Moussante
Vidocq, 1837 : s. f. — Bierre.
Delvau, 1866 : s. f. Bière de mars, — dans l’argot des faubouriens.
Rigaud, 1881 : Bière. — Encore un de ces mots qui n’ont pas demandé de grands frais d’imagination.
La Rue, 1894 : Bière.
Virmaître, 1894 : Bière (Argot du peuple).
Hayard, 1907 / France, 1907 : Bière.
Ouvrir la bouche comme un ministre à son premier sermon
France, 1907 : Ce dicton, encore en usage dans les pays protestants, signifie rester coi, bouche bée, ne plus savoir que dire. On sait que les ministres ou pasteurs de la religion réformée étaient élus par les fidèles, sans qu’il fût nécessaire d’avoir fait des études préparatoires. Aussi nombres d’entre eux se trouvaient souvent embarrassés à leur premier sermon et même au second et restaient bouche béante. D’autres fois ils déclamaient a grands cris comme tous les énergumènes qui crient d’autant plus fort que leur cervelle est plus vide. C’est dans ce dernier sens que cette expression parait être employée dans le Moyen de parvenir de Béroalde de Verville :
Ainsi baillant, ouvrant la bouche grande comme un ministre qui dit son premier sermon, il fit tant de désordre et se trémoussant, que les quatre jambes lui entrèrent dans le plancher.
Stout
France, 1907 : Bière forte anglaise, de couleur brume, faite d’orge brûlé. Certains stouts qui ont fait le voyage des Indes atteignent le prix des meilleurs vins.
En enfilant cette ruelle des Gobelins où la Bièvre, engorgée sous un tunnel, se montre néanmoins encore un peu, au plein air, sauvée qu’elle fut, grâce à un mégissier qui, gêné dans son industrie par des manies destructives des ingénieurs, finit par intenter un procès à la Ville et le gagna, l’on aboutit, après avoir franchi un petit pont, sous lequel bourdonne en moussant le stout de ses eaux, dans la rue des Gobelins.
(J.-K. Huysmans)
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