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Affuter

Halbert, 1849 : Gagner.

Virmaître, 1894 : Tromper. A. D. J’ignore où il a pu entendre que ce mot avait cette signification, il est pourtant depuis longtemps en usage dans le monde des ouvriers. Affuter un outil, le passer sur la meule pour le rendre tranchant. Quand, dans les ateliers, on embauche un ouvrier, il attend sa paye du samedi ou de la fin du mois pour être affuté, savoir ce qu’il gagnera (Argot du peuple). N.

Affûter (ses crochets, ses crocs, ses meules, ses tabourets)

Hayard, 1907 : Manger.

Affûter ses meules

Rigaud, 1881 : Bien manger, bien jouer des mâchoires. Les meules sont les dents qui servent à broyer les aliments. Chez les misérables, elles broient trop souvent dans le vide. La variante est : Graisser ses meules.

Chouter

Fustier, 1889 : Caresser. (Richepin)

France, 1907 : Caresser.

France, 1907 : Remuer, secouer ; abréviation de chahuter.

Ah ! ah ! c’était sous l’blé en meule
Qu’Margot choutait Pant’, son amant.
Oh ! oh ! l’Frisé, du vin plein la gueule,
Vint près d’la meule au bon moment.
Sa cott’ troussé’ plus haut qu’ses bas,
Margot riait là-bas, là-bas.

(Jean Richepin)

Gagne-petit

d’Hautel, 1808 : Surnom que l’on donne à un artisan ambulant, et notamment aux émouleurs de couteaux, de ciseaux, qui vont de maison en maison avec une meule sur le dos.

Ilotière

France, 1907 : Fille qui fait l’ilot.

Il ne sait pas ce que c’est qu’un ilot, ce que c’est que le travail de l’ilotière, ni la dure meule d’espoir qu’elles tournent durant des heures, les ilotières, autour d’un épais pivot de maisons, à travers des rues identiques, jusqu’à ce que le client surgisse, les délivre, leur procure un repos agité…

(Fernand Vandérem)

Meule

La Rue, 1894 : Sans argent.

Virmaître, 1894 : Vide. C’est veule qu’il faudrait dire, veule signifie mou. Meule est une corruption (Argot des souteneurs). N.

Rossignol, 1901 : Sans argent.

France, 1907 : Corruption de veule, mou, vide, qui se laisse aller.

J’comprends, quand eun’ gonzesse est meule,
Qu’a monte avec des gens qu’est saouls,
Mais qu’a fass’ dés homm’s à trent’ sous !…
J’y fout’rais mon poing su’ la gueule !

(Aristide Bruant)

Meulé

Hayard, 1907 : Vidé.

Meules de moulin

Delvau, 1866 : s. f. pl. Les dents, principalement les molaires, qui broient le pain, — dans l’argot du peuple, qui emploie sans s’en douter une expression tout à fait biblique. Les ouvriers anglais disent grinders (les broyeuses).

France, 1907 : Dents.

Pailler, paillier

France, 1907 : Tas de paille, meule de foin. Chenil. Grange, basse-cour d’une métairie où il y a de la paille, du foin. Hangar formé de perches recouvertes de paille. Mauvais lit.
C’est un coq sur son pailler, c’est un individu qui se sent chez lui et qui par conséquent parle et agit en maître. On dit aussi être sur son pailler.
Il est bien fort, bien fier sur son pailler,
il est fort, fier, dans le lieu qu’il habite près de ceux qui peuvent prendre son parti, le soutenir. Voltaire, parlant des juges qui ont condamné La Barre, Calas, Sirven, s’exprime ainsi :

Je voudrais que les gens qui sont si fiers et si rogues sur leurs paillers voyageassent un peu dans l’Europe, qu’ils entendissent ce que l’on dit d’eux, qu’ils vissent au moins les lettres que les princes éclairés écrivent sur leur conduite.

(Glossaire du Centre)

Proprio

Rigaud, 1881 : Propriétaire.

Et comme je n’aime pas les proprios.

(Le Sans-culotte, 1879)

Virmaître, 1894 : Abréviation de propriétaire (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Propriétaire.

Hayard, 1907 : Même sens — poche.

France, 1907 : Abréviation de propriétaire ; argot populaire.

En 1870, je n’ai pas attendu que l’on fit l’appel de ma classe, je me suis engagé, au son du tambour, et j’ai fait campagne pour défendre ce sol où je n’ai rien planté, tandis que les riches proprios et les riches négociants éliminaient leurs enfants par tous les moyens en leur pouvoir. Et moi, pauvre ouvrier, qui n’ai absolument rien à défendre, ni propriété, ni industrie, ni commerce, je ferais des enfants pour défendre le bien des autres ! Pour que quand j’irai demander un secours il me soit refusé ?

(Lettre d’un prolo à Séverine)

J’tap’rai dans l’tas d’ceux qu’a pas d’blouse,
J’cass’rai la gueule aux proprios,
À tous les gens qu’a d’la galtouze
Qu’il a gagné dans des agios.
D’abord. moi, j’ai pas l’rond, j’suis meule,
Aussi rich’s, nobl’ eq cœtera,
I’faut leur-z-y casser la gueule…
Et pis après… on partag’ra !

(Aristide Bruant, Dans la Rue)

Le féminin est propriote.

Queue de la vache

France, 1907 : Poignée du soufflet de forge ; argot des arts et métiers.

Tu tourneras la meule ; tu tireras la queue de la vache.

(A. Roos)

Radurer

Delvau, 1866 : v. a. Repasser sur la meule, — dans l’argot des voleurs.

Virmaître, 1894 : Repasser son couteau sur une meule.
— Je radure mon lingre afin que le pante soit fait d’un coup et qu’il n’ait pas le temps de cribler à la grive (Argot des voleurs).

France, 1907 : Repasser sur une meule ; argot des voleurs.

Vendangeuse d’amour

Delvau, 1864 : Fille ou femme qui a pour unique occupation de vendanger l’amour et de tirer de la meule de son pressoir assez d’argent pour ne pas être obligée de faire autre chose ; sa grappe est sans cesse écrasée à coups de pine, et le jus qui en sort nous grise.

Ces femmes…….
Sont des vendangeuses d’amour.
Lorsque des vignes de Cythère
On revient, c’est au petit jour,
À pas pressé, avec mystère.

(A. Delvau)

Mets à profit sa négligence,
Et sans alarmes jusqu’au jour,
Viens vendanger en son absence
Des fruits de plaisir et d’amour.

(Parny)

Delvau, 1866 : s. f. Drôlesse — bacchante moderne — qu’on rencontre souvent ivre dans les Vignes de Cythère. J’ai créé l’expression il y a quelques années : elle est aujourd’hui dans la circulation.

France, 1907 : Prostituée ; néologisme créé par Alfred Delvau.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique