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Attrappe-minette

d’Hautel, 1808 : Attrappe-nigaud ; niaiserie, manège grossier auquel les ignorans et les sots peuvent seuls se laisser prendre.

Baiser en épicier

Delvau, 1864 : Faire l’amour purement et simplement, comme un devoir, comme une presque corvée, — et non pas en levrette, non pas à la paresseuse, non pas de cette façon ou de cette autre, inventée par les savants et surtout par les savantes, mais à la mode patriarcale : la femme dessous et l’homme dessus.

Quel moyen puis-je employer
Pour plaire à mon Antoinette ?
Je la baise en épicier…
Le bougre lui fait minette.

(Gustave Nadaud)

Belle minette

France, 1907 : Surnom donné aux petites dames.

Filles aimables, prêtresses de Vénus, vierges folles, horizontales de grande marque, apéritives et belles minettes, écoutez l’histoire suivante :
La doyenne des femmes galantes de Paris, celle qui s’était appelée Du Harlay, l’amie de la Guimard, la maîtresse de Barras, du beau Barras, vient de mourir à l’hôpital de Pontarlier.
Elle était née en 1780. Le vice et la misère en avaient fait un être repoussant.

(Gil Blas)

Belle petite

France, 1907 : Même sens que ci-dessus.

Pour la circonstance, elle avait pris ce que les femmes de cette catégorie appellent une tenue de femme honnête. Elle portait un petit chapeau fermé, très simple, recouvert d’une épaisse voilette, et sous la fourrure entr’ouverte on voyait une robe de soie noire d’une parfaite sévérité. Néanmoins, il s’exhalait de toute sa personne ce léger parfum de la femme galante, ce je ne sais quoi provocant qui fait qu’un Parisien expérimenté reconnait aussitôt ce que nos pères appelaient une cocotte, et que l’argot du jour appelle une belle petite.

(Édouard Ducret, Paris-Canaille)

Bouibouis

Hayard, 1907 : Endroit mal famé.

France, 1907 : Même sens que ci-dessus [Boui ou bouis]. Marionnette. Se dit aussi pour tripot, café-concert de bas étage, bordel.

Or, la vocation,
Jointe à l’instruction
Que leur donna leur mère,
Mena les deux tendrons
À commencer leurs ronds
Sur la scène éphémère
D’un modeste bouibouis
Où rare était le louis ;
Mais les gentes minettes
Devaient rapidement
Enflammer quelque amant
Avec leurs allumettes.

(Blédort, Chansons de faubourg)

Casser

d’Hautel, 1808 : Se casser le ventre. Terme badin et militaire ; se passer de dîner, ou de manger aux heures accoutumées.
Casser les vitres. Signifie ne plus garder de mesures dans une affaire ; en venir aux gros mots, aux termes injurieux.
Je t’en casse, Minette. Manière badine et plaisante de parler, qui signifie, ce n’est pas pour toi ; tu n’auras rien de ce que tu demandes.
Il est cassé aux gages. Pour, il est tombé en défaveur en disgrace. Se dit aussi d’un domestique que l’on a congédié.
Se casser le cou ou le nez. Se blouser dans des spéculations, dans une affaire ; faire un faux calcul.
Qui casse les verres les paye. Vieille maxime, fort peu mise à exécution ; car la plupart du temps ceux qui cassent les verres ne sont pas ceux qui les payent.
Elle a cassé ses œufs. Manière basse et triviale de dire qu’une femme a fait une fausse couche.

Vidocq, 1837 : v. a. — Couper.

un détenu, 1846 : Rompre. Casser sa canne : rompre son ban. Casser sur quelqu’un : révéler.

Delvau, 1866 : v. a. Couper, — dans l’argot des voyous.

Delvau, 1866 : v. n. Mourir, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Chiffonner un sac de bonbons en le préparant, — dans le jargon des confiseurs.

Rigaud, 1881 : Dire du mal, par abréviation de casser du sucre.

Rigaud, 1881 : Frapper, battre. — Je te vas casser. — Casser la gueule, casser la margoulette, casser la figure.

Rigaud, 1881 : Manger. Le mot date du XVIIIe siècle. On dit, dans le langage courant : « Casser une croûte », pour manger un morceau. — Casser le cou à un lapin, manger un lapin.

La Rue, 1894 : Mourir. Dénoncer. Manger. Se la casser, se sauver.

Rossignol, 1901 : Dire, avouer. Un détenu qui a fait des aveux a cassé. Dire une chose est casser.

Il me l’a dit, il me l’a cassé.

France, 1907 : Le verbe a de nombreuses significations : manger, dénoncer, avouer, couper, mourir.

— Voyons, Nib, pas tant de magnes !… On vous dit qu’on n’est pas des assassins… si vous faites du mal à la petite môme…. tant pis pour vous, nous casserons…

(Ed. Lepelletier, Les Secrets de Paris)

Chat (mon petit)

Virmaître, 1894 : Terme d’amitié employé souvent vis-à-vis d’une jeune fille. Chat… (Argot du peuple). V. Tâte-minette. N.

Débâcleuse

France, 1907 : Sage-femme. On dit aussi tâte-minette, madame Tire-monde.

Endormir

d’Hautel, 1808 : C’est de l’endort minette. Pour, ce sont des niaiseries, des grimaces, des paroles artificieuses auxquelles il faut bien se garder d’ajouter foi.
Il a mangé de l’endormie. Se dit par plaisanterie d’un homme qui dort long-temps, que rien ne peut réveiller.
Tu m’endors. Pour tu m’impatientes, tu m’ennuies.

Delvau, 1866 : v. a. Étourdir, tuer, — dans l’argot des prisons.

La Rue, 1894 : Mentir. Étourdir. Tuer.

Rossignol, 1901 : Promettre beaucoup pour arriver à obtenir une chose que l’on désire. Un courtier endort par des promesses pour avoir une commission.

Rossignol, 1901 : Tuer.

Hayard, 1907 : Donner confiance afin de tromper.

France, 1907 : Étourdir, tuer. Faire taire les scrupules. Détourner des soupçons par des promesses ou des paroles flatteuses.

Faire minette

France, 1907 : Imiter un chat qui lèche.

Fait-il, ce bourgeois honnête,
Bien minette,
Et le sauras-tu garder !

(A. Glatigny, Joyeusetés galantes)

Faire minon minette

Delvau, 1864 : Branler une femme avec la langue.

— Comment, ma mie, ça s’appelle quand on branle avec sa langue ? — Faire minon-minette.

(Henry Monnier)

Elle vous fait minette
Et puis avale tout.

(Joachim Duflot)

Minette

d’Hautel, 1808 : Nom d’amitié que l’on donne à une petite fille.

Delvau, 1864 : Gamahuchage de la femme par l’homme, et quelquefois de l’homme par la femme, — au moyen de la langue, qui a l’air de laper le sperme comme les chats lapent le lait.

Allons, ma fille, une minette, pour que je bande.

(J. Le Vallois)

Le bougre lui fait minette.

(Gustave Nadaud)

Elle a l’étrange goût
Qu’on la foute en levrette,
Elle vous fait minette
Et puis avale tout.

(Joachim Duflot)

Et maintenant, mon agneau… fais-moi une minette distinguée, digne du coup que nous allons tirer ensemble.

(Lemercier de Neuville)

Larchey, 1865 : Mot d’amitié. V. Chat.

Oui, minette, je me calme.

(De Courcy)

Virmaître, 1894 : V. Descendre à la crémerie.

Minette (faire)

France, 1907 : Caresser une femme de la façon appelée descendre à la crèmerie.

Cette expression, dit Ch. Virmaître, est employée par des filles qui n’aiment pas les hommes : elle est suffisamment claire.

Elle est employée aussi par les hommes qui aiment trop les femmes.

Minon Minette (faire)

Delvau, 1864 : Se gamahucher mutuellement, homme et femme ; faire tête-bêche.

Minon-minette

France, 1907 : Cachotterie. Faire des minons-minettes. Entrer en minon-minette, entrer à la dérobée, en sournois, comme une chatte.

Mominette

Virmaître, 1894 : Absinthe servie dans un petit verre mousseline. Allusion à la petitesse du verre, qui est un môme, en le comparant à un grand verre (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Absinthe servie dans un verre à bordeaux.

Hayard, 1907 : Petit verre d’absinthe.

Pâmeuse

France, 1907 : Prostituée.

Tout Cythère est venu assister à cet émouvant et passionnant spectacle, à cette grande course. Pas une horizontale, pas une tendresse, pas une pâmeuse, pas une minette même ne manquait à cette fête.

(Gil Blas)

Patron-minet

France, 1907 : De très grand matin. Même sens que patron-jaquet ; ce serait une corruption de dès le paître minet, c’est-à-dire aussitôt que le chat se lève pour chercher sa pâture. D’autres expliquent ainsi cette expression en disant que le patron et le chat étant d’ordinaire les deux premiers levés de la maison, le patron-minet est devenu de la sorte le prototype de la diligence matinale. À cette explication un peu fantaisiste je préfère celle qu’offre naturellement le parler normand : dès le paître minet.

Dès le patron-minet, installé derrière le rideau de sa fenêtre, il guettait avec une patience de vieux matou le lever de sa voisine. Quand il apercevait un bout de chair blanche, ne fût-ce que l’espace d’une demi-seconde et la largeur de deux centimètres, il écarquillait les yeux comme s’il voulait les faire jaillir de l’orbite.

(Les Propos du Commandeur)

On dit aussi patron-minette.

Patron-minette

Delvau, 1866 : s. f. Association de malfaiteurs, célèbre il y a une trentaine d’années, à Paris comme la Camorra, à Naples.

Rigaud, 1881 : Association de malfaiteurs, sous le règne de Louis-Philippe.

Quand le président des Assises visita Lacenaire dans sa prison, il le questionna sur un méfait que Lacenaire niait. — Qui a fait cela ? demanda le président. Lacenaire fit une réponse énigmatique pour le magistrat, mais claire pour la police. — C’est peut-être Patron-Minette.

(V. Hugo)

La Rue, 1894 : L’aube.

France, 1907 : Association de malfaiteurs qui, vers 1840, exploitait la banlieue de Paris, appelée ainsi parce qu’ils opéraient à l’aube.

Patron-Minette (dès)

Delvau, 1866 : adv. Dès l’aube, — dans l’argot du peuple.

Pattes (être sur ses)

Rigaud, 1881 : Être debout, être levé. Mot à mot : être sur ses jambes. — Être sur ses pattes dès patron-minette.

Pédaliser

France, 1907 : Autre forme de pédaler. La quelle est la bonne ?

Le ménage s’est offert pour neuf cents francs de pneumatiques, tout le monde ne peut pas rouler en voiture. Madame fait des records inquiétants ; Madame si mince il y a cinq ans, a trente ans aujourd’hui, et les mollets lui sont venus : Ursule, qui va sur sa onzième, pédalise comme père et mère, et tous les dimanches, des patron-minette, le temps d’installer le jambon, le poulet froid et le vin cacheté dans le panier, tout ce petit monde s élance sur ses montures d’acier, file et fend l’air et l’espace, épatant les concierges par d’étranges tenues de médailles du Club Alpin, le gras des jambes au vent, fait des records à travers le bois de Boulogne et rentre à minuit, abominé par les cochers de fiacre.
Mais quelle belle journée et quel bain d’air !

(Jean Lorrain)

Porté sur la minette (être)

Delvau, 1864 : Aimer à gamahucher les femmes, à se faire le chien de ces chattes.

Ce derrière n’est pas l’idéal que rêva
Mon gendre, lequel est portè sur la minette.

(A. Glatigny)

Souhaiter

d’Hautel, 1808 : Je ne t’en souhaite pas autant au bout de la langue. Se dit à quelqu’un qui tourne en dérision les infirmités d’autrui.
Je t’en souhaite, minette. Pour dire, tu te flattes en vain, tu n’auras pas ce que tu demandes ; ce que tu dis n’est pas vrai.

Tate-minette

Halbert, 1849 : Sage-femme.

Virmaître, 1894 : Sage-femme (Argot du peuple).

Tâte-minette

Rigaud, 1881 : Sage-femme. (L. Larchey)

France, 1907 : Sage-femme.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique