Virmaître, 1894 : Ne pas être content, marronner. On dit aussi : bouffer son bœuf (Argot d’imprimerie).
Bouffer son cran
Marmonner
d’Hautel, 1808 : Murmurer sourdement entre ses dents. Le peuple dit, par corruption, marronner.
Delvau, 1866 : v. a. Parler entre les dents d’un air fâché ; murmurer, gronder, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Marmotter.
Marner
un détenu, 1846 : Travailler.
Larchey, 1865 : Voler.
Il y a des cabrioleuses très habiles qui, feignant une erreur, s’élancent dans les bras du voyageur qu’elles veulent marner : « C’est toi, mon loulou, s’écrient-elles, viens donc que je t’embrasse ! » On prétend que ces donneuses de bonjour sont rarement mises à la porte par le provincial, affriolé par des caresses de haut goût.
(Alb. Monnier)
Du vieux mot Marronner : pirater.
Delvau, 1866 : v. a. Voler, — dans l’argot des revendeuses du Temple.
Delvau, 1866 : v. n. Travailler avec ardeur, — dans l’argot des faubouriens.
Rigaud, 1881 : Travailler, — dans le jargon des ouvriers.
La Rue, 1894 : Travailler. Voler. Racoler les hommes au bord des rivières.
Virmaître, 1894 : Signifie travailler. Les voleurs disent également marner pour voler, puisque voler est pour eux travailler. Marner est une variété du vol à l’embrassade, à l’exception toutefois qu’il est généralement pratiqué par des femmes (Argot des voleurs).
Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Travailler.
France, 1907 : Voler. Travailler dur ; argot des voyous.
Marron
d’Hautel, 1808 : Au propre, espèce de grosse châtaigne ; au figuré, terme d’imprimerie, libelle, ouvrage fait clandestinement, sans permission.
On a fait de ce mot, le substantif marronneur, ouvrier qui fait des marrons ; et le verbe marronner, imprimer, vendre ou colporter des marrons.
Se servir de la pate du chat pour tirer les marrons du feu. Se servir de quelqu’un pour faire une chose que l’on n’ose hasarder soi-même.
Clémens, 1840 : Pris, arrêté, reconnu.
un détenu, 1846 : Individu pris sur le fait.
Halbert, 1849 : Surpris.
Larchey, 1865 : En flagrant délit de vol ou de crime. — Du vieux mot marronner : faire le métier de pirate, de corsaire. V. Roquefort. — Marron serait en ce cas une abréviation du participe marronnant. — Paumer marron, Servir marron : Prendre sur le fait. — V. Servir, Estourbir.
J’ai été paumé marron.
(La Correctionnelle)
Delvau, 1866 : s. m. Livre imprimé clandestinement, — dans l’argot des typographes.
Delvau, 1866 : s. m. Rapport, procès-verbal des chefs de ronde, — dans l’argot des soldats.
Rigaud, 1881 : Brochure imprimée clandestinement. — Procès-verbal des chefs de ronde. (A. Delvau)
Rigaud, 1881 : Celui qui exerce illicitement un métier. — Paumer, servir marron, prendre en flagrant délit de vol. — Marron sur le tas, pris en flagrant délit de vol. Marron est une déformation de marry, ancien mot qui veut dire contrit.
Rigaud, 1881 : Contusion, coup et principalement coup qui marque le visage ; par allusion à la couleur qu’arbore la partie contusionnée. — Coller des marrons, attraper des marrons. La variante est : châtaigne qu’on prononce châtaigne.
Boutmy, 1883 : s. m. Ouvrier compositeur travaillant pour son propre compte chez un maître imprimeur, qui lui fournit le matériel et auquel il paye tant pour cent sur les étoffes.
La Rue, 1894 : Livre imprimé clandestinement. Rapport des chefs de ronde. Coup au visage. Homme qui exerce illicitement un métier. Paumé marron, pris en flagrant délit de vol.
Virmaître, 1894 : Livre imprimé clandestinement (Argot d’imprimerie).
Rossignol, 1901 : Recevoir un coup de poing, c’est recevoir un marron.
Hayard, 1907 : Livre imprimé clandestinement.
France, 1907 : Coup de poing.
— Vous voyez de quoi il retourne, les enfants, dit Nib, en reprenant son ton ironique. Monsieur se mêle de nos petites affaires… Il veut s’occuper de nos gonzesses… Il s’informe de ce que nous avons fait de la môme qu’il a vue avec nous… Il est pas mal curieux, le Monsieur !…
— Fiches-y un marron par la g… ! dit Mille-Pattes.
(Edmond Lepelletier)
France, 1907 : Ouvrier compositeur qui travaille pour son propre compte chez un maître imprimeur, qui lui fournit, moyennant au tant pour cent, le matériel.
France, 1907 : Pris. On écrit aussi maron.
Pendant qu’t’étais à la campagne
En train d’te fair’ cautériser,
Au lieur ed’rester dans mon pagne,
Moi, j’mai mis à dévaliser ;
Mais un jour, dans la ru’ d’Provence,
J’me suis fait fair’ marron su’ l’tas,
Et maint’nant j’tire d’la prévence
À Mazas.
(Aristide Bruant)
Être paumé ou pommé marron, être pris.
On la crible à la grive
Je m’la donne et m’esquive,
Elle est pommée marron.
Être servi marron, même sens.
— Que je sois servie marron au premier messière que je grincherai, si je lui en ouvre seulement la bouche.
(Mémoires de Vidocq)
Marron (être)
Delvau, 1866 : Être la victime de quelque chose, être la dupe de quelqu’un, — dans l’argot des faubouriens. Être servi ou paumé marron. Être pris sur le fait encore nanti des objets soustraits, — dans l’argot des voleurs.
Je ne crois pas qu’il faille, à propos de cette expression, remonter à Régnier, à La Fontaine et à Molière, et citer la fable de Bertrand et Raton, comme l’a fait Francisque Michel avec une vraisemblance plus apparente que réelle. Au premier abord, on songe à ces marrons que le singe fait tirer du feu par le chat, mais en y réfléchissant, on ne tarde pas à comprendre qu’il faut chercher ailleurs l’origine de cette expression. Le verbe marronner, que Francisque Michel ne cite pas, quoiqu’il soit fréquemment et depuis longtemps employé par le peuple, ce verte est-il antérieur ou postérieur à celui qui nous occupe en ce moment ? Voilà ce qu’il aurait fallu rechercher et dire, car s’il est antérieur, comme tout le fait supposer, nul doute qu’il ait donné naissance à Être marron. En outre, voilà longtemps, me semble-t-il, qu’on appelle nègre marron un nègre fugitif, — qu’on reprend toujours. Que le lecteur daigne conclure.
Marronner
Larchey, 1865 : Bouder, murmurer. — C’est, selon d’Hautel, une corruption du mot marmonner : marmotter.
J’peux pas voir ça, moi ! je marronne tout haut.
(Cogniard, 1831)
Delvau, 1866 : v. a. Maugréer, être de mauvaise humeur, — dans l’argot du peuple. Faire marronner quelqu’un. Le faire attendre en murmurant et plus que la politesse et la raison ne le permettent. Signifie aussi Faire enrager, taquiner.
Rossignol, 1901 : Mécontent, de mauvaise humeur.
Marronner un grinchissage
Virmaître, 1894 : Cette expression n’est pas juste, car marronner veut dire en vieux français pirate, et, en même temps, bouder, murmurer entre ses dents. Les voleurs l’emploient pour dire qu’ils ont manqué un vol (Argot des voleurs). N.
France, 1907 : Échouer par maladresse dans une tentative de vol.
Marronner une affaire
Delvau, 1866 : v. a. Manquer un vol par maladresse, — dans l’argot des voleurs.
La Rue, 1894 : Manquer un vol par maladresse.
Marronner, maronner
France, 1907 : Soupçonner.
— Je maronne que la roulotte de Pantin trime dans le sabri.
(Victor Hugo, Les Misérables)
Prouter
Vidocq, 1837 : v. a. — Gronder, se fâcher, se plaindre,
Delvau, 1866 : v. a. et n. Appeler, héler, — dans l’argot du peuple, qui crie souvent : Prout ! prout ! Se dit aussi — dans le même argot — des sacrifices faits au dieu Crépitus. C’est une onomatopée.
Delvau, 1866 : v. n. Porter plainte, gronder.
Virmaître, 1894 : Marronner, ne pas être content (Argot du peuple). V. À cran.
Rossignol, 1901 : Être mécontent.
Hayard, 1907 : Murmurer ; n’être pas content.
Rognoler
Virmaître, 1894 : Marronner. Ne jamais trouver rien de bien (Argot du peuple). V. Ronchonner.
Ronchonner
Delvau, 1866 : v. n. Être grognon, maussade ; bougonner, — dans l’argot du peuple.
Rigaud, 1881 : Grogner ; murmurer.
Boutmy, 1883 : v. intr. Murmurer, grommeler ; synonyme de gourgousser et de renauder.
Virmaître, 1894 : Père ronchon qui trouve à redire à tout. Le colonel Ronchonot est célèbre depuis quelques années (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Individu qui trouve à redire à tout.
Hayard, 1907 : Marronner.
France, 1907 : Grogner.
C’est encore un homme, au bout du compte, ce vieux maboul que j’entends ronchonner en s’en allant.
(Georges Darien, Biribi)
Y pensaient p’t-êtr’ ben tous deux la mêm’chose,
Mais souvent l’effet différant d’la cause,
Si Pierre était gai, Jeanne s’étonnait ;
Si Jeanne riait, Pierre ronchonnait,
Y pensaient p’t’êtr’ ben tous deux la mêm’ chose.
(Irène Bizard)
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