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Bouclage

un détenu, 1846 : Emprisonnement.

Delvau, 1866 : s. m. Liens, menottes. Même argot [des voleurs].

Rigaud, 1881 : Cadenas. — Arrestation.

France, 1907 : Emprisonnement, menottes.

Et ce propos du vieux Clément (à qui la République doit être, pour le moins, aussi chère que l’Empire, car elle lui donne autant d’ouvrage), ce propos du vieil argousin faisant le discret sur un bouclage d’anarchiste, « parce que la divulgation de ce nom entrainerait la révocation de parents fonctionnaires ».
Le scrupule est louable, mais, en soi, la chose est-elle assez renversante ? Qu’avaient-ils fait, ces infortunés ronds-de-cuir, pour être menacés de la mise à pied ? En quoi l’opinion d’un ascendant ou descendant devait-elle déterminer leur disgrâce ?

(Séverine)

Bracelet

Rigaud, 1881 : Menottes.

Bride

d’Hautel, 1808 : Mener quelqu’un par la bride. Signifie posséder la confiance de quelqu’un au point de lui faire faire tout ce que l’on désire.
Secouer la bride. S’esquiver de la dépendance de quelqu’un.
Brides à veaux. Vains argumens dont on persuade les gens pusillanimes et d’un esprit borné.
Tenir la bride haute. Pour tenir quelqu’un en respect, ne lui permettre aucune familiarité. On dit dans le sens contraire :
Tenir la bride lâche. Pour abandonner quelqu’un à ses volontés.
Avoir la bride sur le cou. Expression contradictoire, qui signifie à-la-fois, être en liberté, et travailler paisiblement.

Ansiaume, 1821 : Chaîne de montre.

Pour trois brides de bogues le fourga m’a recoqué 6 balles.

Bras-de-Fer, 1829 : Chaîne.

Vidocq, 1837 : s. f. — Chaîne de forçat.

un détenu, 1846 : Chaîne.

Halbert, 1849 : Chaîne de montre.

Delvau, 1866 : s. f. Chaîne de montre, — dans le même argot [des voleurs].

Rigaud, 1881 : Chaîne de montre, — dans le jargon des voyous. — Si j’avais seulement une bride pour attacher mon oignon.

La Rue, 1894 : Chaîne de montre. Menotte. Homme de rebut.

Virmaître, 1894 : Chaîne de montre. Elle bride le gilet (Argot des voleurs). V. Cordelettes.

Rossignol, 1901 : Chaine de montre. Lorsqu’elle est en or c’est du jonc ; en argent, du platre ; en faux, du toc.

France, 1907 : Chaîne ; se dit aussi pour menottes. Vieille bride, homme de rien ; bride d’Orient, chaîne d’or.

Cabriolet

Vidocq, 1837 : s. m. — Hotte de chiffonnier.

Larchey, 1865 : Chapeau de femme. — Une capote de femme ressemble assez à celle d’un cabriolet.

Delvau, 1866 : s. m. Petit instrument fort ingénieux que les agents de police emploient pour mettre les malfaiteurs qu’ils arrêtent hors d’état de se servir de leurs mains.

Rigaud, 1881 : Corde à nœuds, longue de vingt-cinq centimètres et munie, aux deux extrémités, de deux morceaux de bois. C’est à l’aide de cette corde que les agents de police lient les mains des détenus.

Ainsi nommée parce qu’en la serrant on fait cabrioler le patient.

(F. du Boisgobey)

Rigaud, 1881 : Hotte de chiffonnier, — dans le jargon du peuple.

Fustier, 1889 : Petite boîte servant à classer des fiches.

La Rue, 1894 : Poucettes, lien dont les agents se servent pour tenir les malfaiteurs.

Virmaître, 1894 : Corde de boyau de chat, ou forte ficelle de fouet, terminée par deux chevilles. Les gardes et les agents passent le cabriolet au poignet des prisonniers pour prévenir les évasions et empêcher les récalcitrants de se révolter. (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Outil de répression à l’usage des gardes républicains et agents de police. Cet objet se compose d’une chaîne d’environ 20 centimètres terminée à chaque bout par une poignée en bois en forme d’olive assez longue, que l’on met aux détenus quand on les extrait de prison pour les conduire au tribunal ou à l’instruction. Le cabriolet se passe au poignet gauche du détenu pour prévenir l’évasion, et les deux poignées sont tenues par la main droite du garde.

Hayard, 1907 : Entraves au poignet des prisonniers.

France, 1907 : Boîte servant à classer des fiches.

France, 1907 : Sorte de menottes que les agents de police passent aux poignets de ceux qu’ils arrêtent, pour paralyser leurs mouvements. « Cabriolet et ligote, dit Guy Tomel, sont l’alpha et l’oméga des engins d’arrestation. Ils ont remplacé les antiques poucettes avec lesquelles plusieurs générations de gendarmes conduisirent de brigade en brigade les malfaiteurs confiés à leur vigilance. »

« Les affaires sont les affaires », l’homme de police en fonctions ne connait plus personne et se dit : « Le devoir est le devoir… Et ce devoir, quoi qu’il m’en coûte, je le remplirai. » Et paisiblement, comme s’il cherchait son mouchoir, il fouilla dans les basques de sa redingote et en tira trois de ces instruments qu’on appelle, en argot, des cabriolets.
— Des menottes ! s’écrièrent-ils indignés. Vous voulez nous mettre les menottes ?
— J’avoue que c’est mon intention.

(Hector France, La Taverne de l’Éventreur)

Cabriolet se dit aussi ironiquement pour la hotte d’un chiffonnier. Les chapeaux de femmes comme on en voit dans les dessins de Gavarni portaient également ce nom, à cause de leur forme, qui les faisait ressembler à celle d’un cabriolet.

Chapelet de St-François

Rossignol, 1901 : Menottes à l’usage des gendarmes pour attacher les poignets des détenus. C’est une chaîne d’environ un mètre, faite en fil de fer, à laquelle est un cadenas à chaque bout. Celui qui a cet outil aux poignets a toujours l’air d’égrainer un chapelet.

Décadener

Vidocq, 1837 : v. a. — Déchainer, ôter de la chaine.

Delvau, 1866 : v. a. Déchaîner, débarrasser de ses liens, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Retirer les menottes à un voleur.

Virmaître, 1894 : Quand le gendarme ôte le cabriolet d’un prisonnier, il le décadène. Mot à mot : il le dechaîne. On dit également dédurailler (Argot des voleurs).

France, 1907 : Déchaîner ; de cadenne, chaîne.

Extra muros

France, 1907 : Hors des murs. Latinisme.

Au Versailles extra muros de la noblesse a succédé le Versailles parisien des banquiers, la ville opulente, si dangereusement opulente, encerclée dans sa misère, comme une jolie main dans l’horrible menotte de fer.
Plus de rapport entre ces deux mondes de laborieux pauvres et de jouisseurs indifférents. Seules les révolutions les rapprochent… à une portée de fusil.

(Gonzague Privat)

Faire le chapeau du commissaire

Delvau, 1864 : Faire jouir un homme en lui suçant la pine et, en même temps, en lui pelotant doucement les couilles.

Tu me f’ras l’chapeau du commissaire ?

(Lemercier de Neuville)

En même temps elle peut faire
Aussi chapeau du commissaire.
Ce doux jeux qu’inventa l’amour
Est aussi simple que bonjour !
Tant que sa petite menotte
Avec adresse vous pelote,
Sa bouche vous suce le dard
Pour en obtenir le nectar…

(Marc-Constantin)

Fertouses

Ansiaume, 1821 : Menottes.

Il m’a fait donner les fertouses et mettre au mitte.

Lacets

Delvau, 1866 : s. m. pl. Poucettes, — dans l’argot des voleurs. Les marchands de lacets. Les gendarmes.

La Rue, 1894 : Poucettes. Marchand de lacets, gendarme.

Virmaître, 1894 : Menottes. Le gendarme ou l’agent sont des marchands de passe-lacets (Argot des voleurs). V. Alliances.

France, 1907 : Poucettes. Marchand de lacets, gendarme, agent de police.

Manicle

d’Hautel, 1808 : Pour, manège, manigance.
Il entend la manicle. Pour, il est adroit, rusé, il comprend toutes les finesses.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Bracelet. (Manicle signifie aussi l’anneau que l’on rive au bas de la jambe des forçats, et auquel est attachée la chaîne qu’ils ne quittent qu’en sortant du bagne.)

Delvau, 1866 : s. f. Se dit de toutes les choses gênantes, embarrassantes, comme le sont en effet les manicles des prisonniers. Ce mot vient de manicæ, menottes. Les forçats, qui ne sont pas tenus de savoir le latin, donnent ce nom aux fers qu’ils trament aux pieds ; en outre, au lieu de l’employer au pluriel, comme l’exigerait l’étymologie, ils s’en servent au singulier : c’est ainsi que de la langue du bagne il est passé dans celle de l’atelier. Frère de la manicle. Filou.

La Rue, 1894 : Toute chose gênante, comme les menottes. Frère de la manicle, confrère en vol.

Menotte

d’Hautel, 1808 : Diminutif de main ; nom qu’on donne aux mains des petits enfans.

France, 1907 : Main, surtout petite main, le contraire du battoir. On disait autrefois mainettes.

Dans les maisons où il n’y a pas de chef, c’est une bonne à tout faire qui tient la queue de la poêle. On la surveille un peu parce qu’il faut bien occuper son temps, mais quant à mettre soi-même la main à la pâte, on craindrait d’abimer cette menotte qui, cependant, ne tient sa distinction que de l’anémie.

(Jacqueline, Gil Blas)

Menottes

Delvau, 1866 : s. f. pl. Mains, — dans l’argot des enfants, des mères et des amoureux. On disait mainettes au temps jadis, comme le prouvent ces vers de Coquillart :

Tousjours un tas de petits ris,
Un tas de petites sornettes.
Tant de petits charivaris,
Tant de petites façonnettes,
Petits gants, petites mainettes.
Petite bouche à barbeter…

Petit saint Jean (nu comme un)

France, 1907 : Cette expression vient de l’usage que l’on avait autrefois de faire figurer dans la procession un petit enfant presque nu, simplement revêtu d’une peau de mouton, à l’instar de saint Jean-Baptiste, dont le costume était des plus primitifs.

Le gendarme, il ôte ses hottes,
Et sa tunique et ses culottes,
Même sa chemise, en songeant
Qu’il en doit couvrir l’indigent.
Aux mains, il se met les menottes,
Puis, nu comme un petit saint Jean,
Dans l’aire du soir il va nageant ;
Et son sabre pour tout insigne,
Son parfum pour feuille de vigne,
En prison, selon la consigne,
Il se conduit lui-même, digne.

(Jean Richepin)

Serre-pogne

France, 1907 : Menottes.

Tartouffes

Clémens, 1840 : Menottes.

Tartouffes, tourtoure

La Rue, 1894 : Menottes.

Tourtouse, tortouse

Larchey, 1865 : Cordes à menottes. — Tourtouser : Lier, garrotter (Vidocq). — Mot expressif indiquant l’action de lier tout au tour. — V. Criblage, Coltiger.

Tourtousine

Halbert, 1849 : Ficelle.

Virmaître, 1894 : La ficelle. Allusion à la torsion du chanvre par le cordier (Argot du peuple).

France, 1907 : Ficelle, menottes.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique