Entrez le mot à rechercher :
  Mots-clés Rechercher partout 


Aller au rapport sans arme

Virmaître, 1894 : Moucharder ses camarades. Expression employée dans les ateliers pour indiquer que l’un des leurs va chaque jour au rapport, chez le patron pour lui raconter ce qui se passe et même ce qui ne se passe pas (Argot du peuple).

Bille de billard

Fustier, 1889 : Crâne dénudé et, par extension, vieillard.

Ah ! mince alors ! si les billes de billard se mettent à moucharder la jeunesse !…

(Meilhac et Halévy, Lolotte)

France, 1907 : Tête chauve. Une bille à la châtaigne, une tête ridicule, à cause de l’habitude de quelques gens de s’amuser à graver des figures grotesques sur des châtaignes.

Cafarder

Rigaud, 1881 : Protéger, patronner, — en terme d’École militaire. Un ancien qui cafarde un melon, le prend sous sa protection.

Vous savez que je cafarde M. de Sartène ; je le recommande à vos bons soins.

(Saint-Patrice, Mémoires d’un gommeux)

Rigaud, 1881 : Rapporter aux maîtres les fautes de ses condisciples, espionner ses camarades.

Virmaître, 1894 : Moucharder, dénoncer (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Rapporter, moucharder.

France, 1907 : Faire l’hypocrite, moucharder.

Caponner

d’Hautel, 1808 : Agir de ruse en jouant : en terme d’écolier, faire le pestard, aller rapporter, se plaindre au maître.

Delvau, 1866 : v. n. Reculer, avoir peur.

Fustier, 1889 : Argot des écoles. Rapporter au maître les fautes de ses condisciples.

France, 1907 : Rapporter au maître, autrement dit : moucharder ; argot des écoles.

Mince !

Fustier, 1889 : Exclamation qui répond à zut ! ou à : ah ! non ! alors !

Ah ! mince alors ! si les billes de billard se mettent à moucharder la jeunesse.

(Meilhac et Halévy, Lolotte)

A aussi le sens de beaucoup.

Hayard, 1907 : Expression à peu près équivalente à « zut ! »

France, 1907 : Exclamation exprimant un étonnement réel ou feint.

Malgré qu’il avait pas d’état,
Ça fit tout d’suite un bon soldat,
Et pis mince
Qu’i’ mangeait à gueul’ que veux-tu ;
Il ‘tait nourri, logé, vêtu
Comme un prince.

(Aristide Bruant)

Mouchailler, moucharder

Larchey, 1865 : Espionner, dénoncer. — En 1455, les gueux ou coquillards de Dijon disaient déjà mouschier à la marine, pour dénoncer a la justice.

Moucharder

Delvau, 1866 : v. a. et n. Espionner la conduite de quelqu’un.

Mouche

d’Hautel, 1808 : Faire d’une mouche un éléphant. Faire du bruit pour rien, faire passer quelque chose de néant pour une merveille.
Faire querelle sur un pied de mouche. Intenter un procès pour une bagatelle, pour la moindre des choses.
Il est bien tendre aux mouches. Signifie, il est sensible aux moindres incommodités, il se choque de peu de chose.
Dru comme mouche. Pour dire, tout un coup, tout à-la-fois.
Il ne faut qu’une mouche pour l’amuser. Se dit d’une personne oiseuse, d’un domestique musard.
Prendre la mouche. Se piquer, se choquer, être d’une grande susceptibilité.
Fine mouche. On appelle ainsi une personne artificieuse, fine, et rusée.
Quelle mouche vous pique ? Pour, qui a pu vous offenser, vous irriter, vous mettre en colère ?
Sentir des mouches, Se dit d’une femme enceinte que les premières atteintes du mal d’enfant tourmentent.

Halbert, 1849 : Vilain.

Larchey, 1865 : « Mouche, pour ceux qui ne comprendraient pas le langage parisien, signifie mauvais. » — Troubat. — Un volume intitulé les Mystères des théâtres, par un vieux comparse, publié en 1844, donne mouche dans le même sens. V. Toc.

Delvau, 1866 : adj. des deux g. Mauvais, laid, désagréable, embêtant comme une mouche, — dans l’argot des faubouriens.

Delvau, 1866 : s. f. Agent de police, — en général et en particulier.

Delvau, 1866 : s. f. Mousseline, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Agent de police.

Fustier, 1889 : On désigne ainsi à Paris les bateaux à vapeur qui font sur la Seine un service de transport à l’usage des voyageurs.

Malgré… les chiens et les chevaux qu’on baigne… les bateaux qu’on décharge, les mouches qui passent en fouettant l’eau de leurs ailes et en la troublant de leur fumée, la Seine largement engraissée par les détritus de la grande ville abonde en poissons.

(Bernadille)

On désigne aussi ces bateaux sous le nom d’hirondelles.

La Rue, 1894 : Mousseline. Mauvais. Laid.

Virmaître, 1894 : Laid, bête, ridicule.
— Elle est rien mouche, la môme à Poil-aux-pattes (Argot du peuple).

France, 1907 : Mauvais, vilain. Abréviation de mouchique.

France, 1907 : Petite rondelle de taffetas noir que les femmes se collaient autrefois sur le visage et même ailleurs pour rehausser la blancheur de leur teint. Voici, à titre de curiosité, le langage des mouches à l’usage des coquettes : « La femme passionnée ou qui veut paraître telle place sa mouche au coin de l’œil ; celle qui vise à la majesté la colle au milieu du front ; l’énjouée, sur le bord de la fossette formée par la joue quand on rit ; la galante, au milieu de la joue ; la sentimentale, au coin de la bouche ; la gaillarde, sur le nez ; la coquette, sur les lèvres : la discrète, au-dessous de la lèvre inférieure, vers le menton. »

France, 1907 : Petite touffe de poils sous la lèvre inférieure.

France, 1907 : Police, policier.
On a été chercher lien loin l’origine de mouche et mouchard, jusqu’à l’attribuer à un certain Mouchy qui remplissait le métier d’agent secret du cardinal de Lorraine, tandis qu’ils viennent tout simplement de l’insupportable insecte dont nous avons tous eu à souffrir. C’est, dit avec raison Charles Nisard, son impudence et son importunité qui ont fait appeler mouchards les curieux, les effrontés qui se fourrent partout, mettent le nez dans tout, et qui, sans s’arrêter à l’épiderme, vont droit aux nerfs de leur victime et la tuent moralement. D’où naturellement ces noms furent donnés à la police les mots mouche, moucher (espion, espionner) sont, observe Ch. Ferrand, très anciens dans notre langue. Le peuple en a fait mouchard, moucharder, par la simple raison que la terminaison ard implique chez nous un sens défavorable, comme on le voit par les mots bavard, vantard, cafard, soudard, pleurard, pendard, communard, etc.

— Oui, oui, il est de la mouche, gare aux coups de casserole.

(Félix Remo, La Tombeuse)

Il vit un espion qui le regardait faire ;
Il fuit ; l’autre le suit de carfour en carfour.
Ils arrivent enfin proche un certain détour ;
Alors, se retournant, l’impatient Cartouche
De la bonne façon rosse la pauvre mouche,
Et, rempli de colère, il l’étrille à souhait.

(Nicolas de Grandval, Le Vice puni, 1726)

France, 1907 : Sobriquet donné vers 1840 aux jeunes femmes que les maîtresses de table d’hôte hébergeaient gratis pour attirer les clients mâles.

Un trait caractéristique de la table d’hôte, c’est la présence d’une ou deux jolies femmes (selon l’importance de l’établissement) qui s’affranchissent régulièrement chaque jour des prosaïques tribulations du quart d’heure de Rabelais. Ces dames sont placées au centre de la table : elles ne doivent pas avoir plus de vingt-cinq ans, être à peu près jolies, mais surtout excessivement aimables. On ne tient pas précisément à la couleur des cheveux, cependant on préfère les brunes : c’est plus piquant et d’un effet plus sûr et plus général. À ces conditions, ces dames sont traitées avec toutes sortes d’égards, exposées à toutes sortes d’hommages, et dînent tous les jours pour l’amour de Dieu et du prochain. Ces parasites femelles, qu’on désigne généralement sous le nom de mouches (soit à cause de la légèreté de leur allure, soit plutôt par analogie avec le rôle qu’elles jouent dans cette circonstance), ne se trouvent néanmoins que dans les tables d’hôte du premier et du dernier degré.

(Auguste de Lacroix)

Moutonner

un détenu, 1846 : Chercher à arracher un secret.

Delvau, 1866 : v. a. et n. Moucharder et dénoncer.

Rigaud, 1881 : Espionner.

France, 1907 : Dénoncer.

Celui qui est mouton court risque d’être assassiné par ses compagnons ; aussi la police parvient-elle rarement à décider les voleurs à moutonner leurs camarades.

(Mémoires de Canler)

Renifler

un détenu, 1846 : Avouer, reconnaître. Renifler quelqu’un.

Larchey, 1865 : Refuser d’aller plus avant.

Si ce n’avait pas été l’heure, j’aurais reniflé.

(Monselet)

Larchey, 1865 : Sentir deviner (Vidocq). V. Pante.

Delvau, 1866 : v. a. et n. Boire. Il faudrait n’avoir pas été enfant pour ne pas se rappeler le maternel :

Renifle, Pierrot,
Y a du beurre au pot.

Delvau, 1866 : v. a. Respirer, sentir. Signifie aussi, au figuré : Pressentir, deviner, avoir soupçon de…

Delvau, 1866 : v. n. Faire un effet rétrograde, — dans l’argot des joueurs de billard.

Delvau, 1866 : v. n. Reculer, se refuser à faire une chose, — dans l’argot des faubouriens, qui ont eu l’occasion d’observer les chevaux peureux.

Rigaud, 1881 : Boire d’un trait. — Pressentir.

Fustier, 1889 : Aspirer, prendre l’eau.

La plus jeune avait… des bottines qui reniflaient l’eau.

(Goncourt : La Faustin.)

La Rue, 1894 : Boire. Reculer. Pressentir. Refuser. Moucharder.

Virmaître, 1894 : Ne rien vouloir faire.
— Tu renifles sur le truc.
Mot à mot ; rebuter (Argot des voleurs).

France, 1907 : Boire.

Allez, parlementaires,
Renifler dans vos terres,
Il est temps, Dieu merci ;
Allez, ceux de Pologne,
Les cadets de Gascogne,
Les Auvergnats aussi.

(Raoul Ponchon)

France, 1907 : Deviner, pressentir. « Renifler un bon coup. »

France, 1907 : Espionner.

France, 1907 : Ne rien faire. Renifler sur le truc, refuser de travailler.

Rongeur

Fustier, 1889 : Voiture de place prise à l’heure.

France, 1907 : Cocher de fiacre pris à l’heure et qui attend le client.

France, 1907 : Flatteur ; argot des écoles des arts et métiers.

— Garde-toi bien, conscrit, de faire le rongeur et surtout ne va pas moucharder, car un mouchard, vois-tu, n’est pas un homme et on ne le tolère pas ici.

(R. Roos)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique