Delvau, 1864 : Faire son mari cocu ; donner une rivale à sa femme.
Mais quand tu s’ras dans ton ménage,
Faut pas pour ça t’ priver d’amant,
Car les accrocs faits au mariage,
C’est du nanan.
(É. Debraux)
Accroc au mariage (faire un)
Delvau, 1864 : Faire son mari cocu ; donner une rivale à sa femme.
Mais quand tu s’ras dans ton ménage,
Faut pas pour ça t’ priver d’amant,
Car les accrocs faits au mariage,
C’est du nanan.
(É. Debraux)
Bobosse
Delvau, 1864 : Entreteneur, miché sérieux.
Mais parlez-moi d’ ces vieux bobosses
Qui sans façon vous font présent
D’une guimbarde et de deux rosses :
C’est du nanan.
(Émile Debraux)
Delvau, 1866 : s. f. Fille ou femme affligée d’une gibbosité. Argot des faubouriens.
Delvau, 1866 : s. m. Vieux galantin bossu, — dans l’argot du peuple.
Rigaud, 1881 : Bosse. — Bossue. (L. Larchey) Elle est un peu bobosse. Avoir une bobosse dans l’estomac, être enceinte.
France, 1907 : Bossue ; se dit aussi d’un vieux galantin, dans l’argot populaire.
Flan (du) !
Delvau, 1866 : Expression de l’argot des faubouriens, qu’ils emploient à propos de rien, comme formule de refus ou pour se débarrasser d’un ennuyeux. Ce flan-là est de la même famille que les navets, les emblèmes, et autres zut consacrés par un long usage. Cette expression a signifié quelquefois, au contraire : « C’est du nanan ! » comme le prouve cet extrait d’une chanson publiée par le National de 1835 :
J’dout’qu’à grinchir on s’enrichisse ;
J’aime mieux gouaper : c’est du flan.
Rigaud, 1881 : Non, jamais. — Exclamation particulière aux gamins qui ajoutent souvent et de la galette. Du flan ! et de la galette ! sans doute en souvenir des pâtisseries populaires mais indigestes de ce nom.
France, 1907 : Formule de refus ; interjection employée pour repousser une demande importune ou intempestive.
— Eh bien, mon cher monsieur, lui dis-je et mon article ?
— Ton article ?
— Oui, mon article !
— Du flan !
(Léon Rossignol, Lettres d’un Mauvais Jeune homme à sa Nini)
On écrit aussi : Du flanc !
Au théâtre on s’en va content,
Qu’est-c’ qu’on vous d’mande en arrivant ?
D’la braise !
L’vestiaire est là qui vous attend,
Faut encor’ donner en passant
D’la braise !
Vous montez en criant : Du flanc !
(Aristide Bruant)
Gamin (faire le)
Delvau, 1864 : Quand une femme a bien fait la patte d’araignée, collé un joli bécot sus le bout du vit d’un homme, quand, enfin, elle a usé de toutes les gamineries capables de le faire bander, elle n’a plus qu’à s’enfourcher sur la glorieux priape façonné par elle, — pour elle. — Alors : Hue ! dada !… notre gamin allant au trot, puis au galop : patatrot, patatrot ! — comme s’il sautait sur les genoux de son grand-père, — se bourre le vagin à sa fantaisie, jusqu’à ce que plaisir s’ensuivant, le cavalier tombe épuisé sur sa monture. — C’est du nanan ! — Voir le Tire-bouchon américain.
Nanan
d’Hautel, 1808 : Mot d’enfant. Friandise, sucrerie.
Delvau, 1864 : L’acte vénérien et la jouissance qui en est le résultat, — la plus exquise des friandises, la plus savoureuse de toutes les jouissances.
Mais avec ceux que la victoire
A trahis, fais-le gratuitement ;
Rendre service aux fils de la gloire,
C’est du nanan.
(É. Debraux)
Delvau, 1866 : s. m. Chose exquise, curieuse, rare, — dans l’argot des grandes personnes. C’est du nanan ! C’est un elzévir, ou un manuscrit de Rabelais, ou une anecdote scandaleuse, ou n’importe quoi alléchant.
Delvau, 1866 : s. m. Friandise, gâteau, — dans l’argot des enfants, qui disent cela de tout ce qui excite leur convoitise.
France, 1907 : Friandise : jargon des enfants, passé dans la langue des grandes personnes.
— Du nanan dans toutes les cantines, des belles Italiennes pour friser la moustache aux vainqueurs, et après un quart l’heure de repos, le chemin de la gloire… Halte !… front !…
(Ernest Capendu, Le Tambour de La 32e)
Ce mot s’emploie aussi au figuré :
— C’est des aubaines qui ne sont pas faites pour moi, dit-elle. Un général ! Il lui faut du nanan. Une ménagère plantureuse ou alors une jeunesse.
(Hector France, Le Roman d’une jeune fille pauvre)
Patoche
Delvau, 1866 : s. f. Férule, — dans l’argot des enfants, dont les mains en conservent longtemps le souvenir.
France, 1907 : Férule.
France, 1907 : Main. Déformation de patte.
Y faut que larg’ soit ta patoche,
Qu’ton palpitant n’soit pas de roche ;
Et donner au pont’ du nanan
En taillant une banque au flan !
(Hogier-Grison, Pigeons et Vautours)
Tempérament
d’Hautel, 1808 : Il a un bon tempérament de croire cela. Se dit ironiquement à quelqu’un qui fait des propositions ridicules ; et dans le même sens que, Il a un bon foie.
Delvau, 1864 : Ardeur amoureuse.
Qui sait, hélas ! si ton, tempérament
Ne trahit pas ton malheureux amant.
(Voltaire)
Né avec un tempérament de feu, je contras a peine ce que c’était qu’une belle femme que je l’aimai.
(Diderot)
Pine-moi plutôt un de ces grands drôles
Qui crevant de tempérament,
Larges des reins et des épaules :
C’est dit nanan.
(É. Debraux)
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