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Dérailler

Rigaud, 1881 : Sortir de son sujet, perdre le fil d’un discours — Dans le vocabulaire de l’amour, c’est… dame, c’est difficile à dire, quoique le sens soit le même.

Fustier, 1889 : Divaguer.

France, 1907 : Déclassé, homme jeté en dehors de sa vocation.

France, 1907 : Se déranger, divaguer. Courir la pretantaine.

Quèqu’ tu r’gard’ ? eun’ jument qui pisse…
Ça t’fait donc encor’ de l’effet ?
Vrai, j’taurais pas cru si novice,
Les femm’s !… tiens… (il crache) v’là l’effet qu’ça m’fait.
Viens, mon salaud, viens, guide à gauche,
T’es trop vieux, vu, pour dérailler,
D’ailleurs, c’est pour ça qu’on t’embauche :
Tu n’es pus bon qu’à travailler.

(Aristide Bruant)

N’y pas couper

France, 1907 : Expression militaire signifiant être certain d’une punition, aller sûrement en prison ou à la salle de police.

— Ah ! tu es de garde de nuit ? fit-il. Eh bien, attends, mon vieux, tu ne vas pas y couper !
— Quoi, y couper ? hurla le malheureux.
Mais l’autre écumait de colère. Il beuglait :
— Ah tu veux faire le paillasse, mon salaud : ah !tu veux empêcher les autres de dormir ! Laisse faire, va, je vais le dire au major, et tu n’y couperas pas de tes quinze jours de boîte.

(Georges Courteline)

Cette expression a encore le sens de menace, d’avertissement :

— Ah ! vous faites de l’esprit ! Eh bien, mon petit ami… je vous fiche mon billet que vous n’y couperez pas.
Je ne saisis pas, sur le moment, toute l’importance de cette parole, et le sens de l’expression « n’y pas couper » ne laissa pas que de m’échapper un peu. Je compris quelques mois plus tard, en apprenant que le brave jeune homme m’avait récommandé à l’avance, par une petite lettre bien sentie, à l’adjudant le mon escadron.

(Georges Courteline)

Tirer au cul

La Rue, 1894 : User de prétextes pour ne pas travailler.

France, 1907 : S’esquiver d’un travail, d’une corvée, d’un exercice ; argot militaire.

— Ah ! tu tires au cul, mon salaud, tu ne veux pas en foutre un coup : tu veux nous laisser crever tous à c’te nuit pendant que tu resteras au chaud ; hé bien ! attends voir un peu, tu verras ce que ça te coûte.

(Georges Courteline, Les Gaités de l’escadron)

Y en a qui font la mauvais’ tête
Au régiment ;
I’s tir’ au cul, i’s font la bête
Inutil’ment ;
Quand i’s veul’nt pus fair’ d’exercice
Et tout l’fourbi.
On les envoi’ fair’ leur service
À Biribi.

(Aristide Bruant)

Voir Tirer au flanc, tirer aux grenadiers.


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