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Anastasie

Rigaud, 1881 : Nom donné par les journalistes au bureau de la censure littéraire. Les dessinateurs la représentent toujours une paire de ciseaux menaçants à la main, fer aussi cruel pour les œuvres de l’esprit que le rasoir du chanoine Fulbert pour l’amant infortuné de l’infortunée Héloise. — Un dessin de la Revue parisienne du 9 août 1877 représente une soirée chez Anastasie, avec cette légende :

Le domestique annonçant : MM. X., Y., Z., journalistes, dessinateurs. — Madame Anastasie (à un invité) : Soyez donc assez aimable pour voir si on a servi les glaces aux amendes et aux suspensions ?

France, 1907 : La censure ; argot des gens de lettres. Voici l’origine de ce nom donnée par l’Intermédiaire des chercheurs et des curieux : « Un petit journal illustré, qui avait souvent des difficultés avec la censure des dessins, voulut la personnifier et il choisit le prénom d’Anastasie, uniquement parce que ce prénom a cours dans les vaudevilles et qu’on est accoutumé à en rire. Telle est l’origine d’Anastasie, qui, depuis, a désigné, parmi les journalistes, non seulement la censure des dessins, mais encore la censure de toute publication périodique imprimée. »
« Même dans les sphères officielles, il n’y a pas bien longtemps encore, tout ce qui rappelait la propagation de l’espèce humaine était tenu pour éminemment pornographique. Et il me souvient qu’Anastasie, cette vieille prude qui donne si facilement son visa aux ordures débitées dans tous nos beuglants, interdit une ravissante chanson d’Henry Rubois, dont voici le premier couplet et le refrain :

Vous qui par vos grâces exquises
Gouvernez le monde au total,
Ô femmes ! premières assises
De l’édifice social.
Dans les temps troublés où nous sommes,
Mes belles croqueuses de pommes,

Faites des enfants,
On a besoin d’hommes !
Faites des enfants
Roses, bien portants ! »

(Georges Nazim, Estafette)

Nazareth

Vidocq, 1837 : s. m. — Nez.

Delvau, 1866 : s. m. Nez, — dans l’argot des voleurs. Ils disent aussi Nazicot.

Naze

Vidocq, 1837 : s. m. — Nez.

Rigaud, 1881 : Nez. — Figure. — Derrière. Telles ont été les diverses significations de ce mot. — Aujourd’hui naze n’est plus employé que dans le sens de nez, ainsi que ses dérivés : nazicot, nazaret. Naze est emprunté au provençal.

La Rue, 1894 / Rossignol, 1901 : Nez.

France, 1907 : Nez ; argot populaire.

Naze, nazicot, nazaret

Larchey, 1865 : Nez. — Mot de langue romande. V. Dariole.

Nazi

Rigaud, 1881 : Maladie vénérienne, — dans le jargon des voleurs et des voyous qui ont été plus d’une fois témoins de cas de syphilis tuberculeuse, durant leur séjour à l’hôpital du Midi.

France, 1907 : Maladie vénérienne qui fait ses ravages sur le nez ; argot populaire.

Nazi ou nazikoff

Rossignol, 1901 : Voir plombé.

Naziboter

France, 1907 : Parler du nez.

Nazicot

Vidocq, 1837 : s. m. — Nez.

(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)

France, 1907 : Petit nez.

Nazillé

Rossignol, 1901 : Il existe un rondeau sur l’hôpital du Midi dont voici un fragment :

À la chapelle
Soyez fidèles,
Faut prier Dieu, nous dit M. l’curé,
Afin que les belles
Restent pucelles
Et qu’à l’avenir il n’y ait plus de nazillés.

Rhume de cerveau

Rossignol, 1901 : Voir nazillé.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique