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Flambeau

Fustier, 1889 : Factionnaire. Argot des soldats.

La Rue, 1894 : Affaire. Métier. Aventure. Bath flambeau, belle invention. Avoir le flambeau, être habile.

Rossignol, 1901 : Jeu. — « fait voir ton flambeau, je vais te dire si tu as gagné. » Flambeau veut aussi dire la chose, l’affaire : ce qu’il a fait n’est pas un chouette flambeau.

France, 1907 : Idée, projet.

— Voilà le mic-mac… Rogareff nous avait signalé un Russe comme lui, mais un douillard, arrivant de son pays pour rechercher une jeune fille… une héritière qui se trouvait à Paris… chez lui, Rogareff… il s’agissait, vous saisissez bien le flambeau, il s’agissait de supprimer le Russe et de chauffer la gonzesse…

(Edmond Lepelletier)

Goutte (n’y voir)

France, 1907 : N’y comprendre, n’y entendre, n’y rien voir.

Ne décidons jamais où nous ne voyons goutte.

(Piron)

J’ai fermé la porte au doute,
Bouché mon cœur et mes yeux.
Je suis triste et n’y crois goutte.
Tout est pour le mieux.

(Jean Richepin)

Les types qui font métier de savoir tous les mic-macs de la diplomatie et de l’échiquier européen ont déjà rudement de la peine à se reconnaître dans ce fouillis ; à plus forte raison, les bons bougres qui ont quelque part la « politique extérieure » n’y doivent-ils comprendre goutte.

(La Sociale)

Mic-mac

Delvau, 1866 : s. m. Fourberie, tromperie cachée, intrigue, — dans l’argot du peuple.

Fustier, 1889 : Difficulté, complication, chose inintelligible.

C’est un mic-mac où personne ne comprend rien.

(Zola, Pot-Bouille)

France, 1907 : Intrigue, tripotage, menées suspectes : de l’allemand mischmasch, même sens.

La politiqu’, viande creuse,
Bouillie aux chats, affreux mic-mac,
Ne rend pas la mâchoire heureuse
Et ne met rien dans l’estomac,
Ta poule au pot, brave Henri quatre,
On l’attend toujours sous l’ormeau :
Notre fin de siècle marâtre
Ne nous offre que du chameau !

(Émile Second)

Remplir le sac d’une fille

France, 1907 : La rendre grosse.

Il ly défit son corset,
Mais le meilleur de l’affaire
C’est qu’après tout ce mic-mac
Mon drôle, crac !
Lui remplit son sac.

(Vadé)

Socialo

France, 1907 : Socialiste.

Espérons et souhaitons que, malgré tous les mic-macs de ces socialos assiette-beurriers, le populo ne se laissera pas embobiner.
Sans quoi y aurait plus de limite !
Un de ces quatre matins, messieurs les élus se déculotteraient et présenteraient leur postérieur aux nigaudins électoraux, leur ordonnant d’embrasser, sous prétexte que — mieux que la bague de l’évêque — ça porte bonheur.
Et, aux soupçonneux qui ne marcheraient pus, les birbes prouveraient que de pareilles baisades sont nécessaires pour l’émancipation humaine.
Ce courant de crétinisme n’est pas nouveau c’est le résidu de la masturbation autoritaire dont, depuis des siècles, nous sommes — de père en fils — les malheureuses victimes.

(Le Père Peinard)

Qu’on enterre un socialo,
Il sabre le populo
Et s’y montre fort habile,
L’sergent d’ville.
Puis, l’soir, aux autres, dans l’poste,
Il va dire, s’rengorgeant,
Comment au Peuple riposte
Le parfait agent (bis).

(É. Blédort)

Trac

un détenu, 1846 : Peur. Avoir le trac : avoir peur.

Larchey, 1865 : Peur. — Onomatopée. — Nos paysans donnent encore le nom de trac à une maladie qui cause un frisson perpétuel. — V. Bœuf.

Bien, voilà mon trac qui me reprend.

(Marc Michel)

Tracqueur : Poltron. — Tracquer : Craindre. V. Plan.

Delvau, 1866 : s. m. Peur, — dans l’argot du peuple. Avoir le trac. Avoir peur. Le trac, autrefois, c’étaient les équipages de guerre ; traca, dit Du Cange. « Compagnons, j’entends le trac de nos ennemis, » — dit Gargantua.

Rigaud, 1881 : Peur. — Flanquer le trac, faire peur.

La Rue, 1894 : Peur.

Virmaître, 1894 : Peur. Tracquer : avoir peur.
— J’ai un trac à tout casser (Argot du peuple). V. Taf.

Hayard, 1907 : Peur.

France, 1907 : Crainte, peur ; de l’allemand dreck, excrément.

Impossible de fermer l’œil. Je croyais avoir tué le vieux et je me voyais déjà pendu ou expédié au pénitentiaire. Pendant des heures je m’agitai sur mon lit, pris d’un effroyable trac, attendant le matin.

(Hector France, Chez les Indiens)

Cet effronté, pourri de vice,
De faire four ayant le trac,
Au villageois simple et novice
Sur son affiche sans mic-mac,
Promet un bureau de tabac,
Pour un autre garde ton vote,
Bon gogo, car ce bureau qu’il
Te promet, c’est une carotte…

(Jules Jouy)

anon., 1907 : Peur.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique