur faire subir des fatigues qui tueraient un petit blanc, est le principe de leur éducation. Ils n’ont qu’un but : exceller dans l’art de la guerre. C’est une sorte de Credo, et la peine et la patience déployées à enseigner cet art aux enfants seraient dignes d’une cause meilleure.

(Hector France, Chez les Indiens)

Le Credo de ces gens-là est le Syllabus, et le Syllabus est le testament du jésuitisme. C’est lui qui l’a emprunté à de Maistre, formulé, rédigé, dicté à son vieillard du Vatican. Or, qu’est-ce que le Syllabus, ce chef-d’œuvre du genre qui ne dit pas directement ce qu’il dit, qui ne le dit que par voie inverse pour dérouter l’esprit du lecteur ? C’est le double esclavage du corps et de l’esprit. Mort à la science, mort à l’industrie, sa fille aînée, mort à la liberté, mort à la souveraineté nationale, mort enfin au siècle tout entier et au progrès de l’esprit humain ! Ne pense pas, je pense pour toi, et si tu t’avises de penser par toi-même, prends garde à toi ; l’inquisiteur est là, qui a toujours une allumette dans la poche de son capuchon. Il ne faut à une société bien organisée que le gendarme, le bourreau, le prêtre et le roi, et encore le roi n’est qu’une doublure, le prêtre du dehors.
Autrement dit, c’est l’Europe en général, et la France en particulier, décapitées, abruties, bestialisées, transformées en une jésuitière laïque, où chacun de nous ne serait plus qu’une variante du perinde ac cadaver, un bloc de cinq pieds quatre pouces, plus ou moins, de matière organisée, confessé et fessé régulièrement de la main paternelle d’un révérend pour tout ce qu’il lui plairait d’appeler un péché.
Voltaire, où es-tu ? Ta tombe est vide ; il ne reste plus de toi que ton cœur, — et c’est un sénateur clérical qui l’a reçu en héritage et qui le garde sous clé au fond d’un tiroir.

(Eugène Pelletan)

France, 1907 : Crédit, par changement de finale.

France, 1907 : Potence ; Anagramme de corde.

Dieu bat ses matelas

Delvau, 1866 : Se dit, — dans l’argot du peuple, — lorsqu’il tombe de la neige.

France, 1907 : Il tombe de la neige.

Être de la nature des poireaux, la tête blanche et la queue verte

Delvau, 1864 : Se dit d’un vieillard qui bande encore pour le beau sexe et n’a de neige que sur la tête.

Fadasse

Larchey, 1865 : Fade.

Le carnaval est bien fadasse cette année.

(1844, Cat. Poissard)

Delvau, 1866 : s. f. Femme trop blonde, — dans l’argot du peuple, qui ne sait pas que ses grand mères, les Gauloises, avaient les cheveux flaves.

France, 1907 : Sobriquet que les femmes brunes donnent aux blondes. Une blonde fadasse.

Le parfum des femmes des pays chauds et tempérés est beaucoup plus prononcé que celui des femmes du Nord ; voilà pourquoi on dit que les premières sont piquantes et les secondes fadasses. Le pigment et les liquides odorants n’atteignent pas, dans les pays des neiges et de froids humides, la même intensité aromatique normale que chez les sujets des zones tempérées ou brûlantes… Une Européenne est fadasse pour un nègre ; une négresse trop piquante pour un Européen.

(Auguste Galopin, Le Parfum de la femme)

Frimas

Delvau, 1866 : s. m. pl. Le froid, la neige, l’hiver, — dans l’argot des académiciens.

Gâcher

d’Hautel, 1808 : Au propre détremper du plâtre. Au figuré, travailler malproprement ; bousiller.
Un ouvrage gâché. C’est-à-dire, bousillé, fait à la hâte, sans soins, sans précaution.

Delvau, 1866 : v. n. Se dit à propos du mauvais temps, de la boue et de la neige qui rendent les rues impraticables. Cependant, au lieu de Il gâche, on dit plus fréquemment : Il fait gâcheux ou il fait du gâchis.

Grue

d’Hautel, 1808 : Faire le pied de grue. S’humilier ; faire des soumissions devant quelqu’un ; monter la garde dans les antichambres d’un homme puissant.
Avoir un cou de grue. Avoir le cou long.
Il est planté là comme une grue. Pour, il ne sait quelle contenance tenir ; il croque le marmot.

Delvau, 1864 : Fille entretenue, parce que les filles de cette espèce sont souvent plus bêtes que belles — ce qui fait qu’on ne s’explique pas les folies que les gandins font pour elles.

Dans certains théâtres, on voit de jeunes aspirantes qui se font des yeux jusqu’aux oreilles et des veines d’azur du corset jusqu’aux tempes ; ce ne sont pas des femmes, ce sont des pastels ; cette première catégorie de grues s’appelle les maquillées.

(Joachim Duflot)

Larchey, 1865 : « Pour qualifier une fille aux jambes maigres aux gros yeux à fleur de tête, à l’intelligence épaisse, on dit : C’est une grue. » — Scholl. — « Mme Croquoison : Nous sommes tous des grues. » — Le Rapatriage, parade du dix-huitième siècle.

Delvau, 1866 : s. f. Femme entretenue, que la Nature a douée d’autant de bêtise que de beauté, et qui abuse de celle-ci pour faire accepter celle-là. C’est un mot heureux que les gens de lettres ont trouvé là pour répondre à l’insolence des filles envers les honnêtes femmes. Bécasses ! disaient-elles. Grues ! leur répond-on. Mais ce mot, dans ce sens péjoratif, n’est pas né d’hier, il y a longtemps que le peuple l’emploie pour désigner un niais, un sot, un prétentieux.

Rigaud, 1881 : Femme sotte et prétentieuse. — Dans le dictionnaire de l’Académie, grue est donné dans le sens de niais. — Dans le jargon des comédiens, c’est une demoiselle qui possède de la beauté, de l’argent et des toilettes en quantité suffisante pour obtenir un bout de rôle où elle montre ses épaules, ses diamants et sa bêtise. Elle lève les gentilshommes de l’orchestre, comme la grue lève les fardeaux ; d’où son surnom.

La Rue, 1894 : Bête. Femme entretenue. V. Biche.

Virmaître, 1894 : Fille publique, jolie mais bête à manger du foin. De cette allusion est né un mauvais calembourg : Les camelots crient : Demandez l’Indicateur des grues de Paris pour rues (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Fille de bas étage.

Hayard, 1907 : Fille publique.

France, 1907 : « Bête marécageuse qui plume les gros pigeons et nourrit les petits poissons », dit la Vie Parisienne. Fille ou femme de mœurs légères ; nom que donnent les femmes à leurs rivales ou simplement à celles qu’elles n’aiment pas.
D’après Lorédan Larchey, grue viendrait non de l’oiseau à longues jambes, mais du vieux français grus, qui a perdu son orthographe primitive en passant à travers les âges.

J’avais donné précédemment grue avec le sens de marcheuse, dit-il, c’est-à-dire de figurante faisant commerce d’amour à l’ombre du théâtre. Je croyais que le mot était éclos, il y a trente ans, dans les corps de ballet, où les femmes paraissent montées sur des jambes d’autant plus longues que leurs jupes sont plus courtes. Mais le Dictionnaire de Godefroy vient de me donner fort à penser. J’y trouve grus comme mot injurieux, signifiant ribaude au moyen âge. En voici un exemple justificatif daté de 1415… « Ellui Girart appela la suppliante deux ou trois fois grus ! grus ! Et pour ce qu’elle n’entendoit pas ce que c’estoit à dire de telles paroles, demanda audit Girart que c’estoit. Lequel Girart lui dit que c’estoit à dire ribaude, en l’appelant par plusieurs fois : grus : ribaude ! grus : ribaude ! »

 

— Figure-toi que, sans savoir ni pourquoi ni comment, je m’étais amourachée de lui : ce jour-là, j’ai fait un joli coup ! Pas beau, pas d’esprit, pas d’argent : rien, quoi ! Par-dessus le marché, Monsieur me trompait avec la première grue venue ; on n’a pas idée de ça !

(Jules Noriac, Le Grain de sable)

Gladiola, dans la délicieuse revue de Blondel et Montreau, nous montre avec beaucoup de talent sa superbe poitrine et son dos ensorceleur. Ses admirables jambes, qui ne mesurent pas moins de soixante-dix centimètres vers la région communément appelée cuisse, ont été rappelées quatre fois. C’est un vrai triomphe pour la charmante jeune grue.

(George Auriol, Le Journal)

— Et quand elle a parlé des tableaux vivants… J’ai eu une envie de rire… elle qui a montré ses jambes pendant quinze ans dans toutes les revues : car c’est une ancienne actrice.
— Une actrice ! pas même… une ancienne grue.

(Maurice Donnay, Chère Madame)

La dame : une trentaine d’années, plutôt très jolie, mais l’air un peu grue et surtout très dinde.

(Alphonse Allais, La Vie drôle)

Fille de petits brocanteurs juifs, elle avait l’ambition et la ténacité des femmes de sa race ; jetée à seize ans sur les planches aux figurations et aux féeries, elle avait vite eu honte de ce métier de grue.

(Henry Bauër, Une Comédienne)

— Les jeunes filles nous servent d’éprouvette. On s’apprend à flirter et à aimer avec elles, pour de rire, à blanc, en attendant qu’on s’attaque plus tard sérieusement aux vraies femmes, aux femmes mariées. Comprenez-vous ? Les jeunes filles, pour moi, c’est comme le volontariat de l’amour. Une première étape, avant les grandes manœuvres que vous faisons ensuite avec les grues, et la guerre sanglante avec les dames du monde.

(Henri Lavedan)

Et puis, aussi bien je m’ennuie :
La grue, aux yeux couleur de jais,
Dans laquelle je me plongeais,
Depuis ce matin est enfuie
Et m’a laissé d’autres sujets
De tracas et de rêverie.

(A. Glatigny, Joyeusetés galantes)

Les frimas remplacent la brise ;
Tombant comme d’un encensoir,
La neige sur la terre grise
Étend son vaste et blanc mouchoir,
Sous le ciel inclément et noir,
Malgré les rafales bourrues,
Des filles vont errant le soir…
L’hiver est rude aux pauvres grues !
Princesses, heureuses d’avoir
Chambre bien close et rentes drues,
Ne condamnez pas sans savoir…
L’hiver est rude aux pauvres grues !

(Georges Gillet)

Jouer aux bouchons (plus fort que)

France, 1907 : et l’on ajoute : « dans la neige, avec des pains à cacheter, quand il fait beaucoup de vent », c’est-à-dire faire une chose fort difficile.

Lâcher la mousseline

France, 1907 : Neiger.

Le ciel restait d’une vilaine couleur de plomb, et la neige, amassée là-haut, coiffait le quartier d’une calotte de glace… Gervaise levait le nez en priant le bon Dieu de ne pas lâcher la mousseline de suite.

(Émile Zola, L’Assommoir)

Laver son linge (avoir)

Virmaître, 1894 : Le condamné qui a subi sa peine a lavé son linge. Il sort de prison blanc comme neige (Argot des voleurs).

Lever à jeun (se)

Delvau, 1864 : Se lever sans avoir fait l’acte copulatif, même une pauvre petite fois.

Souvent je me levais à jeun
D’avec ce sacrilège ;
Et jamais le défunt
N’en fit qu’un :
Le bel époux de neige !

(Collé)

Mouches d’hiver

Delvau, 1866 : s. f. pl. Flocons de neige. Il tombe des mouches d’hiver. Il neige.

France, 1907 : Flocons de neige.

Neige

d’Hautel, 1808 : Cela est vrai comme il neige du boudin. Se dit d’un conte en l’air, d’un discours dénué de fondement.
Un bel homme de neige ; un beau docteur de neige ; un bel habit de neige. Pour marquer le mépris qu’on fait de ces différens objets.
Il a de la neige sur la tête. Pour, il est d’un âge avancé.

Neige (boule de)

France, 1907 : Sobriquet donné aux nègres ; argot populaire, fertile en autres expressions injurieuses telles que : bamboula, bille de pot-au-feu, boîte à cirage, mal blanchi, etc.

Neige pourrie

France, 1907 : Neige fondue qui tombe mêlée de pluie ; provincialisme.

Neiges d’antan

France, 1907 : « Neiges de l’an passé. » Choses qui n’existent plus, qu’on ne saurait plus revoir, comme la jeunesse et la beauté, une fois enfuies. François Villon, dans une de ses plus jolies ballades adressée aux Dames du temps jadis, termine chaque couplet par ce vers : Mais où sont les neiges d’Antan ?

Où est la très sage Héloïs
Pour qui fut chastré et puis moyne
Pierres Esbaillart à Saint-Denys ?

Semblablemant où est la Royne
Qui Commanda que Buridan
Fust jeté en ung sac en Seine ?
Mais où sont les neiges d’antan ?
La royne Blanche comme ung lys,
Qui chantoit à voir de sereine ;
Berthe au grand pied, Bietris, Allys ;
Harembourges, qui tint le Mayne,
Et Jehanne, la bonne Lorraine,
Qu’Anglois bruslèrent à Rouen :
Où sont-ils, Vierge souveraine ?…
Mais où sont les neiges d’antan ?

Quelques dictons sur la neige :
Neige de février n’a pas pied (ne tient pas).

Neige qui tombe en février
Poule l’emporte avec son pied.

Neige aux montagnes, froidure aux vallées.
Neige du coucou,
neige de fin d’avril qui tombe au moment où l’entend le coucou.

En novembre froid
Si la neige abonde,
D’année féconde
Laboureur a foi.

N’écrivez point sur la neige, c’est-à-dire : ne perdez pas votre temps à enseigner aux esprits superficiels, mous et faibles. Ce dicton nous vient de l’Inde.

Ocréas

Delvau, 1866 : s. m. pl. Souliers, — dans l’argot des Saint-Cyriens, qui se souviennent de leur Virgile et de leur Horace. Ocreatus in nive dormis, a dit ce dernier, qui n’était pas fait pour dormir tout botté sous la neige, comme un soldat, car on sait qu’à la bataille de Philippes il prit la fuite en jetant son bouclier aux orties.

France, 1907 : Souliers ; argot de Saint-Cyr ; c’est-à-dire réceptacle d’ocre. On sait que l’ocre est une terre argileuse colorée par un peroxyde de fer ou par du tritocarbonate de fer, laquelle offre une vague ressemblance avec le résidu appelé plaisamment essence de facteur rural ; à moins que le mot ne vienne du latin ocréa, bottine.

Panné

Larchey, 1865 : Misérable.

Ça marche sur ses tiges, ben sûr ! Pas pus de braise que dans mon œil. Ohé ! panné ! panné !

(Ricard)

Du vieux verbe pannir : priver, retrancher, voler. V. Roquefort.

Rigaud, 1881 : Ruiné, misérable.

Et puis ces marchands font les pannés ; mais il ne faut pas les croire.

(P. d’Anglemont)

France, 1907 : Nécessiteux, pauvre, À observer que le vieux français dépané signifiait déchiré, dépenaillé.

Il tombe de la neige.
Un vidangeur conduit son tonneau, grelottant sur son siège.
Passe un gavroche qui interpelle en ces termes le travailleur de nuit : — Hé ! Panné !… T’as donc pas six sous pour entrer dans l’intérieur ?…

Pare à lance ou en tous cas

Vidocq, 1837 : Parapluie. Je crois qu’il serait difficile de mieux désigner ce petit meuble. Un parapluie est en effet destiné à servir dans tous les cas possibles. On ouvre son parapluie pour se mettre à l’abri de la pluie, de la neige, du soleil ; il sert de canne aux paisibles rentiers du Marais, il donne de l’aplomb aux grisettes ; il n’est déplacé qu’entre les mains du militaire ; les soldats du pape en portent cependant. Ce mot en tous cas a été trouvé par un individu nommé Coco, détenu à Bicêtre.

Passer le Rubicon

France, 1907 : Franchir un passage dangereux. Se lancer tête baissée dans une audacieuse entreprise. Allusion à César qui, marchant sur Rome, fut un moment indécis avant de franchir le Rubicon, petite rivière appelée aujourd’hui Fiumicino, qui séparait la Gaule cisalpine de l’Italie et qu’il était défendu, sous peine de mort, aux généraux de franchir avec leurs troupes. César, qui visait à la dictature, franchit le Rubicon avec son armée (49 ans av. J.-C.) en s’écriant : Alea jacta est ! (Le sort en est jeté !) Alors éclata la guerre civile qui se termina à Pharsale.

Ma foi, passons le Rubicon !
Je m’en vais frapper à ta porte,
Et qu’à l’instant Satan m’emporte
Si tu me vois, sous ton balcon,
Comme une rosse de manège,
Tourner encor pieds dans la neige !

(G. Remi)

Philosophes

Ansiaume, 1821 : Souliers.

J’ai mis les philosophes du messière pour avoir les attaches.

Vidocq, 1837 : s. m. — Mauvais souliers que les voleurs achètent quinze ou vingt sols lorsqu’ils sortent de prison.

Halbert, 1849 : Souliers.

Delvau, 1866 : s. m. pl. Souliers d’occasion, — dans l’argot des ouvriers.

Rigaud, 1881 : Vieux souliers.

Virmaître, 1894 : Des souliers. Ils sont bien forcés d’accepter le temps comme il est, boue ou neige, et le pied qui les chausse. On appelle également philosophes des grecs qui opèrent seuls dans les cercles et dans les tripots. Le philosophe d’allumage est celui qui prépare les pontes, qui en ce cas deviennent des pantes (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Souliers.

France, 1907 : Chaussures ; elles supportent tout. Philosophes de neuf jours, souliers percés.

Pleige

France, 1907 : Garant, répondant, caution. Vieux français passé dans la langue anglaise sons la forme pledge.

Terre met sa robbe de neige
Atout ses joyaux de christal,
Quand Froidure on souffle fatal
Navre Flore et son doux cortège,
Très gente, Yver en est le pleige,
Qui l’ayme d’ung amour brutal.

(G. de Colvé des Jardins, Les Oberliques)

En patois béarnais, on écrit plege.

Plus fort que de jouer au bouchon

France, 1907 : Expression triviale signifiant l’étonnement où l’indignation. L’on ajoute quelque fois : dans la neige, avec des pains à cacheter, quand il fait beaucoup de vent.

— Moi ! s’exclama le fourrier stupéfait, j’aurai huit jours de salle de police ? Et ben, vrai, c’est plus fort que de jouer au bouchon !

(Georges Courteline, Les Gaietés de l’escadron)

Porion

France, 1907 : Maitre mineur.

Sous le sol, comme un porion,
Je veux bien que l’on m’enfouisse
Pour la gorge de Marion
Plus blanche que la neige en Suisse.

(Catulle Mendès)

Poussier de Noël

France, 1907 : Neige et grésil.

Raser

Larchey, 1865 : Railler. Jadis on disait faire la barbe.

Pour aviser au moyen de faire la barbe à la municipalité de Paris.

(1793, Hébert)

On a commencé à dire des blagueurs. Aujourd’hui, on dit des raseurs.

(Gazette de Paris)

Delvau, 1866 : v. a. Ennuyer, être importun, — comme le sont ordinairement les barbiers, gens qui se croient obligés, pour distraire leurs pratiques sur la sellette, de leur raconter des fariboles, des cancans, des anas aussi vieux que Mathusalem. Argot du peuple et des gens de lettres. On disait il y a cent ans : Faire la barbe.

Rigaud, 1881 : Blaguer, conter des bourdes, — dans l’argot des marins.

Rigaud, 1881 : Enlever à ses camarades une vente, faire une vente au préjudice d’un camarade, — dans le jargon des commis de la nouveauté. C’est une variante moderne de faire la barbe.

Rigaud, 1881 : Ennuyer. — Railler. — Ruiner.

Elle s’est essayée sur le sieur Hulot qu’elle a plumé net, oh ! plumé, ce qui s’appelle rasé.

(Balzac, La Cousine Bette)

La Rue, 1894 : Ennuyer, importuner. Railler.

Rossignol, 1901 : Ennuyer quelqu’un en lui causant, c’est le raser ; on dit aussi barber.

France, 1907 : Importuner, ennuyer. Cette expression ne viendrait-elle pas de cette autre : faire la barbe à quelqu’un, c’est-à-dire le raser. Les anciens attachaient une grande importance à la conservation ou à la perte de la barbe. Raser la barbe à quelqu’un, c’était le couvrir d’opprobre. Les Juifs rasaient les lépreux ; les Grecs, Les Indiens rasaient les impudiques. Les Lombards tondaient les incendiaires et les voleurs. Les lois germaniques défendaient de raser un homme libre. Chez les Orientaux, un visage rasé est un signe d’avilissement, et un des reproches que les Arabes d’Algérie adressaient jadis aux Français était celui de se couper la barbe. Les premiers hommes portaient la barbe telle que la nature la donne, la regardant comme une précieuse prérogative, le signe de la force et de la virilité.

Du côté de la barbe est la toute-puissance.

Les poètes, les peintres nous montrent leurs héros barbus. Les Chinois regardent la barbe comme le plus bel ornement de l’âge viril. Dans l’Yémen, il serait honteux de paraître sans barbe. Les esclaves ne peuvent la porter. Les Bédouins jurent sur leur barbe. Les Turcs disent : « Il faut sacrifier la barbe pour sauver la tête », dernière expression de leur détresse que de sacrifier la barbe. Pour désigner un homme de cœur, les Espagnols disent : « Es hombre de barba » (C’est un homme de barbe). Conclusion : Ne nous laissons pas raser.

Dieu merci ! vos mythologies
Nous ont flanqué des névralgies,
Pensez si nous sommes blasés :
Pendant des dix ans de collège,
Jours de soleil comme de neige,
Nous en fûmes assez rasés.

(Raoul Ponchon, Gazette rimée)

France, 1907 : Opérer une razzia ; dépouiller, enlever. Être rasé, être ruiné.

Rigolo

Delvau, 1866 : s. et adj. Bon enfant, homme gai. Rigolo-pain-de-seigle ou pain-de-sucre. Extrêmement amusant. On dit aussi d’une chose : C’est rigolo, pour signifier : c’est plaisant, c’est drôle.

Rigaud, 1881 : Chose drôle. Individu amusant. — Être rien rigolo, être très amusant.

Rigaud, 1881 : Fausse clé, pince à effraction.

Le rigolo eut bientôt cassé tout.

(La France, du 13 mars 1879)

Merlin, 1888 : Nom ou adjectif. — Un homme gai, amusant ; ou bien c’est rigolo, c’est drôle, c’est amusant.

Fustier, 1889 : Revolver. Argot du peuple.

Les expulsés furieux cherchèrent à enfoncer la porte (du cabaret). Vacheron sortit armé d’un bâton pour les repousser. À ce moment, l’un des agresseurs dit à Gauthier (un inculpé) : Prends ton rigolo.

(Le Droit, avril 1886)

La Rue, 1894 : Chose drôle. Fausse clé. Revolver. Pince d’effraction. Attaque nocturne. Naïf, bon à voler.

Virmaître, 1894 : Attaque nocturne. L. L. Rigolo : terme employé dans les ateliers pour qualifier un camarade qui rigole sans cesse, qui amuse les autres. Il y eut, en 1866, un mulet qui portait ce nom au Cirque Napoléon ; il fit courir tout Paris, tant il était amusant, rigolo (Argot du peuple). N.

Virmaître, 1894 : Pince. Si elle fait rigoler quelqu’un, ce n’est certainement pas la victime du vol avec effraction. Elle est rigolo pour le voleur, car avec l’argent volé il peut se payer de la rigolade (Argot des voleurs). V. Monseigneur.

Virmaître, 1894 : Sinapisme de farine de moutarde. Rigolo, c’est le nom de l’inventeur. Autrement, cette appellation serait une amère ironie, car un sinapisme n’est pas plus rigolo que d’avoir un clou planté dans les fesses (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Drôlerie, amusement, plaisir.

Je me suis amusé, c’était rigolo.

Rossignol, 1901 : Revolver. Une pince monseigneur est aussi un rigolo.

France, 1907 : Amusant.

— … C’est très éreintant le métier ; et l’hiver surtout ça n’a rien de rigolo quand on piétine dans la neige, le soir, quand on n’a pas le sou pour aller quelque part. Quand on rentre, on tousse ; quand on est seule, ça va bien encore, mais quand par hasard il y a un miché, on se retient pour ne pas l’embêter, ça l’dégoûterait : alors, quand on se retient, ça fait mal…

(Jules Lévy, Les Malheurs d’Irma)

France, 1907 : Fausse clé ; pince à effraction.

France, 1907 : Revolver. Attaque nocturne. Faire le rigolo, attaquer de nuit.

Rincé

Virmaître, 1894 : Être rincé comme un verre à bière, n’avoir plus rien. Recevoir une rincée : être battu comme des œufs à la neige. Rincer quelqu’un : le voler jusqu’à son dernier sou (Argot du peuple). V. Raboté.

France, 1907 : Ruiné, dépouillé.

Samovar

France, 1907 : Bouillotte russe, servant à faire le thé.

Dans la maison coquettement parée, où l’on avait rallumé les cierges de la Noël, autour du samovar étincelant, sur un large plateau de cuivre qui semblait de l’or, les gâteaux étaient amoncelés, saupoudrés comme si une neige très légère était tombée dessus.

(Armand Silvestre)

Snowboots

France, 1907 : Chaussures d’hiver contre la neige et le froid. Produit et mot d’importation anglaise.

C’est loin, les polaires palais !
Malgré les snowboots chauds et laids,
Ses pieds roses sont violets.

(Catulle Mendès)

Temps de chien

Delvau, 1866 : Mauvais temps, pluie ou neige, — temps à ne pas mettre un chien dehors. Argot du peuple.

Temps que Berthe filait (du)

France, 1907 : An bon vieux temps. Allusion aux romans carlovingiens où lu reine Berthe est représentée filant. C’est cette Berthe, l’héroïne d’un poème d’Adenez (XIIIe siècle), que l’on retrouve dans la délicieuse ballade de François Villon :

Dictes-moy où, n’en quel pays
Est Fiora, la belle Romaine,

La royne Blanche comme ung lys
Qui chantoit à voix de sereine ;
Berthe au grand pied, Bietris, Allys…
Et Jehanne, la bonne Lorraine,
Qu’Anglois bruslèrent à Rouen ;
Ou sont-ilz, Vierge souveraine ?…
Mais où sont les neiges d’antan !

Il est d’autres versions. Leduchat prétend que cette Berthe était reine de Bourgogne, Bullet, dans ses dissertations sur la Mythologie Française, que c’est la veuve du comte de Blois, première femme du roi Robert, que Grégoire obligea de quitter son second mari. Elle est représentée avec un pied d’oie au portail de plusieurs cathédrales. Quoi qu’il en soit, ce proverbe fait simplement allusion à la simplicité des temps reculés, où les reines filaient et où les rois épousaient des bergères.

La grande Berthe jusqu’a soixante ans attacha à son char de nombreux amants français et italiens. Pendant qu’elle régna en Toscane, la grande Berthe bouleversa la Péninsule au gré de ses caprices… Elle tenait par ses galanteries les plus puissants personnages. Quand sa conduite avait blessé un prince, elle le désarmait par sa beauté et ses grâces faciles. Par une incroyable bizarrerie, le règne de cette Messaline diplomate fut désigné comme le bon vieux temps : Au temps que Berthe filait ; les Italiens disent : Al tempo che Berta filava.

(Benjamin Gastineau, Les Courtisanes de l’Église)

Tornade

France, 1907 : Ouragan, trompe ; terme de marine, du portugais tornado, dérivé de tornar, tourner.

Il y eut sur les hauteurs ce que les marins appellent une tornade, ce que le commun des mortels connait sous le nom de trompe. La neige se forma en colonne qui tournait et se tassait à mesure, avancant de l’est à l’ouest, menaçante, terrible !… C’était simplement l’avalanche qui accomplissait son œuvre. Effet singulier ! Il venait de se former sur les sommets inaccessibles, quelque chose de pareil à une immense boule qui conumençait à descendre sur les fonds et qui ramassait sur son passage toute la neige tombée pendant l’hiver.

(Adolphe d’Ennery, La Grâce de Dieu)

Tu vas me le payer, Aglaé !

Delvau, 1866 : Expression de l’argot des filles et des faubouriens, qui l’emploient à propos de tout — et surtout à propos de rien. Quelqu’un annonce une nouvelle ou dit un mot drôle : Tu vas me le payer, Aglaé ! Il pleut ou il neige : Tu vas me le payer, Aglaé… On tombe ou l’on voit tomber quelqu’un : Tu vas me le payer…

Vioch

Virmaître, 1894 : Vieillard. Vieux galantin qui se croit toujours jeune, qui se maquille comme une vieille roue de carrosse pour faire croire que le bon Dieu l’a oublié et qu’il n’a pas neigé sur sa chevelure… quand il a des cheveux (Argot des filles). N.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique